Vous êtes nouveau sur Developpez.com ? Créez votre compte ou connectez-vous afin de pouvoir participer !

Vous devez avoir un compte Developpez.com et être connecté pour pouvoir participer aux discussions.

Vous n'avez pas encore de compte Developpez.com ? Créez-en un en quelques instants, c'est entièrement gratuit !

Si vous disposez déjà d'un compte et qu'il est bien activé, connectez-vous à l'aide du formulaire ci-dessous.

Identifiez-vous
Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ?
Créer un compte

L'inscription est gratuite et ne vous prendra que quelques instants !

Je m'inscris !

Des documents internes de Facebook révèlent le lobbying de l'entreprise au niveau mondial
Contre les législations sur la protection des données

Le , par Stéphane le calme

609PARTAGES

13  0 
Facebook aurait ciblé des politiciens du monde entier, y compris l'ancien chancelier britannique George Osborne, promettant des investissements tout en les incitant à faire pression pour le compte de Facebook contre les législations sur la protection des données, a révélé une nouvelle fuite explosive de documents internes à Facebook.

Les documents, qui ont été vus par The Guardian et Computer Weekly, révèlent une opération de lobbying mondial secrète visant des centaines de législateurs et de régulateurs dans le but de gagner de l'influence, y compris au Royaume-Uni, aux États-Unis, au Canada, en Inde, au Vietnam, en Argentine, au Brésil, en Malaisie et dans les 28 États de l’UE. Les documents incluent des détails sur la manière dont Facebook:
  • a exercé des pressions sur des politiciens de toute l'Europe dans le cadre d'une opération stratégique visant à éviter une législation « trop restrictive » du RPGD. Parmi celles-ci figurent des affirmations extraordinaires selon lesquelles le Premier ministre irlandais a déclaré que son pays pourrait exercer une influence notable en tant que président de l'UE, en défendant les intérêts de Facebook, même s'il était censé rester neutre sur le plan technique.
  • s’est servie du mémoire féministe de Sheryl Sandberg, directrice générale des opérations, utilisé par Lean In pour « tisser des liens » avec des commissaires européennes considérées comme hostiles.
  • a menacé de retenir les investissements des pays sauf s'ils soutenaient ou votaient des lois favorables à Facebook.


Les documents semblent émaner d'un procès intenté contre Facebook par le développeur d'applications Six4Three en Californie et révèlent que Sandberg considérait la législation européenne sur la protection des données comme une menace « critique » pour la société. Dans une note rédigée après le sommet économique de Davos en 2013, Sandberg fait la description d’une « bataille difficile » que la société a dû livrer en Europe sur le « front de la confidentialité et des données » et de ses efforts « critiques » pour éviter de « nouvelles lois trop normatives ».


Sheryl Sandberg

Plus révélateur encore, il contient des détails sur les « bonnes relations » de la société avec Enda Kenny, le Premier ministre irlandais de l’époque, une des nombreuses personnes qu’elle décrit comme des « amis de Facebook ». L'Irlande joue un rôle clé dans la réglementation des entreprises technologiques en Europe, car son commissaire à la protection des données agit pour les 28 États membres. Le mémo a enflammé les défenseurs de la protection des données, qui se sont longtemps plaints de la relation « intime » de l’entreprise avec le gouvernement irlandais.

La note souligne « l’appréciation » de Kenny pour la décision de Facebook d’installer son siège social à Dublin et souligne que la nouvelle législation proposée sur la protection des données constituait une « menace pour l’emploi, l’innovation et la croissance économique en Europe ». Et de poursuivre en affirmant que l'Irlande est sur le point d'assumer la présidence de l'UE et a donc « l'occasion d'influencer les décisions de la directive européenne sur les données ». Elle affirme que Kenny a proposé d'utiliser « l'influence notable » de la présidence de l'UE comme moyen d'influencer d'autres États membres de l'UE « bien que, techniquement, l'Irlande soit supposée rester neutre dans ce rôle ».

Elle continue en assurant que « Le Premier ministre s’est engagé à utiliser la présidence de l’UE pour obtenir un résultat positif à la directive ». Kenny, qui a démissionné de ses fonctions en 2017, n’a pas répondu à la demande de commentaires du quotidien The Guardian.


Enda Kenny

Facebook indique que ces documents doivent être pris dans leur contexte

Un porte-parole de Facebook a déclaré que les documents étaient toujours sous scellés devant un tribunal californien et qu'il ne pouvait leur répondre en détail :

Citation Envoyé par Facebook
Comme les autres documents qui ont été choisis et publiés en violation d'une décision de justice rendue l'année dernière, ceux-ci disent délibérément un côté de l’histoire et en omettent le contexte qui est pourtant important.
La note de 2013, rédigée par Marne Levine, qui est désormais cadre supérieur de Facebook, a été transmise à Elliot Schrage, alors responsable de la politique et des communications mondiales de Facebook, rôle désormais occupé par Nick Clegg. Ainsi que Kenny, des dizaines d’hommes politiques, de sénateurs américains et de commissaires européens sont mentionnés, dont le président indien Pranab Mukherjee, Michel Barnier, désormais négociateur du Brexit, et George Osborne.

Le chancelier de l’époque a profité de la réunion avec Sandberg pour demander à Facebook d’investir dans le projet gouvernemental Tech City, selon le mémo, et Sandberg a déclaré qu’elle « examinerait » toute proposition. En échange, elle lui a demandé de devenir « encore plus actif et persuasif dans le débat sur la directive européenne relative aux données et de contribuer réellement à façonner les propositions ». Le mémo affirme que Osborne a demandé un briefing détaillé et a déclaré qu'il « trouverait un moyen de s'impliquer davantage ». Il a proposé d’organiser le lancement du livre de Sandberg à Downing Street, événement qui a eu lieu au printemps 2013.


Marne Levine

Cette note révèle que les mémoires féministes de Sandberg ont été perçus comme un outil de lobbying par l’équipe Facebook et un moyen de gagner le soutien des législatrices pour un objectif plus large visé par Facebook.

Dans un compte-rendu particulièrement révélateur d'une rencontre avec Viviane Reding, influente commissaire européenne chargée de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, la note souligne qu’elle a eu un rôle clé en tant « qu’architecte de la directive européenne sur les données » et décrit la relation « difficile » de l'entreprise avec elle en raison du fait qu’elle a déclaré « ne pas être fan » des entreprises américaines.

Source : CW, The Guardian

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?
Cette stratégie vous semble-t-elle normale parce qu'elle est pratiquée par diverses entreprises ?
Êtes-vous surpris de voir Facebook mêlé à une affaire de lobbying contre la protection des données ? Pourquoi ?

Voir aussi :

Attendez-vous bientôt à une cryptomonnaie sponsorisée par Facebook, qui permettra aux utilisateurs de faire des paiements via Whatsapp
Commission européenne : Facebook, Google et Twitter ne respectent pas le code de conduite volontaire, qu'ils ont signé pour combattre les fake news
« Clear History » qui permettra d'effacer son historique de navigation sur Facebook est pour 2019, la firme dit qu'il nuira à ses activités de pub
Facebook a volontairement planifié l'espionnage des utilisateurs, c'est ce que révèlent de nouveaux emails confidentiels de la direction
Facebook fermera son application espion VPN Onavo, qui surveille les activités des utilisateurs et collecte leurs données

Une erreur dans cette actualité ? Signalez-le nous !

Avatar de MiaowZedong
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 06/03/2019 à 14:26
Précisons que Nick Clegg, le vice-président de Facebook en charge de la communication, était vice-premier ministre Britannique de 2010 à 2015 (donc au moment de la note mentionnée dans l'article). Mais je suis sûr que son lucratif poste chez FB n'est pas une récompense pour bons et loyaux services, qu'allons-nous penser...
1  0 
Avatar de Mingolito
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 03/03/2019 à 15:16
C'est des fonds jetés par les fenêtres vu que avec le RGBD Mark Zuckerberg a déjà perdu sur l'Europe et que les USA vont pas tarder a faire leur propre RGPD.

Ce type est un vrai psychopathe, il pouvais pas prendre ses 70 milliards de dollars, acheter un palace avec un harem et prendre sa retraite ? Qu'est ce qu'il veux celui la, devenir président des USA ? la il est mal parti...
0  0 
Avatar de Citrax
Membre actif https://www.developpez.com
Le 06/03/2019 à 12:45
fessebouc ou la vipere numerique infernale !!
C'est beau le lobbying / backshich.......mais c'est comme ca que ca marche depuis les decennies.

Chaque loi ou decision a un interet financier important et secret.
Dans quel autre monde vivons nous que celui du capitalisme numerique politico malhonnete ?!?

zuckerberg : un psychopathe ?
C'etait visible des le debut. Il faut forcement l'etre pour voler et creer un reseau social de toute l'humanité !
Ses parents ne lui ont jamais appris la qualité avant la quantité !?!

L'Union Europeenne n'a et n'a toujours eu qu'une seule option : se montrer plus forte et plus ferme que ses adversaires !
0  0