La Californie adopte une loi qui interdit aux bots de se faire passer pour de vraies personnes
Et les oblige à révéler leur identité

Le , par Christian Olivier, Chroniqueur Actualités
L’État de Californie s’est récemment démarqué aux États-Unis après l’adoption par cet État d’une loi visant à rétablir la neutralité du réseau sur son territoire et l’approbation de cette mesure par son gouverneur Edmund Gerald Brown, une décision qui a immédiatement fait l’objet d’une poursuite du ministère de la Justice. Cette loi interdit aux fournisseurs de services à large bande de ralentir ou de bloquer des sites Web, tout en imposant des frais plus élevés pour des débits Internet plus rapides.


Le gouverneur de l’État de Californie a signé un autre projet de loi qui a, cependant, moins retenu l’attention des médias. Celui-ci interdit aux comptes automatisés, communément appelés robots, de faire semblant d’être de vraies personnes dans le cadre de la vente de produits ou d’influencer les élections. Les comptes automatisés peuvent encore interagir avec les Californiens, selon la loi, mais ils devront révéler qu’ils sont des bots (des agents logiciels qui exécutent des tâches automatisées sur Internet).

La signature de cette seconde loi intervient dans un contexte sécuritaire particulier aux États-Unis qui est marqué par des soupçons prononcés d’ingérence étrangère dans le système électoral étasunien à l’approche des élections de mi-mandat de 2018. Une grande partie des efforts du gouvernement US menés dans le but de minimiser ce risque sécuritaire a été de cibler les bots qui servent de vecteurs à la désinformation et la rhétorique politique de division.

À ce propos, on peut rappeler que le mois dernier, les responsables des géants américains d’Internet et des réseaux sociaux, que sont Facebook, Twitter et Google, ont été convoqués par le Congrès US. Cette audition visait à prendre connaissance des avancées réalisées en matière de cybersécurité et de lutte contre les fausses informations par chacun de ces acteurs afin de limiter les risques liés à la survenue d’éventuelles nouvelles ingérences étrangères dans le processus électoral du pays.

Robert Hertzberg, un sénateur de l’État de Californie, fait partie des fervents défenseurs de la loi « anti-bots » signée par Edmund Gerald Brown. Hertzberg a déclaré au New York Times qu’il avait fait l’objet d’une attaque de bot et qu’il s’est résolu plus tard à combattre le feu par le feu ou plutôt les bots par les bots en lançant @Bot_Hertzberg en janvier sur Twitter. Et, selon la loi californienne, le compte automatisé de Hertzberg est tenu de divulguer sa nature, ce qu’il fait en ses termes :

« Les comptes automatisés comme le mien sont faits pour désinformer et exploiter les utilisateurs. Mais contrairement à la plupart des robots, je suis transparent sur le fait d’être un robot. »


Alors que le terme « bot » pourrait encore à ce stade être perçu comme une notion péjorative, il ne faudrait pas oublier que ces programmes automatisés sont essentiels au fonctionnement d’Internet. Tony Veale, professeur agrégé d’informatique à l’University College de Dublin, estime d’ailleurs que le monde nuancé des robots et leur potentiel ne reçoivent peut-être pas l’attention qu’ils méritent.

Veale est le co-auteur de « Twitterbots : Making Machines that Make Meaning », un livre publié en septembre qui explore le monde des robots et offre même un guide sur la façon de les fabriquer. Le livre explore les différentes manières dont les machines peuvent être utilisées comme un exutoire pour la créativité.

Le co-auteur de Veale, Mike Cook, chercheur principal à l’Université de Falmouth, au Royaume-Uni, a déclaré que le fait de donner aux gens une meilleure idée de la façon dont les robots sont fabriqués peut aider le public à se protéger contre les robots malveillants.
« Je pense qu’il y a un argument selon lequel la maitrise de cette technologie nous aide à nous défendre un peu contre elle », dit Cook.

Source : NBC News

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Avatar de joublie joublie - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 03/10/2018 à 21:12
Cette loi me semble une bonne chose pour aider à mettre en éveil le sens critique des utilisateurs. Mais voyons plus grand : à quand une loi obligeant à se démasquer les personnes physiques payées pour influencer des discussions de toute nature, une loi obligeant à préciser qui emploie ces personnes (entreprises privées, fonction publique, ONG, etc.) ? Ce serait assez instructif.

 
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