Le nom de système "Autopilot" peut conduire les conducteurs à surestimer les capacités réelles des Tesla
Selon une enquête

Le , par Stéphane le calme

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Pensez-vous qu'un nom de système pourrait prêter à confusion sur les capacités réelles ?
Les véhicules deviennent de plus en plus sophistiqués, et la technologie sous-jacente évolue de telle enseigne que certains d’entre eux sont capables de rester dans une voie et de maintenir une vitesse et une distance définies avec une intervention minimale du conducteur. Mais ce type d'automatisation présente des limites qui peuvent être difficiles à comprendre pour les conducteurs. Deux nouvelles études de l'IIHS mettent en évidence des perceptions erronées ou des lacunes dans la compréhension des conducteurs.

« Les niveaux actuels d'automatisation pourraient potentiellement améliorer la sécurité », a déclaré David Harkey, président de l'IIHS. « Cependant, à moins que les conducteurs aient une certaine connaissance et compréhension, ces nouvelles fonctionnalités sont également susceptibles de créer de nouveaux risques ».

L’automatisation disponible dans les véhicules disponibles à l’achat aujourd’hui est considérée comme étant de niveau 1 ou 2. Elle s’applique aux systèmes capables d’exécuter une ou plusieurs parties de la tâche de conduite sous la supervision du conducteur. Ces systèmes sont loin de l’automatisation de niveau 5, dans laquelle toute la tâche de conduite peut être effectuée sans intervention humaine dans toutes les conditions.

Niveaux d'automatisation de la conduite


Noms de système

Malgré les limitations des systèmes actuels, certains noms semblent trop surprenant quant à la capacité du conducteur de détourner son attention de la route. Une étude a révélé comment les noms utilisés par les fabricants pour ces systèmes peuvent envoyer les mauvais messages aux conducteurs en ce qui concerne leur degré d'attention. Une autre a révélé que les conducteurs ne comprenaient pas toujours les informations importantes communiquées par les écrans du système.

Prenons un cas pratique : est-ce que le nom "Autopilot” pourrait conduire les gens à surestimer les capacités de la technologie d'assistance au conducteur de Tesla ? Les critiques préviennent que certains clients vont supposer qu’un système appelé “Autopilot” (pilote automatique) est totalement autonome. Les défenseurs de Tesla répliquent en soulignant que les capacités de pilotage automatique des avions ne sont pas totalement autonomes. Les pilotes doivent encore surveiller leur fonctionnement et intervenir en cas de problème, et le système de pilote automatique de Tesla n'est pas différent.

Une nouvelle enquête de l'Institut d'assurance pour la sécurité routière fournit des données précieuses utiles à ce débat. Le groupe a posé des questions aux conducteurs sur les capacités de cinq systèmes avancés d'assistance au conducteur (ADAS - advanced driver-assistance systems). Ils ont identifié les produits uniquement par leur marque : Autopilot (utilisé par Tesla), Traffic Jam Assist (Audi et Acura), Super Cruise (Cadillac), Driving Assistant Plus (BMW) et ProPilot Assist (Nissan). Les participants à l'enquête ne savaient pas quel constructeur fabriquait chaque produit et ils n'en connaissaient pas les capacités. Il y avait 2 000 répondants au total, mais chacun n'a été interrogé que sur deux systèmes sur cinq, donnant lieu à quelques centaines de réponses pour chaque produit.

Il faut préciser qu’aucun de ces systèmes ne gère de manière fiable le maintien de la voie et le contrôle de la vitesse dans toutes les situations. Tous exigent que les conducteurs restent attentifs, et tous sauf Super Cruise, avertissent le conducteur si leurs mains ne sont pas détectées sur le volant. Super Cruise utilise plutôt une caméra pour surveiller le regard du conducteur et émettra un avertissement si le conducteur ne regarde pas vers l'avant.

48% des personnes interrogées estiment que le conducteur peut ôter ses mains du volant si Autopilot est activé

Pour chaque système ADAS, les conducteurs ont été interrogés sur la sécurité de diverses activités qui ne sont pas recommandées par les constructeurs automobiles (de l’acte consistant à enlever ses mains du volant à la sieste pendant la conduite). Un plus grand nombre de participants ont estimé que poser chacun de ces actes était sans conséquence avec Autopilot activé plutôt qu'avec l'un des quatre autres systèmes ADAS.

Par exemple, 48% des personnes interrogées ont déclaré qu’il était sans danger pour un conducteur d’enlever ses mains du volant quand Autopilot était activé, contre environ 33% pour ProPilot Assist et moins de 30% pour les autres systèmes nommés. Six pour cent des conducteurs ont déclaré qu'il était sans danger de faire la sieste dans une voiture avec Autopilot activé, tandis que seulement trois pour cent ont déclaré la même chose pour les autres systèmes ADAS.


Informations supplémentaires

Cette enquête s'est concentrée sur les perceptions du nom de marque Autopilot, et non sur ce que la technologie apporte en réalité. Les répondants n'étaient pas nécessairement propriétaires de Tesla (probablement pas, pour la plupart), et aucune information ne leur a été communiquée concernant les capacités des voitures pour lesquelles ils répondaient à des questions.

Et tandis qu’Autopilot est peut-être plus performant que certains de ces autres systèmes, Tesla ne prétend pas en soi que les conducteurs sont suffisamment en sécurité pour relacher leur attention lorsqu’Autopilot est activé ; enlever les mains du volant, regarder un film ou faire une sieste tranquillement sur le chemin du retour à la maison n’est pas encore à l’ordre du jour..

Ce qui compte vraiment pour la sécurité, bien sûr, est le comportement des propriétaires actuels de ces véhicules. Il est conseillé aux propriétaires de voitures Tesla de garder les mains sur le volant et les yeux rivés sur la route lorsqu’Autopilot est activé. Il est donc probable que la majorité des propriétaires de Tesla savent au moins que Tesla ne recommande pas la conduite mains libres.


C’est pourtant l’un des points qui corrobore l’argument des critiques selon lesquelles le nom "Autopilot" pourrait semer la confusion chez le client. Un nom tel que "Traffic Jam Assist" (aide au blocage du trafic) explique très clairement ce que le système est, ce qu’il fait et ne fait pas, toute conduite inappropriée, même de la part de personnes qui ne se donnent pas la peine de lire attentivement les avertissements. Un nom tel qu’Autopilot encourage subtilement les utilisateurs à surestimer les capacités du système.

Toutefois, l’étude estime que « si un nom de système est l'un des premiers moyens utilisés par un conducteur pour se familiariser avec une fonctionnalité, le tableau de bord est une autre source d'informations. Les affichages sont importants car ils indiquent au conducteur comment un système réagit à des situations ou lorsqu'un système est temporairement inactif. Par exemple, un véhicule qui se trouve à l’avant peut disparaître de l'écran lorsqu'il gravit une colline et n'est plus détecté par le radar du système. De même, les lignes de voie peuvent disparaître de l'affichage lorsque les marques de voie sur la route ne sont plus visibles pour les caméras du système ».

Source : IIHS

Et vous ?

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Avatar de Kulvar
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 21/06/2019 à 14:35
Il manque un choix de réponse.
"Oui", mais le nom n'a pas besoin de décrire ce que fait le produit.

Dans toutes les séries SF, "autopilot" est utilisé dans un contexte où l'ordi a seul le contrôle.
Il existe même souvent une procédure pour reprendre la main car le pilotage manuel est désactivé.
Avec des épisodes où le pilotage est bloqué en automatique et où l'équipage ne contrôle plus le vaisseau.

Ici, le pilotage manuel a précédence sur le pilotage de l'ordinateur et n'est pas désactivé.
Ils auraient appelé ça "Hibiscus", "Copilot", ou "Drive helper", ça n'aurait pas prêté à confusion.
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