2018, l'année où tout a changé pour l'élite de la Silicon Valley, pour un législateur UK
Qui demande des restrictions réglementaires sur Facebook

Le , par Stéphane le calme

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On se souviendra de 2018 comme de l'année où tout a changé pour l'élite de la Silicon Valley. C'est ce que pense Damian Collins, législateur britannique, qui a mené pendant une année une enquête sur les infox en tant que président du comité du comité DCMS (Department for Digital, Culture, Media and Sport - département du Numérique, de la Culture, des Médias et du Sport, il s’agit d’un département exécutif du gouvernement britannique chargé de la culture, des sports et des médias),

Lors de son lancement en septembre 2017, son enquête avait pour objectif de déterminer comment les infox se propagent sur les grandes plateformes en ligne. Mais après le scandale de Cambridge Analytica en mars, l’enquête a évolué en une enquête détaillée sur la manière dont les données de Facebook ont été falsifiées pour influencer le processus démocratique.

Collins, un politicien conservateur, pense maintenant qu'il est inévitable que le gouvernement britannique resserre les restrictions réglementaires concernant des sociétés telles que Facebook, Alphabet's YouTube et Amazon.

Collins a émis la suggestion de scruter les opérations publicitaires des médias sociaux à fort trafic dans un tweet qui fait référence à un article de presse faisant état d'un recours collectif américain contre Facebook :

« Encore plus d'allégations concernant le système de publicité opaque de Facebook. Les régulateurs tels que le CMA devraient envisager d’enquêter sur le fonctionnement du marché de la publicité sur des plateformes de médias sociaux telles que Facebook »


L’affaire de la surestimation de la durée moyenne du visionnage d’annonces vidéos

En septembre 2016, le Wall Street Journal a rapporté des informations selon lesquelles Facebook avait considérablement surestimé les statistiques de vues des annonces vidéo sur sa plateforme, ce que l'entreprise n'a d'ailleurs pas démenti. C'était donc une confirmation des doutes de nombreuses marques qui étaient déjà sceptiques face au manque de transparence de Facebook et d'autres géants de la technologie en ce qui concerne leurs données publicitaires internes.

Facebook a en effet révélé le problème dans un message publié dans son centre d'aide aux annonceurs en août de la même année : pendant deux ans, le réseau social bleu n'avait compté que les visionnages de vidéos d'une durée supérieure à trois secondes dans le calcul de sa métrique « durée moyenne de visionnage de vidéos ». Les vues vidéo de moins de trois secondes n’ont donc pas été prises en compte, ce qui a surestimé la durée moyenne d’une vue. Pour corriger ce problème, la société a remplacé la métrique par une autre qui reflète toutes les vues de vidéos, peu importe la durée du visionnage.

Après ces révélations, un groupe de petits annonceurs a engagé une action en justice devant un tribunal fédéral de Californie en 2016, alléguant que la firme de Mark Zuckerberg a eu un comportement déloyal en diffusant des statistiques inexactes qui surestimaient considérablement le temps passé par les utilisateurs à regarder des annonces vidéo. Dans le cadre des procédures judiciaires, les plaignants avaient obtenu quelque 80 000 pages de documents internes de Facebook à examiner. À la suite de l'examen des documents, les annonceurs ont déposé mardi une nouvelle plainte pour fraude contre le géant des réseaux sociaux.


En plus, le géant des réseaux sociaux a déclaré à certains annonceurs qu'il surestimait probablement le temps moyen passé à regarder des vidéos de 60 % à 80 %. Mais dans la plainte déposée mardi, les annonceurs affirment que l'erreur était beaucoup plus grande et que les chiffres d'audience moyens avaient été gonflés de 150 % à 900 %.

Facebook a déclaré à l’époque que l’erreur n’affectait pas la facturation. Mais cela ne résout pas la question pour les plaignants. Pour ces derniers, le problème est que les déclarations fausses de Facebook « ont incité » les annonceurs à acheter des annonces vidéo et à payer davantage pour les annonces vidéo de Facebook, car ils estimaient que les utilisateurs visionnaient des vidéos plus longtemps qu'il en était en réalité. Après tout, si personne ne regarde les vidéos Facebook, pourquoi les annonceurs y miseraient-ils ? On pourrait donc penser que Facebook a gonflé ses chiffres pour faire croire aux annonceurs que les annonces vidéo sont plus efficaces qu'elles le sont en réalité.

L’influence du secteur technologique, une préoccupation pour les politiciens européens ?

Ce n’est pas la première fois que des politiciens demandent à l’AMC d’enquêter sur le système publicitaire dans le secteur de la technologie.

Cet automne, un autre comité britannique, le Lords Select Committee on Communications, a directement demandé à l’organe d’enquêter sur la publicité numérique.

Et plus tôt ce mois-ci, Andrea Coscelli, chef de l'AMC, a dit au comité qu'il envisageait effectivement de le faire, si seulement il pouvait disposer des ressources nécessaires pour le faire - en se disant préoccupé par les « lacunes potentielles » du cadre réglementaire en matière de concurrence et de protection des consommateurs.

« Il y a un mois, ce comité nous a demandé d'examiner la publicité numérique. C’est ce que nous étudions activement, sujet au Brexit dans les prochaines semaines, car cela a une grande incidence sur les ressources », a déclaré Coscelli le 9 octobre.« C’est certainement un domaine dans lequel nous souhaitons participer. Si nous le faisions, nous collaborerions étroitement avec Ofcom et réfléchissions sérieusement au cadre réglementaire dans ce contexte ».


Ailleurs en Europe, les régulateurs de la concurrence ont également porté une attention accrue au secteur des technologies de l'information ces dernières années. Ils ont examiné diverses pratiques de la part des grandes enseignes, notamment Facebook et Google, et abordé de nombreuses préoccupations liées aux lois antitrust.

Dans ce que les avocats appellent une nouvelle utilisation du droit de la concurrence, le Federal Cartel Office allemand a publié des résultats préliminaires en fin d’année dernière qui accusent Facebook d'utiliser son pouvoir comme réseau social dominant en Allemagne pour inciter les utilisateurs puissants à lui permettre de collecter des données à leur sujet provenant de sources tierces. , tels que des sites Web avec des boutons « j’aime ».

Au début de l’année, l’autorité française de la concurrence a laissé entendre qu’elle envisageait d’enquêter sur la domination du marché de l’adtech par Facebook et Google, en publiant un rapport dans lequel elle identifiait une foule de comportements problématiques. D’ailleurs, elle a souligné que les deux entités agissent à la fois comme éditeurs et intermédiaires techniques pour les annonceurs, ce qui leur confère un avantage concurrentiel.

Les régulateurs italiens enquêtent également sur les problèmes de concurrence liés au Big Data depuis plus d'un an.

La Commission européenne scrute le pouvoir de marché des plateformes numériques et cherche à remodeler sa politique de la concurrence afin de tenir compte de la manière dont les géants de la technologie peuvent tirer parti des effets de réseau et de leur position d’un marché à l’autre.

Sources : WSJ, BI, parlement anglais, Reuters

Et vous ?

Partagez-vous l'opinion du législateur anglais qui pense que 2018 a marqué à jamais l'élite de la Silicon Valley ?
Que pensez-vous de sa suggestion de scruter les opérations publicitaires des médias sociaux à fort trafic ?

Voir aussi :

L'an dernier, près de la moitié des jeunes utilisateurs ont supprimé Facebook de leurs mobiles suite aux divers scandales impliquant l'entreprise
Scandale Cambridge Analytica : le Parlement européen demande un audit complet de Facebook et d'autres réseaux, mais pourra-t-il parvenir à ses fins ?
Le Royaume-Uni inflige à Facebook une amende de 645 000 $ US pour le scandale Cambridge Analytica une somme qu'il gagne en quelques minutes
Etude : environ 90 % des applications Android transfèrent des données à Google, et près de 50 %, à au moins 10 tiers tels que Facebook et Twitter
Brendan Iribe, cofondateur et ancien CEO d'Oculus, a annoncé ce lundi qu'il quittait Facebook à cause des tensions internes au réseau social

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Avatar de marsupial
Membre expert https://www.developpez.com
Le 29/10/2018 à 17:00
A mon avis, les révélations en cascade de 2018 (qui n'est pas fini) ont plus marqué le(s) législateur(s) et utilisateurs que les géants de la Silicon Valley. La prise de conscience est rude bien que cela n'empêche pas les GAFA's de générer autant d'argent. Mais leur image restera ternie et diabolisée malgré (ou bien que) les CGU existent même si elles ne sont pas clairement explicites. Comme on dit en politique, lorsqu'une idée reste vague, il y a anguille sous roche.

Dans un monde où les données sont le nouvel or noir, l'avidité de certain devient dangereux pour toutes les parties. Les limites d'un modèle fixées par le RGPD.
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