France : le secteur des SSII est visé par une enquête pour entente
Diligentée par l'Autorité de la concurrence

Le , par Christian Olivier

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L’Autorité de la concurrence est une autorité administrative indépendante française qui a le même statut que la CNIL, par exemple. Cette entité, créée en 2009 dans le cadre de la loi de modernisation de l’économie, est chargée de faire respecter le principe de libre concurrence et de la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles.

Dans un communiqué publié récemment sur son site officiel, l’Autorité de la concurrence a annoncé, par la voix de son rapporteur général, que « ;des opérations de visite et de saisie inopinées ;» ont été menées la semaine dernière auprès d’entreprises et d’organismes du secteur des SSII (sociétés de services et de l’ingénierie en informatique) qui sont soupçonnés de s’adonner à des pratiques anticoncurrentielles.

Les organisations concernées opèrent plus précisément dans les secteurs de l’ingénierie et du conseil en technologies, des services informatiques et de l’édition de logiciels.


« ;À ce stade, ces interventions ne préjugent bien évidemment pas de la culpabilité des entreprises et organismes concernés par les pratiques présumées, que seule une instruction au fond permettra le cas échéant d’établir ;», a précisé l’agence de régulation avant d’ajouter qu’elle ne fera « ;aucun autre commentaire ni sur l’identité des entreprises et organismes visités ni sur les pratiques visées ;».

Le régulateur français de la concurrence a, par ailleurs, rappelé qu’il dispose d’un programme de clémence pour les organisations qui auraient commis des infractions aux règles de concurrence. Ce programme permet de mettre en relation, « ;de manière informelle et anonyme au besoin ;», ces organisations avec un conseiller clémence de l’Autorité de la concurrence pour obtenir les informations utiles sur la procédure à suivre.

On retrouve, en France, de nombreuses entreprises opérant dans le secteur des SSII, dont Alten, Altran, Assystem, Atos, Capgemini ou encore Sopra Steria. Certaines d’entre elles, contactées par Reuters, ont déclaré qu’aucune enquête ne leur avait été notifiée jusqu’à présent, tandis que d’autres n’ont toujours pas répondu aux sollicitations de l’agence de presse.

Source : Autorité de la concurrence, Reuters

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Avatar de el_slapper
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Le 12/11/2018 à 16:07
Citation Envoyé par Cassoulatine Voir le message
En fait il me semble que les grands comptes ont limité leurs fournisseurs à une petite liste de grosses SSII pour éviter d'être accusées de "salariat dissimulé" avec les freelances.

Du coup y a eu centralisation des informaticiens dans un petit nombre SSII. Créant un oligopole.

Après faut que les autorités sachent ce qu'elles veulent.
Le souci final, c'est que tous les modèles d'emploi permis par le code du travail sont inadaptés aux exigences(j'ai pas dit besoins, j'ai dit exigences) des grands comptes.

Les grands comptes veulent pouvoir monter vite, et redescendre vite, en effectif informatique, pour faire du projet quand il y a du budget, et pour pouvoir ajuster les couts quand il faut faire plaisir aux actionnaires. Le CDI n'est donc pas envisageable. Le CDD, qui demande de prévoir à l'avance la fin du contrat, ne convient pas non plus. Les grands comptes, si ils veulent pouvoir se débarrasser du centre de cout du jour au lendemain, refusent en revanche de se faire larguer de la même manière. l'intérim ne convient donc pas non plus.

Donc ils doivent faire appel à des sous-traitants. Dans certains cas, ils font une TMA externalisée, mais se rendent compte quand même que sur des sujets stratégiques, la sous-traitance, c'est l'enfer. D'ou l'idée de la régie, qui règle tous les problèmes à la fois, moyennant un léger surcout(ben oui, la SSII elle a des commerciaux, des administratifs et des actionnaires à payer, en plus des consultants). Seul problème, la régie est en gros illégale(j'en ai fait 12 ans, hein). donc c'est la course, tant coté SSII que coté grand compte, pour trouver des solutions de contournement. Non pas pour échapper à l'état, qui regarde tout ce cirque avec bienveillance, mais pour échapper aux fâcheux fâchés qui vont porter ces sujets devant les tribunaux, et viennent casser à chaque fois la machine bien huilée.

Il y avait bien cette idée de contrat de chantier qui répondait en tous points aux exigences des grands comptes, et leur permettait en plus d'échapper aux commissions des SSII. Manque de pot, les informaticiens, main d'œuvre un poil éduquée, se sont dit que le procédé était gonflé. Et ils sont restés en masse dans les SSII honnies, mais au final protectrices via le procédé de l'intercontrat. La SSII, c'est le mal, le contrat de chantier c'est encore pire(chômage à la fin de chaque mission, en gros).

il est rigolo que comme tu le soulignes, l'obsession de la réduction des couts couplée à la limitation des fournisseurs de la part des grands compte aie forçé les SSII à se mettre d'accord sur les prix. Je me souviens en 2013 une négociation pour me placer qui avait achoppé 10 jours pour 10 euros de facturation. Le grand compte ne voulait pas lâcher ses propres règles, et ma SSII ne voulait pas vendre "à perte"(lire : ne pas être dans le rouge à 85% d'activité, ce qui ne me parait pas totalement scandaleux). Que ça aie mené à une espèce de cartel des SSII n'est qu'une suite logique de ce que j'ai connu à l'époque.
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Avatar de Cassoulatine
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 12/11/2018 à 15:21
En fait il me semble que les grands comptes ont limité leurs fournisseurs à une petite liste de grosses SSII pour éviter d'être accusées de "salariat dissimulé" avec les freelances.

Du coup y a eu centralisation des informaticiens dans un petit nombre SSII. Créant un oligopole.

Après faut que les autorités sachent ce qu'elles veulent.
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Avatar de el_slapper
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 12/11/2018 à 12:03
ça me surprend un peu, mais bon, les grands comptes clients, avec leur pratique d'acheteurs sans foi ni loi, on tout fait pour que ça se présente. Je ne serais pas surpris que leur long bras soit derrière ces enquêtes(probablement justifiées, celà dit).
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Avatar de Grogro
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 15/11/2018 à 16:51
Ce qui explique d'autant mieux le gel des salaires dans les SSII, et la compression drastique et sauvage du salaire à l'embauche des jeunes diplômés, de même que l'obsession des SSII à embaucher à 80% des juniors (moins de deux ans d'expérience).

Nos employeurs ne sont pas les seuls responsables du problème.
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Avatar de tanaka59
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 12/11/2018 à 19:38
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