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Boeing aurait délibérément bloqué le déploiement de mises à jour de sécurité destinées au 737 MAX
Avant les deux crashs mortels pour réduire les couts, selon un dénonciateur interne

Le , par Christian Olivier

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17  0 
Sept semaines après le deuxième accident mortel d’un 737 MAX en mars, un ingénieur de Boeing a déposé une plainte interne cinglante sur les engagements éthiques contre son employeur alléguant que la direction, déterminée à réduire les coûts pour les compagnies aériennes clientes, avait bloqué d’importantes améliorations en matière de sécurité durant le développement du jet.


L’accusation relative aux supposés manquements de Boeing vis-à-vis de ses engagements éthiques déposée par Curtis Ewbank, un ingénieur de 33 ans dont le travail consistait à étudier les accidents passés et à utiliser ces informations pour rendre les nouveaux avions plus sûrs, décrit comment, vers 2014, son employeur a présenté aux gestionnaires et aux cadres supérieurs une proposition visant à ajouter diverses améliorations de sécurité au 737 MAX.

Boeing plus soucieux d’éviter des coûts plus élevés et une formation accrue des pilotes ?

Les détails révélés dans cette plainte, dont une copie a été examinée par le Seattle Times, soulèvent de nouvelles questions sur la culture de Boeing. Il est notamment question de savoir si l’impératif de longue date selon lequel la sécurité doit être la priorité absolue des avionneurs a été volontairement négligé et compromis sur le 737 MAX à cause de considérations commerciales et de l’accent mis par la direction du groupe sur la réduction des délais et des coûts.

Dans sa plainte soumise par l’entremise du système interne de dénonciation de Boeing, l’ingénieur décrit la direction du groupe comme étant « plus préoccupée par les coûts et le calendrier que par la sécurité et la qualité ». Il soutient que les gestionnaires du programme MAX chez Boeing, soucieux d’éviter des coûts plus élevés et une formation accrue des pilotes, avaient l’intention de « mettre fin aux études commerciales qui visaient à moderniser l’avion et d’éviter la sensibilisation aux problèmes connus rencontrés lors des opérations historiques du 737 ». Il a même affirmé que l’avionneur a déjà eu à cacher à l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) des données sur des incidents de sécurité en vol.


Qu’en est-il de la proposition visant à ajouter diverses améliorations de sécurité au 737 MAX ?

La plainte suggère également que l’une des mesures proposées à la direction aurait potentiellement pu prévenir les deux crashs mortels de 737 MAX qui se sont produits à quelques mois d’intervalles en Indonésie puis en Éthiopie, et qui ont couté la vie à 346 personnes. Trois anciens collègues de Curtis Ewbank chez Boeing interrogés dans le cadre de cette affaire ont confirmé les dires de ce dernier.

Une version du système proposé, appelée « vitesse air synthétique », était déjà installée sur le 787 Dreamliner de Boeing. Il n’était pas directement lié au système automatisé de stabilisation en vol de l’appareil – le fameux MCAS – qui a contribué aux deux crashs mortels susmentionnés, mais il aurait pu détecter la lecture erronée provenant du capteur d’angle d’attaque (AOA) défectueux, empêcher l’activation inopportune du MCAS ainsi que son dysfonctionnement et au final éviter le crash des avions.

Installer ce système dans le 737 MAX de Boeing aurait probablement impliqué que les pilotes de ligne suivent une formation supplémentaire sur les simulateurs de vol. La réquisition de milliers de pilotes dans des sessions de simulation aurait retardé l’entrée en service de l’avion phare du groupe et ajouté des coûts substantiels aux compagnies aériennes clientes de Boeing, chose qui aurait nui à l’avantage concurrentiel du 737 MAX par rapport à son concurrent, l’Airbus A320neo.

Mais les gestionnaires de Boeing ont rejeté à deux reprises l’ajout du nouveau système en raison du « coût et de l’impact potentiel de la formation [des pilotes] » que cela pourrait engendrer, peut-on lire dans la plainte. Ce problème aurait par la suite été soulevé une troisième fois, lors d’une réunion avec l’ingénieur en chef du projet MAX, Michael Teal, citant les mêmes objections qui apparaissent au final comme les causes de l’abandon définitif de la proposition visant à ajouter des améliorations de sécurité au 737 MAX.

Un problème qui prend une tournure imprévue

Comme l’a récemment confirmé le National Transportation Safety Board (NTSB), l’agence américaine indépendante qui est responsable des enquêtes sur les accidents aéronautiques, routiers, maritimes, ferroviaires et de pipelines, Boeing a procédé une évaluation inadéquate de la sécurité du logiciel de vol embarqué de son 737 MAX, ce qui n’a pas permis de déceler des lacunes de conception du MCAS qui étaient au cœur des deux catastrophes aériennes impliquant cet avion de ligne. Les ingénieurs de la société subissaient en outre des pressions pour limiter les tests de sécurité afin de certifier le MAX plus rapidement. Ces nouvelles allégations provenant du cœur même de Boeing tendent à indiquer que les problèmes de sécurité rencontrés par l’avionneur américain pourraient aller plus loin que « le simple dysfonctionnement du MCAS ».

Comme l’a noté le Seattle Times, on ne sait pas exactement comment le document interne de Boeing est tombé entre les mains du FBI, mais les enquêteurs fédéraux ont délivré des assignations à Boeing. De plus, les procureurs du Département de la Justice, les inspecteurs du Département des Transports et les représentants de la Securities and Exchange Commission (SEC) sont impliqués dans une vaste enquête fédérale sur de possibles actes répréhensibles commis chez Boeing pendant la certification du MAX, une procédure judiciaire qui était déjà en cours avant que l’ingénieur de Boeing ne dépose sa plainte interne en avril dernier.

Curtis Ewbank, Boeing et le Département américain de la Justice n’ont pas souhaité commenter ces informations, a confié le Seattle Times qui ne nomme pas les employés qui ont été interrogés par le FBI pour protéger l’identité de la source de cette information. Le Seattle Times précise que Ewbank a été cité dans son article parce qu’il s’est identifié dans sa plainte interne chez Boeing qui exprimait sa préoccupation quant aux conséquences personnelles possibles d’une intervention à l’intérieur de l’entreprise. Il a écrit que des collègues lui ont dit en privé qu’ils avaient peur de parler de problèmes de sécurité similaires par crainte pour leur emploi.

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

Voir aussi

Boeing a tellement de 737 Max immobilisés et en attente de révision qu'il utilise le parking de ses employés pour stocker les avions
La FAA identifie une nouvelle défaillance critique de l'ordinateur de bord du 737 Max qui a des effets similaires au dysfonctionnement du MCAS
Le logiciel de vol du 737 Max est défectueux, car Boeing a confié le travail à des ingénieurs payés 9 $/h ? Oui, selon d'anciens employés du groupe
Boeing 737 MAX, pourquoi une mise à jour logicielle ne peut pas compenser son défaut de conception, Gregory Travis suggère une révision du design

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Avatar de Edrixal
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 07/10/2019 à 9:45
Citation Envoyé par defZero Voir le message
alors pourquoi ne sanctionner qu'une seule Entreprise quand c'est tout un modèle de société qu'il faudrait changer ?
Parce qu'il faut bien à un moment que les coupables paye surtout si on souhaite sortir un jour de ce modèle de société. Non ?
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Avatar de marsupial
Membre expert https://www.developpez.com
Le 04/10/2019 à 11:47
"Bonjour et bienvenue en classe business"
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Avatar de defZero
Membre averti https://www.developpez.com
Le 05/10/2019 à 0:00
Une Entreprise (au sens capitalistique du terme) qui veut gratter du pognons en reniant au maximum sur les frais annexes ...
Comment dire, je ne veut pas vous sembler alarmant, mais on n'est pas dans le monde des Bisounours.
Ce n'est pas la première fois que ça ce produis et ça ne sera surement pas la dernière.

C'est très simple en fait, une Entreprise (Capitaliste) est totalement neutre moralement du moment que vous ne lui demandé qu'un MVP qu'elle va pouvoir vous vendre.
Passer cette étape, elle va gratter sur toutes les dépenses pour engranger le maximum de pognon.
Ca s'appelle le Capitalisme pour une bonne raison seule le Capitale et le Travail produisent de la valeur, le reste ça n'existe pas (pour eux).

Donc si des gens en doutaient encore, oui c'est dégueulasse et non je ne cautionne pas, mais ce sera comme ça tant que l'on ne changera pas de façon de faire.
Ça m'énerve que des gens meurs à cause de l'avidité de certains, mais ce n'est pas nouveau et ça ce reproduira, alors pourquoi ne sanctionner qu'une seule Entreprise quand c'est tout un modèle de société qu'il faudrait changer ?
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Avatar de marsupial
Membre expert https://www.developpez.com
Le 21/10/2019 à 9:06
Déjà, que Boeing soit en charge de la validation est à mon avis un vice de procédure. Surtout lorsqu'il y a un accord entre les organismes mondiaux de certification et la FAA pour valider un avion. Ensuite, cela tombe particulièrement mal puisque Boeing a apparemment poussé la poussière sous le tapis.

En tant que pilote ou passager, j'aurai une frousse rétroactive d'être monté dans cet avion à la lecture des développements de cette affaire. En tout cas je sens venir une forte amende pour Boeing. Accompagnée, je l'espère, d'un changement de mentalité.
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Avatar de labiloute
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 09/11/2019 à 12:36
Plus le temps passe, plus je lis d'article sur le sujet, plus je réfléchis ... Je suis maintenant convaincu que cet avion ne revolera jamais.

Si ils le font simplement avec une correction logicielle sans revoir profondément la conception du Zinc ils sont dingues et ont aura un 3 ème crach.

A ce moment la, ce sera la fin du rideau évidemment pour le 737 Max équipe du Leap mais aussi et surtout un Boeing à terre

Mon souhait le plus plus profond est qu'ils deviennent raisonnable et repartent sur un avion neuf ! Je ne comprend pas que la FAA ne puisse pas leur intimer cet ordre.

Votre avis a ce sujet ?
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 21/10/2019 à 8:23
On dirait qu'il y a un problème dans la hiérarchie de Boeing, des pilotes techniques on remarqué des problèmes dans le simulateur, malheureusement cette information n'est pas remontée correctement au sommet, elle a été ignorée.
Les employés sont mis sous pression et ne peuvent pas réaliser correctement leur travail.
Je pense que Boeing va retenir la leçon et traitera la sécurité plus sérieusement à partir de maintenant.

En tout cas pour le moment ça ne donne pas une bonne image de l'entreprise, peut-être qu'il faudra qu'un gros chef démissionne, histoire de marquer le coup.
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Avatar de labiloute
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 30/10/2019 à 11:26
Je ne suis ni pilote, ni expert en aéronautique, ni informaticien mais je me pose plusieurs questions concernant ce Boeing 737 MAX :
Sachant que d’après mes différentes lectures le moteur Leap 1B n’est pas fait pour le 737 MAX.

Un super système de correction pour corriger la mauvaise adéquation de l’avion et des moteurs peut-il vraiment être mis au point ?

Si quelqu’un se risque à dire oui, alors comment le valider, avec fiabilité et certitude ?

C’est-à-dire comment réussir à valider ce super système dans les dizaines de milliers de configurations rencontrées en vols.

Cette validation ne peut pas, pour moi, être exhaustive !

Donc toujours pour moi cette solution est à proscrire car si Boeing et la FAA poursuivait dans cette voie, je crains un 3 ème crash.

Et si par malheur cela arrivait, que se passerait-il ?

Le congrès américain peut-il dès maintenant décider d’arrêter les frais ?

En cas d’arrêt de la fabrication, c’est toute la supplain Chain aéronautique mondiale qui va dévisser
Boeing, GE, Safran, …
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 30/10/2019 à 15:01
C'est jouable, si on s'en donne les moyens. De toutes façons, tricher avec les lois de l'aérodynamique via de l’électronique, c'est standard depuis l'arrivé d'Airbus, et ça existait déjà avant. Mais sur la MAX, en effet, c'est particulièrement difficile, et cette difficulté a été sous-estimée par les décideurs, pour des raisons de délais de livraison, pour ne pas se faire distancer par l'A320néo(qui a un peu le même genre de conception, en moins extrême toutefois).

Enc as d'arrêt, ben les compagnies se tourneront vers des alternatives. l'A320 ne peut pas combler le trou à lui tout seul, mais peut se focaliser sur ses gros modèles, laissant le périmètre de l'A319(et du MAX7) au A220(en fait le bombardier C-series)et à l'Embraer Ejet. face aux délais de livraisons, certains pourraient chercher aussi à remplacer leurs commandes de MAX8 par le C919 chinois(pas un super avion, mais il fait à peu près le boulot - et il a été conçu pour les moteurs modernes, lui), voire leurs MAX9 par des MS-21 russes(encore plus récents que les C919, sans doute meilleurs, mais avec un risque typique de aéronautique russe : la distribution des pièces détachées, qui joue bien des tours aux mexicains d'interjet, qui volent sur Sukhoi).

Tous ces avions piochent dans le même pool de fournisseurs, moteurs, nacelles, avionique. Aucun ne peut combler le trou seul, mais en additionnant tout ça, c'est jouable. Et si ça inclura forcément de lourds ajustements parmi les sous-traitants, ça ne réduira pas forcément beaucoup le volume. Et tout ceci sous-entant que le programme MAX est définitivement arrêté, ce qui n'a rien d'évident à l'heure ou j'écris. Il peut y avoir de nouveaux reports, mais le projet n'est pas forcément condamné.
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Avatar de andry.aime
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 06/11/2019 à 15:01
Citation Envoyé par Bill Fassinou Voir le message
À en croire le Washington Post, le nouvel avion devrait jouer un rôle essentiel dans les plans de Boeing de concurrencer Airbus. Ainsi, l’avionneur s’est plus soucié de son objectif à lui que de la sécurité des voyageurs. Des informations issues d’une enquête menée par le New York Times (NYT) plus tôt cette année ont révélé que sous l’impression que le système MCAS était insignifiant, les responsables de la FAA n’ont pas demandé à Boeing d’en parler aux pilotes. Boeing s’était assuré qu’il ne soit pas fait mention du MCAS dans le manuel du pilote.
C'est mentionné 1 fois, dans le glossaire (sautez directement au 57è minute).

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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 08/11/2019 à 9:46
Principalement pour des raisons écologique de plus en plus de gens ne veulent plus prendre l'avion, un peu comme Greta Thunberg, il y a même un mot pour exprimer cette idée : "flygskam" (néologisme suédois).
Boeing et Airbus sont inquiet parce que la croissance du nombre de passagers risque d'augmenter moins rapidement que prévu.

La "honte de prendre l’avion" va plomber la croissance de l’aérien et les revenus d'Airbus
Ce phénomène prend une telle ampleur qu’il pourrait réduire de moitié la hausse attendue du trafic aérien pour les prochaines années. Airbus et Boeing estiment que le nombre de passagers aériens augmente de 4 à 5% chaque année. Or pour UBS, en raison de la "honte de voler", cette croissance n’atteindra pas la moitié de ces taux. Elle sera au mieux de 1,5% en Europe, et de 1,3% aux États-Unis.

Si les projections d’UBS s’avéraient fiables, les commandes d’avions pourraient chuter dans les années à venir. La banque estime qu’en conséquence, les revenus d’Airbus pourraient reculer de 2,8 milliards d’euros par an.
Par conséquent beaucoup de travailleurs vont perdre leur travail. Soit on choisi la croissance, soit on choisi l'écologie, on ne peut pas faire les deux à la fois, autre exemple : Après le flygskam, voici le köpskam : la honte de faire du shopping.
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