Parcoursup : 120 000 jeunes sans affectation, un algorithme perfectible ?
Certains affirment avoir été acceptés dans des formations inexistantes

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Invitée, ce jeudi 6 septembre, à donner quelques nouvelles du sort des étudiants inscrits sur la nouvelle plateforme d'orientation Parcoursup qui n’avaient toujours pas d’affectation alors que la phase dite « principale » de sélection vient de se terminer, la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal a donné des chiffres rassurants : « Un peu plus de 3 000 bacheliers, ce matin, continuent d'être accompagnés par les commissions que nous avons mises en place, répond-elle. L'objectif c'est évidemment que tous les bacheliers aient des propositions qui leur conviennent et qu'ils acceptent. Sur ces 3.000 bacheliers, plusieurs ont eu des propositions qui ne leur ont pas convenu. Donc on continue de travailler avec eux ».

3000 bacheliers sans affectation, seulement ?

Pour vérifier les affirmations de la ministre, il suffit de se rendre sur le site du ministère où un tableau de bord de « suivi de la phase d'admission Parcoursup » est proposé et qui date du 5 septembre 2018. Quatre catégories se dégagent :
  • les candidats ayant accepté une proposition ;
  • les candidats inactifs ;
  • les candidats qui souhaitent s’inscrire dans l’enseignement supérieur via Parcoursup ;
  • les candidats ayant quitté la procédure.

Pour retrouver la trace des 3000 bacheliers cités par Frédérique Vidal, il faut se plonger dans celle des actifs, appelée ainsi car ils ont effectué la démarche volontaire de demander l'appui d'une commission rectorale chargée de leur trouver une place dans une formation. Effectivement, 3674 lycéens sont, à cette date du 5 septembre, dans l'attente d'une affectation dans l'enseignement supérieur. À leur côté figurent 4071 étudiants en réorientation qui sont dans le même cas, portant la population de cette catégorie à 7745.


La catégorie « candidats inactifs » regroupe les candidats qui sont contactés par les équipes de Parcoursup pour identifier leurs souhaits pour la rentrée : ils peuvent demander à être accompagnés par la Commission rectorale ou s’inscrire en phase complémentaire. S’ils ont d’autres projets, ils peuvent quitter la procédure Parcoursup. Ici la population est de 39 513 jeunes, dont 23 756 lycéens et 15 787 étudiants en réorientation qui attendent que des places se libèrent pour pouvoir s'inscrire dans une formation de l'enseignement supérieur

À ce total, il faut encore ajouter les 71 804 jeunes qui ont accepté une proposition d'affectation tout en la mettant en attente, espérant encore grimper sur d'autres listes d'attente où ils sont toujours inscrits. Ce sont au final 119.062 bacheliers ou étudiants en réorientation qui ne savent donc toujours pas où ils étudieront à la rentrée !

Enfin, il y a 181 757 candidats qui ont décidé de quitter la procédure.


Des étudiants disent avoir été acceptés dans des formations fantômes

Ils avaient tout organisé, et tout est tombé à l’eau. Sur les réseaux sociaux, ces derniers jours, plusieurs étudiants ont lancé l’alerte: sur Parcoursup, ils ont été acceptés dans des formations qui finalement n’existent pas. Des témoignages qui ont soulevé une vague d’indignation, sur Twitter. Marine*, 19 ans, fait partie de ces jeunes désabusés. Il y a quelques jours, elle a tweeté «Imagine Parcoursup te propose et t’accepte dans une formation qui n’existe pas. Tu te déplaces à 700 km de chez toi et arrivé à la rentrée on te rembarre parce qu’il y a une ‘erreur de la plateforme’. Merci le système académique, merci ». Un témoignage partagé des milliers de fois sur le réseau social.

Contactée par le Figaro, Marine entre dans les détails. «Je suis originaire de Rouen (Normandie), et j’ai postulé dans des bi-licences histoire de l’art et archéologie -histoire. J’ai eu une proposition à l’université Grenoble Alpes que j’ai très vite acceptée. Puis, j’ai organisé mon déménagement, trouvé mon appartement. J’ai tout payé. Lorsque je suis arrivée pour m’inscrire à la rentrée, mon université m’a dit que la bi-licence que je convoitais n’existait pas, que c’était un bug de Parcoursup», raconte-t-elle sous le choc.

Alors, la jeune femme cherche des solutions. «J’étais dévastée car j’avais tout quitté pour vivre à Grenoble. Je me suis sentie tellement seule, j’étais sidérée. J’ai contacté des responsables de Parcoursup qui m’ont dit que c’était bon, que mon université avait réglé le problème. En réalité, ce n’était pas le cas: l’université m’a proposé de m’inscrire aux deux licences, histoire de l’art et archéologie et histoire, mais pas de faire la bi-licence initialement prévue», relate-t-elle. Ne pouvant pas revenir en arrière, l’étudiante a finalement accepté la proposition faite par son université et suivra les deux licences.

Marine n’est pas la seule à avoir connu cette situation. Damien*, 17 ans, s’est retrouvé dans la même impasse. «J’avais postulé dans plusieurs filières LLCER Allemand, à Reims, dans ma ville, Strasbourg, Metz et Lille. J’ai été accepté à Reims et Strasbourg. J’ai choisi Reims et j’ai cliqué sur le bouton pour m’inscrire. Une fois sur le site de l’université, je me retrouve avec un message d’erreur: ‘la formation demandée n’existe pas’», raconte-t-il. Il décide alors d’appeler l’établissement, afin d’en savoir plus. «J’étais désespéré, je ne comprenais pas. Ils m’ont répondu que la formation était fermée depuis deux ans, et ils n’ont pas su m’expliquer pourquoi elle figurait encore sur Parcoursup et pourquoi j’avais été accepté», relate-t-il.

Finalement, le jeune homme décide de contacter Parcoursup pour que son compte soit réactivé. Car pour accepter cette formation, il avait été obligé de démissionner de tous ses autres voeux. «Ils m’ont réintégré dans le processus. Mais j’ai finalement dû accepter une licence à distance, à Strasbourg, car je n’avais pas eu le temps de chercher d’appartement vu que je pensais rester à Reims, ma ville d’origine», raconte-t-il.

Source : Le Figaro, Parcoursup Indicateurs publics (au format PDF), déclaration de la ministre

Et vous ?

Comment pouvez-vous expliquer cette situation ? Des algorithmes qui gagneraient à être améliorés ou des utilisateurs qui ne s'y prennent pas de la bonne façon ?

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Avatar de Anselme45 Anselme45 - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 08/09/2018 à 9:26
Même le meilleur logiciel du monde ne peut pas faire de miracle!

Quand tu as un système foireux, une usine à gaz, tu as beau avoir un logiciel pour le gérer, le système reste foireux!

Le monde entier connaît la situation des universités françaises: Des structures vieillissantes, sous-dotées en budget, sous-équipées et ne correspondant pas aux besoins...

1. En France, le pays du "bac sinon rien", tout le monde veut faire l'université même si les capacités intellectuelles manquent

2. Aucun politique n'a jamais osé limité l'accès aux uni

3 Et comme ces mêmes politiques n'ont jamais donné les moyens aux universités d'accueillir tout le monde dans de bonnes conditions...

On se retrouve à chaque rentrée avec l'usine à gaz...

Pensée émue pour ceux qui vont se trouver dans les amphi assis dans le couloir ou accrochés au lustre pour suivre les cours...
Avatar de Divergent_thinking Divergent_thinking - Membre à l'essai https://www.developpez.com
le 08/09/2018 à 12:29
C'est un peu de la mauvaise foi la.
Il n'y a pas du tout 120 000 personnes non affecté.
Les "71 804 jeunes qui ont accepté une proposition d'affectation tout en la mettant en attente" Non pas à être compter. Ils ont un choix qui ne leur convient peut être pas. Mais c'est pas en espérant que tous ces jeunes vont pouvoir avoir leur petit souhait se réaliser. Si ils se donnent pas les moyens, si ils sont pas capable de d'avancer, et de rebondir, ben ils resteront sur place comme des petits moutons.
La catégorie des 39 513 jeunes dit « candidats inactifs » sont des gens qui n'ont pas répondu à l'aide proposer. Et je voie pas pourquoi eux devrait être compter dans un système qu'ils ignorent.
Avatar de Bubu017 Bubu017 - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 10/09/2018 à 10:07
Mais euh ... si parcoursup me propose une formation que je n'ai pas demandée, je vais sur le site de la fac pour avoir des infos. En clair, certains ont accepté des formations dont ils ne savaient rien ?
Avatar de Grogro Grogro - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 21/09/2018 à 17:50
Citation Envoyé par Bubu017 Voir le message
Mais euh ... si parcoursup me propose une formation que je n'ai pas demandée, je vais sur le site de la fac pour avoir des infos. En clair, certains ont accepté des formations dont ils ne savaient rien ?
Bien sûr, de peur de se retrouver sans rien en septembre. Et beaucoup ont accepté la première réponse positive reçue même si elle ne correspond en rien à leurs projets, parce qu'ils ont été très fortement incité à cela par le système d'information.

 
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