La Chine aurait lancé une cyberattaque massive contre la messagerie chiffrée Telegram
Pour empêcher aux manifestants à Hong Kong de s'organiser

Le , par Stéphane le calme

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Telegram, l’application de messagerie chiffrée, a annoncé avoir été touchée par une puissante cyberattaque en provenance de Chine à la suite d'une manifestation majeure à Hong Kong.

L'attaque contre l'application Telegram, qui a provoqué le ralentissement de la connectivité sans pour autant compromettre les données des utilisateurs, a eu lieu alors que des milliers de personnes ont encerclé le siège du gouvernement de Hong Kong mercredi pour protester contre une loi autorisant l'extradition de personnes vers la Chine continentale. La police a dispersé de force les manifestants. Ils ne se sont pas réunis à nouveau jeudi et le débat sur le projet de loi a été retardé.

Sur Twitter, le PDG de Telegram, Pavel Durov, a fait savoir que la plupart des attaquants avaient des adresses IP en provenance de Chine :

« Les adresses IP proviennent principalement de Chine. Historiquement, tous les DDoS de la taille d'un acteur d'État (200-400 Gb/s) coïncident avec les manifestations à Hong Kong (coordonnées sur @telegram). Ce cas n'était pas une exception »


Les activistes de Hong Kong et de Chine continentale ont souvent recours à Telegram pour organiser des manifestations dans l'espoir que le chiffrement leur permettra d'échapper à la surveillance gouvernementale des applications de réseaux sociaux chinois telles que WeChat.

Alors que les utilisateurs de WeChat ont signalé la semaine dernière que les photos des manifestations ne pouvaient pas être visionnées, des applications telles que Telegram offrent plus d'intimité et d'indépendance. Telegram a été bloqué en Chine continentale, mais les utilisateurs pouvaient y accéder à l'aide d'un logiciel permettant de contourner le pare-feu, qui bloque également les applications et les sites Web allant de Facebook au New York Times.

Les applications de messagerie chiffrées telles que Telegram indiquent que les messages envoyés sur leurs systèmes ne peuvent pas être décodés par des tiers lors de la remise de l'expéditeur au destinataire. D’ailleurs, sur le site Web de Telegram, nous pouvons lire : « Nous pouvons vous assurer qu'aucun gouvernement ou pays partageant la même volonté de restrictions d’accès ne peut empiéter sur la vie privée et la liberté d'expression des personnes ».

Telegram a déclaré que la dernière attaque était un déni de service distribué dans lequel « vos serveurs reçoivent de nombreuses requêtes parasites qui les empêchent de traiter des demandes légitimes » .


L'application de messagerie a déclaré mercredi soir que le système s'était stabilisé.

La manifestation à Hong Kong a contraint le législateur à annuler ses sessions mercredi et jeudi, ce qui a retardé le débat sur le projet de loi sur l'extradition.

Les opposants au projet indiquaient qu’il compromettrait gravement leurs libertés et éroderait l'indépendance juridique de Hong Kong. La dirigeante de Hong Kong, Carrie Lam, soutient que la législation est nécessaire et disposerait de garanties pour assurer la protection des droits de l'homme.

Hong Kong, territoire chinois semi-autonome, jouit de plus grandes libertés que la Chine continentale grâce à un framework « un pays, deux systèmes » mis en place lors du retour de l'ancienne colonie britannique en Chine en 1997. Les résidents de Hong Kong ont un plus haut niveau de liberté civile que sur le continent. Les critiques craignent que si le projet de loi sur l'extradition était adopté, cela placerait Hong Kong de manière plus décisive sous le contrôle de la Chine continentale.


Les propos de Durov ont été rapportés après des informations selon lesquelles un homme identifié comme administrateur de groupe sur Telegram aurait été arrêté à Hong Kong pour complot en vue de commettre une nuisance publique. De nombreux manifestants ont masqué leur visage pour éviter toute reconnaissance faciale et ont évité d'utiliser des cartes de transport en commun pouvant être volontairement liées à leur identité.

Interrogé sur la question de Telegram lors d'un point de presse quotidien, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, a déclaré qu'il n'était pas au courant, mais que « la Chine s'oppose toujours à toute forme de cyberattaque ».

« La Chine est également victime de cyberattaques », a ajouté Geng.

Sources : Telegram (twitter), BBC

Et vous ?

L'hypothèse de la Chine qui lance une attaque contre un service de messagerie suite à une manifestation majeure est-elle crédible ou s'agit-il juste d'une coïncidence ?

Voir aussi :

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Avatar de NBoulfroy
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 18/06/2019 à 10:19
Est-ce une coïncidence ? Je ne sais pas mais en tout cas, ça tombe bien !

En réalité, cette vidéo explique plutôt bien la problématique de Hong-Kong :
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