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Les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei
L'administration Trump voudrait porter son soutien aux européens Ericsson et Nokia

Le , par Bill Fassinou

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Même si Huawei ne parle presque plus de ses déboires avec l’administration Trump et semble déterminé à survivre après la rupture de ses rapports commerciaux avec les entreprises américaines, Washington n’a peut-être pas encore fini avec sa campagne de boycott qu’il a entamé vis-à-vis de l’entreprise chinoise. Selon des informations rapportées par le média britannique Financial Times, les États-Unis envisageraient de subventionner les concurrents européens de Huawei à l'instar du finlandais Nokia et du suédois Ericsson.

Donald Trump et son administration ont accusé le chinois Huawei de fabriquer des équipements qui pourraient permettre à la Chine d’espionner les autres gouvernements dans le monde et d’autres systèmes sensibles. Résultat, le président américain a signé un décret en mai dernier qui a placé l’entreprise chinoise sur une liste noire. Elle est interdite, du moins jusqu’à nouvel ordre, de nouer des partenariats commerciaux avec les entreprises américaines, une situation qui a eu pour effet de déclencher une guerre commerciale entre Pékin et Washington.

Le président américain a voulu étendre sa campagne de boycott vis-à-vis de Huawei vers le reste du monde, notamment vers l’Europe en prévenant sur les dangers que représente l’utilisation des équipements du chinois, mais plusieurs pays européens comme l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont refusé de suivre les USA dans leur décision. Néanmoins, Trump et son administration semblent déterminés à poursuivre la guerre contre Huawei, cette fois en donnant du soutien et du poids à certaines entreprises européennes qu'ils jugent capables de concurrencer Huawei.

À en croire les récentes informations rapportées par le quotidien londonien Financial Times, l’administration Trump pourrait envisager de subventionner (à travers des crédits) les concurrents de Huawei, à savoir le suédois Ericsson et le finlandais Nokia (qui a avalé le franco-américain Alcatel-Lucent) pour les rendre plus attractifs auprès des opérateurs télécom. Selon les analyses du journal, ce geste revient à admettre que Huawei est clairement le moins cher. Cela pourrait aussi signifier que malgré la position actuelle délicate de Huawei, bon nombre d’opérateurs télécom dans le monde ont tout de même du mal à le concurrencer.


Selon le Financial Times, Washington serait prêt à délivrer des crédits à Ericsson et Nokia pour leur permettre de mieux résister au géant chinois. Parallèlement, les États-Unis tentent de convaincre des sociétés américaines de se lancer sur le marché des équipements 5G. Le Financial Times a expliqué que l'objectif de Washington est de permettre à ces entreprises de s'aligner commercialement avec Huawei qui propose des conditions de financement généreuses (grâce au soutien des banques de Pékin) à ses clients et des délais de paiement plus longs.

Washington s’est-il rendu compte de son échec dans sa campagne de boycott des équipements de Huawei ? Si la démarche annoncée par le Financial Times s’avère être vraie, cela pourrait signifier que les USA n’ont pas pu évincer Huawei de sa position de leader mondial sur le marché des équipements 5G, ce malgré la panoplie de barrières commerciales dirigées contre l’entreprise. Si l’on doit se référer à certaines bouches indiscrètes proches du dossier, cela représente une préoccupation majeure à l’heure actuelle de la Maison-Blanche.

« C’est l’une des grandes préoccupations du gouvernement à l’heure actuelle. Tout le monde, du département de la Défense au département du Commerce en passant par le département de la Sécurité intérieure, examine la question », a déclaré au Financial Times une source proche du dossier. La Maison-Blanche a toutefois refusé de commenter le sujet. D’autres sources ont également indiqué qu’une autre alternative évoquée par Washington serait la création d'un champion local. Mais la tâche s’avère plus compliquée qu’on pourrait le croire.

Pour certains, on ne s'improvise pas équipementier 5G, un domaine ultra-technique et très coûteux, en seulement quelques mois. Il est bien trop tard pour réagir, d'ailleurs d’autres acteurs concernés comme Oracle ou Cisco auraient poliment décliné. Nokia et Ericsson ont refusé de commenter l'article du Financial Times. Par contre, interrogé par BFM Business sur la question, le président de la branche française d’Ericsson a réfuté les dires selon lesquels Huawei aurait deux ans d'avance sur ses concurrents en 5G. Selon lui, il n’y a aucune évidence pour affirmer cela.

« Nous avons signé 47 accords de partenariats avec des opérateurs dont 26 sont déployés ou sont en cours de déploiements et 19 sont allumés sur les quatre continents, ce qui représente la moitié des réseaux 5G ouverts commercialement dans le monde », a déclaré Franck Bouétard, PDG d’Ericsson France. En juillet dernier, Huawei revendiquait 50 accords. Franck Bouétard a aussi ajouté qu'Ericsson est leader en matière de contributions de brevets (49.000), « il n'y a donc pas d'évidence que Huawei a deux ans d'avance sur ses concurrents en 5G ».

Un coup de pouce de l'administration américaine serait-il inutile ? Les opérateurs télécom restent pragmatiques. Le déploiement rapide de la 5G à coûts maîtrisés est stratégique. Une étude a montré cette année que sans les fournisseurs chinois, les déploiements coûteront 62 milliards d'euros de plus et provoquerait un retard de 18 mois en Europe. « Si nous concentrons nos efforts sur deux acteurs, je pense que c'est une position malsaine, non seulement pour nous en tant qu'industrie, mais également pour l'infrastructure nationale du pays », avait déclaré Nick Read, PDG de Vodafone en février dernier.

Sources : BFM Business, Financial Times

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Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 7:59
Subventionner Ericsson et Nokia ? Pourquoi pas, à condition que l'argent aille dans la R&D (les ingénieurs) et pas dans la poche des dirigeants et des commerciaux...
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Avatar de Jon Shannow
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 9:24
Citation Envoyé par pboulanger Voir le message
Subventionner des entreprises privées, ce n'est pas interdit par l'OMC? Les US ont bien fait condamner Airbus pour ça récemment, non?
Trump la loi c'est seulement quand ça l'arrange...
Pour une fois, je dirais que Trump est dans la même ligne que ses prédécesseurs. Les lois internationales ne sont valables pour les USA que si ça les arrange.
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Avatar de pboulanger
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 11/10/2019 à 8:58
Subventionner des entreprises privées, ce n'est pas interdit par l'OMC? Les US ont bien fait condamner Airbus pour ça récemment, non?
Trump la loi c'est seulement quand ça l'arrange...
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Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 02/12/2019 à 8:23
Les Américains doivent se demander s'ils sont vraiment gagnants dans cette histoire.
Plutôt qu'une attitude dure envers Huawei, je pense qu'ils auraient pu obtenir plus de transparence et de garanties sur les sujets de sécurité (il reste probable que Huawei ait entrepris des actions qui s'apparente à de l'intelligence, ce ne serait pas la première fois pour une entreprise chinoise), tout en maintenant la dépendance de la firme chinoise aux technologies américaines.

Maintenant, en l'état actuel des choses, ce n'est pas une mauvaise chose pour nous les Européens. Cela créera plus de choix pour tout le monde, des prix sans doute plus compétitif et un rapport de force plus favorable sur les sujets de la tech et avec les GAFAM. Je pense aux sujets liés à l'évasion fiscales, la privacy, ou les abus de position dominante.
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Avatar de LittleWhite
Responsable 2D/3D/Jeux https://www.developpez.com
Le 03/12/2019 à 21:44
Bonjour,

Je viens de l'apprendre (à mes dépends) que Huawei ne fournit plus le code pour déverrouiller le bootloader et ce depuis mi-2018. Donc, avec un Huawei, impossible d'installer un LineageOS ou /e/. Et je trouve que leur modification de ROM Android sont très profondes.
Après, c'est sûr, faut avoir confiance en quelque chose .
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Avatar de byrautor
Membre averti https://www.developpez.com
Le 06/12/2019 à 12:29
Mes chers collègues sont probablement bien jeunes, j'ai 87 ans, il est bon ici de de leur rappeler que nos amis asiatiques ont pioché tant et plus dans nos recherches et découvertes sans pour autant payer les revenus correspondants.
Il est tout à fait normal qu'une civilisation recherche et utilise les connaissances d'une autre civilisation pour se développer, on ne peut pas reprocher aux Chinois comme aux Japonais de copier ce que nous avons inventé et ce que nous fabriquons.
Peut-être peut-on leur reprocher de ne pas se comporter comme nous dans certains points de notre civilisation (je parle de l'affaire Ghosn qui s'apparente heureusement de très loin au traitement des prisonniers de guerre américains par les troupes japonaises).
Donc la bataille de la découverte et de l'utilisation est ouverte et le reste n'est qu'un fatras de discussions inutiles, (enfin pour moi)
Je pars de mon expérience en 1973, dans le pesage, mes « amis » japonais possédaient à Tokyo toutes les balances fabriquées dans le monde, ils les décortiquaient, les étudiaient et finalement créaient des machines plus perfectionnées que les nôtres.
Chez Testut* (Mon parcours dans le livre Adieu ma PME) où j'étais ingénieur en chef (*vendu à Mettler-Toledo en 1999) tout le monde se refusait à regarder même une machine de la concurrence, croyez-moi c'était ainsi ; j'avais réussi à faire acheter une machine concurrente qu'aucun service n'a voulu regarder et étudier ! Je n'étais pas directeur ! !
Lorsque j'ai débuté (techniquement) avec mes amis, la balance commerciale France Japon était bénéficiaire à la France, c'était en 1973 et ceci nous a permis d'importer leurs machines avec l'assentiment du fisc français et de gagner pas mal d'argent en ne faisant que du commerce (avec quelques obligations techniques que j'avais à surveiller).
Aujourd'hui le problème est identique entre la Chine et les États-Unis ; la position de leur Président semble être la suivante :
je vous interdis d'acheter en Chine ce que vous devez être capable de fabriquer chez vous !
Bien sûr il est plus difficile de fabriquer d'inventer et de produire que d'acheter tout simplement à l'étranger !
En essayant d'être objectif (une illusion) les deux nations se livrent une guerre commerciale presque à armes égales, encore que je soupçonne nos amis asiatiques d'être beaucoup plus futés que les occidentaux dans la découverte des procédés et du comportement de leurs adversaires.
Évidemment mon texte n'a rien de technique, j'en ai assez fait durant ma vie pour me dire qu'aujourd'hui si je n'avais rien fait il en serait de même, l'évolution technique balayant le travail de plusieurs années (Ex : la découverte de l'amplificateur optique dans la Fibre). !
Bon courage à tous nos collègues qui écrivent sur ce forum.
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Avatar de Fleur en plastique
Membre actif https://www.developpez.com
Le 19/11/2019 à 14:22
Donc la sécurité nationale soi-disant mise en danger par Huawei, ça peut attendre ?

Ou alors c'était juste un argument bidon, pour faire une guerre commerciale afin de montrer c'est qui qui a la plus grosse ? On s'en doutait. Mais maintenant, on en est sûrs.
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Avatar de NBoulfroy
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 22/11/2019 à 12:29
Si je reprends cette phrase "Par ailleurs, le sénateur Marco Rubio a fait une déclaration dans laquelle il avance que la société Huawei « représente une menace claire et croissante pour la sécurité économique et nationale des États-Unis et de leurs alliés »" de l'article, on peut surtout retenir "pour la sécurité économique".

On sait pertinemment que cette affaire est avant tout une histoire d'argent, et de pouvoir, car les USA ne sont plus le leader technologique d'il y a 20 ans et que les américains le pigent que maintenant (ça et le refus de Huawei d'ouvrir les accès à ses appareils à la CIA / NSA, entre autres, mais chut).

Et non, ce cher Marco Rubio devrait se taire. Les USA, à coup d'augmentation de taxe douanière affaibli ses "alliés", si on ne parle pas de lien de subordination et donc, de "soumission" au bon vouloir d'une nation décadente qui tente de se sauver les fesses vu le "merdier" dans lequel il est. Non parce que la FED flippe tellement qu'elle injecte des milliards dans l'économie pour tenter d'empêcher le navire de couler, ceci provoquant chez nous par la même des problèmes en perspective (coucou la BCE). A un moment, il va falloir se débarrasser de ce boulet et vivre notre vie sans subir les délires d'un président mégalomane et, visiblement, mythomane d'après un article du site.
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Avatar de abgech
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 05/12/2019 à 18:00
Trump me semble être dans la position de l'arroseur arrosé.
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 02/12/2019 à 8:22
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Le décret de Trump en mai a empêché des sociétés comme Qualcomm Inc. et Intel Corp. de vendre des puces à Huawei, bien que certaines ventes de pièces aient repris au cours de l’été, après que les sociétés ont déterminé qu’elles n’étaient pas concernées par cette interdiction. Pendant ce temps, Huawei a beaucoup progressé dans la réduction de sa dépendance vis-à-vis de sociétés américaines.

Huawei a longtemps compté sur des fournisseurs tels que Qorvo Inc., le fabricant de puces basé en Caroline du Nord pour connecter des smartphones avec des tours de téléphonie cellulaire, et Skyworks Solutions Inc., une entreprise basée à Woburn, dans le Massachusetts, qui fabrique des puces similaires. Il a également utilisé des composants de Broadcom Inc., le fabricant de puces Bluetooth et Wi-Fi basé à San Jose, et de Cirrus Logic Inc., une société basée à Austin, au Texas, qui fabrique des puces pour la production de son.
C'est très bien qu'Huawei s'émancipe et devienne totalement autonome, dépendre des USA est une faiblesse, ça rend vulnérable, maintenant si le gouvernement US interdit aux entreprises de vendre des composants à Huawei, la marque ne sera pas affaiblie.

Les entreprises chinoises ont de moins en moins besoin des entreprises US, c'est une très bonne chose, il faut toujours tendre vers l'autonomie.
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