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La Hadopi commande une analyse de l'écosystème des sites pirates
Au terme de laquelle elle s'avoue désarmée « face à ces nouveaux services »

Le , par Stéphane le calme

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Depuis sa création en 2009, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet a notamment mis en place une riposte graduée concernant les échanges de fichiers illicites de pair-à-pair.

Si le P2P était privilégié à cette époque, les habitudes de consommation on depuis évoluée et nous retrouvons entre autres le streaming, téléchargement direct, débrideurs, stream-ripping et ces dernières années l’IPTV distribuée via des boîtiers.

Pour mieux comprendre l’écosystème de la consommation des biens culturels sur internet, l’autorité a commandé une étude. Elle explique que

Citation Envoyé par Hadopi
L’étude réalisée par le cabinet de conseil EY (Ernst & Young) a pour objectif d’analyser les modèles économiques des sites ou services proposant illicitement des contenus culturels ainsi que des acteurs de l’écosystème de la contrefaçon commerciale des biens culturels dématérialisés et plus largement, de cartographier cet écosystème. Elle couvre l’ensemble des offres qui permettent d’accéder à un produit culturel dématérialisé sans respect des droits d’auteur, qu’il s’agisse de contenus audiovisuels (films, séries, programmes télévisés, musique), de livres, ou de jeux vidéo, etc. Elle s’intègre dans un ensemble de travaux d’observation et d’analyses menés par les acteurs du secteur, afin de contribuer à alimenter les pouvoirs publics dans leurs actions et réflexions en matière de lutte contre la contrefaçon commerciale en ligne.
Au centre de ces analyses, ont été placés les services et sites essentiellement organisés en vue de favoriser la diffusion non autorisée des contenus : sites de référencement qui répertorient les liens vers les contenus disponibles, hébergeurs qui mettent à disposition les fichiers vidéo, musicaux, textes ou flux de chaînes de télévision, et services d’agrégation qui mettent à disposition sur une même interface un moteur de recherche et les fichiers illicites associés. Ces derniers ont été désignés comme les « acteurs centraux essentiels » de cet écosystème, auxquels il faut rajouter les contributeurs des sites illicites, mais aussi les plateformes généralistes (plateformes de type UGC – User Generated Content, réseaux sociaux, plateformes de stockage, etc.) et enfin les distributeurs (magasins d’applications, places de marché en ligne, revendeurs), qui ne font pas l’objet d’une analyse spécifique dans le cadre de cette étude.

Ont également été étudiés dans ce rapport les acteurs fournissant des services utilisés par les acteurs centraux, qui sont positionnés « en amont » de la diffusion des contenus ainsi que les acteurs fournissant des services utilisés par les internautes pour améliorer ou faciliter l’accès à ces acteurs centraux et désignés par « acteurs aval »

Ce rapport est structuré en quatre parties :
  • la première partie fait un état des lieux sur la consommation de biens culturels dématérialisés en France ;
  • la deuxième partie présente l’écosystème et les acteurs en présence ;
  • la troisième partie présente les tendances, les offres et les principaux « acteurs centraux » ;
  • la quatrième partie s’intéresse aux modèles économiques de l’ensemble des acteurs de l’écosystème illicite.


État des lieux

Selon l’étude, en France en 2018, 13 millions d’internautes entre 15 et 69 ans ont eu des pratiques illicites, soit 35 % des internautes de cette tranche d’âge qui ont consommé au moins un bien culturel de manière illégale sur Internet au cours des 12 derniers mois. Cette pratique est donc largement répandue et tous les biens culturels sont touchés. En revanche, les pratiques illicites sont très rarement exclusives et le rapport constate que les internautes peuvent se tourner vers l’offre licite ou illicite en fonction de leur besoin. La consommation des biens culturels est donc le plus souvent mixte, entre licite et illicite. Plus précisément, les consommateurs illicites sont 55 % à consommer parfois illégalement des films, 50 % à consommer des séries TV, 36 % à consommer des livres et des bandes dessinés, 27 % à consommer de la musique, 22 % à consommer des jeux vidéo, et 29 % à consommer du sport.


Le rapport constate que certains biens culturels sont plus exposés à la consommation illicite que d’autres. Presque la moitié des consommateurs de films et séries TV regardent parfois ces contenus de manière illégale sur Internet. Pour les livres et bandes-dessinées numériques, plus d’un tiers des consommateurs de ce type de biens le fait parfois illégalement. A l’inverse, la musique est désormais consommée uniquement de manière légale par près de trois internautes sur quatre. Le développement d’offres attractives au sein de ces secteurs, au travers d’acteurs tels que Spotify, Deezer ou Apple Music, a très certainement joué un rôle dans la modification de ces comportements d’usage. Les jeux vidéo sont également assez peu consommés de manière illégale, car les pratiques illicites sont plus difficiles sur ce segment.


Plusieurs modes de consommation illicite coexistent et ils sont en constante évolution, pour s’adapter notamment aux mesures de restriction mises en place par les autorités. On constate ainsi une diversification des modalités d’accès aux contenus diffusés sans autorisation. Le visionnage en streaming reste le principal mode utilisé par les consommateurs (68 %), le téléchargement direct est pratiqué par 42 % d’entre eux et le téléchargement en pair à pair par 25 %. Au-delà de ces moyens traditionnels, d’autres pratiques émergent, tels que le visionnage d’une chaîne TV payante sans être abonné, pratiqué désormais par 14 % des consommateurs illicites. C’est ainsi que l’on voit se développer des offres d’accès illicites à des bouquets IPTV ou le visionnage de sites de live streaming.


Écosystème et acteurs de la consommation illicite

Les acteurs centraux se structurent autour de six types d’acteurs :
  • les sites de référencement sont les sites qui centralisent des liens renvoyant vers des hébergeurs de contenu ou vers des fichiers disponibles sur les réseaux pair à pair. Il peut également s’agir des sites qui proposent du streaming illégal de programmes TV en direct (liens vers des contenus disponibles en live streaming ou accès à des listes de chaînes IPTV) ;
  • les services d’agrégation de liens sont de deux types. Il peut s’agir d’agrégateurs de vidéos, c’est-à-dire des services capables de parcourir et d’exploiter de nombreuses sources de contenus (tels que des sites de référencement évoqués ci-dessus) afin de proposer aux utilisateurs une offre unifiée plus riche et plus complète. Il peut également s’agir de boîtiers à brancher sur la télévision qui ont été configurés par leur vendeur dans le but de proposer via une même interface de nombreux contenus illicites, à la demande ou en direct, là encore provenant de multiples sources ;
  • les hébergeurs de contenus permettent aux internautes d’obtenir le contenu désiré. Ces plateformes d’hébergement stockent par exemple des contenus qui peuvent être consommés selon un ou plusieurs modes : téléchargement direct ou streaming. Il peut également s’agir de serveurs rediffusant ponctuellement ou continuellement des flux en live streaming ou des programmes TV, sportifs ou autre. De manière générale, ce sont les sites de référencement ou les agrégateurs évoqués ci-dessus qui redirigent les internautes vers ces hébergeurs spécialisés ;
  • les contributeurs, auxquels les hébergeurs de contenus et les sites de référencement de contenus en téléchargement direct, en streaming et en pair à pair doivent la richesse de leur « catalogue ». Ceux-ci peuvent soit « uploader », ce qui signifie qu’ils téléversent du contenu sur les plateformes d’hébergement ou postent des liens sur les sites de référencement, soit proposer des services additionnels d’enrichissement (sous-titrage de contenus disponibles en langue étrangère par exemple) ;
  • les plateformes généralistes (de diffusion de contenus vidéo ou tout simplement de partage de contenus) sont des acteurs traditionnels de l’économie numérique, dont les services peuvent être ponctuellement utilisés par les utilisateurs pour diffuser ou relayer des contenus culturels sans autorisation. Elles peuvent se retrouver au cœur des usages illicites, malgré des politiques de contrôle des contenus ;
  • enfin, les distributeurs sont ceux qui facilitent la dissémination ou la commercialisation des produits ou applications intervenant dans les services illicites. Il peut s’agir de distributeurs physiques (ex : boutiques informatiques où l’on peut acheter des boîtiers TV configurés) ou, de plus en plus fréquemment, de plateformes numériques (places de marché en ligne, plateformes de commerce électronique).


Tendances et offres des acteurs centraux

Par acteurs centraux, le rapport désigne l’ensemble des sites web ou des services en ligne qui sont essentiellement organisés pour permettre à l’internaute d’accéder directement à des contenus illicites, à la demande ou en direct. Cette catégorie couvre donc en particulier des sites web qui hébergent des contenus illicites et des sites qui font le référencement des contenus illicites.

En France, fin 2017, 2 groupes de sites de référencement se distinguaient en fonction de l’audience générée mensuellement. On constate ainsi que 6 acteurs attirent plus de 1 million de visiteurs uniques par mois et pèsent pour près des trois quarts de l’audience illicite totale en France. Les autres acteurs de ce marché présentent une audience plus restreinte.

Sur les acteurs générant le plus de trafic, on note la présence de Zone-Téléchargement, VoirFilms, Torrent9, StreamComplet, LibertyVF et Papystreaming. Les acteurs avec une audience plus faible sont très nombreux, on peut citer par exemple DPStream, Papstream, T411 ou encore YggTorrent. Certains sites ont depuis fait l’objet d’actions en justice et peuvent avoir été bloqués.


Il est relativement facile pour les consommateurs illicites de trouver les contenus recherchés. Le rapport reconnaît que les sites référencent très bien les liens et proposent pour certains biens culturels plusieurs modes d’accès. On constate une offre de plus en plus fournie avec la possibilité de choisir des contenus en fonction de critères spécifiques.

Les sites peuvent proposer un spectre très large en termes d’offre ou au contraire être plus spécialisés sur une catégorie de contenus. Enfin pour faire face à l’évolution de leur environnement en matière de contrôle des contenus illicites, les sites mettent en place des solutions pour garantir la pertinence et la fiabilité de leur référencement. Les principaux sites de référencement proposent un « catalogue riche » de liens avec de multiples modes d’accès. Les principaux sites à forte audience en France sont francophones et proposent une offre en « version française » ou « version originale sous-titrée en français ».

Donnant des exemples d’acteurs du marché, le rapport note qu’un seul acteur propose un abonnement premium (Dpstream), avec une offre centrée principalement sur les films et les séries, tous modes d’accès confondus. Sur les sites de référencement pair à pair, les biens culturels sont plus diversifiés, à l’inverse des sites de référencement de liens streaming qui sont quasiment exclusivement dédiés aux films et séries. Le temps passé sur les sites par internaute varie énormément, avec un temps moyen plus élevé pour les sites ayant une audience importante et, naturellement, pour les sites référencement de vidéos en streaming puisque les internautes sont susceptibles d’y rester tant qu’ils regardent des vidéos. Ainsi, Voirfilms a un temps de visite moyen de 77 minutes par internaute, alors que les internautes ne passent en moyenne que 3 minutes sur Torrent 411.

Ainsi, parmi les acteurs présentant une audience mensuelle supérieure à 1 million d’internautes français on recense


Modèles économiques

Deux types de fournisseurs de services sont nécessaires dans le fonctionnement traditionnel d’un hébergeur ou d’un site de référencement de contenus illicites. D’une part, des intermédiaires techniques interviennent dans la chaîne de mise à disposition ou de diffusion des contenus, d’autre part des intermédiaires permettent la monétisation des usages.

Les sites contrefaisants répondent aux mêmes impératifs techniques que les sites légaux. Ils doivent donc faire appel à des tiers pour répondre à leurs enjeux de sécurisation, pour transporter et acheminer les données, pour stocker et héberger les contenus et gérer leurs noms de domaine.

Les intermédiaires des services de publicité, de paiement et d’anonymisation dont les services sont utilisés par les sites contrevenants sont aujourd’hui relativement spécifiques et souvent différents de ceux qui travaillent aux côtés des sites légaux.

Dans le domaine de la publicité, il existe de nombreuses régies publicitaires et plateformes d’affiliation dont l’activité est quasiment dédiée à l’illégal. Cette tendance s’est accentuée depuis 2015, car les principales plateformes d’affiliation et régies ont signé la charte « des bonnes pratiques dans la publicité en ligne pour le respect du droit d’auteur et des droits voisins » dans le cadre du plan d’action du Gouvernement pour la lutte contre le piratage en 2015. Cette charte, visant à limiter le financement des sites ayant une activité illicite par la publicité, a largement limité le nombre d’acteurs adressant le marché de l’illicite.

De la même manière s’agissant des intermédiaires de paiement, les principaux acteurs comme PayPal se sont engagés à ne plus proposer leurs services aux sites illicites. D’autres intermédiaires de paiement se sont donc spécialisés dans ce type d’activité proposant des solutions « clés en main » pour les sites contrefaisants. Ces derniers ont aussi trouvé des « solutions de contournement », en créant par exemple des sites-écrans intermédiaires qui leur permettent de continuer à utiliser les moyens de paiement plus répandus et connus des internautes.

Une charte qui a atteint ses limites

Face à cet écosystème complexe mettant en relation hébergeurs, plateformes publicitaires, annonceurs, sites de référencement ou encore services d’agrégation, la Hadopi a bien tenté de mettre en place une charte en 2015. Régies et annonceurs s’engageaient alors à cesser toute relation commerciale avec des sites de téléchargement illégaux.

Si les acteurs reconnus du secteur ont joué le jeu, ne voulant plus associer leurs marques à ces sites à la réputation sulfureuse, d’autres n’ont pas hésité à les remplacer. Jeux en ligne, escroqueries, rencontres se sont finalement imposés, souvent grâce à des accords directs d’affiliation ou de publicité, mettant ainsi de côté les régies publicitaires traditionnelles.

« Nous sommes assez désarmés face à ces nouveaux services », reconnaît Pauline Blassel, secrétaire générale de la Hadopi. Légalement, la riposte graduée permise à l’autorité ne concerne toujours que les échanges pair-à-pair. « Nous aimerions que l’on reconnaisse à la Hadopi un pouvoir de caractérisation de ces sites. C’est une hypocrisie que ces sites pirates puissent être accessibles et toujours pas fermés. Il nous faut informer les consommateurs, impliquer les intermédiaires et faciliter l’office du juge. »

Source : Hadopi

Voir aussi :

Comme la Hadopi, la CJUE rend responsable le titulaire d'une connexion Internet utilisée pour violer le copyright au moyen d'un partage de fichiers
Réforme de l'audiovisuel : la députée Aurore Bergé veut muscler Hadopi pour mieux lutter contre le piratage des œuvres intellectuelles sur Internet
Hadopi : « Il faut que la sanction soit absolument certaine pour être dissuasive », la transaction pénale couplée à la riposte graduée sera étudiée

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Avatar de KnifeOnlyI
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 04/08/2020 à 10:30
Conclusion :

Hadopi n'a servit à rien du tout. C'est l'augmentation de l'offre qui a permis à une part importante de gens gens d'enfin pouvoir se passer de services illégales et peu fiable. Mais on reste toujours très loin d'un monde idéal.
J'ai beau avoir des abonnements sur Netflix, Disney+ et acheter régulièrement des films sur YouTube, il m'arrive encore de regarder des films en streaming illégal, tout simplement car comme beaucoup, j'ai jeté mon lecteur DVD et donc l'offre ne correspond pas à la demande.
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Avatar de spyserver
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 04/08/2020 à 11:05
On voit bien que l'état est tjrs à coté de la plaque concernant le numérique, que ce soit avec StopCovid ou encore avec Hadopi, dans les 2 cas des millions d'euros dépensés pour pas grand chose ...
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Avatar de sevyc64
Modérateur https://www.developpez.com
Le 04/08/2020 à 14:18
Dépenses : 88.12 millions d'€
Recettes : 87000 €
Taux de performance : -99.9%

Bon nombre d'entreprises déposent le bilan bien avant ça !!!!!
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Avatar de yahiko
Rédacteur/Modérateur https://www.developpez.com
Le 04/08/2020 à 11:02
80 M€ pour 13 millions d'avertissements, ça fait 6 € l'email, ce qui n'est pas donné, pour une efficacité pédagogique loin d'être prouvée.

Il y aurait une cinquantaine de personnes qui bosseraient dans cet organisme pour un budget annuel d'environ 10 M€. Une PME très rentable !
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Avatar de SimonDecoline
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 04/08/2020 à 10:42
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Au total, le bilan de la mise en œuvre de la réponse graduée depuis la création de l’Hadopi en 2009 est impressionnant : ce sont près de 13 millions d’avertissements qui ont été envoyés à des internautes ayant méconnu le droit d’auteur et, dans 70 % des cas, aucune réitération des faits n’est constatée après un premier avertissement, ce qui dénote une efficacité difficilement contestable de la procédure.
C'est une blague ? Sur leur propre graphique, on voit que le DL et le streaming ne baissent pas du tout. Seul le P2P baisse, et c'est sûrement au profit des plate-formes légales, VPN ou des autres créateurs de contenu. Je doute que les musiciens croulent sous les revenus que leur verse la sacem grâce à "l'incontestable efficacité" d'hadopi... Et pendant ce temps là, beaucoup de plate-formes ne paient pas d'impôt en France...
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Avatar de Refuznik
Membre averti https://www.developpez.com
Le 24/01/2019 à 15:01
Que l'on supprime cette usine à gaz qui ne sert à rien à part fliquer les internautes et qui nous coûte un pognon de dingue.
8  0 
Avatar de Voïvode
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 28/12/2019 à 1:03
Encore une institution de merde pour y caser des copains payés grassement pour un travail mal fait et inutile. Inefficace. Hors de propos. Et ça ne sert même pas les intérêts de la France.
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Avatar de 4sStylZ
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 24/01/2019 à 17:56
J’ai un avis complètement différent et relativiste d’Hadopi, surtout depuis que j’ai écouté un échange de France culture sur son fonctionnement et son coté « à coté de la plaque » :

https://www.franceculture.fr/emissio...u-des-legendes

Pour rappel, lors des tous premiers débats des textes d’hadopi, lors de sa mise en place, tout le monde savait déjà qu’elle était hors sujet. Cela à cause de contrainte technologiques et morales :

  • Pour diminuer (à défaut de le régler) le problème du torrent : Ça veut dire forcer les DNS et opérateur à ne plus référencer et permettre les accès à ces sites.
  • Pour régler le problème du DDL, ça veut dire mettre en place le deep packet inspection.


Il est clair qu’Hadopi ne règle pas le problème du téléchargement illégale, mais franchement Hadopi est bien loin d’être le pire pour nous les Français :
  • On ne veut pas de censure d’Internet comme en Chine.
  • On ne veut pas de deep packet inspection car c’est dangereux pour nos libertés et notre vie privée, que ce serait une arme de contrôle.
  • Le concept très laxiste de riposte graduée est tout à fait louable de la part de notre état et il a été prouvé que les gens qui reçoivent des lettres ne réitèrent que très peu. (Biensur, les gens qui reçoivent ces lettres n’y connaissent rien, ne savent pas se protéger, mais au moins il ne se prennent pas une facture de 10 000€ sans avoir été averti plusieurs fois avant).


À mes yeux le travail que fait Hadopi est hors sujet mais très bien comme ça. Ça coûte cher mais quand on voit les montants on constate qu’ils sont majoritairement imputables au système de lettre d’avertissements et aux factures des opérateurs concernant les demande d’information etc.

Par contre la mission d’Hadopi devrait changer : taper sur le téléchargement illégal n’a pas d’interet.
Il faut booster / favoriser l’offre légale. Il faudrait offrir des primes aux sociétés privés qui proposent des offres de qualité, avec nombre de contenu, avec des services performants tout comme on favorise (certes très mal) les véhicules électriques. Il y a pleins de chose à imaginer comme un pass culture qui pourrait nous permettre de souscrire à nombre de limité de services.

Une fois qu’il y aura des offres légales accessibles les gens migreront de manière totale ou majoritaire et le problème de téléchargement illégal n’éxistera pas ou sera diminué.
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Avatar de AndMax
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 04/08/2020 à 11:44
Cette mascarade coûte cher aux contribuables, mais cela coûte également cher aux créateurs. La HADOPI ne peut rien faire sans les ayants droit qui la saisissent, et eux sont obligés de faire appel à des sociétés comme "Trident Media Guard" pour créer ces saisines (les "radars" comme on dit):
https://fr.wikipedia.org/wiki/Trident_Media_Guard

Avec leur chiffre d'affaires de 2007 indiqué dans Wikipedia, soit 2 ans avant HADOPI, je vous laisse imaginer ce qu'il est devenu aujourd'hui et du coup combien d'argent en moins ça fait pour les créateurs / artistes. C'est donc tout simplement une nuisance pour eux.
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Avatar de loulnux
Membre actif https://www.developpez.com
Le 08/08/2020 à 8:42
C'est toujours la même histoire l'état se réveille sous l'impulsion de lobbys au prétexte qu'un pan de la culture serait lésé en réalité c'est ces mêmes lobbys qui n'ont aucune idée prospective de l'évolution de leur métier ce qui est grave.
C'est comme ça cette dernière fois qu'un abruti de patron d'une maison de disques ne comprend pas que l'avenir est à la dématérialisation se plaignant de ce que les ventes de CD baissent et au lieu de mettre les mains dans le cambouis afin d'adapter son métier à son inéluctable avenir en changeant de business model histoire d'offrir ses produits là où ils sont attendus il fait chier tout le monde pour mettre en place une instance répressive contre les gens qui téléchargent "illégalement"... si encore il avait été avéré que ce téléchargement se fasse en marge de sa propre offre, le gouvernement de l'époque aurait pu à la rigueur intervenir mais là ce con non seulement n'a rien compris de son propre métier et renforcé par deux ou trois artistes tout aussi rapias et infatués a contribué à créer une machine à recycler d'anciens hauts fonctionnaires inclassables ... ayant dépassé largement leur seuils d'incompétence. C'est à ce genre d'institution (et ce n'est pas la seule) que nous devons la gabegie qui creuse la dette nationale, j'aurai largement préféré voir ce pognon dans la poche des infirmières et des aides soignantes.
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