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Le secrétaire d'État à l'intérieur britannique signe la requête d'extradition de Julian Assange vers les USA
Avant l'audience finale prévue en 2020

Le , par Patrick Ruiz

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Le secrétaire d’État à l’intérieur britannique a signé la requête d’extradition de Julian Assange il y a peu. L’acte marque la première étape d’un processus dans lequel les juridictions britanniques vont prendre le relais. La première audience d’examen de la demande étasunienne a eu lieu ce jour dans un tribunal de Londres.


« M. Assange a été arrêté à la suite d'une demande d'extradition provisoire émanant des États-Unis d'Amérique. Il est accusé d'infractions, notamment, d'utilisation abusive de d'ordinateurs et de divulgation non autorisée de renseignements de la Défense nationale. Nous avons reçu la demande d'extradition complète, qui a été certifiée par le Ministre de l'intérieur. Cette affaire est maintenant devant les tribunaux et il serait inapproprié d'aller plus en avant en commentaires », indique le secrétariat d’État à l’intérieur britannique dans une publication.

« Il est important que les gens ne soient pas dupes en croyant que WikiLeaks est autre chose qu'un éditeur. Le gouvernement américain a essayé d'induire la presse en erreur », a déclaré Assange via une liaison vidéo depuis sa cellule. Alors que Ben Brandon - l’avocat représentant les USA – rappelait les contre lui, notamment, qu’il avait piraté un mot de passe du réseau de défense, Assange a rétorqué : « je n’ai rien piraté. » Lors de l'audience de ce jour, Ben Brandon a souligné que les actions d'Assange avaient été dangereuses et qu'en publiant des documents classifiés, Assange a créé un risque grave et imminent que de nombreuses sources de renseignement y compris des journalistes, des défenseurs des droits humains et des militants politiques, subissent de graves dommages physiques ou soient détenus de façon arbitraire. Mark Summers – l’avocat du fondateur de WikiLeaks – a repliqué que les charges retenues contre son client constituent une atteinte scandaleuse et frontale aux droits des journalistes et à la liberté d'expression et que son client n'avait pas accès à un ordinateur pour lui permettre de suivre le dossier. Le tribunal de Westminster a programmé une audience finale pour février 2020.

Pour rappel, les USA ont dévoilé un certain nombre d'actes d'accusation contre le fondateur de WikiLeaks. L’un de ceux-ci stipule qu’Assange a collaboré avec Chelsea Manning (ex-analyste du renseignement américain) pour obtenir des documents classifiés, ce, en usant de ses compétences en informatique pour avoir un accès non autorisé à des ordinateurs du gouvernement des États-Unis. Avec l’arrivée de la demande d’extradition complète, 18 chefs d’accusation au nom de l’Espionnage Act font leur entrée dans les débats. D’après une annonce du ministère américain de la justice, Assange encourt une peine maximale de 10 ans d’emprisonnement pour chaque chef d’accusation en vertu de la loi sur l’espionnage de 1917. La liste des charges à l’encontre d’Assange pourrait s’allonger dans le cadre de l’annonce à venir.

D’après Anna Bradshaw, expert en droit pénal européen, l’extradition d’Assange vers les USA est conditionnée par la réussite d’un certain nombre de tests que les autorités britanniques vont se charger de mener. « Ils sont relativement simples. L'infraction qu'il est accusé d'avoir commise doit avoir une correspondance en vertu de la loi britannique », indique-t-elle. Elle précise toutefois que le camp Assange est susceptible d’user d’un certain nombre de leviers, notamment, celui des droits de l’Homme. En effet, des craintes subsistent quant aux traitements qu’Assange pourrait subir s’il venait à être extradé vers les États-Unis. Cette carte dans la manche du camp Assange s’aligne bien avec le fait que le Royaume-Uni est signataire d’une convention européenne sur les droits de l’homme. Daniela Nadj, professeur de droit à l’université Queen Mary de Londres, coupe court : « il existe d’importants obstacles juridiques pour ce qui est de la demande d’extradition des États-Unis. » De nombreux experts sont d’accord là dessus : c’est parti pour de nombreux mois (voir années) de batailles juridiques. »

La posture des USA : un danger pour la liberté de la presse à l’échelle internationale ?

En 1917, la mise sur pied de l’Espionnage Act visait à interdire toute ingérence dans les opérations militaires, à empêcher l'insubordination dans l'armée et à empêcher que des tiers ne soutiennent des ennemis des États-Unis en temps de guerre. En 1919, la Cour Suprême des États-Unis a tranché que la loi fédérale ne viole pas la liberté d’expression de ceux condamnés en vertu de ses dispositions. Seulement, elle a fait l’objet de controverses et de contestations devant les juridictions au sein même de ce pays, notamment, à cause de son caractère anticonstitutionnel et de son rapport frontal avec la liberté d’expression. Si les USA ont intégré cet ingrédient aux débats, c’est que les jeux sont faits d’avance dans un éventuel procès d’Assange aux Etats-Unis.

« Si on laisse Assange à la merci de ce mauvais vent, alors tout journaliste où qu’il se trouve pourra être extradé aux États-Unis si le gouvernement de ce pays estime qu'il a publié des informations qui menacent la sécurité nationale américaine », note WikiLeaks.


Source : UK homeofficemedia , Reuters

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?

La requête des USA est-elle légitime ? Partagez-vous l’avis des observateurs qui pensent qu’il s’agit d’une tentative des USA de faire appliquer ses lois à des citoyens d’autres pays ?

Les actions des USA constituent-t-elles une menace pour la liberté de la presse à l’échelle internationale ?

Voir aussi :

Julian Assange quittera « sous peu » l'ambassade d'Équateur à Londres où il est réfugié depuis 26 mois déjà

WikiLeaks : première bande-annonce de « The Fifth Estate », irez-vous voir le film qui retrace l'affaire et la vie de Julian Assange ?

Un grand nombre de documents russes qui ont fait l'objet de fuites ont été publiés sur Internet par un collectif d'activistes de la transparence

Macron Leaks : WikiLeaks publie plus de 21 000 emails certifiés comme fiables en Marche compte en informer le Procureur de la République

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Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 22/07/2019 à 21:16
il encourt la peine de mort et 175 ans de prison
Dans quel ordre ?
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Avatar de BleAcheD
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 10:17
De quoi faire peur à ceux qui seraient tentés de faire comme lui.
5  0 
Avatar de Cpt Anderson
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 10:38
T'imagines si ca avait été en Russie...ca aurait fait la une des journaux. Là, tout le monde s'en cogne !

Ca me rappel l'affaire Vanunu.
5  0 
Avatar de markham
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 22/07/2019 à 23:25
interview a voir pour comprendre ce que sont réellement les usa pour les puissances étrangères:

3  0 
Avatar de callo
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 11:45
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Dans quel ordre ?
Bah, mis à mort puis sa tombe enchaînée pendant 175 ans
3  0 
Avatar de cdusart
Membre actif https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 12:39
Pour ceux qui se pose la question de savoir comment il a vécu à l’ambassade et aussi pourquoi il a fini par en être expulsé:
https://edition.cnn.com/2019/07/15/politics/assange-embassy-exclusive-documents/index.html

Et pour ceux qui ne comprennent pas l'ironie de ce qui en train de se passer, je vous conseille de lire ça (ou n'importe quel article parlant de l'opinion du DoJ d'Obama sur la question d'Assange) :
https://www.thebigsmoke.com.au/2019/04/15/obama-declined-to-charge-julian-assange-suddenly-he-broke-the-law/
Pour résumé, L'administration Obama a reconnu publiquement qu'il ne poursuivrait pas Assange parce que liberté de la presse, puis Assange a fait tout son possible pour aider la campagne de Trump, puis Trump est élu, puis l'administration Trump décide que la liberté de la presse osef et décide de poursuivre Assange.

Et une question qui me taraude depuis longtemps, pourquoi Assange est-il considéré comme un lanceur d'alerte ?
Il administre un site ayant pour vocation de donner de la voix à des lanceurs d'alerte (et accessoirement des pirates informatiques) mais cela fait-il réellement de lui un lanceur d'alerte ?

Si on prend par exemple une définition du terme lanceur d'alerte :
Définition de Francis Chateauraynaud et Didier Torny :
C'est "une personne ou un groupe qui estime avoir découvert des éléments qu'il considère comme menaçants pour l'homme, la société, l'économie ou l'environnement et qui de manière désintéressée décide de les porter à la connaissance d'instances officielles, d'associations ou de médias, parfois contre l'avis de sa hiérarchie."
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 13:18
Citation Envoyé par 4bstract Voir le message
Chine, Etats-Unis, Russie... Différents pays, même pratiques et pas de libertés
Perso ne je possède aucun produit Russe, ni aucun produit fabriqué en Russie.
Par contre j'utilise du matériel étasunien fabriqué en Chine. De toute façon on connait les outils de la NSA, on sait ce qu'ils sont capable de faire (merci Snowden ).

Citation Envoyé par cdusart Voir le message
Il administre un site ayant pour vocation de donner de la voix à des lanceurs d'alerte (et accessoirement des pirates informatiques) mais cela fait-il réellement de lui un lanceur d'alerte ?
Il a rendu public des vérités c'est donc un lanceur d'alerte.

Julian Assange - Principales affaires - Arrestation à l'ambassade de l'Équateur à Londres - Soutiens déclarés à Assange pour défendre la liberté de la presse
Eva Joly, magistrate et députée européenne, a déclaré que l'arrestation de Julian Assange constituait une attaque à la liberté de la presse, au droit international et au droit d'asile. De même, la députée allemande au Bundestag, spécialisée dans les questions de droit international et de droit de la presse, Sevim Dagdelen, a qualifié l'arrestation de l'informateur d'« une attaque contre le journalisme indépendant » et a déclaré qu'il « est aujourd’hui gravement en danger ». Dick Marty, ancien procureur général du Tessin et rapporteur sur les prisons secrètes de la CIA pour le Conseil de l'Europe, juge que l'arrestation du lanceur d'alerte est « très choquante » parce qu'il « n’a fait que dire la vérité ». Plusieurs juristes suisses de renom ont même demandé au conseil fédéral d'accorder l'asile du fondateur de Wikileaks parce qu'il est menacé d'extradition vers les Etats-Unis, qui a par le passé "réduit au silence des lanceurs d'alertes" .
C'est très bien Wikileaks :
Les dix plus grosses révélations de Wikileaks
J’espère que la fondation sortira plein de gros dossiers le jour où Assange sera condamné.
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Avatar de Itachiaurion
Membre averti https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 13:49
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
J’espère que la fondation sortira plein de gros dossiers le jour où Assange sera condamné.
S'ils étaient vraiment des lanceurs d'alerte le cœur sur la main, il l'aurais déjà fait. On ne garde pas une information potentiellement importante en guise de vas-tout si le chef se fait capturer, on révèle aux monde ce que l'on a trouver, surtout si c'est potentiellement important/grave etc. c'est ça aussi le journalisme/lanceur d'alerte. Ce n'est pas seulement se garder une information en guise de sécurité en cas de coup dur. Oui la décision des USA est contestable, mais le comportement de Wikileaks n'est pas exempt de reproche. Alors oui je conviens qu'il est rationnel d’agir ainsi et c'est difficile de le reprocher de privilégié la sécurité de sa personne a la divulgation de l'information. Soit Wikileaks en a encore dans le coffre et il n'y a pas de raisons de ne pas le diffuser, soit il n'y a rien et dans ces cas là tant pis.
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Avatar de Ecthelion2
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 14:22
Citation Envoyé par disedorgue Voir le message
Que je sache, les us ne sont pas des démocrates mais des capitalistes... et donc une dictature basée sur la richesse...
Comme 95% des pays alors quoi... (je laisse 5% de marge pour le doute).
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Avatar de NBoulfroy
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 17/06/2019 à 16:57
Bien qu'il ai révélé des secrets d'État, ce monsieur va mourir (sans parler du problème lié à sa personnalité) alors qu'il a quand même permis de mettre en lumière bon nombre de choses néfastes.

Dire que la requête n'est pas légitime serai de la mauvaise foi mais on sait ce qui va lui arriver. Il est citoyen américain dont il est soumis aux lois de son pays, maintenant : on fait quoi des lanceurs d'alerte ? Non parce que bon, le prochain, c'est Snowden.

Les USA comme tout État a une dent contre la presse dès lors qu'elle met en évidence une défaillance de celui-ci. Maintenant, aucun État ne garantira à 100% la liberté de la presse sous prétexte qu'on ne doit pas révéler les "secrets d'État" (aucune théorie complotisme, c'est juste une réalité à ne pas nier).

En revanche, je tiens à préciser certaines choses dites avant :
- Les crimes de l'URSS, ils ont été avoué, dans le cas de Staline, après sa mort et assez vite compte tenu du fait que c'était une tache noire sur le système communiste qu'il fallait absolument faire oublier
- Les goulags étaient connus de tous, dire officiellement que c'était vrai, c'était le minimum
- Hélas, le principe de la paix pour les USA veut dire qu'ils ont une domination sans partage et non, quand on commet un acte répréhensible, il est normal de le balancer (cf. la loi en France par exemple qui insiste sur la notion de délation si on est témoin d'un acte illégal)
- La France, comme toutes les grandes nations d'Europe, a colonisé et c'était pour des raisons économiques puis politiques (bonjour le centre d'essai nucléaire au Algérie)
- Vichy était un régime officiel, sauf qu'on le reconnaît toujours pas car cela veut dire qu'on devrait endosser la responsabilité de tout ce qui a eu lieu à ce moment là, car Pétain a été nommé chef du gouvernement par l'Assemblée Nationale d'alors, pile après la raclée qu'on a pris (oui, on s'est fait défoncer comme des nuls), Assemblée Nationale élue par le Peuple (donc démocratiquement)
- Assange est pas un journaliste mais un lanceur d'alerte, sauf que ce statut est pas clair ...
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