Tim Berners-Lee estime à son tour que le démantèlement des sociétés comme Facebook et Google
Devrait être envisagé face à leur ultra-domination

Le , par Stéphane le calme

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La taille des entreprises pose parfois un sérieux problème lorsqu’elle est très importante. En effet, certaines peuvent alors manipuler le marché pour peser de tout leur poids et laisser peu de chance pour une concurrence loyale.

Cette situation a fait que des entités, comme l’UE, ont envisagé le démantèlement de certaines d’entre elles si elles continuent d’abuser de leur position dominante. Cette possibilité de démanteler Google, c’est Margrethe Vestager qui l’a évoquée au journal britannique The Telegraph en mars. Une déclaration qui est survenue après que le géant de la recherche a été condamné à payer une amende record de 2,42 milliards d’euros pour abus de position dominante sur le marché des moteurs de recherche. La Commission européenne reproche à Google d’avoir systématiquement favorisé son propre service de comparaison de prix et rétrogradé ceux de ses concurrents.

Si Google a fait appel de la décision, la firme continue de faire face à d’autres contentieux, notamment en ce qui concerne son service de publicité en ligne (AdSense) et la dominance d’Android sur le marché du mobile. Selon Vestager, au vu de ces dossiers, l’option de scinder Google reste valable et pourrait se voir appliquée.

« Je pense qu’il est important de garder cette question ouverte et marquée sur l’agenda » répond-elle à la question de savoir si la seule solution à cette dominance est de démanteler la société.

« Nous ne sommes pas encore arrivés là, mais il est important de garder un œil ouvert. » Elle a aussi prévenu que le moteur de la recherche pourrait devenir si géant, qu’il deviendrait indispensable pour les entreprises et l’économie. Mais n’est-il pas le cas aujourd’hui avec ses 91,5 % de parts de marché ? ».

Un avis partagé par certains comme Tim Berners-Lee

Le père du World Wide Web a estimé que les géants de la technologie de la Silicon Valley tels que Facebook et Google sont devenus tellement dominants qu’ils ont peut-être besoin d’être démantelés, à moins que des challengers ou des changements de goût ne réduisent leur influence.

La révolution numérique a donné naissance à une poignée de sociétés de technologie basées aux États-Unis depuis les années 1990, qui disposent désormais d’un pouvoir financier et culturel combiné supérieur à celui de la plupart des États souverains.


Tim Berners-Lee s'est dit déçu de l'état actuel de l'internet, à la suite des scandales sur l'utilisation abusive de données personnelles et l'utilisation des médias sociaux pour diffuser la haine.

« Ce qui se produit naturellement, c’est que vous vous retrouvez avec une société qui domine le secteur. À travers l’histoire, il n’y a pas eu d’autre solution que de véritablement intervenir et casser des choses », a déclaré Berners-Lee, 63 ans, lors d’un entretien avec Reuters. « Il y a un danger dans cette concentration ».

Le changement de goût des consommateurs, une alternative envisageable ?

Mais il a également appelé à la prudence, affirmant que la rapidité de l'innovation en termes de technologie et de goûts pourrait finalement réduire certaines des plus grandes entreprises de technologie.

« Il faut se rassurer qu’ils ne sont pas simplement perturbés par un petit acteur qui les élimine du marché, mais bel et bien par le changement du marché, par l'intérêt qui va ailleurs » , a déclaré Berners-Lee.

Apple, Microsoft, Amazon, Google et Facebook ont une capitalisation boursière combinée de 3,7 billions de dollars, soit le produit intérieur brut de l’Allemagne l’année dernière.


2018, une année difficile pour la Silicon Valley

Aujourd'hui professeur au Massachusetts Institute of Technology et à l'Université d'Oxford, Berners-Lee a exprimé sa consternation devant la façon dont le cabinet de conseil Cambridge Analytica a obtenu les données personnelles d'un chercheur sur 87 millions d'utilisateurs de Facebook.

Ce scandale, a-t-il dit, a été un tournant pour beaucoup.

« Je suis déçu de l'état actuel du Web », a-t-il déclaré. « Nous avons perdu le sentiment d’autonomisation individuelle et, dans une certaine mesure, je pense aussi que l’optimisme s’est fissuré.»

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, s’est excusé après le scandale de Cambridge Analytica et s’est engagé à faire davantage pour protéger les données des utilisateurs.

Selon Berners-Lee, les médias sociaux sont toujours utilisés pour propager la haine.

« Si vous mettez une goutte d’amour sur Twitter, elle semble se désintégrer, mais si vous y mettez une goutte de haine, vous avez l’impression que cela se propage beaucoup plus fortement. Et vous vous demandez: "Eh bien, est-ce à cause de la manière dont Twitter a été construit?"»

En dehors de ce scandale, nous pouvons citer l’affaire de la surestimation de la durée moyenne de visionnage d’annonces vidéo sur Facebook : pendant deux ans, le réseau social n'avait compté que les visionnages de vidéos d'une durée supérieure à trois secondes dans le calcul de sa métrique « durée moyenne de visionnage de vidéos ». Les vues vidéo de moins de trois secondes n’ont donc pas été prises en compte, ce qui a surestimé la durée moyenne d’une vue. Pour corriger ce problème, la société a remplacé la métrique par une autre qui reflète toutes les vues de vidéos, peu importe la durée du visionnage.


Après ces révélations, un groupe de petits annonceurs a engagé une action en justice devant un tribunal fédéral de Californie en 2016, alléguant que la firme de Mark Zuckerberg a eu un comportement déloyal en diffusant des statistiques inexactes qui surestimaient considérablement le temps passé par les utilisateurs à regarder des annonces vidéo. Dans le cadre des procédures judiciaires, les plaignants avaient obtenu quelque 80 000 pages de documents internes de Facebook à examiner. À la suite de l'examen des documents, les annonceurs ont déposé mardi une nouvelle plainte pour fraude contre le géant des réseaux sociaux.

Nous pouvons aussi parler des millions de comptes qui ont été compromis par une attaque qui a permis aux pirates de prendre le contrôle des comptes des utilisateurs.

Source : Reuters

Et vous ?

Partagez-vous l'idée selon laquelle le démantèlement des sociétés numériques pourraient être envisagé afin de rétablir un certain équilibre ?
Pensez-vous que les goûts des consommateurs, ainsi que des consommateurs potentiels, pourraient influencer le marché ou pensez-vous l'inverse ? Pourquoi ?

Voir aussi :


2018, l'année où tout a changé pour l'élite de la Silicon Valley, pour un législateur UK, qui demande des restrictions réglementaires sur Facebook
Près de 50 millions de comptes Facebook affectés par une faille de sécurité, considérée comme étant la plus importante de l'histoire du réseau social
Brian Acton, co-fondateur WhatsApp, explique pourquoi il est parti de Facebook et a abandonné 850 millions de $
Les deux cofondateurs d'Instagram démissionnent de leurs postes chez Facebook, quelques mois après le départ du cofondateur de WhatsApp

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Avatar de pmithrandir
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 02/11/2018 à 9:53
Je pense qu'on a affaire a deux sociétés très différentes.

- google rend un service de base utilisé par des milliards de personnes. Il permet simplement de trouver une information lambda sur cet espace qu'est internet.
- Facebook rend lui un service différent, il permet aux gens de se connecter.

Je pense que le second est beaucoup plus une histoire de mode. On voit des gens partir de facebook, le réseau social se trasnformer et les contenus changer. On peut donc lui prédire le même sort que myspace, G+, etc... dans quelques années. Ce produit mourra, même si ll'entreprise survivra surement grace a ses acquisitions.

En reanche, google est déjà au stade de l'industrialisation très efficace d'un besoin de base.
Les challengers n'arrivent pas à percer et pour en avoir tester quelques un, il leur manque :
- l'intégration générale avec plusieurs outils (maps par exemple)
- de la pertinence dans les résultats.
- de la réactivité.

Et ces 3 aspects demande surtout une force financière pour aboutir. scroller les sites plus souvent, construire des dashboard plus efficace, avoir des partenariats avec des nombreuses offres propre à contrebalancer la galaxy google.

Sauf que jouer la finance face a une entreprise largement bénéficiaire avec un trésor de guerre important... c'est illusoir.
Avatar de AoCannaille
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 02/11/2018 à 11:11
Comparer un PIB à une capitalisation boursière n'a aucun sens... D'un coté on a un revennu annuel d'un pays entiers, de l'autre coté on a une valeur globale de l'entreprise.
Il aurait fallu comparer le chiffre d'affaire cumulé de ces boites avec le PIB. Ou alors Le patrimoine complet du pays avec la capitalisation boursière. Là on mélange les torchons avec les serviettes!
Avatar de Kapeutini
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 09/11/2018 à 16:47
J'ai 63 ans aussi mais je suis contre l'intervention des états :-) L'internet c'est notre reflet, que cela nous plaise ou pas et ce qui nous plait peut ne pas plaire et l'inverse,
il n'y a pas qu'une seule vision du monde (Dieu merci).

L'internet doit rester libre, s'il y a des lois cela ne doit pas être pour nous controler mais pour nous protéger.

Je vois aussi la quantité de données et de savoir accessible, gratuitement et pour tous et cela est la plus formidable révolution que j'ai vu,
que j'utilise et apprécie et grâce aux Gafas c'est gratos.

Alors vive les Gafas et quelles fassent contre pouvoir aux états, c'est une bonne chose, oui :-)
Avatar de flyeric
Nouveau membre du Club https://www.developpez.com
Le 09/11/2018 à 18:46
@Kapeutini, intéressant votre point de vue mais pas d'accord.

Oui ces sociétés nous apportent beaucoup mais il y a des contre-parties et en dehors de nos données qu'elles exploitent (la contre-partie, ce qui est normal) mais ce qui l'est moins, c'est d'être obligé de suivre leurs protocoles, leurs visions, être obligé de suivre leurs procédures et comme ils l'entendent et si vous n'êtes pas d'accord c'est difficile de faire sans.
Ces sociétés mastodontes prennent trop de poids et vont finir par nous bouffer. Je pense qu'il faut limiter leurs pouvoirs ou les scinder de manière à ce que chaque pays ait ses propres prérogatives & devoirs.
Avatar de pvincent
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 10/11/2018 à 11:56
Pour la domination du moteur de recherche de Google, je trouve qu'on pose mal le problème.

Google infantilise l'utilisateur de base: à moins d'être un expert et d'utiliser la syntaxe permettant de poser des filtres, la seule chose qu'on lui demande, c'est une série de mots (clef?), méthode qui l'empêche de diriger intelligemment sa recherche et permet de lui imposer des choix mercantiles.

Ensuite, le défaitisme des médias est consternant (aucun soutient réel à Qwant,,..) et la démission de l'État se combine à celle professionnels concernés pour aggraver la situation.

L'état, car il ne se pose pas la bonne question: quels sont les services que je rends dans le monde réel aux citoyens et que je ne pense même pas à fournir dans le monde virtuel?
J'ai déjà évoqué dans le temps l'état-civil, l'identification et l'authentification facile d'une signature; içi, c'est le dépôt légal (qui dans le grand public connaît l'AFNIC?) et son dérivé: l'annuaire.

Jadis, le commerçant qui voulait se faire connaître de clients potentiels (prospects) pouvait se faire inscrire pour un prix modique dans l'annuaire des PTT et il apparaissait dans les pages jaunes organisées dans un index rationnel et alphabétisé. LE PRIX ÉTAIT LE MÊME POUR TOUS.
Maintenant, les publicitaires ont pris le pouvoir et même le petit hôtelier se fait rançonner par les plates formes internet.

L'épisode, à posteriori ridicule, de la vente aux enchères des numéros des renseignements téléphoniques montre combien le manque de vision de l'avenir est répandu.

J'ai déjà suggéré que la presse francophone s'unisse pour créer un moteur de recherche spécifique, qui pourrai être bien plus affûté qu'un moteur généraliste, mais le théorème du prisonnier joue contre cette solution: plutôt périr que de risquer de favoriser mon concurrent.

L'état n'a-t-il aucun rôle à jouer dans la gestion d'Internet?
J'ai la faiblesse de croire que je peux encore l'influencer par mes votes et la loi de la jungle n'est pas mon idéal..

j'arrête de ronchonner, c'est mauvais pour ma tension et je suis bien plus âgé que Kapeutini.
Avatar de deathman8683
Membre averti https://www.developpez.com
Le 10/11/2018 à 22:57
Citation Envoyé par Kapeutini Voir le message
je suis contre l'intervention des états :-)
[...]
Alors vive les Gafas et quelles fassent contre pouvoir aux états, c'est une bonne chose, oui :-)

Oui tu as raison, Laissons la nature humaine (pulsion meurtrière, pulsion sexuelle sur enfant, animaux, etc, loi du plus fort) dominer, après tout c'est naturel. Tolérons les intolérants pour qu'ils puissent balayer la tolérance. Faisons disparaître le gouvernement pour laisser le pouvoir à des personnes qui n'ont de compte à personne car on sait que le pouvoir rends sage, bienveillant et atruiste et que les dernières crises économiques mondiales ne viennent pas des gros banquiers mais du gouvernement qui a largement le pouvoir financier pour opprimer ses âmes douces et fragiles qui ne peuvent être aidés par des professionnel du droit, les pots de vin, les conflits d'intérêt au gouvernement et les médias pour manipuler les esprits, les pauvres. Laissons l'esclavage revenir, après tout ça revient moins chère, toute façon on en à rien à faire des sentiments et sensation des gens ils n'ont que ce qu'ils méritent, ils avaient qu'à être les plus égoïstes, arrivistes ou sortir du bon ventre, puis la vie en générale ne vaut rien ce qui compte c'est le profit d'une poignée de gens, le sexe et la drogue, vive l'égoïsme ! vive la dépravation !

On va être gentil et mettre ça sur le dos de l'ignorance car ça ne ressemble pas à un troll...
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