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Boeing croyait que le voyant d'alerte de désaccord AOA était une caractéristique standard sur le 737 Max
Alors qu'il était facturé en option

Le , par Olivier Famien

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15  0 
À mesure que les jours se succèdent, on en sait un peu plus sur l’affaire concernant les deux crashs des Boieng 737 Max survenus en octobre et mars dernier. Même si le PDG de Boeing, Dennis Muilenburg, continue d’accuser les personnes qui étaient aux commandes des aéronefs lors de l’occurrence des deux crashs, il n’en demeure pas moins que les informations collectées jour après jour montrent avec plus de précision que Boeing a des choses à se reprocher dans cette affaire.

Selon les conclusions préliminaires des enquêteurs, le coupable devrait être recherché au niveau du système mis en place par Boeing pour éviter à l’appareil de décrocher. Nous rappelons que sur ce modèle amélioré du Boeing 737, Boeing a ajouté des turboréacteurs plus imposants afin de permettre à l’appareil de concurrencer l’A 320neo tant au niveau de l’autonomie que du rendement énergétique. Mais ces modifications ont changé le comportement de l’aéronef en vol, en le faisant cabrer lorsque l’appareil subit un angle d’attaque élevé. Boeing a tenté de corriger ce comportement avec son nouveau système anti-décrochage nommé le MCAS (Maneuvering Characteristics Augmentation System).

Après les crashs des deux appareils, les enquêtes en cours ont permis de mieux comprendre le fonctionnement du MCAS. En principe, pour assurer le fonctionnement optimal du système anti-décrochage, le système MCAS doit être couplé à des capteurs d’angle d’attaque et un voyant lumineux qui s'active lorsque le MCAS qui s’appuie sur les données des capteurs d’angle renvoie des données contradictoires. Mais après avoir mis le Boeing 737 Max à la disposition du public, il a été rapporté que Boeing a rendu un second indicateur d’angle ainsi que le voyant lumineux d’alerte de dysfonctionnement du MCAS payants.

Selon le New York Times (NYT), lorsque Boeing a commencé à livrer son 737 Max à ses clients en 2017, la société était convaincue que le voyant d’alarme de désaccord AOA était une caractéristique standard de tous les nouveaux avions à réaction. Toutefois, quelques mois après le vol des avions, les ingénieurs de la société ont compris que le voyant lumineux ne fonctionnait que sur les avions dont les clients avaient acheté un indicateur facultatif différent. Fondamentalement, cela signifiait qu’une caractéristique de sécurité que Boeing considérait comme standard était en réalité un complément premium. Dans un communiqué paru dimanche dernier, Boeing a expliqué sa confusion au sujet du voyant d’alerte qui ne fonctionnait pas comme il souhaitait avec le logiciel du système d’affichage du 737 Max.

Selon les déclarations de Boeing, le logiciel fourni à Boeing a lié l’alerte de désaccord AOA à l’indicateur AOA. Ce qui impliquait que le logiciel n’activait l’alerte de désaccord AOA que si une compagnie aérienne avait acheté en option l’indicateur AOA. Selon le NYT, ce manque initial de connaissances sur les fonctionnalités de l’appareil, ainsi que la publication différée, ajoutent des inquiétudes concernant la gestion de la conception du 737 Max par Boeing. Les révélations s'ajoutent aux problèmes croissants de Boeing, qui incluent des relations délabrées avec les compagnies aériennes et les clients, de multiples enquêtes fédérales, des coûts financiers croissants et le travail restant à accomplir pour que le Max vole à nouveau.

Après avoir réalisé les défauts liés aux capteurs et au MCAS, Boeing a commencé à travailler sur une mise à jour pour dissocier l’alerte de l’indicateur, vu que l’alerte ne pourrait pas fonctionner sans l’indicateur de désaccord AOA. Si l’on s’en tient à cela, les appareils d’Éthiopian Airlines et Lion Air qui ne disposaient pas de l’indicateur vendu en option ne pouvaient pas avoir d’alerte concernant les données erronées renvoyées par le capteur d’angle d’attaque. Il est bon également de préciser que seulement 20 % des clients avaient acheté l’indicateur facultatif, lors de la survenue des crashs.

Après avoir découvert la défaillance en 2017 du système MCAS et des composants manquants, Boeing a procédé à un examen interne et a déterminé que l’absence de voyant d’avertissement « n’avait pas d’incidence négative sur la sécurité ou l’exploitation de l’avion », a-t-il déclaré dans son communiqué. En conséquence, Boeing a déclaré qu’il n’avait pas informé les compagnies aériennes ou la Federal Aviation Administration (FAA) de cette erreur pendant un an. Ce n’est qu’après le crash du vol 610 de Lion Air en octobre dernier que Boeing a discuté de la question avec la FAA.

En novembre dernier, Boeing a eu une réunion avec les pilotes d’American Airlines (qui avait acheté l’extension). D’après le NYT, Boeing a déclaré aux pilotes que l’alerte de désaccord fonctionne au sol et les préviendrait des problèmes s’il y avait un souci avant le décollage. « On nous a dit que si l’indicateur et les capteurs AOA, comme sur Lion Air, présentaient une différence énorme, nous serions alertés au sol et donc ne décollerions même pas », a déclaré Dennis Tajer, porte-parole du syndicat des pilotes d’American Airlines. « Cela nous a donné une confiance supplémentaire pour continuer à piloter cet avion », ajoute-t-il. Mais ces dernières semaines, Boeing aurait avancé quelque chose de différent. Selon Tajer, la compagnie a affirmé récemment que « le système n’en avertirait les pilotes de tout désaccord sur les capteurs avant que si l’avion est à 400 pieds au-dessus du sol ». Un porte-parole de Boeing l’a confirmé, soulignant que l’alerte de désaccord ne fonctionnait pas au sol et n’aurait donc pas pu alerter les pilotes de Lion Air d’un capteur défectueux avant le décollage. M. Tajer a déclaré que Boeing semblait avoir « fourni des informations inexactes » et que les pilotes avaient demandé des éclaircissements à la compagnie. Tajer, qui est également un pilote 737, s’est dit préoccupé par le fait que Boeing ne semblait pas comprendre parfaitement le fonctionnement de chaque aspect du 737 Max. « Vous feriez mieux de commencer à connaître les choses sur l’avion que vous construisez et vendez, car ma vie et les passagers que je transporte en toute sécurité à travers le monde en dépendent », a déclaré M. Tajer.

Source : NYT

Et vous ?

Que vous suggère ces récentes révélations ?

De quoi remettre en cause la crédibilité du fabricant d’appareils et Boeing et par-delà la sécurité de leurs appareils ?

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Avatar de stef-13013
Membre actif https://www.developpez.com
Le 29/06/2019 à 16:52
Ils suivent "juste" la tendance actuelle qui est de ne pas/plus payer les gens... (Et ce n'est pas propre à l'IT)

Quelques phrases "magiques" (tout est véridique, ca vient de ma boite) :
"Le codage, franchement, aujourd'hui c'est pas compliqué, tu vas sur internet, tu te tapes des tuto. et hop, voila hein, pas de quoi en faire un plat"
"Les informaticiens, pfff, vous êtes les sidérurgistes de demain"

Et ma préférée :
"Pour les projets à venir, on va recruter des stagiaires, il doit bien y en avoir 2 ou 3 de bons dans le lot"
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Avatar de tpericard
Membre averti https://www.developpez.com
Le 29/06/2019 à 19:41
Ils suivent "juste" la tendance actuelle qui est de ne pas/plus payer les gens... (Et ce n'est pas propre à l'IT)

Quelques phrases "magiques" (tout est véridique, ca vient de ma boite) :
"Le codage, franchement, aujourd'hui c'est pas compliqué, tu vas sur internet, tu te tapes des tuto. et hop, voila hein, pas de quoi en faire un plat"
"Les informaticiens, pfff, vous êtes les sidérurgistes de demain"

Et ma préférée :
"Pour les projets à venir, on va recruter des stagiaires, il doit bien y en avoir 2 ou 3 de bons dans le lot"
Effectivement ça fait longtemps que les développements se font principalement au forfait. Et qui forfait dit baisse maximum des coûts par les sociétés qui développent.

L'article ne parle pas de l'aspect "Tests" qui est toujours le mouton noir ... "quoi des tests ? Inutiles, c'est tellement bien écrit" ou aussi, entendu chez un client cette fois "pas la peine de tester ce cas de figure, ça n'arrivera jamais en prod" ... devinez ce qui arriva quelques jours plus tard après la mise en production ... cas véridique qui s'est passée sur une application critique dans une très grande entreprise.

Pour conclure, quand un donneur d'ordres ne veut mettre que le minimum financier, il n'aura qu'une qualité au mieux moyenne.
12  0 
Avatar de kremvax
Membre averti https://www.developpez.com
Le 30/06/2019 à 0:13
L'article de Bloomberg met l'accent sur les problèmes liés à l'outsourcing, mais ce serait un peu facile de dédouaner les problèmes de *conception* qui semblent avoir été à la base de tout, en amont du développement. Le fait de faire l'impasse sur la redondance des sondes, ce n'est ni une décision de développeur, ni un bug.
12  0 
Avatar de yoyo3d
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 30/06/2019 à 21:37
Les centaines de millions (milliards ?) de perte suite à cette affaire devraient leur faire sérieusement réviser leur jugement.
malheureusement non, je ne croix pas, ce n'est pas la première entreprise à faire une connerie parce qu’un "col blanc" à décider de ne faire des économies... le Titanic en est un bon exemple, avec ses rivets fondus dans un acier de mauvaise qualité...ses canots sous dimensionnés en nombre, sa volonté de battre des records de vitesse pour "la gloire"... etc
l'histoire industrielle, agroalimentaire, militaire, sanitaire est pleine de décisions "à la con" pour la gloire, de mauvais choix techniques ou financiers par incompétence extrême...voir pire, d'égo démesuré.

Le fait de faire l'impasse sur la redondance des sondes, ce n'est ni une décision de développeur, ni un bug.
tu as 100% raison et cela confirme ma pensée...
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Avatar de marsupial
Membre expert https://www.developpez.com
Le 16/05/2019 à 21:18
Punaise mais les pauvres pilotes que Boeing cherche à faire trinquer pour une de leurs erreur de conception. Heureusement qu'ils ont enregistré la réunion avec ces dangereux industriels.
8  0 
Avatar de CaptainDangeax
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 27/06/2019 à 14:44
Le problème avec ce MCAS, c'est que depuis le premier 737-100 et ses moteurs JT8D, l'avion a été tellement transformé, étiré, agrandi, remotorisé, que l'étude dynamique initiale (faite à la règle à calcul, faut-il le rappeler) est devenue complètement caduque. D'où le MCAS bricolé vite fait mal fait pour maintenir l'avion dans son enveloppe de vol...
Il faut aussi savoir que Boeing et Airbus ont une approche totalement différente des commandes de vol. Chez airbus, le pilote donne une consigne à l'ordinateur de bord qui l'applique. Chez Boeing, le pilote donne une consigne à l'avion et l'ordinateur de bord essaie de corriger.
Alors chez Airbus, quand on descend moteur réduit et roues sorties, l'ordinateur de bord comprend "je suis en train de me poser" et pose l'avion dans la forêt d'Absheim. Quand, au dessus de l'atlantique, que les sondes pitot gèlent et que le pilote met l'avion en montée, l'avion fini par décrocher. Ce n'est pas infaillible.
Mais là chez Boeing, c'est un bidule rajouté sur un modèle de commande qui n'est pas prévu pour à la base. La seule solution, c'est de démonter complètement le MCAS et de refaire l'étude aéro de l'avion, pour qu'il soit de nouveau viable à voler sans béquille électronique.
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Avatar de jpouly
Membre averti https://www.developpez.com
Le 30/06/2019 à 13:50
Citation Envoyé par kremvax Voir le message
L'article de Bloomberg met l'accent sur les problèmes liés à l'outsourcing, mais ce serait un peu facile de dédouaner les problèmes de *conception* qui semblent avoir été à la base de tout, en amont du développement. Le fait de faire l'impasse sur la redondance des sondes, ce n'est ni une décision de développeur, ni un bug.
Comme je le dis souvent, on ne résout pas un problème fonctionnel par de la technique. On résout du fonctionnel par du fonctionnel.

Ici c'est la même chose. le fait d'avoir mis de nouveaux moteurs a complètement changé l'équilibre de l'avion. C'est pas un bout de code qui va résoudre ce problème, et Newton a été clair sur le sujet ().

Il vallait mieux, même si ça coûte, revoir l'équilibre de l'avion et son aérodynamisme.
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Avatar de champomy62
Membre averti https://www.developpez.com
Le 30/06/2019 à 17:07
Citation Envoyé par yahiko Voir le message
Les informaticiens peuvent s'estimer heureux d'être payés, même 9$ de l'heure.

Tout ceci ne serait sans doute jamais arrivé si le code du 737 Max avait été open source, avec une communauté de bénévoles corrigeant toutes les failles sur leur temps libre.
LOL
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 01/07/2019 à 8:30
Citation Envoyé par yoyo3d Voir le message
(.../...)l'histoire industrielle, agroalimentaire, militaire, sanitaire est pleine de décisions "à la con" pour la gloire, de mauvais choix techniques ou financiers par incompétence extrême...voir pire, d'égo démesuré.
(..../...)
En termes d'égo, je pense au projet Louvois ou au système d'armes du F35. Qui n'ont tué personne(ce qui est un souci pour le F35, un système d'armes, c'est sensé tuer des gens, justement), mais qui ont couté des sommes délirantes.
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Avatar de pboulanger
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 16/07/2019 à 8:37
"changer de nom pour faire oublier les problèmes" est une technique totalement maitrisée par nos politiques (RPR -> UMP -> Les Républicains). Mais je ne suis pas sûr que cela suffise à faire oublier que Boeing, pour faire des économies de bouts de chandelles, a sacrifié la sécurité de ses passagers...
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