« Clear History » qui permettra d'effacer son historique de navigation sur Facebook est pour 2019,
La firme dit qu'il nuira à ses activités de pub

Le , par Bill Fassinou

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L’affaire Cambridge Analytica a conduit Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, devant plusieurs institutions législatives pour témoigner des pratiques de confidentialité de son entreprise. Parmi ces institutions, il y a le Congrès américain qui a soumis Zuckerberg à une série d’interrogation afin de comprendre la politique d’utilisation des données des utilisateurs. Dans un document de 500 pages publié en juin 2018, Facebook, comme son PDG dans ses différents témoignages, a promis de mener une enquête pour éclaircir son éventuelle implication dans l’affaire Cambridge Analytica tout en continuant à améliorer ses pratiques de confidentialité.

Facebook avait donc brandi de nouveaux outils destinés à appuyer ses pratiques de confidentialité, notamment une fonctionnalité baptisée « Clear History » qui « permettra aux utilisateurs de voir les sites Web et les applications qui envoient des informations à Facebook lorsqu'ils les utilisent. La fonctionnalité permettra également aux utilisateurs de supprimer ces données de leurs comptes et de désactiver pareils échanges avec leurs comptes à l’avenir », avait déclaré la société. Comme son nom l'indique, cette fonctionnalité permet aux utilisateurs d'effacer leur historique de navigation sur le réseau social. La fonctionnalité Clear History avait été annoncée à la conférence annuelle F8 de Facebook pour les développeurs en mai 2018 et devrait être disponible cette année.


« Dans votre navigateur Web, vous disposez d'un moyen simple d'effacer vos cookies et votre historique. L'idée est que beaucoup de sites ont besoin de cookies pour fonctionner, mais vous devriez toujours pouvoir effacer votre historique quand vous le voulez. Nous construisons une version de [cette fonctionnalité] pour Facebook aussi. Ce sera un contrôle simple pour effacer votre historique de navigation sur Facebook - ce sur quoi vous avez cliqué, les sites Web que vous avez visités, et ainsi de suite », a écrit Mark Zuckerberg dans un post sur Facebook. « Cette fonctionnalité vous permet de voir les sites Web et les applications qui nous envoient des informations lorsque vous les utilisez, de supprimer ces informations de votre compte et de désactiver notre capacité à les stocker dans votre compte », explique Erin Egan, Chief Privacy Officer de Facebook, dans un autre post. Il profite également pour préciser que les applications et sites Web qui utilisent des fonctionnalités telles que le bouton « J'aime » ou Facebook Analytics envoient au réseau social des informations pour améliorer son contenu et ses annonces.

En résumé, cette fonctionnalité vise à permettre aux utilisateurs d'isoler Facebook du reste de leur activité de navigation Web. Sa finalité s'apparente donc à celle de l'extension Facebook Container lancée fin mars par Mozilla pour Firefox. Mais contrairement à Clear History qui est utilisé à postériori, c'est-à-dire après que les données sont collectées, la solution de Mozilla veut tout simplement empêcher Facebook de collecter des données sur les utilisateurs alors qu'ils ne sont pas sur son site.

« Clear History » commençait à ressembler à une promesse vide de sens faite par Zuckerberg sous la contrainte dans le sillage du scandale Cambridge Analytica. Après avoir initialement dit que le développement de la fonctionnalité prendrait quelques mois, Facebook a déclaré en décembre que cela « prenait plus de temps que prévu », en citant des obstacles techniques. Mardi dernier, Facebook a donné une forte indication que « Clear History » est vraiment à venir et il a joint un calendrier plus crédible. David Werner, chef de la direction financière, a déclaré à un auditoire de banquiers, d'investisseurs et d'industriels à la conférence Morgan Stanley que la fonctionnalité sera disponible cette année et que cela nuirait probablement aux activités publicitaires ciblées de Facebook.

Plus important encore, le fait que le directeur financier de Facebook parle de cette fonctionnalité en termes de « vents contraires » pour les activités du réseau social suggère qu'il ne s'agit pas simplement d'une façade. « Facebook pourrait bien publier cette fonctionnalité, mais la concevoir de telle sorte qu'elle soit inefficace ou peu susceptible d'être largement utilisée. Facebook et d'autres plateformes technologiques se spécialisent dans la manipulation du comportement des utilisateurs via la conception de leurs produits. Elles savent donc comment enterrer une caractéristique quand ils ne veulent pas que beaucoup de gens s'en servent. Une telle mesure leur permet d'apaiser les critiques en matière de protection de la vie privée tout en maintenant le statu quo pour la grande majorité des utilisateurs qui ne savent pas qu'ils peuvent s'exclure », a écrit Slate, un magazine américain.

Cela pourrait bien être le cas avec « Clear History ». Toutefois, la déclaration de Wehner donne l'impression qu'il s'agit d'une fonctionnalité que Facebook s'attend à ce que les gens utilisent réellement, peut-être parce qu'ils seront en mesure de la trouver. Sinon, l'effet sur ses activités publicitaires serait négligeable. Néanmoins, des questions importantes demeurent quant à la conception et à la fonction de l'élément. Slate a demandé à Facebook si les données seront réellement supprimées ou simplement effacées d'une manière ou d'une autre qui les laissera stockées sur les serveurs de Facebook. À cette question, la réponse d'un porte-parole de Facebook a suggéré qu'il ne sera pas supprimé en soi, bien qu'il ait au moins réaffirmé que les données ne seront plus utilisées pour le ciblage publicitaire.

« Du point de vue du ciblage et de l'optimisation, Clear History sera similaire au contrôle des données de nos partenaires existants dans les Préférences publicitaires - les données effacées par une personne ne seront pas utilisées pour personnaliser ses annonces. Nous partagerons plus de conseils et de détails sur l'impact pour les annonceurs à mesure que nous nous rapprochons du lancement ». Les internautes restent assez septiques sur le fonctionnent réel de cette fonctionnalité. Certains sont surpris que Facebook soit en train d'implémenter une telle fonctionnalité et doute qu'elle fonctionne vraiment comme le public le souhaite.

Sources : CNBC, Slate

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?
Facebook va-t-il vraiment lancer Clear History qui pourrait nuire à ses revenus publicitaires ?
Pensez-vous que cette fonctionnalité fonctionnera vraiment comme annoncé par Facebook ? Pourquoi ?

Voir aussi

Affaire Cambridge Analytica : Facebook témoigne dans un document de 500 pages en ignorant les préoccupations de nombreux législateurs américains

Mozilla lance une extension Firefox pour isoler Facebook dans un conteneur afin d'empêcher le réseau social de vous pister sur les autres sites

Mark Zuckerberg annonce (avec un peu de regret ?) la fonctionnalité « Clear History » qui permet d'effacer son historique de navigation sur Facebook

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Avatar de Citrax
Membre actif https://www.developpez.com
Le 28/02/2019 à 21:16
Croire ou ne pas croire facebook*.............là est la question !

bon allez j'arrête les blagues, ils ne sont pas crédibles.

(* la plus grande aberration de l'Internet)
Avatar de Doksuri
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 01/03/2019 à 8:39
Code pseudocode : Sélectionner tout
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clearFacebookHistory.onclick = function() {
    sendHistoryToFacebook(userUniqId);
    clearHistory();
}
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 07/03/2019 à 3:32
Les utilisateurs américains de Facebook quittent le réseau social par millions
selon un sondage d'Edison Research

Un sondage publié en septembre 2018 par l'institut Pew Research Center montre que des américains étaient massivement en train de réviser leur position vis-à-vis du réseau social Facebook. Le sondage, réalisé du 29 mai au 11 juin, sur un échantillon de 3413 utilisateurs de Facebook, avait révélé que 74 % des utilisateurs américains de Facebook ont pris des mesures pour redéfinir une nouvelle orientation de leur vie sur le réseau social. Parmi les utilisateurs américains du réseau social âgés de 18 ans et plus qui ont été sondés, 54 % ont modifié leurs paramètres de confidentialité au cours des 12 mois précédents la date de l'enquête tandis que 42 % ont même cessé de consulté Facebook pendant plusieurs semaines.

Un peu plus du quart des répondants (26 %) sont allés plus loin dans leur décision de changer leur relation avec le réseau social en supprimant l’application de leur téléphone portable. 74 % de la cible du sondage ont réalisé au moins l’une de ces actions en signe de recherche de protection de leurs données personnelles suite au scandale Cambridge Analytica et aux nombreuses révélations de contrats de partage de données faites par Facebook. Une nouvelle étude effectuée par Edison Research, un cabinet de sondage, révèle que le nombre d'utilisateurs actuels de Facebook continue de diminuer. L'étude montre que le nombre d'utilisateurs de Facebook est estimé à 15 millions de moins que dans le rapport d'Edison Research de l'année 2017.


Les baisses sont fortement concentrées chez les jeunes. En effet, la plus forte baisse se situe les utilisateurs âgés de 12 à 34 ans. Marketplace Tech, un programme radiophonique américain, a donné son avis sur les résultats de recherches du cabinet Edison Research sur les médias sociaux. Une petite analyse de Marketplace a révélé que près de 80 % des utilisateurs aux États-Unis utilisent Twitter, Snapchat ou d'autres réseaux sociaux, mais qu'ils sont moins nombreux à se rendre sur Facebook. Cette baisse d'affluence sur le géant réseau social américain pourrait avoir plusieurs raisons.


Au cours des dernières années, Facebook a été au cœur de la majorité des scandales liés à l’utilisation faite par les entreprises de la Tech des données utilisateur qu’elles collectent, d’une part, et à la manière même dont ces données sont collectées, d’autre part. Il y a eu l’affaire Onavo Protect, un service VPN de Facebook qui, au lieu du rempart de sécurité qui est promis dans la description, est un logiciel conçu pour collecter et analyser les données des utilisateurs afin d’améliorer les produits et services de Facebook. « Onavo collecte des données relatives aux applications installées sur votre appareil lorsque vous les utilisez, aux sites que vous visitez et au volume de données que vous utilisez », peut-on lire dans les termes de la politique de confidentialité de l’application elle-même.

On se rappelle également de l’affaire des logs d’appels et de SMS. Il a été découvert que Facebook a enregistré les métadonnées des appels téléphoniques et SMS des utilisateurs d'Android. Après avoir téléchargé ses archives Facebook, Dylan McKay, un utilisateur du réseau social a en effet été surpris de découvrir que près de deux ans de logs d'appels et SMS de son téléphone Android étaient inclus. D'autres utilisateurs ont confirmé que les informations sur leurs communications ont également été enregistrées. Les données enregistrées pour chaque appel incluent l'heure et la date à laquelle l'appel a été effectué, le type d'appel (entrant, sortant, manqué), le contact impliqué et la durée de l'appel.

Il y a également l’affaire impliquant la fonctionnalité « View As », Dans l'après-midi du 25 septembre dernier, les ingénieurs de Facebook ont découvert un problème de sécurité touchant près de 50 millions de comptes. Un correctif était déjà disponible le jeudi suivant et Facebook a révélé que l’attaque a compromis près de 50 millions de comptes Facebook permettant de prendre le contrôle des utilisateurs. Facebook a rapporté que les attaquants ont exploité une vulnérabilité du code de Facebook ayant affecté la fonctionnalité « View As », qui permet aux utilisateurs de voir à quoi ressemble leur propre profil. Les pirates ont dérobé des jetons d’accès Facebook qui leur ont permis ensuite de prendre le contrôle des comptes utilisateurs. Cependant, le problème a été résolu avec le correctif.

Et bien évidemment, il y a l’affaire Cambridge Analytica dont on a longtemps parlé. Forcément, cette avalanche de scandales ne passe pas sans laisser de marques. La confiance générale en Facebook s’est fortement érodée. Un nombre important d'utilisateurs de Facebook continue de prendre des mesures pour recadrer sa relation avec le réseau social. Et cela se ressent diversement au sein des utilisateurs. Si certains sont plus pointilleux sur le contrôle de l’utilisation faite de leurs données, d’autres ont pris l’option la plus radicale : désinstaller Facebook de leurs mobiles. Pour ceux qui décident de supprimer leur compte Facebook, il n'est pas aussi simple et spontané de le faire. Le réseau social a presque doublé le temps nécessaire pour que le compte d'un utilisateur soit réellement supprimé. Vous saviez déjà peut-être qu'auparavant, c'est 14 jours, maintenant, c'est passé à un mois.

Sources : Rapport de l'étude, Marketplace

Et vous ?

Que pensez-vous des résultats du sondage ?

Voir aussi

USA : un quart des utilisateurs de Facebook ont supprimé l'application en 12 mois, tandis que 74 % ont changé leur relation avec le réseau social

L'an dernier, près de la moitié des jeunes utilisateurs ont supprimé Facebook de leurs mobiles suite aux divers scandales impliquant l'entreprise

Facebook contraint de retirer son application VPN qui collecte les données d'utilisateur de l'App Store parce qu'elle violerait les standards d'Apple

Enregistrement des données d'appels et de SMS : Facebook frôle un nouveau scandale alors que la firme peine à calmer la tempête Cambridge Analytica

Près de 50 millions de comptes Facebook affectés par une faille de sécurité considérée comme étant la plus importante de l'histoire du réseau social
Avatar de Ecthelion2
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 07/03/2019 à 10:06
Les départs ont commencé bien avant ces "scandales" dont pas mal de gens se moquent (et/ou car ils ne sont même pas au courant).

Déjà par les jeunes qui sont partis en masse sur d'autres réseaux, pour fuir Facebook qui était envahi par leurs parents et le reste de leur famille, pas par rapport à Cambrige Analityca ou autres. ^^
Avatar de tanaka59
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 07/03/2019 à 12:07
Quand on voit la puissance de Facebook je ne serai pas surprise de voir Facebook racheté des concurrents.

Résultat quand un utilisateur quitte une plate forme ... Facebook a encore la main mise sur lui ... Juste que le ciblage sera fait différemment pour le conserver ...
Avatar de schmiddy
Membre habitué https://www.developpez.com
Le 07/03/2019 à 15:20
Je ne suis pas surpris. Facebook n'a pas la même emprise sur la nouvelle génération. J'ai créé mon compte en 2007 ou 2008, à l'époque où en effet Facebook n'était pas encore traduit, et c'était le seul réseau social qui visait large, à l'inverse de MySpace plus orienté artistique. Au fil du temps, de nouveaux réseaux sociaux sont apparus et Facebook n'a fait que tenter de suivre pour enrayer son érosion et l'émergence de ces nouveaux réseaux spécialisés dans un domaine (LinkedIn pour l'emploi par exemple). Je ne sais pas si c'est moi qui vieillis ou non, mais Facebook m'insupporte depuis des années avec la publicité omniprésente, la timeline qui me présente tout sauf ce que j'attends d'un réseau social, c'est à dire l'actualité de mon réseau. Au final après 4-5 ans en friche mais des nettoyages de liste d'amis réguliers, j'ai fini par désactiver mon compte il y a quelques mois. Ce n'est pas tant les scandales qui m'ont fait quitter FB car j'étais parfaitement conscient de ce que je faisais, c'est simplement que FB est devenu une gigantesque poubelle d'internet, tout comme le réseau à l'oiseau qui pourtant était plutôt intéressant il y a encore quelques années. Désormais, je "réseaute" autrement ; ce qui m'inquiète est qu'au final LinkedIn devient un peu comme Facebook, on commence à y voir de tout et n'importe quoi.

Simplement, je redécouvre les agrégateurs de flux RSS et je me suis fait un Feedly aux petits oignons pour cibler ce qui m'intéresse et je reste en contact avec mes relations perso / pro différemment... comme je faisais avant Facebook.
Avatar de weed
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 07/03/2019 à 21:01
Okay, il y a de nombreux de comptes FB fermés mais est ce que pour autant les sites internets vont s'adapter.

J'observe que pour le moment, les sites Internet, les groupes de musiques, les marques, les sportifs ... proposent que l'on les suivent par Facebook avant tout, puis Instagram, Twiter.
Facebook est utilisé beaucoup pour diffuser de l'information facilement et avoir une intéraction avec ses clients, ses lecteurs.

Est ce qu'avec ces départs, est ce qu'il va y avoir une remise en question et pourquoi un réseau de substitution?
Avatar de cedric57
Membre averti https://www.developpez.com
Le 15/03/2019 à 2:35
Autant j'aime beaucoup facebook et ne suis pas du tout dérangé par leurs pratiques. Je préfère cette époque ou les publicités sont bien plus pertinentes et ne sont plus intrusives (sauf peut être encore dans quelques sites bizarres).

Mais je suis beaucoup plus dérangé par le gouvernement qui lui a le droit d'avoir accès à nos comptes bancaires, nos emails, nous mettre sur écoute téléphonique, analyser notre connexion internet…puis même éventuellement prendre tout ce qu'on possède avec un huissier. On est également très limité dans sa capacité à défendre son domicile des criminelles car on ne sait pas trop ce qu'on a le droit de faire ou non pour se protéger (par exemple si un voleur de blesse dans notre jardin car un arbre était mal entretenu…on peut se retrouver à lui donner une pension à vie…et si on a pas l'argent, on peut se faire prendre notre maison…voiture…et tout ce qu'on possède).
Bref ça me fait doucement rire ceux qui se battent contre facebook pour la vie privée…pour moi ça n'existe pas.

Sinon je pense que les utilisateurs quittent facebook parce qu'ils ont trouvé d'autres réseaux mieux Comme snapchat ou bien instagram. Car l'utilisation des réseaux sociaux atteins des taux records.
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 20/03/2019 à 23:32
Facebook est confronté à de nouvelles questions sur le moment où il a eu connaissance de la collecte de données
de Cambridge Analytica

La semaine qui vient de passer s’est soldée pour Facebook avec le départ de deux de ses plus importants cadres. Chris Cox, le responsable des produits chez Facebook et Chris Daniel ont quitté la direction de l’entreprise. Selon le New York Times, leur départ est étroitement lié à la très controversée idée de Mark Zuckerberg de vouloir unifier les trois principales plateformes du groupe notamment Facebook Messenger, Whatsapp et Instagram. Depuis un peu plus d'un an maintenant, les démissions se succèdent au sein de l’entreprise. On pourrait les illustrer en partant par exemple de la démission de Brian Acton et de Jan Koum, les deux cofondateurs de Whatsapp, respectivement en 2017 et 2018. Toujours en 2018, les deux cofondateurs d’Instagram ont également quitté la société. D'autres responsables, notamment le responsable des communications et des politiques de Facebook et le responsable de la sécurité, ont également quitté leurs fonctions.

Pourquoi une telle vague de démission au sein de l’entreprise ?

Beaucoup d’explications à propos de ses vagues de démission laissent entendre que ces cadres sont partis à la suite de malversations entre ces derniers et Mark Zuckerberg concernant la façon dont le PDG de Facebook dirige l'entreprise. Des spéculations lient certains de ces départs au scandale qui a tant faire parler de lui, celui du Cambridge Analytica. Est-ce vrai ? On ne saurait y répondre avec certitude puisqu’à ce jour, aucun commentaire de la part de Facebook n’existe à ce propos. Si depuis l’explosion du scandale de Cambridge Analytica, Facebook a toujours nié être au courant de l’utilisation finale des données collectées et traitées par l’entreprise britannique, les récentes accusations à l’encontre de la société en disent totalement le contraire. D’après des révélations faites par l’hebdomadaire britannique The Observer la semaine passée, Facebook aurait dissimulé depuis le début de cette histoire des preuves qui prouvent son implication directe dans l’affaire dite de Cambridge Analytica.


En effet, pour l’affaire qu’on cite et d’après les propos de The Observer relayés par The Guardian, au moins un membre du conseil d’administration de Facebook était au courant du but réel et permanent de la collecte de données litigieuse plusieurs années avant l’explosion du scandale. Facebook aurait-il menti jusque là en soutenant qu’il a appris de la presse ce à quoi les données collectées par Cambridge Analytica devraient servir ? C’est que ressortent les récentes affirmations de l’hebdomadaire britannique. « Des personnes de la Silicon Valley ont témoigné que Marc Andreessen, membre du conseil d'administration de Facebook, le fondateur de la société de capital-risque Andreessen Horowitz et l'une des personnes les plus influentes de la Silicon Valley, ont assisté à une réunion avec Christopher Wylie qui s'est tenue dans le bureau d'Andreessen Horowitz deux ans avant que Wylie ne se présente comme dénonciateur », a indiqué la semaine dernière The Observer.

Que s’est-il passé au cours de la réunion entre les membres de Facebook et Wylie ?

Ce dernier, rappelons-le, a également occupé le poste de directeur de recherche au sein de la société britannique, Cambridge Analytica, disait en mars 2018 que « Sans Cambridge Analytica, il n'y aurait pas eu de Brexit. Ils ont joué un rôle crucial, j'en suis sûr ». Ainsi, selon les réactions qui fusent de partout, si Christopher Wylie est passé par Facebook, alors le géant des réseaux sociaux était au courant de ce qui se faisait en coulisse au sein de la société britannique. Il y aurait-il eu un malentendu entre Wylie et Facebook qui, par peur de mettre à mal son image n’a pas voulu révéler au grand public les agissements de Cambridge Analytica ? Autant de questions soulignées de toute part par la communauté. « En tout cas, aujourd’hui on ne peut pas dire que l’image de l’entreprise est aussi bien protégée que ses dirigeants le voulaient jadis », ont commenté certains internautes. Cela dit, cette révélation pourrait se révéler extrêmement embarrassante pour Facebook.

« Il y avait des gens qui étaient très préoccupés par les rapports sur ce que Cambridge Analytica faisait avec les données, et la réunion a été organisée pour essayer d'en savoir le plus possible sur l'exploit afin de trouver des solutions possibles. C'est pour ça que Wylie a été invitée. On lui a posé beaucoup de questions, y compris sur les contacts de l'entreprise avec des entités russes », a déclaré un technologue de la Silicon Valley dont The Observer n’a pas cité le nom. Pourquoi Facebook s’attelle-t-il à soutenir qu’il ignorait les réels agissements de Cambridge Analytica ?, se demandent plus d’un. Selon d’autres témoignages au journal, après cette réunion, Facebook aurait mis en place une équipe comprenant Wylie et d'autres personnes de Facebook pour tenter de limiter le comportement de la société de traitement de données. Seulement cette initiative aurait été abandonnée très vite. « Ce qui est bizarre, c'est qu'il n'y a pas eu de suivi. L'idée était d'inverser l'ingénierie du problème pour trouver des solutions. Mais nous n'avons jamais entendu parler d'un suivi avec l'équipe de sécurité de Facebook ou d'une tentative de mettre l'information en action », a déclaré un participant à cette réunion.

La semaine qui est passée va peut-être se classer parmi l’une des plus dures pour le réseau social depuis un moment. En plus du départ de ses dirigeants, de nouvelles enquêtes criminelles contre l'entreprise ont été lancées pour savoir si elle a couvert l’étendue de son implication avec Cambridge Analytica. Tout ceci a été couronné par la diffusion choquante, vendredi dernier, d’une vidéo en direct montrant un homme armé qui a tué 49 personnes en prière en Nouvelle-Zélande. La vidéo serait devenue tellement virale que même les efforts conjoints de Google et Facebook n’ont pas réussi à l’empêcher d’atteindre des millions de personnes.

Que dit Facebook à propos de tout ça ?

Qu’il s’agisse du PDG de Facebook ou d’autres membres de la société, tous ont refusé de commenter les accusations promulguées contre l’entreprise, explique The Observer. Andreessen Horowitz par contre a indiqué ce qui suit : « La suggestion selon laquelle j'ai eu ou que j'ai organisé une réunion avec Christopher Wylie est tout à fait fausse. Je n'ai jamais rencontré Wylie de ma vie. Après l'élection de 2016, un collègue commun m'a suggéré par courriel de rencontrer Wylie, mais cette rencontre n'a jamais eu lieu. Plus tard, début 2018, Wylie m'a contacté sur Twitter et m'a demandé une rencontre, ce que j'ai refusé ». Christopher Wylie va-t-il démentir très prochainement cette affirmation de Andreessen Horowitz ? Cela représente un commentaire très attendu par les uns et les autres.

Tout ceci ne représente qu’une partie de ce que la société vit actuellement. Aleksandr Kogan, l’universitaire à l’origine de l’application de collecte de données qu’aurait utilisée Cambridge Analytica et que Facebook a toujours tenu pour responsable du scandale, a décidé vendredi de poursuivre l’entreprise en justice pour diffamation et feinte d’ignorance. Pour lui, Facebook l’a utilisé comme bouc émissaire alors que la société était au courant des agissements de Cambridge Analytica. Ses affirmations et plaintes sont, peut-on le dire, renforcées par les allégations que rapportent The Observer. Facebook continue quand même de voir la chose autrement. « Facebook n'était pas au courant du transfert des données de Kogan/GSR(Kogan's business Global Science Research) à Cambridge Analytica avant décembre 2015. Quand Facebook a appris la violation par Kogan des politiques d'utilisation des données de Facebook, nous avons agi », a déclaré un porte-parole de l’entreprise.

Pour l’heure, il est difficile de savoir ou de donner une chronologie exacte à comment les faits se sont déroulés. Certains estiment que Facebook reste obscurcissant sur le sujet et pourrait bien le rester pendant encore longtemps. D’après eux, si la responsabilité pénale de Facebook venait à être prouvée, cela pourrait coûter très cher à l’entreprise. Néanmoins, les enquêteurs estiment vouloir continuer de creuser. « La bulle pourrait bien se briser un de ces jours », ont-ils avancé comme argument à leur détermination à éclaircir cette affaire. Croyez-vous qu’ils y arriveront ?

Source : The Guardian, Forbes

Et vous ?

Quel est votre avis sur le sujet ?
Selon vous, Facebook aurait-il été au courant depuis le début de la collecte de données de Cambridge Analytica ?
Facebook serait-il vraiment innocent dans cette affaire comme il le prétend, selon vous ?
À quoi devrait-on s'attendre à la fin de cette enquête, selon vous ?

Voir aussi

Chris Cox, chef des produits chez Facebook, et un autre dirigeant démissionnent à cause du projet d'unification de Messenger, Whatsapp et Instagram

Brian Acton, co-fondateur WhatsApp, explique pourquoi il est parti de Facebook et a abandonné 850 millions de $

Jan Koum, le co-fondateur de WhatsApp, annonce son départ de Facebook après un énième accrochage au sujet de la façon de traiter les données

Les deux cofondateurs d'Instagram démissionnent de leurs postes chez Facebook quelques mois après le départ du cofondateur de WhatsApp

Brexit : quelles conséquences sur le secteur de l'IT ? Confidentialité et échange de données, réglementation des technologies et emploi
Avatar de ddoumeche
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 21/03/2019 à 15:18
Citation Envoyé par psychadelic Voir le message
ah, ok, t'es versé dans les théories du complots, donc inutile d'en discuter.
Faire l'autruche ne permettra pas de sauver la planète.
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