Cyberespionnage : Pékin rejette les accusations de Washington,
Et demande le retrait de l'acte d'accusation contre ses deux ressortissants

Le , par Stan Adkens

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Après une escalade des échanges d’actes et de propos musclés entre les Etats-Unis et son partenaire commercial, la Chine, à propos de leur relation commerciale, depuis le début de cette année jusqu’à ces derniers mois, une trêve est intervenue, le 1 décembre dernier avec la rencontre entre Donald Trump et son homologue Xi Jinping à Buenos Aires, les États-Unis convenant de différer la hausse du taux de droit de douane sur 200 milliards de dollars des importations en provenance de la Chine, de 10 % à 25 %. Cependant, cette trêve n’aura peut-être pas longue vie car environ trois semaines après la rencontre d’apaisement, la guerre des accusations prend le relais entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales à propos du cyberespionnage et de vol de données confidentielles.

En effet, le département américain de la justice a rendu public hier l’acte d’accusation mettant en cause deux ressortissants chinois soupçonnés d'avoir participé à une vaste campagne de piratage informatique impliquant des agences gouvernementales et des entreprises américaines depuis plusieurs années. La plainte du gouvernement fédéral des Etats-Unis indique que les deux accusés, Zhu Hua et Zhang Shilong, travaillent pour le compte de la Chine et condamne le cyberespionnage des entreprises chinoises au profit de la Chine.


Cependant, selon Reuters, la réaction du gouvernement chinois ne s’est pas fait attendre. Ce vendredi, le ministère chinois des Affaires étrangères a fermement rejeté les accusations émises par le gouvernement fédéral américain, et a demandé à Washington de retirer l’acte d’accusation visant deux de leurs ressortissants soupçonnés d’appartenant à un groupe de cypberespionnage.

« Nous demandons aux Etats-Unis de remédier immédiatement à ses erreurs et à cesser ses diffamations relatives à la sécurité informatique », a déclaré le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué. La Chine prendrait les mesures nécessaires pour veiller à sa propre cybersécurité et à ses intérêts, a-t-il ajouté.

La plainte des Etats-Unis accuse les deux ressortissants chinois d’avoir piraté les systèmes informatiques de nombreuses agences et entreprises américaines et d’avoir volé des données sensibles au profit de la Chine.

Les services publics victimes du cyberespionnage chinois, selon l’acte d’accusation, sont : l’US Navy, la National Aeronautics and Space Administration, et plusieurs autres acteurs de l’aéronautique, de l’aérospatiale et de l’énergie. Ont été affectées également par les attaques cybercriminelles plusieurs entreprises du secteur bancaire et financier, des télécommunications, de l’électronique grand public, de l’industrie pharmaceutique, des technologies de production et de prospection pétrolière et gazière.

Les deux mis en cause auraient dérobé, selon la plainte, des données commerciales et technologiques confidentielles, y compris la propriété intellectuelle et les secrets d'entreprise afin de donner aux entreprises chinoises un avantage concurrentiel injuste, ont déclaré les procureurs américains.

« L’objectif de la Chine est tout simplement de remplacer les Etats-Unis en tant que première puissance mondiale et ils (les Chinois) utilisent des méthodes illégales pour y parvenir », a déclaré Chris Wray, directeur du FBI, lors d’une conférence de presse le jeudi. « Aucun pays ne représente une menace à long terme plus importante et plus grave pour l’économie et la cyber-infrastructure de notre pays que la Chine», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, les Etats-Unis et ses alliées, notamment l’Angleterre, ont accusé la Chine, le jeudi, de violation des accords interdisant le cyberespionnage conclus en 2015.

Dans son communiqué, le ministère chinois des Affaires étrangères a également accusé les agences américaines de pratiquer le piratage et la mise sur écoute des gouvernements étrangers, des sociétés et des individus, depuis de longue date.

Selon l’acte d’accusation, les cyberespions ont procédé depuis des années par des campagnes de phishing (hameçonnage) – technique qui consiste par exemple à envoyer un courrier électronique malveillant d’apparence correcte à des fins d'obtenir des codes de connexion à des comptes – et de Cloudhopper – qui consiste à pénétrer les réseaux de prestataires de services informatiques pour s’attaquer à leurs clients.

HPE et IBM sont des exemples de sociétés de services réseau de premier plan victimes des attaques Cloudhopper, selon des sources anonymes proches de l’enquête. Ces sociétés auraient été depuis des années victimes de ces attaques et à plusieurs reprises, même si les deux entreprises soutiennent prendre au sérieux la gestion responsable de leurs clients.

Source : Reuters

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