Fake news : Zuckerberg rejette sa demande de comparution devant le parlement britannique
Facebook donne une explication

Le , par Stéphane le calme

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Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a rejeté une demande de comparution devant une commission parlementaire internationale pour examiner les questions relatives aux fausses informations.

Une décision qui a été annoncé après que Damian Collins, président du comité des médias du parlement britannique, se soit joint à son homologue canadien dans l’espoir de faire pression sur Zuckerberg pour qu’il témoigne, comme il l’avait fait avant le Congrès américain. Facebook a rejeté l’invitation à comparaître devant le prétendu « grand comité international » du 27 novembre, arguant qu’il n’était pas possible pour Zuckerberg de comparaître devant tous les parlements.

Collins affirme que la pression monte, des homologues australiens, argentins et irlandais ayant rejoint le grand comité depuis l'invitation de Zuckerberg.

Il a déclaré que « cinq parlements vous demandent maintenant de faire ce qu'il convient de faire auprès des 170 millions d'utilisateurs des pays qu'ils représentent ».

Rappelons qu’en mai, une commission parlementaire britannique a demandé au patron de Facebook, Mark Zuckerberg, de comparaître devant elle, estimant que ses explications officielles jusqu’ici « ont constamment sous-estimé le risque » des fake news et de la violation de la vie privée des utilisateurs.

Mike Schroepfer, directeur technique de Facebook avait alors déjà été auditionné par le Comité britannique du numérique, de la culture, des médias et des sports. Mais estimant insatisfaisantes les réponses apportées par le directeur technique quant aux publicités, la collecte de métadonnées et l'interférence des réseaux sociaux dans le monde politique, le comité de régulation, avec en tête le député Collins, a adressé une lettre à Rebecca Stimson, responsable de la politique publique de Facebook au Royaume-Uni. Il y indiquait souhaiter la présence de Mark Zuckerberg, PDG de Facebook pour plus d’éclaircissement sur le sujet.


Si les demandes à comparaître envoyées au PDG qui étaient jusque-là restées sans suite étaient des invitations, cela pourrait prendre l’allure d’une convocation formelle, avait déclaré Collins. Et de continuer en disant que « ça vaut la peine de noter que, bien que monsieur Zuckerberg ne relève pas normalement du Parlement britannique, il honorera cette demande la prochaine fois qu'il entrera dans le pays. Nous espérons qu'il répondra positivement à notre demande, mais si ce n'est pas le cas, le comité décidera d'émettre une convocation formelle pour qu'il comparaisse lorsqu'il sera prochainement au Royaume-Uni. »

Selon le comité, beaucoup de questions étaient restées sans réponse et il est nécessaire que le PDG de Facebook les aborde personnellement. Certaines de ces questions, parmi les plus importantes, sont les suivantes :
  • Quel est le pourcentage de sites sur Internet sur lesquels Facebook suit les utilisateurs ?
  • Combien de développeurs votre équipe de lutte contre les violations a-t-elle sanctionnés entre 2011 et 2014 ?
  • Combien de clics ou de balayages d'écran faut-il pour modifier les paramètres de confidentialité de Facebook sur un smartphone ? Quelles mesures prenez-vous pour réduire le long processus de modification des paramètres de confidentialité ?
  • Quelle est ka proportion d'annonces de campagnes politiques qui sont diffusées sur votre plateforme à l'échelle mondiale ? Avez-vous une estimation approximative basée sur les données moyennes sur les dépenses de campagne ?
  • Combien d'argent vous êtes-vous fait à partir d'annonces frauduleuses ? Lorsque vous découvrez qu'elles ont été frauduleuses, retournez-vous l'argent à l'acheteur des publicités ?


Cette invitation était fixée pour le 24 mai, et la rencontre n'a finalement pas eu lieu.

Le mois passé, le parlement britannique est revenu à la charge. Cette fois, le parlement britannique s’est associé au parlement canadien pour tenter de contraindre Mark Zuckerberg à comparaître devant les deux parlements appelés « le grand comité international ».

Damian Collins, président du comité britannique du numérique, de la culture, des médias et du sport (DCMS), devait travailler avec Bob Zimmer, président du Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique (SCAIPE), pour tenir l’audience sur la désinformation et les fausses informations. Une lettre conjointe a été adressée au patron de Facebook en guise de convocation et pour préciser le cadre de rencontre voulue.

Dans cette lettre, les présidents des deux comités se sont dit déçus que Zuckerberg ait refusé de comparaître jusque-là devant les deux parlements. « Aucune audience de ce type n’a jamais eu lieu », ont-ils ajouté dans la lettre. « Compte tenu de votre objectif déclaré de “réparer” Facebook et d’empêcher l’utilisation malveillante de la plateforme dans les affaires mondiales et le processus démocratique, nous aimerions vous donner la possibilité de comparaître à cette audience ». « Nous vous appelons à saisir cette occasion historique pour informer les parlementaires des deux côtés de l’Atlantique et au-delà des mesures prises par Facebook pour mettre fin à la désinformation sur votre plate-forme et protéger les données des utilisateurs », précise la note.

L’audience aurait été dirigée par le comité britannique au Parlement de Westminster et devait avoir lieu le 27 novembre 2018.

Source : AP News

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Avatar de herr_wann
Membre actif https://www.developpez.com
Le 08/11/2018 à 9:08
Une petite astreinte d'un million de dollars par jour l'inciterait probablement à se plier aux demandes des Etats concernés, ou mieux, blocage de tous les sites du groupe en Grande Betagne jusqu'à ce qu'il se présente devant le Parlement
Avatar de Ecthelion2
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 08/11/2018 à 9:27
Citation Envoyé par herr_wann Voir le message
Une petite astreinte d'un million de dollars par jour l'inciterait probablement à se plier aux demandes des Etats concernés
D'un côté, là où il n'a pas tord, c'est qu'il ne va pas se pointer dans chacun des 194 pays pour répondre aux questions. Il faut faire un truc global (comme cela commence d'être fait comme indique dans l'article), et qu'on lui pose toutes les questions d'un coup.

Citation Envoyé par herr_wann Voir le message
ou mieux, blocage de tous les sites du groupe en Grande Betagne jusqu'à ce qu'il se présente devant le Parlement
Aucun pays ne serait assez bêtes pour faire cela. Entre les grognes des millions d'utilisateurs (qui pour la très grosse majorité se moquent de toutes ces histoires), et le manque à gagner financier, ils se tirerait eux-mêmes une balle dans le pieds pour les élections suivantes. ^^
Avatar de fredinkan
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 08/11/2018 à 9:38
Citation Envoyé par Ecthelion2 Voir le message
D'un côté, là où il n'a pas tord, c'est qu'il ne va pas se pointer dans chacun des 194 pays pour répondre aux questions. Il faut faire un truc global (comme cela commence d'être fait comme indique dans l'article), et qu'on lui pose toutes les questions d'un coup.
Oui et non je trouve...
Chaque pays ayant relevé ces problème doit pouvoir convoquer les responsables (à minima un représentant local) du groupe. C'est ce qui se passe dans l'indistrie. C'est une des raisons qui fait que ce genre de sociétés ont des sièges locaux...

Citation Envoyé par Ecthelion2 Voir le message
Aucun pays ne serait assez bêtes pour faire cela. Entre les grognes des millions d'utilisateurs (qui pour la très grosse majorité se moquent de toutes ces histoires), et le manque à gagner financier, ils se tirerait eux-mêmes une balle dans le pieds pour les élections suivantes. ^^
Je suis pas sur que les pays y perdraient financièrement.
Les politiques, c'est une autre histoire, mais tu peux t'arranger pour le faire en fin de mandat sans possibilités de te représenter
Avatar de Ecthelion2
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 08/11/2018 à 10:16
Citation Envoyé par fredinkan Voir le message
Oui et non je trouve...
Chaque pays ayant relevé ces problème doit pouvoir convoquer les responsables (à minima un représentant local) du groupe. C'est ce qui se passe dans l'indistrie. C'est une des raisons qui fait que ce genre de sociétés ont des sièges locaux...
Oui enfin, vu que les problèmes relevés (enfin révélés par une autre boite plutôt que relevés par les concernés d'ailleurs) sont les mêmes partout, et qu'au final, les questions vont être les mêmes, autant faire un tir groupé.

Surtout que là, les parlements en question, ne veulent pas d'un représentant local (qui pourrait effectivement être plus plausible niveau réalisation de la demande), mais absolument Zuckerberg. Perso, je comprends qu'il ait autre chose à faire que de faire 20 fois le tour du monde pour répondre aux 10 mêmes questions.

Je pense que si il pouvait envoyer un représentant, il n'y aurait aucun souci pour répondre à ces demandes. Ils ont déjà eu le directeur technique, qui doit quand même connaitre le fonctionnement du bousin au moins autant que Zuckerberg, mais ils n'ont pas jugé les réponses satisfaisantes (après est-ce qu'ils ne les ont pas trouvé satisfaisantes car effectivement il est resté évasif, ou parce qu'il n'a pas répondu ce que le parlement britannique voulait entendre exactement, je n'en sais rien). Mais il n'y a rien qui prouve qu'ils trouveront les réponses de Zuckerberg plus satisfaisantes de toutes façons.

Citation Envoyé par fredinkan Voir le message
Je suis pas sur que les pays y perdraient financièrement.
Forcément un minimum, Facebook et ses filiales génère de l'argent dans ces pays, et malgré les montages financiers et/ou la présence du siège social dans des pays à faible imposition, certains pays perdraient quelques millions d'impôts.

Ce pourrait même entraîner des problèmes entre pays, je m'explique avec un exemple dont je ne connais pas la possible exactitude :

admettons que Facebook (sans parler des filiales pour simplifier), paie ses impôts en Irlande pour ses gains au sein de l'UE, si le R-U, l'Allemagne et la France bloque tout, Facebook va générer moins de revenus, et donc payer moins d'impôts en Irlande. Du coup, il y a quand même une chance que l'Irlande se tourne vers les pays qui bloquent Facebook, pour leur dire "vous êtes gentils les cocos, mais qui va payer la différence ?" ^^

Citation Envoyé par fredinkan Voir le message
Les politiques, c'est une autre histoire, mais tu peux t'arranger pour le faire en fin de mandat sans possibilités de te représenter
Si c'est décidé par le gouvernement actuel peut-être, si ça vient du parlement qui est constitué de tous les partis, ça ferait un paquet de mec qui ne pourrait plus se représenter, et je doute qu'ils veuillent tous se suicider politiquement.

Après sur le fond, je suis tout à fait d'accord que Facebook doit apporter des réponses, je dis juste qu'exiger absolument la présence de Zuckerberg, devant tous les parlements de tous les pays qui veulent lui poser 3 questions, c'est peut-être un poil exagéré (sans parler de l'impact écologique de tous ces déplacements, mais bon, l'écologie, c'est quand ça les arrangent, le CO2, ils n'en ont rien à faire pour le coup...).
Avatar de pmithrandir
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 09/11/2018 à 10:38
Je pense que les pays pourraient parfaitement couper le service si une entreprise refusait de se présenter, après, comme dit précédement, il devraient se contenter d'une réprésentant légitime et non du CEO.

En cas de manquement aux réponses, une demande legislative pourraient etre adressé a facebook avec astreinte tant que certaines réponses n'ont pas été apportées.

Pour les taxes, ne nous voilons pas la face, facebook a plus a perdre qu'un pays. En terme d'image par exemple.

Après, j'y vois une preuve de plus que l'union fait la force. Les britanique ont vite réalisé que tous seuls ils n'avaient pas assez de pouvoir. Ils essayent la carte du commonweath.
Je ne serait pas étonné que l'UE convoque marc aussi... mais qu'elle obtienne un rendez-vous.Le plus gros marché mondial, la première puissance economique, ca se respecte un peu plus.
Avatar de Bill Fassinou
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 23/11/2018 à 10:54
Facebook ne compte pas payer l'amende de 565 000 € que lui a infligé l'ICO
pour le scandale Cambridge Analytica

L'ICO (Information Commissioner's Office), un organisme britannique chargé de promouvoir l'accès aux informations officielles et de protéger les données personnelles des utilisateurs, après avoir mené une enquête sur l’utilisation des données des utilisateurs à des fins politiques, avait annoncé en juillet dernier son intention d’infliger une amende de 500 000 livres (565 000 euros) à Facebook pour violation de la loi sur la protection des données à la suite du scandale Cambridge Analytica. Cet avis a été concrétisé. En octobre dernier, l'ICO a effectivement infligé une amende de 565 000 dollars à Facebook pour sérieuses entorses à la loi de protection des données personnelles.

Que reproche concrètement l'ICO à Facebook ? Facebook est accusé de négligence et de mauvaise transparence. Pour Mme Elizabeth Denham, La Commissaire à l'Information « Facebook a échoué à suffisamment protéger la vie privée de ces utilisateurs avant, pendant et après le processus du traitement illicite de ses données. Une entreprise de cette taille et avec cette expertise aurait dû mieux s'informer et aurais dû mieux faire ». Pour étayer ces accusations l'ICO, se base sur son enquête qui a révélé qu'entre 2007 et 2014, Facebook a permis que les développeurs d'application aient accès aux informations personnelles de ses utilisateurs sans leur consentement clair et éclairé.


Ces développeurs peuvent même avoir accès aux informations des utilisateurs qui n’ont pas installé leurs applications en passant par leurs amis qui ont installé leurs applications. Il est aussi reproché à Facebook sa négligence qui a conduit au scandale Cambridge Analytica. Qu'il vous souvienne qu'il a été révélé en décembre 2015 que le Dr Aleksandr Kogan (un développeur) et sa compagnie GSR qui ont réussi à recueillir les données Facebook de près de 87 millions de personnes dans le monde à leur insu, ont permis à des groupes tels que Cambridge Analytica et SCL groupe d'avoir accès à ces informations qui ont été utilisé à des fins politiques.

Cependant, Facebook ne compte pas payer cette amende. Le réseau social affirme que, puisque le régulateur n'a trouvé aucune preuve que les données personnelles des utilisateurs britanniques aient été partagées de manière inappropriée, la pénalité de 500 000 £ était injustifiée. Le géant américain estime que cette sanction « remet en cause certains des principes de base sur la manière dont les personnes devraient être autorisées à partager des informations en ligne ». Facebook a déclaré que sa contestation de l’amende ne signifiait pas qu’il avait commis des erreurs dans l’affaire Cambridge Analytica, mais qu’il avait la possibilité de défendre ce qu’il considérait comme une question de principe devant les tribunaux.

« Nous avions déjà exprimé notre souhait de faire plus pour enquêter sur les allégations concernant Cambridge Analytica en 2015. Nous avons apporté des modifications majeures à notre plateforme à l'époque et avons également considérablement restreint l'information à laquelle les développeurs d'applications peuvent accéder. Et nous étudions toutes les applications historiques qui avaient accès à de grandes quantités d'informations avant la modification des règles de confidentialité de notre plateforme en 2014 », a déclaré Anna Benckert, avocate générale adjointe de Facebook en Europe.

« L'enquête de l'ICO a pour origine des préoccupations selon lesquelles Cambridge Analytica aurait pu avoir une incidence sur les données des citoyens britanniques. Mais ils ont maintenant confirmé qu'ils n'avaient trouvé aucune preuve suggérant que les informations concernant les utilisateurs de Facebook au Royaume-Uni avaient été partagées par Dr. Kogan avec Cambridge Analytica, ou utilisé par ses affiliés lors du référendum sur le Brexit », a déclaré Benckert. « Par conséquent, l'essentiel de l'argumentation de l'ICO ne concerne plus les événements impliquant Cambridge Analytica. Au lieu de cela, leur raisonnement remet en cause certains des principes de base sur la manière dont les personnes devraient être autorisées à partager des informations en ligne, avec des implications qui vont bien au-delà de Facebook, raison pour laquelle nous avons choisi de faire appel », a expliqué Benckert

Toutefois Rachel Coldicutt, directrice générale de Doteveryone, un groupe de réflexion indépendant qui examine en quoi la technologie transforme la société, a déclaré que Facebook avait la responsabilité de protéger en permanence les données de tous les utilisateurs. « Que ces données aient ou non été utilisées pour influencer l'issue du référendum est un fiasco - et franchement, Facebook devraient payer l'amende et se concentrer pour avoir l'air d'une entreprise mature et digne de confiance », a-t-elle déclaré. Un porte-parole de l'ICO reconnait que Facebook a le droit de faire appel de la décision devant le tribunal de première instance. Cependant, « le tribunal ne nous a pas encore notifié qu'un appel avait été reçu », dit-il.

Sources : The Guardian, BBC

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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 26/11/2018 à 9:27
Le Parlement britannique a saisi des documents internes de Facebook
Dans le cadre de l'enquête sur le scandale des données de Cambridge Analytica

Un cache de documents internes de Facebook qui contiendrait des révélations sur les décisions de Fcabook concernant le contrôle des données et de vie privée ayant conduit au scandale Cambridge Analytica est tombé entre les mains du Parlement britannique suite à une procédure exceptionnelle, en utilisant les pouvoirs légaux du parlement pour contraindre un développeur d'applications qui les détenait à les remettre.

En effet, le géant des réseaux sociaux est impliqué depuis mars 2018 dans une affaire d’atteinte à la vie privée dite scandale Cambridge Analytica qui a occasionné la violation des données personnelles de plus de 87 millions d’utilisateurs de Facebook. Cette affaire a conduit le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, à témoigner devant le Congrès américain ainsi que devant le Parlement européen. Mais Zuckerberg a rejeté jusqu’ici l’invitation du Parlement britannique à venir témoigner de son implication dans la violation massive de données des utilisateurs de son réseau social.

D’abord en mai où le PGD de Facebook à décliner l’invitation du comité de régulation de l’affaire fausses informations du Parlement britannique dirigé par le député Collins et ensuite en novembre où Facebook a encore une fois refusé de se présenter devant le « grand comité international » composé des parlements britannique et canadien, arguant qu’il n’était pas possible pour Zuckerberg de comparaître devant tous les parlements. Toute fois, Mike Schroepfer, directeur technique de Facebook a déjà été auditionné par le Comité britannique du numérique, de la culture, des médias et des sports (DCMS) qui a estimé que les réponses apportées par Schroepfer concernant les publicités, la collecte de métadonnées et l'interférence des réseaux sociaux dans le monde politique étaient insatisfaisantes.

Cependant, le Parlement britannique ne renonce pas à l’affaire. Selon The Guardian, pour avoir des réponses à ses questions, le parlement a du recourir à ses pouvoirs légaux pour entrer en possession des documents internes sur Facebook après l’échec de la voie d’invitation à témoigner ignorée par Facebook à maintes reprises. Le cache de documents en possession de Ted Kramer, fondateur de la société américaine de logiciels, Six4Three, contiendrait d’importants éclaircissements sur les décisions du réseau social relatives à son implication dans le contrôle des données et de vie privée ayant conduit au scandale Cambridge Analytica, y compris des échanges de courriels confidentiels entre les cadres supérieurs et une correspondance avec Zuckerberg.


Selon The Guardian, le parlement a profité de la présence du patron de Six4Three à Londres lors d’un voyage d’affaires pour intercepter les documents. Dans une procédure rare, Damian Collins, président du comité de sélection culture, médias et sport a contraint le développeur de logiciel à remettre les documents, en envoyant un sergent d'armes du parlement à l'hôtel de l'homme d'affaires où un dernier avertissement lui a été donné ainsi qu’un délai de deux heures pour se conformer à l'ordre du parlement. Mais ceci n’a pas entamé la détermination du fondateur à ne pas libérer les documents. Selon The Guardian, il a fallu ensuite que Ted Kramer soit conduit au Parlement où il a été averti qu'il risquait des amendes et une peine d'emprisonnement si les documents n'étaient pas remis.

« Nous sommes en territoire inconnu », a déclaré Collins, le député en tête du comité de régulation du parlement concernant l’affaire des fausses actualités. « Il s’agit d’un geste sans précédent, mais c’est une situation sans précédent. Nous n'avons pas réussi à obtenir de réponses de Facebook et nous pensons que les documents contiennent des informations extrêmement intéressantes pour le public. », a-t-il ajouté.

En effet, depuis plusieurs mois, Facebook et son PDG esquivent les demandes de témoignage du Parlement britannique. L’occasion ne pouvait donc pas être plus belle pour les députés en charges de l’affaire fausses actualités et vie privée impliquant le géant des réseaux sociaux. Selon le député Collins, les réponses insatisfaisantes de Mike Schroepfer adressées au DCMS et la réticence à témoigner, avait obligé les députés à user d’une procédure exceptionnelle pour collecter des informations sur les opérations de Facebook. « Nous avons des questions très sérieuses pour Facebook. Cela nous a induits en erreur à propos de la participation russe sur la plateforme. Et il n'a pas répondu à nos questions sur qui savait quoi, à propos du scandale Cambridge Analytica », a-t-il déclaré.

Six4Three est impliqué dans une action en justice contre Facebook aux États-Unis, où les documents ont été obtenus par le biais de mécanismes légaux. En effet, la startup d'apprentissage automatique de Ted Kramer, basée aux États-Unis, a développé une application pour Facebook que le réseau social a fermée après une modification des conditions de service. Six4Three a poursuivi Facebook en justice et obtenu une mine de documents internes à Facebook au cours de la procédure. « Nous avons suivi cette affaire judiciaire aux États-Unis et nous pensions que ces documents contenaient des réponses à certaines des questions que nous recherchions au sujet de l’utilisation des données, en particulier par les développeurs externes. »

Selon Six4Three, Facebook, bien que conscient des implications de sa politique de confidentialité, créait intentionnellement des brèches dont celle qu’a exploitée le cabinet Cambridge Analytica pour collecter illégalement des données personnelles, a rapporté The Guardian. Mais, un porte-parole de Facebook a déclaré que les « revendications de Six4Three ne sont pas fondées et que nous continuerons à nous défendre vigoureusement ».

Toute fois, les documents en possession des députés britanniques ne peuvent pas être partagés ni rendus publics. Facebook a déclaré à cet effet que : « Les documents obtenus par le comité DCMS sont soumis à une ordonnance de protection de la Cour supérieure de San Mateo limitant leur divulgation. Nous avons demandé au comité du DCMS de s’abstenir de les examiner et de les renvoyer à un conseil ou à Facebook. Nous n'avons pas d'autres commentaires. »

Source : The Guardian

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Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 28/11/2018 à 1:25
Facebook craindrait que les députés britanniques aient accès aux documents saisis
Dans le cadre de l’enquête sur la violation de la vie privée

La gestion du scandale de données privées de Cambridge Analytica a abordé une nouvelle étape dans son évolution. Le règlement de l’affaire consistait au départ dans la guerre des mots entre Facebook et l’ensemble des parties accusatrices qui se contentait d’enquêter sur l’affaire, d’inviter Facebook à témoigner de son implication dans la violation des données personnelles ayant fait plus de 87 millions de victimes et d’accuser Facebook sur son incapacité à protéger les données des utilisateurs. Après avoir témoigné devant le Congrès américain et le Parlement européen, le réseau social a rejeté, à plusieurs reprises, l’invitation du Parlement britannique, arguant que Mark Zuckerberg, le PDG de la société ne pouvait pas répondre à l’invitation de tous les parlements.

Cependant, l'ICO (Information Commissioner's Office), un organisme britannique chargé de promouvoir l'accès aux informations officielles et de protéger les données personnelles des utilisateurs, à la suite de son enquête sur le scandale Cambridge Analytica, a infligé une amende de 500 000 livres (565 000 euros) à Facebook, en octobre dernier, pour violation de la loi sur la protection des données. Mais, selon Facebook, le régulateur britannique n’a trouvé aucune preuve que les données personnelles des utilisateurs britanniques aient été partagées de manière inappropriée qui pouvait justifier cette amende. Toute fois, les rapports de force seraient en train de changer.

Nous avons relayé hier une information de The Guardian selon laquelle le Parlement britannique avait saisi des documents internes de Facebook, dans le cadre de l'enquête sur le scandale des données de Cambridge Analytica. Facebook serait en train de craindre que les députés britanniques aient accès à « des informations importantes » sur les politiques de Facebook « présentant un grand intérêt pour le public » contenues dans ces documents.

En effet, The Guardian avait rapporté que le Parlement britannique a profité d’un voyage d’affaire à Londres du patron de Six4Three, une startup de développement de logiciel pour saisir une importante mémoire cache contenant des documents préjudiciables au géant des réseaux sociaux qui comprendraient des révélations sur les décisions de Fecabook concernant le contrôle de confidentialité et de vie privée ayant conduit au scandale Cambridge Analytica. Cette prise a été rendue possible grâce à des pouvoirs parlementaires rarement utilisés. En effet, l’homme d’affaire a reçu un avertissement parlementaire par le biais d’un sergent d'armes envoyé à son hôtel et a ensuite été conduit au parlement et averti qu'il risquait des amendes et une peine d'emprisonnement si les documents n'étaient pas remis, selon The Guardian.


Six4Three détenait ces documents de Facebook grâce une action en justice aux États-Unis contre la société où les documents ont été obtenus de façon légale. La société de développement de logiciel avait été encouragée par le réseau social à investir – 250 000 USD – dans une application qui permettait aux utilisateurs de trouver les photos des amis de leurs amis en bikini lorsque la politique des API Facebook permettait encore de siphonner les données des utilisateurs et celles de leurs amis sur le réseau social.

Six4Three allègue que Facebook a désactivé son application et d’autres applications similaires en 2014 et 2015 causant du tort aux développeurs, lorsque les utilisateurs avaient commencé à s’inquiéter de la politique d’utilisation des données du réseau social, alors que Facebook avait promis que les logiciels resteraient encore longtemps en exploitation. Cependant, Facebook a trouvé que les affirmations de la startup étaient « totalement injustifiées ».

Toute fois, les responsables du réseau social craignaient que les députés découvrent le contenu des documents désormais en leur possession. Dans un courrier adressé à Damian Collins, président du comité DCMS (Commons Digital, Culture, Media and Sport) et publié sur Twitter, Richard Allen, le vice-président des politiques publiques de Facebook a déclaré que l'affaire de Six4Three contre Facebook était « totalement dénuée de fondement » et ne devait pas être prise pour « une valeur nominale ». « Nous espérons que vous voudrez réfléchir sur le fond de la plainte ... L'affaire portée par Six4Three est un défi aux efforts que nous déployons pour limiter l'accès aux données par les applications en 2014/2015. », a-t-il ajouté, selon BBC.


Facebook a déclaré suite à la saisie des documents que « Les documents obtenus par le comité DCMS sont soumis à une ordonnance de protection de la Cour supérieure de San Mateo limitant leur divulgation. ». « Nous avons demandé au comité du DCMS de s'abstenir de les examiner et de les renvoyer à un conseil ou à Facebook ».

Selon BBC, le député Damian Collins a répondu à Facebook et a fait remarqué que la Chambre des communes du parlement avait le pouvoir de saisir des documents relevant de la compétence du Royaume-Uni et qu'un comité de cette Chambre pouvait divulguer ces documents sous privilège parlementaire.


Dans le courrier publié également sur Twitter, Damian Collins a écrit que « L'intérêt du comité pour les documents que nous avons demandés est lié à leur pertinence pour notre enquête en cours sur la désinformation et les fausses nouvelles. Comme vous le savez, nous avons posé de nombreuses questions à Facebook sur ses politiques en matière de partage de données utilisateur avec les développeurs, sur la manière dont elles ont été appliquées et sur la manière dont la société identifie l'activité de mauvais acteurs. Nous pensons que les documents que nous avons commandés à Six4Three pourraient contenir des informations importantes à ce sujet, qui présentent un grand intérêt pour le public. »

« Nous souhaitons également savoir si les politiques de Facebook, telles qu'exprimées dans ces documents, concordent avec les déclarations publiques de la société sur les mêmes questions. », a-t-il ajouté.

Le contenu des documents saisis pourrait avoir été divulgué ce mardi lors d’une audience du comité du DCMS au cours de laquelle M. Allen devrait comparaître. Et si les allégations de Six4Three se confirment, cela voudra dire que Facebook aura été un acteur actif dans la désinformation en ayant permis à des tiers d'accéder massivement aux données utilisateur et aux acteurs malveillants de propager des informations de sources peu crédibles.

Source : BBC

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Avatar de herr_wann
Membre actif https://www.developpez.com
Le 28/11/2018 à 10:19
C'est amusant, il parait qu'il ne faut pas avoir peur des GAFAM quand on n'a rien à cacher mais ils ont visiblement beaucoup de mal à appliquer à eux mêmes ce principe de transparence
Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 29/11/2018 à 0:28
Il y aurait des preuves que Facebook avait été informé de l’extraction de données par des « entités » russes en 2014
Mais il n’avait pas réagi

Il y a du nouveau dans l’affaire de violation de données et de vie privée de Cambridge Analytica. L’audience du mardi du comité du numérique, de la culture, des médias et du sport de la Chambre des communes (DCMS) n’a pas publié le précieux contenu de la mine d’informations obtenue de Ted Kramer, patron de Six4Three, cependant, le président du DCMS n’a pas manqué, tout de même, d’utiliser le privilège parlementaire pour décrire quelque peu les détails des documents scellés et soumis à l'ordonnance de protection d'un tribunal californien.

Selon Damian Collins, les documents de Facebook saisis par le Parlement britannique ont révélé qu'un ingénieur de la compagnie avait signalé à Facebook que des « entités » russes utilisaient une API Pinterest pour extraire des milliards de points de données Facebook chaque jour en 2014. Ces informations ont été révélées lors d’un interrogatoire que Buzzfeed News a qualifié d’enflammé de Richard Allan, vice-président des politiques publiques de Facebook, interrogatoire qui précède la première séance du « grand comité international sur la désinformation et les fausses informations » à Londres, a rapporté Buzzfeed News.

En effet, le Parlement n’avait pas pu avoir des réponses à ses nombreuses questions concernant le rôle joué par le géant des réseaux sociaux dans l’affaire de violation massive de données personnelles et des fausses nouvelles puisque Facebook et son PDG Zuckerberg ont brillé par leur absence lors des différentes invitations à témoigner. Mais cette situation a changé maintenant, car le parlement détient depuis la semaine dernière un trésor de documents qu’il à eu à l’occasion d’une procédure rare appliquée au patron d’une startup qui a pu amasser ces documents lors d’une procédure judiciaire qui l’opposait à Facebook, selon The Guardian.


Le réseau social a tenté de rejeté les accusations de Ted Kramer, qui allègue être une des victimes de la désactivation brusque de son application en 2014/2015 alors qu’elle était censée avoir de beaux jours devant elle selon l’encouragement de Facebook. Facebook a également évoqué que « Les documents obtenus par le comité DCMS sont soumis à une ordonnance de protection de la Cour supérieure de San Mateo limitant leur divulgation. » et que le DCMS devrait s’abstenir de l’examiner. Cependant, le mardi, le comité du DCMS a du faire recours à son privilège parlementaire pour donner certains détails des documents.

Le comité s’était réuni pour convaincre le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, de faire face aux questions relatives à l'utilisation des données et aux élections. Mais la chaise du PDG de Facebook est restée vide jusqu’à la fin de la séance. M. Collins a annoncé au cours de l’audience que les courriers d’échanges entre les responsables de Facebook ne seraient pas partagés, cependant Collins a évoqué quelques détails des informations qui, s’ils s’avéraient exacts, constitueraient un tournant majeur dans la gestion de la crise de données et de vie privée impliquant Facebook.

En effet, Collins a évoqué qu’« En octobre 2014, un ingénieur de Facebook a informé la société que des entités dotées d'adresses IP russes utilisaient une clé d'API Pinterest pour extraire 3 milliards de points de données par jour ». « Maintenant, est-ce que cela a été rapporté à un organisme externe à l'époque? », a-t-il posé la question à Richard Allan.

Mais en guise de réponse à cette question, le vice-président des politiques publiques de Facebook s’est focalisé sur celui par qui les informations de Facebook sont parvenues entre les mains des députés, à savoir Six4Three qu'il a qualifié de « plaideur hostile ».

« Si j'ai bien compris, une partie partielle d'informations a été obtenue par un plaideur hostile qui cherche à maintes reprises à annuler les mêmes modifications visant à restreindre l'accès aux données que votre comité et d'autres voudraient voir se produire, », a déclaré M. Allan. « Toute information que vous avez vue dans cette mémoire cache d’e-mails est au mieux partielle, et au pire potentiellement trompeuse. », a rapporté Buzzfeed News.

Après l’audience qui a duré deux heures et demie, M. Allan a envoyé à Buzzfeed News une déclaration selon laquelle « Les ingénieurs qui avaient soulevé ces préoccupations initiales ont ensuite examiné la situation et n'ont trouvé aucune preuve d'activité russe spécifique ».

Le comité du DCMS a réuni pour l’audience les législateurs non seulement du Royaume-Uni, mais aussi du Canada, du Brésil, de la Lettonie, de l'Argentine, de l'Irlande, de Singapour, de la France et de la Belgique afin de discuter des lacunes de Facebook et de la manière dont elle affectait les procédures en vigueur dans ces pays.

Source : Buzzfeed News

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