Facebook : Les actionnaires influents s'associent pour révoquer Zuckerberg en tant que président,
Afin d'améliorer la surveillance du réseau social

Le , par Stan Adkens, Chroniqueur Actualités
Mark Zuckerberg partira-t-il cette fois de la présidence de Facebook ? Nous le saurons en mai 2019 après la réunion annuelle. Pour l’heure, quatre grands fonds publics américains qui détiennent des actions dans Facebook Inc. reviennent à la charge en se joignant à Trillium Asset Management dans une proposition de révocation de Zuckerberg en tant que président. Le groupe d’actionnaires demande au conseil d’opter pour un président indépendant afin d'améliorer la surveillance et la réputation du plus grand réseau social et s’est engagé à faire du lobbying auprès des gros investisseurs de Facebook afin de les rallier à la cause.

En effet, Facebook connait depuis quelques temps de nombreux problèmes : l’affaire Cambridge Analytica qui a révélé le partage non autorisé des données des utilisateurs et dont la gestion a conduit le PDG Mark Zuckerberg devant les sénateurs américains ainsi que d’autres institutions européennes ; l’ingérence russe dans les élections américaines de 2016 qui aurait exposé plus de la moitié de la population électorale américaine avec une diffusion d’environ 80 000 de messages sur Facebook par des opérateurs basés en Russie à environ 126 millions d’Américains. Facebook et d’autres géants de la technologie ont été entendus par le Sénat américain à ce sujet ; la diffusion des fausses actualités sur le réseau social qui a valu des accusations portées contre Facebook selon lesquelles le réseau social aurait délibérément permis cette campagne de fausse nouvelle qui a influencé les grands électeurs. Facebook a été accusé d’avoir contribué à l’investiture de Donald Trump.

Tous ces événements ont contribué à ternir l’image de la société au point que les utilisateurs méfiants ont commencé à modifier leur relation avec le réseau social. Plusieurs utilisateurs ont même désinstallé l’application Facebook de leur téléphone portable, selon une étude. En outre, certains actionnaires ont accusé Zuckerberg de pratiquer la « dictature d'entreprise », lors de la réunion annuelle le 1er juin dernier. L’un d’entre eux l’a même comparé à Vladimir Poutine.


En 2017, des actionnaires ont fait une proposition visant à obtenir un président indépendant qui a connu d’importantes oppositions parmi les investisseurs. Certains gros investisseurs tels que les fonds Vanguard Total Stock Market Index et Fidelity Contrafund avait voté contre la proposition de 2017.

Mercredi dernier, quatre grands fonds publics américains investisseurs de Facebook ont proposé, à nouveau, de démettre Mark Zuckerberg en tant que président-directeur général au profit d’un président indépendant. Ils justifient leur proposition par la série de scandales notoires qui ont émaillé la vie du réseau social depuis un certain temps et espèrent obtenir le soutien de grands gestionnaires d'actifs.

Le groupe des quatre fonds concernés par la nouvelle proposition se compose des trésoriers d'État de l'Illinois, du Rhode Island et de la Pennsylvanie, ainsi que du contrôleur de la ville de New York, Scott Stringer. Le Trésor de Pennsylvanie détenait 38 737 actions et le Trésor de l’Illinois, 190 712 actions en août. Les fonds du Rhode Island détiennent 168 230 actions Facebook et les fonds de pension de la ville de New York détenaient environ 4,5 millions d’actions au 31 juillet. Et le Trillium, qui était à l’origine de la résolution de 2017, détenait 53 000 actions au 31 juillet, selon Reuters.

Selon Seth Magaziner, trésorier de l'État du Rhode Island, leur proposition doit être considérée afin qu’elle serve à attirer l’attention sur les problèmes du réseau social en vue de les résoudre, en faisant référence aux controverses qui ont écornée l’image de la société. « Cela nous permettra de forcer une conversation lors de la réunion annuelle et, d'ici là, devant le tribunal de l'opinion publique », a déclaré Magaziner lors d'un entretien téléphonique.

Quant à au trésorier d’Etat de l’Illinois Michael Frerichs, il a admis, dans une interview, qu’un président indépendant n’aurait peut-être pas empêché tous les problèmes, cependant, « il pourrait y avoir eu moins de ces problèmes et moins de chute du prix des actions » dans la société, selon Reuters.

Une autre raison qui motive les résolutions, c’est la chute régulière des actions depuis le début des problèmes de Facebook. En effet, la mauvaise réputation de la société engendrée par les problèmes opérationnels et de confidentialité ainsi que les inquiétudes liées au ralentissement de la croissance des revenus ont entrainé une évolution défavorable des actions de Facebook durant toute une année. Mercredi, les actions étaient à 159,42 dollars, soit 10 % de moins qu’au début de l’année.

Selon Reuters, la proposition de 2017 a reçu le soutien d'une faible majorité d'investisseurs extérieurs, dont les fonds Growth Fund of America. Par contre, les fonds Vanguard Total Stock Market Index et Fidelity Contrafund ont voté contre. Pour que cette dernière proposition retienne l’attention, les trésoriers Magaziner et Frerichs ont annoncé leur intention de chercher à influencer de gros investisseurs de Facebook afin d’avoir leur soutien, au cours des prochains mois avant la réunion annuelle.

La position du réseau social est connue sur la question de création d’une présidence indépendante. Selon Facebook, un président indépendant pourrait « créer de l'incertitude, de la confusion et de l'inefficacité dans les fonctions et les relations du conseil d'administration et de la direction».

En attendant, Zuckerberg, crédité d’environ 60 % des droits de vote, selon un document qui date d’avril dernier, continue à occuper le poste de président-directeur général du plus grand réseau social.

Source : Reuters

Et vous ?

Que pensez-vous de cette proposition de présidence indépendante ?
Pensez-vous qu’avec un président indépendant Facebook parviendra à minimiser les scandales ?

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Avatar de Bill Fassinou Bill Fassinou - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 25/10/2018 à 17:57
Le Royaume-Uni inflige à Facebook une amende de 645 000 $ US pour le scandale Cambridge Analytica
une somme qu'il gagne en moins de 10 min

Facebook subit encore les conséquences de son manque de vigilance pour la protection des données de ses utilisateurs. L'ICO (Information Commissioner's Office), un organisme britannique chargé de promouvoir l'accès aux informations officielles et de protéger les données personnelles des utilisateurs, après avoir mené une enquête sur l’utilisation des données des utilisateurs à des fins politiques, avait annoncé en juillet dernier son intention d’infliger une amende de 500 000 livres (565 000 euros) à Facebook pour violation de la loi sur la protection des données à la suite du scandale Cambridge Analytica. Cet avis vient d'être concrétisé. L'ICO inflige une amende de 645 000 dollars à Facebook pour sérieuses entorses à la loi de protection des données personnelles.

Que reproche concrètement l'ICO à Facebook ? Facebook est accusé de négligence et de mauvaise transparence. Pour Mme Elizabeth Denham, La Commissaire à l'Information « Facebook a échoué à suffisamment protéger la vie privée de ces utilisateurs avant, pendant et après le processus du traitement illicite de ses données. Une entreprise de cette taille et avec cette expertise aurait dû mieux s'informer et aurais dû mieux faire ». Pour étayer ces accusations l'ICO se base sur son enquête qui a révélé qu'entre 2007 et 2014, Facebook a permis que les développeurs d'application aient accès aux informations personnelles de ses utilisateurs sans leur consentement clair et éclairé.


Ces développeurs peuvent même avoir accès aux informations des utilisateurs qui n’ont pas installé leurs applications en passant par leurs amis qui ont installé leurs applications. Il est aussi reproché à Facebook sa négligence qui a conduit au scandale Cambridge Analytica. Qu'il vous souvienne qu'il a été révélé en décembre 2015 que le Dr Aleksandr Kogan (un développeur) et sa compagnie GSR qui ont réussi à recueillir les données Facebook de près de 87 millions de personnes dans le monde à leur insu, ont permis à des groupes tels que Cambridge Analytica et SCL groupe d'avoir accès à ces informations qui ont été utilisé à des fins politiques.

Et lorsque Facebook a été mis au courant de cette affaire, il n'a pas su prendre rapidement les mesures appropriées pour réprimander cette entorse. Par exemple, le SCL groupe n'a vu sa page Facebook être fermé qu'en 2018. L'ICO craint une mauvaise utilisation future des données compromises, car il a découvert que les données d'au moins 1 million d'utilisateurs britanniques font partie des données illégalement collectées. Cependant, pour beaucoup d'internautes une amende de 500 000 livres est trop insuffisante au vu de la gravité de l'acte et de la taille de l'entreprise. Une amende plus élevée aurait été plus appropriée.

À ce propos l'ICO déclare avoir appliqué à Facebook l'amende la plus élevée de la loi qui régit cette affaire. En effet, à cause de l'antériorité des faits reprochés à Facebook c'est la loi sur la protection des données de 1998 qui est appliquée bien que ce soit le Règlement Général sur la Protection des Données qui soit actuellement en vigueur dans les pays de l'Union européenne. Dans la loi de 1998, l’amende maximale qui puisse être appliquée à une entreprise qui viole la loi est de 500 000 livres sterling, tandis que dans la nouvelle loi une amende doit faire 4 % du chiffre d'affaire de l'entreprise et peut aller jusqu'à 17 millions de livres sterling.

Cette obligation de rester sous l'ancienne loi désole aussi l'ICO qui par la voix de Mme Denham dit que « la pénalité aurait été nettement plus élevée sous l’empire de la nouvelle loi. L'une de nos principales motivations en durcissant nos actions est d’amener une changement significatif dans la façon dont les organisations gèrent les données personnelles des gens ». Toutefois, l'ICO ne compte pas s'en arrêter là. Les propos de Mme Denham en attestent.

Elle déclare qu' « il existe encore de grandes questions qui doivent être posées et des conversations menées sur la façon dont la technologie et la démocratie interagissent et si les cadre juridiques, éthiques et réglementaires mis en place sont adéquats pour protéger les principes sur lesquels sont basés notre société ». Cette dernière est attendue le 6 novembre prochain pour la présentation des avancées de l'enquête d'ICO sur l'analyse des données à des fins politiques lors de son témoignage devant le Comité du département pour le numérique, la culture, les médias et les sports. De nouvelles révélations seront peut être entendues.

Source : ICO

Et vous ?

Que pensez-vous de cette amande infligée à Facebook pour l'affaire Cambridge Analytica ?

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Avatar de luigifab luigifab - Membre du Club https://www.developpez.com
le 26/10/2018 à 9:31
Tiens on dirait une amende de pauvre.
Avatar de Aiekick Aiekick - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 26/10/2018 à 12:57
donc pourquoi ils s’embêteraient a respecter la loi. l'avenir c'est un concept pécuniaire.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 26/10/2018 à 13:15
Citation Envoyé par Aiekick Voir le message
donc pourquoi ils s’embêteraient a respecter la loi.
Les grosses entreprises ne cherchent pas à respecter la loi, elles cherchent à éxploiter le plus de failles possible pour générer un maximum de profit et payer un minimum d'impôt et de condamnation.

Subir un procès ça ne fait jamais plaisir, ça donne une mauvaise image, ça fait perdre du temps, il faut payer des avocats, etc...
Avatar de Olivier Famien Olivier Famien - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 27/10/2018 à 17:38
Scandale Cambridge Analytica : Le Parlement européen demande un audit complet de Facebook et des autres grandes plateformes sociales,
Mais pourra-t-il parvenir à ses fins ?

Décidément le scandale Cambridge Analytica ne finit pas de produire des effets collatéraux. Pour ceux qui n’ont pas suivi de bout en bout les différents épisodes de cette affaire, il faut savoir que Facebook a partagé les données d’environ 87 millions d’utilisateurs en 2015 avec un chercheur, le Dr Aleksandr Kogan, qui les cédées à une entreprise de conseil, Cambridge Analytica. Cette dernière les aurait utilisées pour influencer les opinions politiques des utilisateurs lors de la campagne présidentielle de 2016 afin de contribuer à faire gagner Donald Trump, le président actuel américain. L’entreprise de conseil se serait également servie de ces données pour manipuler les opinions lors de la campagne du Brexit.

Après la parution au grand public de cette affaire, le réseau social a dû faire face à des conséquences sans précédent. Au-delà des suppressions de comptes effectuées par l’entreprise pour faire le ménage sur sa plateforme, de nombreux utilisateurs ont commencé à s’éloigner peu à peu du réseau social. Steve Wozniak, le cofondateur d’Apple a annoncé l’abandon de Facebook à cause de ce scandale et Elon Musk, le propriétaire de SpaceX et de Tesla, a procédé au retrait de ses entreprises du réseau social. En plus de la désertion du réseau par un grand nombre d’utilisateurs utilisateurs, Facebook a également reçu plusieurs convocations judiciaires. À San Francisco et à San Jose, le réseau doit faire face à quatre procès. Même certains actionnaires de l’entreprise ont montré leur désaccord dans cette manière de faire en la poursuivant devant la justice.

Comme on pouvait s’y attendre, le premier responsable du réseau social, Mark Zuckerberg, a dû s’expliquer devant les autorités américaines. En plus d’avoir eu à répondre aux préoccupations du Congrès américain, la Federal Trade Commission (une agence indépendante du gouvernement des États-Unis) a également ouvert une enquête sur cette affaire. Le parlement britannique ainsi que les régulateurs du gouvernement ont également ouvert des enquêtes sur Facebook. Mais jusqu’à présent, la demande des députés britanniques de voir le PDG de Facebook répondre à leurs questions est restée lettre morte. Par contre, Mark Zuckerberg a accepté de comparaître devant le parlement européen pour répondre aux questions des députés européens.


Après plusieurs auditions dans lesquelles le patron de Facebook n’aurait certainement pas convaincu les parlementaires européens, ces derniers reviennent à nouveau à la charge et demandent des mesures à Facebook pour mieux protéger la vie privée des utilisateurs de cette plateforme. Comme mesures concrètes, les députés invitent instamment Facebook, à l’issue d’une résolution adoptée en plénière, « à autoriser l’Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information (ENISA) et le comité européen de la protection des données à mener, dans les limites de leurs mandats respectifs, un audit complet et indépendant de sa plateforme et à présenter les conclusions de cet audit à la Commission, au Parlement européen et aux parlements nationaux ».

Par ailleurs, le Parlement européen « estime que les autres grandes plateformes en ligne devraient faire l’objet d’audits similaires ». Bien que les détails concernant les autres grandes plateformes n’aient pas été nommés, Twitter et Google (YouTube, google+) qui comptent parmi les plateformes sociales les plus populaires pourraient être concernées par ces audits s’ils étaient étendus. En sus, le Parlement recommande également de « rendre obligatoire la réalisation d’audits par des tiers après des campagnes en vue de référendums, afin de s’assurer que les données personnelles enregistrées dans le cadre de la campagne sont supprimées ou, si ces données ont été diffusées, que cette diffusion a fait l’objet d’un consentement adapté ». En outre, pour empêcher l’ingérence électorale via les médias sociaux, les députés européens proposent :

  • l’application de garanties électorales conventionnelles « hors ligne », telles que des règles sur la transparence et des seuils en matière de dépenses, le respect de périodes de silence et le traitement égal des candidats ;
  • une reconnaissance facile des publicités politiques payées en ligne et de l’organisation qui en est à l’origine ;
  • une interdiction du profilage à des fins électorales, notamment l’utilisation de comportements en ligne qui peuvent révéler des préférences politiques ;
  • l’identification que les plateformes de médias sociaux identifient le contenu partagé par les bots, accélèrent le processus de suppression des faux comptes et coopèrent avec des vérificateurs de faits indépendants et des universitaires afin de lutter contre la désinformation ;
  • des enquêtes menées par les États membres, si nécessaire avec le soutien d’Eurojust, sur les allégations d’utilisation abusive de l’espace politique en ligne par des puissances étrangères.


Même si les intentions des députés européens sont louables, pour certains utilisateurs, il ne s’agit que d’une énième requête qui n’aboutira jamais et ne donnera jamais lieu à la réalisation d’un audit. Sur cette base, pensez-vous comme ces utilisateurs que la demande des parlementaires serait juste un coup de pub pour faire croire qu’ils travaillent à protéger les utilisateurs de l’UE, ou pensez-vous qu’ils iront encore plus loin dans leur demande si Facebook ne réagissait pas ?

Source : Parlement européen, Parlement européen (résumé de la résolution)

Et vous ?

Quel est votre avis sur l’audit de Facebook demandé par les parlementaires européens ? Coup de pub ou volonté manifeste de protéger les utilisateurs ?

Pensez-vous que le parlement pourra faire réaliser ces audits souhaités ?

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Avatar de Olivier Famien Olivier Famien - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 31/10/2018 à 23:59
Les parlements britannique et canadien se coalisent pour convoquer le PDG de Facebook à une audience commune
afin de s’expliquer sur le scandale de Cambridge Analytica

Décidément, les jours se succèdent et se ressemblent chez Facebook. Depuis la crise de Cambridge Analytica (CA), l’entreprise doit faire face à des demandes d’explication tous azimuts. Aux États-Unis, le PDG de Facebook a dû aller se justifier devant le Congrès. Et particulièrement devant deux comités sénatoriaux et la Chambre des représentants, le chef de la direction de Facebook a dû répondre aux questions. En Europe, ce fut également le même scénario. Mark Zuckerberg a dû également répondre aux questions des parlementaires européens, même si Zuckerberg n’aurait vraisemblablement pas pu convaincre son auditoire.

Si vous vous demandez ce que Facebook a bien pu commettre pour être acculé de toute part par les plus hautes instances de différents pays, et non des moindres, il faut savoir que le réseau social a partagé les données d’environ 87 millions d’utilisateurs en 2015 avec un chercheur, le Dr Aleksandr Kogan, qui les cédées à une entreprise de conseil, Cambridge Analytica, contre paiement d’une somme. Cette dernière les aurait utilisées pour influencer les opinions politiques des utilisateurs lors de la campagne présidentielle de 2016 afin de contribuer à faire gagner Donald Trump, le président actuel américain. L’entreprise de conseil se serait également servie de ces données pour manipuler les opinions afin de contribuer à faire passer le « oui » dans les élections du Brexit.


Cette affaire étant parvenue aux oreilles du public, le monde entier s’est ligué contre Facebook pour demander des comptes au réseau social. Il faut noter qu’en plus de ces institutions qui ont pu obtenir des explications de la part de Zuckerberg, d’autres entités gouvernementales sont encore sur la liste d’attente pour tirer toute cette affaire au clair avec le patron du plus grand réseau social au monde.

La Russie par exemple a demandé à entendre Mark Zuckerberg, mais jusque-là, le premier responsable de Facebook n’a pas encore daigné se présenter devant les législateurs russes. Au Royaume-Uni, les parlementaires commencent à s’impatienter. Il faut savoir que ce pays est particulièrement concerné par cet incident, car l’entreprise Cambridge Analytica aurait utilisé les données à sa disposition pour pousser certaines personnes à voter « oui » lors du référendum sur le Brexit. Après plusieurs requêtes émises par les députés britanniques pour entendre Mark Zuckerberg en personne, le réseau social a préféré envoyer son responsable des technologies, Mike Schroepfer, devant le parlement britannique.

Malgré la longue séance de questionnements, les députés britanniques sont ressortis insatisfaits et demandent toujours à échanger avec Mark Zuckerberg en personne. Il y a quelques heures, le parlement britannique est encore revenu à la charge. Cette fois, le parlement britannique s’est associé au parlement canadien pour tenter de contraindre Mark Zuckerberg à comparaître devant les deux parlements appelés « le grand comité international ».

Damian Collins, président du comité britannique du numérique, de la culture, des médias et du sport (DCMS), travaillera avec Bob Zimmer, président du Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique (SCAIPE), pour tenir l’audience sur la désinformation et les fausses informations. Une lettre conjointe a été adressée au patron de Facebook en guise de convocation et pour préciser le cadre de rencontre voulue.

Dans cette lettre, les présidents des deux comités se disent déçus que Zuckerberg ait refusé de comparaître jusque-là devant les deux parlements. « Aucune audience de ce type n’a jamais eu lieu », ont-ils ajouté dans la lettre. « Compte tenu de votre objectif déclaré de “réparer” Facebook et d’empêcher l’utilisation malveillante de la plateforme dans les affaires mondiales et le processus démocratique, nous aimerions vous donner la possibilité de comparaître à cette audience ». « Nous vous appelons à saisir cette occasion historique pour informer les parlementaires des deux côtés de l’Atlantique et au-delà des mesures prises par Facebook pour mettre fin à la désinformation sur votre plate-forme et protéger les données des utilisateurs », précise la note.

L’audience sera dirigée par le comité britannique au Parlement de Westminster et devrait avoir lieu le 27 novembre. Le fondateur de Facebook est prié de donner une réponse à cette invitation avant cette date. Va-t-il encore une fois décliner l’invitation comme il l’a fait pour les premières ? Va-t-il envoyer Nick Clegg, son nouveau chef de la politique mondiale, qui fut par ailleurs vice-premier ministre britannique ?

Source : Independent

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Cette coalition pourra-t-elle contraindre Zuckerberg à se présenter au Royaume-Uni ?

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Suite à un accord avec l’Union européenne, le Japon a décidé d’aligner sa législation sur le RGPD, afin que les données puissent circuler librement
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Des pays d’Europe utiliseraient les données téléphoniques des migrants pour valider ou rejeter leurs demandes d’asile, pour ou contre cette pratique ?
Les régulateurs européens estiment que WhatsApp n’est toujours pas conforme à la loi en matière de partage de données avec Facebook
Le Comité du Parlement européen recommande de chiffrer les communications de bout en bout et se montre contre les portes dérobées
Avatar de Kapeutini Kapeutini - Membre régulier https://www.developpez.com
le 06/11/2018 à 16:02
Pour ma part, et elle vaut ce qu'elle vaut, je ne vois pas d'un mauvais oeil, la puissance des GAFAS.
Celle des états ne vaut pas mieux et c'est bon qu'il existe des contre pouvoirs plus entreprenant
soumis à la rentabilité.
Avatar de AoCannaille AoCannaille - Membre émérite https://www.developpez.com
le 06/11/2018 à 18:43
Citation Envoyé par Kapeutini Voir le message
Celle des états ne vaut pas mieux et c'est bon qu'il existe des contre pouvoirs plus entreprenant soumis à la rentabilité.
Un état démocratique est par principe soumis au bien de son peuple. être soumis à la rentabilité semble , par principe, par définition, ne pas valloir mieux que les gouvernement.

Et ceci, sans prendre en compte les dérives des deux cotés : Les gouvernements qui s'assoient sur l'avis du peuple autant que finalement les entreprises qui s'assoient sur l'avis des clients voire même sur celle de ses employés...
Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 08/11/2018 à 6:21
Fake news et vie privée : Zuckerberg rejette sa demande de comparution devant le parlement britannique,
estimant qu'il n'est pas possible de comparaître devant tous les parlements

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a rejeté une demande de comparution devant une commission parlementaire internationale pour examiner les questions relatives aux fausses informations.

Une décision qui a été annoncé après que Damian Collins, président du comité des médias du parlement britannique, se soit joint à son homologue canadien dans l’espoir de faire pression sur Zuckerberg pour qu’il témoigne, comme il l’avait fait avant le Congrès américain. Facebook a rejeté l’invitation à comparaître devant le prétendu « grand comité international » du 27 novembre, arguant qu’il n’était pas possible pour Zuckerberg de comparaître devant tous les parlements.

Collins affirme que la pression monte, des homologues australiens, argentins et irlandais ayant rejoint le grand comité depuis l'invitation de Zuckerberg.

Il a déclaré que « cinq parlements vous demandent maintenant de faire ce qu'il convient de faire auprès des 170 millions d'utilisateurs des pays qu'ils représentent ».

Rappelons qu’en mai, une commission parlementaire britannique a demandé au patron de Facebook, Mark Zuckerberg, de comparaître devant elle, estimant que ses explications officielles jusqu’ici « ont constamment sous-estimé le risque » des fake news et de la violation de la vie privée des utilisateurs.

Mike Schroepfer, directeur technique de Facebook avait alors déjà été auditionné par le Comité britannique du numérique, de la culture, des médias et des sports. Mais estimant insatisfaisantes les réponses apportées par le directeur technique quant aux publicités, la collecte de métadonnées et l'interférence des réseaux sociaux dans le monde politique, le comité de régulation, avec en tête le député Collins, a adressé une lettre à Rebecca Stimson, responsable de la politique publique de Facebook au Royaume-Uni. Il y indiquait souhaiter la présence de Mark Zuckerberg, PDG de Facebook pour plus d’éclaircissement sur le sujet.


Si les demandes à comparaître envoyées au PDG qui étaient jusque-là restées sans suite étaient des invitations, cela pourrait prendre l’allure d’une convocation formelle, avait déclaré Collins. Et de continuer en disant que « ça vaut la peine de noter que, bien que monsieur Zuckerberg ne relève pas normalement du Parlement britannique, il honorera cette demande la prochaine fois qu'il entrera dans le pays. Nous espérons qu'il répondra positivement à notre demande, mais si ce n'est pas le cas, le comité décidera d'émettre une convocation formelle pour qu'il comparaisse lorsqu'il sera prochainement au Royaume-Uni. »

Selon le comité, beaucoup de questions étaient restées sans réponse et il est nécessaire que le PDG de Facebook les aborde personnellement. Certaines de ces questions, parmi les plus importantes, sont les suivantes :
  • Quel est le pourcentage de sites sur Internet sur lesquels Facebook suit les utilisateurs ?
  • Combien de développeurs votre équipe de lutte contre les violations a-t-elle sanctionnés entre 2011 et 2014 ?
  • Combien de clics ou de balayages d'écran faut-il pour modifier les paramètres de confidentialité de Facebook sur un smartphone ? Quelles mesures prenez-vous pour réduire le long processus de modification des paramètres de confidentialité ?
  • Quelle est ka proportion d'annonces de campagnes politiques qui sont diffusées sur votre plateforme à l'échelle mondiale ? Avez-vous une estimation approximative basée sur les données moyennes sur les dépenses de campagne ?
  • Combien d'argent vous êtes-vous fait à partir d'annonces frauduleuses ? Lorsque vous découvrez qu'elles ont été frauduleuses, retournez-vous l'argent à l'acheteur des publicités ?


Cette invitation était fixée pour le 24 mai, et la rencontre n'a finalement pas eu lieu.

Le mois passé, le parlement britannique est revenu à la charge. Cette fois, le parlement britannique s’est associé au parlement canadien pour tenter de contraindre Mark Zuckerberg à comparaître devant les deux parlements appelés « le grand comité international ».

Damian Collins, président du comité britannique du numérique, de la culture, des médias et du sport (DCMS), devait travailler avec Bob Zimmer, président du Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l’éthique (SCAIPE), pour tenir l’audience sur la désinformation et les fausses informations. Une lettre conjointe a été adressée au patron de Facebook en guise de convocation et pour préciser le cadre de rencontre voulue.

Dans cette lettre, les présidents des deux comités se sont dit déçus que Zuckerberg ait refusé de comparaître jusque-là devant les deux parlements. « Aucune audience de ce type n’a jamais eu lieu », ont-ils ajouté dans la lettre. « Compte tenu de votre objectif déclaré de “réparer” Facebook et d’empêcher l’utilisation malveillante de la plateforme dans les affaires mondiales et le processus démocratique, nous aimerions vous donner la possibilité de comparaître à cette audience ». « Nous vous appelons à saisir cette occasion historique pour informer les parlementaires des deux côtés de l’Atlantique et au-delà des mesures prises par Facebook pour mettre fin à la désinformation sur votre plate-forme et protéger les données des utilisateurs », précise la note.

L’audience aurait été dirigée par le comité britannique au Parlement de Westminster et devait avoir lieu le 27 novembre 2018.

Source : AP News

Voir aussi :

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Avatar de herr_wann herr_wann - Membre régulier https://www.developpez.com
le 08/11/2018 à 9:08
Une petite astreinte d'un million de dollars par jour l'inciterait probablement à se plier aux demandes des Etats concernés, ou mieux, blocage de tous les sites du groupe en Grande Betagne jusqu'à ce qu'il se présente devant le Parlement
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