L'UE peut-elle encore être sauvée de la réforme copyright qui risque d'anéantir Internet ?
Oui selon l'eurodéputée Julia Reda

Le , par Bill Fassinou, Chroniqueur Actualités
Hier, la directive européenne sur les droits d’auteur passait en vote au Parlement européen. A une majorité de 438 contre 226, les eurodéputés ont adopté l'essentiel des amendements présentés par Axel Voss et la directive a été adoptée avec quelques légères modifications.

L’article 13, par exemple, a été légèrement modifié pour rendre plus clair le fait que les plateformes n’ayant pas d’accord avec les titulaires du droit d’auteur devraient mettre en place des mécanismes de filtrage automatique de contenu afin de s’assurer de ne pas contrevenir à la directive. Le second article problématique (l'article 11), lui, est demeuré presque inchangé. Le reste du texte a été intégralement adopté tel quel.

La taxe sur les liens, considérée par ses détracteurs comme une tentative de certains éditeurs n’ayant pas su s’adapter au numérique pour générer des revenus qu’ils ne méritent pas forcement, a donc été adoptée. La mesure des filtres automatiques, qui pourtant sont extrêmement sujets à erreur, a également été adoptée. Certains articles problématiques qui ont été éclipsés par le débat sur les articles 11 et 13 ont également été adoptés dans le plus grand silence. L’article 12a, par exemple, qui interdit aux sportifs de publier des photos ou vidéos de leurs propres performances, réservant exclusivement ce droit aux organisateurs des événements, a également été adopté.


« Il est impossible de ne pas être furieux et consterné. Cela représentait notre meilleure chance de changer les termes de la directive pour le mieux. Les trilogues à venir (les discussions entre les gouvernements nationaux et l’UE) se déroulent à huis clos et sont difficilement influençables par les Européens lambda », a déclaré l'auteur et activiste Cory Doctorow.

Cependant, selon la députée Julia Reda, tout espoir n’est pas encore perdu. Elle explique que puisque des versions alternatives des articles 11 et 13 passeront probablement en vote au printemps, la pression de publique a encore des chances de faire inclure des garanties supplémentaires pour les utilisateurs. « Alors que le projet de loi global a été adopté avec une majorité confortable, le résultat était plus serré pour les deux articles controversés (366 contre 297 pour l’article 13 et 393 contre 279 pour l’article 11).

Puisque le vote final sera proche des prochaines élections européennes, cela laisse une petite chance que des protestations massives de la population contre ces dispositions puissent encore convaincre les eurodéputés de rejeter l'ensemble du projet de loi », a-t-elle déclaré. Pour elle donc, la pression publique est le dernier espoir de sauver Internet.

Cory Doctorow, quant à lui, estime que les inévitables examens de conformité juridique sont le dernier vrai espoir pour empêcher cette directive d’entrer en vigueur. « Le véritable espoir d'abrogation à mon avis est dans les tribunaux. Il n’y a tout simplement pas moyen pour cette directive de passer le cap du contrôle constitutionnel de l’UE - c’est du filtrage généralisé et de la surveillance de masse sous un autre nom. Le fait qu’ils prétendent rechercher une « infraction » ne change rien à cela », a-t-il opiné.

Selon Julia Reda, même si chaque pays est libre d’interpréter la directive comme il le souhaite, son application dans les faits s’avérera la plus stricte possible. « Il est vrai que les États membres auront une certaine marge de manœuvre pour traduire les règles en droit national ; par exemple, ils pourraient modifier des définitions telles que "mots individuels" et "fournisseur de services de partage de contenu en ligne". Cependant, les fournisseurs de services opérant dans toute l'Europe devront suivre l'interprétation la plus stricte de la loi pour être en sécurité », explique-t-elle.

Les détracteurs de la directive ont donc jusqu’au printemps pour faire comprendre à tous que le texte de loi est « une tentative féroce et non transparente d’imposer des restrictions draconiennes, incohérentes et coûteuses sur la libre expression en ligne ».

Les internautes se sont bien évidemment prononcés sur la question. Deux courants de pensée se dégagent de leurs avis. Il y a ceux qui trouvent que la directive est exactement ce dont l’Europe avait besoin pour tenir un peu en laisse les géants tels que Facebook et les autres qui pensent que la directive est nulle, non avenue et contre-productive. Dans les rangs de ce dernier groupe, il y a une sous-classe qui explique que l’application de cette directive marquerait la fin des activités de la majorité des entreprises numériques en Europe, ce qui, selon eux, oblitérerait l’économie européenne.

Source : Vice

Et vous ?

Qu’en pensez-vous ?
Pensez-vous que cette directive soit opportune ?
Internet est-il prêt pour ça ?

Voir aussi

Directive Copyright : les amendements aux articles 11 et 13 proposés par deux eurodéputés avant le vote du 12 septembre

Directive copyright : le Parlement européen dit "oui" à la réforme et adopte l'essentiel des amendements présenté par Axel Voss (PPE), le rapporteur

Directive Copyright : les articles 11 et 13 expliqués par un informaticien britannique pour ceux qui n'en ont pas encore compris les conséquences


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Avatar de Marco46 Marco46 - Modérateur https://www.developpez.com
le 13/09/2018 à 10:20
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Je ne comprend pas la justification.
Un lien c'est bien !²
Ça veut dire "aller consulter cette information à cette source", du coup ça génère du trafic et généralement le but d'un site c'est d'être vu non ?
C'est pas comme ça que les médias analysent ça. Eux ils voient que la plupart du temps les gens ne cliquent pas sur les liens dans Google Actualité, ils ne font que lire le petit encart et ils ne vont cliquer que sur un petit nombre de liens. Du coup ils se disent que Google a généré de l'argent sur la base des liens non cliqués et de la lecture de l'extrait associé, donc Google a fait du pognon sur leur dos.

C'est le même genre de logique que celle qui pousse les majors du disques à affirmer que leurs pertes correspondent au prix unitaire de leurs produits multiplié par le nombre de téléchargements. Peu importe si dans les faits une grande partie des téléchargements n'auraient jamais pu correspondre à un achat.

On est sorti d'un débat rationnel depuis longtemps sur ces questions, en fait on n'y est même jamais entré. Les acteurs concernés ne comprennent rien au numérique et ils n'ont pas envie d'y comprendre quelque chose. Ils voient seulement qu'ils sont entrain de crever du coup ça remue dans tous les sens selon l'adage : "Le poisson qui meurt sur la berge remue plus que le poisson dans l'eau".

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Google pourrait dire "Nous allons vous déréférencer, de cette façon on affichera plus aucun titre de vos articles".
Et là le poisson ne bougera plus !

Il y a eu des expérimentations en Espagne je crois (loi espagnole du même ordre) et ça s'est terminé de cette manière, Google a carrément désactivé le module Google Actualité pour les IP espagnoles.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 13/09/2018 à 10:53
Citation Envoyé par Marco46 Voir le message
C'est pas comme ça que les médias analysent ça. Eux ils voient que la plupart du temps les gens ne cliquent pas sur les liens dans Google Actualité, ils ne font que lire le petit encart et ils ne vont cliquer que sur un petit nombre de liens. Du coup ils se disent que Google a généré de l'argent sur la base des liens non cliqués et de la lecture de l'extrait associé, donc Google a fait du pognon sur leur dos
C'est complètement con !
Les médias disent n'importe quoi...
On voit clairement que le prétexte ne fonctionne pas.

C'est l'équivalent de :
- "Il faut cacher les pochettes des disques vinyle, car les gens se contentent de regarder la couverture et n'achètent pas l'album."
- "Il faut cacher les couvertures des livres, car les gens lisent la 4ieme de couverture et n'achètent pas le livre."

Le job des journalistes aujourd'hui c'est de copier des infos et de mettre un titre clickbait pour attirer les cliques.
Sans Google ils seraient dans une situation encore moins confortable.
Avatar de nikau6 nikau6 - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 13/09/2018 à 11:05
Cette loi est une loi de censure. Elle va être utilisée pour mettre à mort tous les sites d'information alternatifs, tous les sites qui proposent une lecture de l'information différente de celle que nous imposent les larbins de la presse, tous les sites qui dérangent le pouvoir politique, médiatique, et oligarchique.
J'espère que ça va leur revenir dans la gueule et que les conséquences seront terribles. J'espère, Je pense, que le trafic des main stream va s'effondrer.

Un pouvoir, quel qu'il soit, qui vote ou supporte ce genre de loi, y compris par le silence, comme ce fut le cas avec les médias, déclare officiellement qu' il est l'enemie de la liberté de conscience, de la démocratie, et donc du peuple. Une loi de plus qui nous rapproche d'un grand pas vers la mise à mort de l'E.U et de la presse du pouvoir.
Avatar de Chuck_Norris Chuck_Norris - Membre émérite https://www.developpez.com
le 13/09/2018 à 11:38
Citation Envoyé par nikau6 Voir le message
Cette loi est une loi de censure. Elle va être utilisée pour mettre à mort tous les sites d'information alternatifs, tous les sites qui proposent une lecture de l'information différente de celle que nous imposent les larbins de la presse, tous les sites qui dérangent le pouvoir politique, médiatique, et oligarchique.
J'espère que ça va leur revenir dans la gueule et que les conséquences seront terribles. J'espère, Je pense, que le trafic des main stream va s'effondrer.
Premièrement, je ne vois pas du tout le rapport entre la loi et la conséquence que tu crains.

Ensuite, j'aime bien le fait que tu défendes le fait des "faits alternatifs", car en gros c'est ce que tu dis. Les sites qui inventent des faits pour le buzz ou pour les élections.

Si tu crois que les médias sont au service du gouvernement, rien n'est moins sûr. Évidemment, chaque média a son propre biais de publications (par exemple, Le Monde est clairement pro-migrant), d'où l'intérêt de consulter plusieurs sources, mais quand on sait que c'est grâce au médias que des scandales récents ont éclaté, notamment : Fillon, Bellanna, Gaulois réfractaire, Prélèvement à la source boguée, etc, et pourtant tout ça, ça ne plaît pas au gouvernement. Si nous étions réellement dans une dictature, jamais des choses pareilles n'auraient été publiées.

D'un autre côté, des sites qui inventent des faits, détournent des photos, détournent des discours pour propager la peur et la haine, même s'ils se basent toujours (pour la crédibilité) sur un minimum de vérité, sont légions et ce sont eux qui sont une réelle menace, en occultant les vrais débats pour des rumeurs, la plupart du temps, sans réel fondement. Et maintenant j'ai des gens dans mon entourage, grâce aux médias alternatifs, qui sont convaincus à fond que la Terre est plate, que le Soleil est en train de s'éteindre, que la troisième guerre mondiale démarre dans 9 jours, que le réchauffement climatique n'existe pas, que les cartes d'identité sont conçues pour contrôler l'esprit, que la pédophilie est désormais légale, etc. Et là, je vois le mal que font vos sites alternatifs.

Pour en revenir aux faits, les vrais. Je dirais mitigé pour cette histoire de filtre automatique. Je ne vois pas l'intérêt de demander un filtrage automatique et en même temps dire que cela doit être évité autant que possible. Une loi pour rien, mais quoi qu'il en soit, jamais en notre faveur. Enfin c'est toujours mieux que la version initiale.

Pour les liens, c'est vraiment de la pure débilité. N'importe qui ayant suffisamment de jugeote saura que personne ne sera prêt à payer pour publier un lien agrémenté d'un extrait. Et donc personne ne publiera plus d'extrait, et sans extrait, le trafic vers les sites sources s'affaiblira automatiquement. Encore une fois, les médias Internet qui exigent ce genre de loi se tirent une balle dans le pied.
Avatar de Bubu017 Bubu017 - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 13/09/2018 à 11:58
et quid des flux RSS ? Perso je n’utilise pas Google News mais Feedly avec des abos à des flux RSS, c'est quoi la différence entre les deux ?
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 13/09/2018 à 12:04
Citation Envoyé par Chuck_Norris Voir le message
Premièrement, je ne vois pas du tout le rapport entre la loi et la conséquence que tu crains.
Il y a un truc qu'on appelle "média alternatif", comme ça (mauvais exemple, mais vous voyez le truc) :
Gérard Miller, cofondateur du "Média" anti-système "et en même temps" recruté par LCI
Et il y a les médias traditionnels qui continuent leur chute.
Les recettes pubs des médias historiques ont baissé d’environ un tiers entre 2000 et 2017

Les médias du système cherchent donc à se défendre, parce qu'ils se font bouffer.
Et là avec la loi quand un média alternatif va critiquer quelque chose en se basant sur un article officiel, on va pouvoir censurer le média alternatif.

Citation Envoyé par Chuck_Norris Voir le message
Si tu crois que les médias sont au service du gouvernement, rien n'est moins sûr.
Les médias, les politiques, les gros patrons partagent la même idéologie, les mêmes valeurs, etc.
Ils se retrouvent dans des trucs comme le dîner du siècle, le dîner du CRIF, etc. (regardez le documentaire "les nouveaux chiens de garde" même si ça ne fait qu'effleurer la surface du problème)

Le Monde, le Figaro, BFM, TF1, Canal +, etc, c'est la même chose au final.
Ils font juste croire qu'ils sont plus à gauche ou plus à droite, mais sur les points importants ils disent la même chose.

Les journaux sont déficitaire, si des milliardaires perdent de l'argent pour les maintenir en vie c'est bien que faire de la propagande set à quelque chose.
L'état donne également beaucoup de subventions aux médias officiels.

Médias : pourquoi 10 milliardaires contrôlent-ils notre information ? – Blabla #07
LA CONFIANCE DANS LES MÉDIAS TOUJOURS DÉFICITAIRE
Avatar de nikau6 nikau6 - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 13/09/2018 à 12:07
Citation Envoyé par Chuck_Norris Voir le message

Si tu crois que les médias sont au service du gouvernement, rien n'est moins sûr. Évidemment, chaque média a son propre biais de publications (par exemple, Le Monde est clairement pro-migrant), d'où l'intérêt de consulter plusieurs sources, mais quand on sait que c'est grâce au médias que des scandales récents ont éclaté, notamment : Fillon, Bellanna, Gaulois réfractaire, Prélèvement à la source boguée, etc, et pourtant tout ça, ça ne plaît pas au gouvernement. Si nous étions réellement dans une dictature, jamais des choses pareilles n'auraient été publiées.
Si tu penses que les affaires Benalla et Fillon sont là preuve de l'indépendance de la presse c'est que tu n'as pas compris ce qu'est le pouvoir en 2018, ni ce que veut le pouvoir, et donc, que tu n'as pas compris quels intérêts ces affaires ont servie. Tu as une vision très simpliste et naïve du monde.

Plus de citations ni de liens, ca va faire très mal aux sites alternatifs.
Avatar de Conan Lord Conan Lord - Membre expert https://www.developpez.com
le 13/09/2018 à 12:16
Citation Envoyé par Chuck_Norris Voir le message
Si tu crois que les médias sont au service du gouvernement, rien n'est moins sûr. Évidemment, chaque média a son propre biais de publications (par exemple, Le Monde est clairement pro-migrant), d'où l'intérêt de consulter plusieurs sources, mais quand on sait que c'est grâce au médias que des scandales récents ont éclaté, notamment : Fillon, Bellanna, Gaulois réfractaire, Prélèvement à la source boguée, etc, et pourtant tout ça, ça ne plaît pas au gouvernement. Si nous étions réellement dans une dictature, jamais des choses pareilles n'auraient été publiées.
Et pourtant la France n'arrive que 39e au classement mondial de la liberté de la presse, avec presque deux fois moins de "points" que certains de nos voisins européens. Internet est indispensable pour que des affaires comme Fillon et Benalla puissent être couvertes. Sinon, c'est selon le bon vouloir de l'AFP.
Avatar de Sodium Sodium - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 13/09/2018 à 13:28
C'est complètement con !
Les médias disent n'importe quoi...
On voit clairement que le prétexte ne fonctionne pas.
Euh non, c'est pas complètement con de vouloir être payé pour son travail.

Si Google ne faisait que citer des extraits d'articles avec un lien pour aller les consulter, personne ne serait monté au créneau. Au contraire, Google se gave de plus en plus de l'information et la publie sur ses propres services et y vend ses publicités en incitant l'utilisateur à ne jamais quitter la plateforme.

La mise en oeuvre de cette loi est peut-être maladroite, mais la grogne des médias est légitime et je ne comprends pas ce type de réaction. Le jour où Google ira piocher dans votre code pour publier ses propres applications sur ses plateformes, vous réfléchirez peut-être un peu plus aux conséquences de la politique open-bar actuellement pratiqué par les géants de l'Internet.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 13/09/2018 à 13:59
Citation Envoyé par Sodium Voir le message
Euh non, c'est pas complètement con de vouloir être payé pour son travail.
Lire le titre ce n'est pas lire l'article.
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