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Assange inculpé pour 18 chefs d'accusation au nom de la loi sur l'espionnage
Un danger pour la liberté d'informer ?

Le , par Stéphane le calme

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Julian Assange a été inculpé jeudi de 18 chefs d'accusation au nom de la loi sur l’espionnage de 1917 pour avoir orchestré les révélations de WikiLeaks en 2010. Selon le ministère de la Justice, les nouvelles accusations d'un grand jury fédéral dans le district est de Virginie allèguent que « les actes d'Assange risquaient de causer un préjudice grave à la sécurité nationale des États-Unis au profit de nos adversaires ».

Les accusations incluent une allégation de complot entre Manning et Assange pour obtenir, recevoir et divulguer des informations de la défense nationale en violation de la loi sur l'espionnage, une loi qui est rarement utilisée à l'encontre d'un individu qui n'a jamais servi au sein du gouvernement.

Réagissant à l'acte d'accusation jeudi, l'avocat d'Assange à Washington, Barry Pollack, a déclaré qu'Assange était inculpé « pour avoir incité des sources à lui fournir des informations véridiques et pour avoir publié ces informations ».

« La partie qui parle de piratage informatique présumé a été supprimée », a déclaré Pollack. « Ces accusations sans précédent démontrent la gravité de la menace que les poursuites pénales engagées contre Julian Assange posent à tous les journalistes qui s'efforcent d'informer le public des mesures prises par le gouvernement américain ».


Selon l'annonce du ministère de la Justice, Assange encourt une peine maximale de 10 ans d'emprisonnement pour chaque chef d'accusation, à l'exception d'un chef d'accusation de complot en vue de commettre une intrusion dans un ordinateur.

Assange avait déjà été inculpé en avril pour complot en vue de commettre une accusation d'intrusion informatique pour son rôle de coordination avec Manning.

À l’époque, les experts juridiques avaient déclaré que l'acte d'accusation pourrait être un substitut aux accusations plus lourdes qui pourraient être lancées à une date ultérieure. Cela a également été interprété comme une tentative du gouvernement d'esquiver les problèmes potentiels liés au Premier Amendement en ne s'attachant pas au statut autoproclamé d'Assange en tant qu'éditeur.

« Le ministère prend au sérieux le rôle des journalistes et de notre démocratie et nous le soutenons », a déclaré jeudi aux journalistes le procureur général adjoint à la Sécurité nationale, John Demers. « Le Département n'a pas et n'a jamais eu pour politique de les cibler pour avoir fait des reportages. Julian Assange n'est pas un journaliste, cela ressort clairement de la totalité de sa conduite, telle qu'elle est alléguée dans l'acte d'accusation » .

WikiLeaks, cependant, a réagi à la nouvelle en envoyant un tweet disant que cela équivalait à « la fin du journalisme à la sécurité nationale et au premier amendement ».


« D'après les activités de Wikileaks au cours des quinze dernières années, cet acte d'accusation n'a rien de surprenant. Et bien que ce ne soit pas étonnant, cela dérange », a déclaré John Cohen, ancien sous-secrétaire par intérim du département de la Sécurité intérieure des États-Unis. Selon un internaute, « Il ne faut pas perdre de vue que le responsable de WikiLeaks, une entité qui avait un contact direct avec des personnes associées à la campagne Trump et qui servait de moyen de transmission d'informations volées par les Russes, est désormais accusé d'espionnage ».

Le nouvel acte d’accusation intervient juste une semaine après que Manning, ancien analyste du renseignement de l’armée américaine et activiste anti-secret, ait été condamné à une peine de prison, après qu’un juge fédéral l’a condamnée pour outrage au tribunal pour avoir défié une assignation à comparaître devant un grand jury. Ce grand jury est convoqué devant le même tribunal fédéral où les procureurs ont déposé leurs accusations contre Assange.


L’acte d’accusation traite spécifiquement des échanges d’Assange avec Manning, alléguant « qu’après avoir accepté de recevoir des documents classifiés de Manning et d'avoir aidé, encouragé et obligé Manning à fournir des documents classifiés », Assange a ensuite publié ces documents sur WikiLeaks.

L'acte d'accusation rappelle les sollicitations répétées d'Assange concernant des données sensibles spécifiques, comprenant à la fois des sources non classifiées mais non publiques et des données explicitement classifiées. Parmi les éléments qu’Assange a laissé fuité qui ont été évoqué et qui appartiennent à la liste “Most Wanted Leaks” figurent :
  • Intellipédia - la base de données partagée de la communauté du renseignement sur les renseignements open source, gérée par le CIA Open Source Center;
  • les autres « bases de données en vrac » contenant des données militaires et de renseignement ;
  • des documents classifiés « Militaires et services de renseignement », y compris « Règles d'engagement pour l'Iraq et l'Afghanistan 2007-2009 (SECRET) » ; procédures de fonctionnement et d’interrogatoire à Guantanamo Bay, Cuba; documents relatifs aux détenus de Guantanamo;
  • des vidéos d'interrogatoire de détenus de la CIA; et
  • des informations sur certains systèmes d'armes.

« Assange voulait que la liste des "Most Wanted Leaks” encourage et amène les individus à obtenir et à divulguer illégalement des informations protégées, y compris des informations classifiées, à WikiLeaks en violation de la loi », indique l'acte d'accusation.

L'acte d'accusation affirme qu'Assange a publié des documents classifiés contenant « les noms de sources humaines qui ont fourni des informations aux forces américaines en Irak et en Afghanistan et aux diplomates du département d'Etat américain dans le monde », a déclaré le porte-parole du département de la Justice. « Ces sources humaines comprenaient des Afghans et des Irakiens locaux, des journalistes, des chefs religieux, des défenseurs des droits de l'homme et des dissidents politiques issus de régimes répressifs ». Selon l'acte d'accusation, Assange « a créé un risque grave et imminent que les personnes innocentes qu'il a nommées soient victimes de sévices physiques graves et / ou d'une détention arbitraire ».

L’acte d’accusation lie même WikiLeaks à Oussama ben Laden et note que les talibans ont utilisé des documents de WikiLeaks pour traquer des informateurs travaillant pour l’armée américaine et le gouvernement afghan.

Assange est actuellement emprisonné à Londres, où il purge une peine pour violation de sa liberté sous caution et risque une extradition vers la Suède pour des accusations d'agression sexuelle (les autorités suédoises ont demandé l'extradition d'Assange pour qu’il aille répondre devant la justice de certaines accusations de viol). Le nouvel acte d'accusation vient avant que les États-Unis aient officiellement demandé l'extradition d'Assange - ce que les États-Unis pourraient faire avant le 11 juin.

Source : décision de justice

Et vous ?

Que pensez-vous de ces accusations ?
Doit-il y avoir une limite dans la liberté d'informer ? Où se situerait-elle ?

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Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 22/07/2019 à 21:16
il encourt la peine de mort et 175 ans de prison
Dans quel ordre ?
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Avatar de BleAcheD
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 10:17
De quoi faire peur à ceux qui seraient tentés de faire comme lui.
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Avatar de Cpt Anderson
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 10:38
T'imagines si ca avait été en Russie...ca aurait fait la une des journaux. Là, tout le monde s'en cogne !

Ca me rappel l'affaire Vanunu.
5  0 
Avatar de markham
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 22/07/2019 à 23:25
interview a voir pour comprendre ce que sont réellement les usa pour les puissances étrangères:

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Avatar de callo
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 11:45
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Dans quel ordre ?
Bah, mis à mort puis sa tombe enchaînée pendant 175 ans
3  0 
Avatar de cdusart
Membre actif https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 12:39
Pour ceux qui se pose la question de savoir comment il a vécu à l’ambassade et aussi pourquoi il a fini par en être expulsé:
https://edition.cnn.com/2019/07/15/politics/assange-embassy-exclusive-documents/index.html

Et pour ceux qui ne comprennent pas l'ironie de ce qui en train de se passer, je vous conseille de lire ça (ou n'importe quel article parlant de l'opinion du DoJ d'Obama sur la question d'Assange) :
https://www.thebigsmoke.com.au/2019/04/15/obama-declined-to-charge-julian-assange-suddenly-he-broke-the-law/
Pour résumé, L'administration Obama a reconnu publiquement qu'il ne poursuivrait pas Assange parce que liberté de la presse, puis Assange a fait tout son possible pour aider la campagne de Trump, puis Trump est élu, puis l'administration Trump décide que la liberté de la presse osef et décide de poursuivre Assange.

Et une question qui me taraude depuis longtemps, pourquoi Assange est-il considéré comme un lanceur d'alerte ?
Il administre un site ayant pour vocation de donner de la voix à des lanceurs d'alerte (et accessoirement des pirates informatiques) mais cela fait-il réellement de lui un lanceur d'alerte ?

Si on prend par exemple une définition du terme lanceur d'alerte :
Définition de Francis Chateauraynaud et Didier Torny :
C'est "une personne ou un groupe qui estime avoir découvert des éléments qu'il considère comme menaçants pour l'homme, la société, l'économie ou l'environnement et qui de manière désintéressée décide de les porter à la connaissance d'instances officielles, d'associations ou de médias, parfois contre l'avis de sa hiérarchie."
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 13:18
Citation Envoyé par 4bstract Voir le message
Chine, Etats-Unis, Russie... Différents pays, même pratiques et pas de libertés
Perso ne je possède aucun produit Russe, ni aucun produit fabriqué en Russie.
Par contre j'utilise du matériel étasunien fabriqué en Chine. De toute façon on connait les outils de la NSA, on sait ce qu'ils sont capable de faire (merci Snowden ).

Citation Envoyé par cdusart Voir le message
Il administre un site ayant pour vocation de donner de la voix à des lanceurs d'alerte (et accessoirement des pirates informatiques) mais cela fait-il réellement de lui un lanceur d'alerte ?
Il a rendu public des vérités c'est donc un lanceur d'alerte.

Julian Assange - Principales affaires - Arrestation à l'ambassade de l'Équateur à Londres - Soutiens déclarés à Assange pour défendre la liberté de la presse
Eva Joly, magistrate et députée européenne, a déclaré que l'arrestation de Julian Assange constituait une attaque à la liberté de la presse, au droit international et au droit d'asile. De même, la députée allemande au Bundestag, spécialisée dans les questions de droit international et de droit de la presse, Sevim Dagdelen, a qualifié l'arrestation de l'informateur d'« une attaque contre le journalisme indépendant » et a déclaré qu'il « est aujourd’hui gravement en danger ». Dick Marty, ancien procureur général du Tessin et rapporteur sur les prisons secrètes de la CIA pour le Conseil de l'Europe, juge que l'arrestation du lanceur d'alerte est « très choquante » parce qu'il « n’a fait que dire la vérité ». Plusieurs juristes suisses de renom ont même demandé au conseil fédéral d'accorder l'asile du fondateur de Wikileaks parce qu'il est menacé d'extradition vers les Etats-Unis, qui a par le passé "réduit au silence des lanceurs d'alertes" .
C'est très bien Wikileaks :
Les dix plus grosses révélations de Wikileaks
J’espère que la fondation sortira plein de gros dossiers le jour où Assange sera condamné.
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Avatar de Itachiaurion
Membre averti https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 13:49
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
J’espère que la fondation sortira plein de gros dossiers le jour où Assange sera condamné.
S'ils étaient vraiment des lanceurs d'alerte le cœur sur la main, il l'aurais déjà fait. On ne garde pas une information potentiellement importante en guise de vas-tout si le chef se fait capturer, on révèle aux monde ce que l'on a trouver, surtout si c'est potentiellement important/grave etc. c'est ça aussi le journalisme/lanceur d'alerte. Ce n'est pas seulement se garder une information en guise de sécurité en cas de coup dur. Oui la décision des USA est contestable, mais le comportement de Wikileaks n'est pas exempt de reproche. Alors oui je conviens qu'il est rationnel d’agir ainsi et c'est difficile de le reprocher de privilégié la sécurité de sa personne a la divulgation de l'information. Soit Wikileaks en a encore dans le coffre et il n'y a pas de raisons de ne pas le diffuser, soit il n'y a rien et dans ces cas là tant pis.
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Avatar de Ecthelion2
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 23/07/2019 à 14:22
Citation Envoyé par disedorgue Voir le message
Que je sache, les us ne sont pas des démocrates mais des capitalistes... et donc une dictature basée sur la richesse...
Comme 95% des pays alors quoi... (je laisse 5% de marge pour le doute).
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Avatar de NBoulfroy
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 17/06/2019 à 16:57
Bien qu'il ai révélé des secrets d'État, ce monsieur va mourir (sans parler du problème lié à sa personnalité) alors qu'il a quand même permis de mettre en lumière bon nombre de choses néfastes.

Dire que la requête n'est pas légitime serai de la mauvaise foi mais on sait ce qui va lui arriver. Il est citoyen américain dont il est soumis aux lois de son pays, maintenant : on fait quoi des lanceurs d'alerte ? Non parce que bon, le prochain, c'est Snowden.

Les USA comme tout État a une dent contre la presse dès lors qu'elle met en évidence une défaillance de celui-ci. Maintenant, aucun État ne garantira à 100% la liberté de la presse sous prétexte qu'on ne doit pas révéler les "secrets d'État" (aucune théorie complotisme, c'est juste une réalité à ne pas nier).

En revanche, je tiens à préciser certaines choses dites avant :
- Les crimes de l'URSS, ils ont été avoué, dans le cas de Staline, après sa mort et assez vite compte tenu du fait que c'était une tache noire sur le système communiste qu'il fallait absolument faire oublier
- Les goulags étaient connus de tous, dire officiellement que c'était vrai, c'était le minimum
- Hélas, le principe de la paix pour les USA veut dire qu'ils ont une domination sans partage et non, quand on commet un acte répréhensible, il est normal de le balancer (cf. la loi en France par exemple qui insiste sur la notion de délation si on est témoin d'un acte illégal)
- La France, comme toutes les grandes nations d'Europe, a colonisé et c'était pour des raisons économiques puis politiques (bonjour le centre d'essai nucléaire au Algérie)
- Vichy était un régime officiel, sauf qu'on le reconnaît toujours pas car cela veut dire qu'on devrait endosser la responsabilité de tout ce qui a eu lieu à ce moment là, car Pétain a été nommé chef du gouvernement par l'Assemblée Nationale d'alors, pile après la raclée qu'on a pris (oui, on s'est fait défoncer comme des nuls), Assemblée Nationale élue par le Peuple (donc démocratiquement)
- Assange est pas un journaliste mais un lanceur d'alerte, sauf que ce statut est pas clair ...
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