Près de 1200 sites d'informations US restent inaccessibles aux internautes de l'UE depuis l'arrivée du RGPD
Mais des moyens de contournement existent

Le , par Christian Olivier

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Plus de trois mois après l’introduction au sein de l’Union européenne (UE) du règlement général sur la protection des données (RGPD), près de 1200 sites d’informations basés aux États-Unis restent inaccessibles aux utilisateurs de l’UE. C’est ce que révèle un travail de recherche mené par Joseph O’Connor, un développeur basé au Royaume-Uni, qui a été publié sur le site data.verifiedjoseph.


La liste établie par O’Connor des sites d’information américains qui bloquent les utilisateurs de l’UE comprend actuellement 1182 sites. Plutôt que de se conformer avec la nouvelle directive de l’UE afin de répondre aux besoins des utilisateurs de l’UE, ces sites Web ont délibérément fait le choix de bloquer les internautes du vieux continent.

Tous les sites Web incriminés agissent de la même manière : ils affichent un message d’erreur aux internautes situés dans un pays membre de l’Union européenne. Le message cite l’introduction du RGPD de l’UE comme la principale raison pour laquelle le site ne peut pas afficher son contenu.

Cette liste comprend de grands sites d’information américains tels que le New York Daily News, le Los Angeles Times, le Dallas News, le Baltimore Sun, le Sun Chronicle, le Chicago Tribune, le Newsday ou le St. Louis Post-Dispatch. Il faut, cependant, préciser que la grande majorité des sites qui y figurent sont des plateformes de petite taille qui fournissent essentiellement des informations locales. De nombreux experts estiment d’ailleurs que ces petites agences de presse US voient peu d’intérêts à investir de grosses sommes d’argent pour s’arrimer au RGPD.


Néanmoins, les internautes qui souhaitent contourner ce blocage peuvent utiliser l’astuce suivante pour accéder au contenu d’un site qui les intéresse côté US : ajouter « cache: » devant l’URL de la page cible dans la barre d’adresse (cache:[original_URL_showing_GDPR_block_message). Cela servira une copie de l’article original du cache de Google ou de Bing, en contournant les blocages dus au RGPD.

Pour rappel, le RGPD exige que les sites Web divulguent de façon détaillée leurs pratiques de collecte de données et qu’ils obtiennent une autorisation explicite de l’internaute avant d’opérer une collecte de ses données. À cet effet, le RGPD préconise aux sites Web de fournir une solution aux internautes afin qu’ils puissent connaitre la nature des données collectées par un site à leur sujet, l’usage qui en sera fait et valider (ou d’invalider) les actions qu’ils n’approuvent pas. Les entreprises qui ne respectent pas cette nouvelle directive s’exposent à des amendes pouvant atteindre 4 % de leur chiffre d’affaires annuel.

Source : Data.VerifiedJoseph

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Avatar de Thorna
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 28/08/2018 à 21:26
C'est une idée que de donner aux gens un moyen d'aller se faire pirater des données aux US
Avatar de JackIsJack
Membre actif https://www.developpez.com
Le 29/08/2018 à 7:11
Tout ça pour un bandeau avec deux boutons 'oui' et 'non' et un texte que personne ne lira, ou vérifiera s'il correspone effectivement à la réalité.
Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 29/08/2018 à 8:25
Citation Envoyé par JackIsJack Voir le message
Tout ça pour un bandeau avec deux boutons 'oui' et 'non' et un texte que personne ne lira
Personnellement, je ne lis pas en effet le texte… mais je décoche tout.

Citation Envoyé par JackIsJack Voir le message
ou vérifiera s'il correspone effectivement à la réalité.
Vraiment ?

Au niveau de la recherche, il y a fort à parier qu'il y ai quelques études quant au respect du RGPD. La CNIL pourra aussi faire quelques vérifications. Sans compter les fuites internes ou externes.

Mais c'est étrange, avant le RGPD, nous arrivions à savoir que quelques sites nous traquaient, ou avaient un comportement suspect. Mais maintenant nous n'en serions plus capable parce que magie ?

Personnellement, personne n'est venu vérifier si j'avais bien un tuner TV, si je n'ai pas de revenus au black, etc. Pourtant cela n'empêche pas certains de se faire gauler.
Avatar de AlaraDD
Membre à l'essai https://www.developpez.com
Le 30/08/2018 à 11:07
Le discours neon libérales americains et plus généralement Anglo-Saxons et relayé jours et nuits par nos médias, notre intelligentia, nos députés, notre gouvernement, les élites européenne: est-ce gênant que les sites américains nous bloquent ?
En fait non.
C’est une bonne leçon de protectionisme qu’il faut prendre pour ce qu’elle est : le nième démonstration qu’ils savent se défendre en meute comme nous devrions le faire avec toute la violence de ces actes et l’acharnement du missionnaire que chaque americain et chaque entreprise americaine représente.
Personnellement je les adore ils sont une source de compréhension du monde sans cesse renouvelée.
Vous avez le bonjour d’PIGS.
Avatar de lezaben
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 31/08/2018 à 9:57
Est-ce que quelqu'un pourrait éclairer ma lanterne ?
Qu'est-ce qui oblige un site américain (ou extra-européen) à se conformer à des directives européennes ?
Avatar de behe
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 31/08/2018 à 10:06
Citation Envoyé par lezaben Voir le message
Est-ce que quelqu'un pourrait éclairer ma lanterne ?
Qu'est-ce qui oblige un site américain (ou extra-européen) à se conformer à des directives européennes ?

Il inclut des amendes pouvant aller jusqu'à 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires global pour les entreprises qui ne s'y conforment pas.
Comme d'habitude, on vise là où ça fait mal.

source
Avatar de lezaben
Futur Membre du Club https://www.developpez.com
Le 31/08/2018 à 15:46
ça ne répond pas à la question.

une juridiction française pourrait infliger une amande à une entreprise étrangère qui fait du business en france, par le biais de sa filiale, mais si l'entreprise étrangère n'a pas de filiale française ?

Je ne comprends pas pourquoi des sites américains qui ne vendent rien en Europe, craignent de ne pas respecter la législation européenne. En quoi celle-ci devrait-elle s'appliquer au monde entier ?
Avatar de DevTroglodyte
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 31/08/2018 à 17:09
J'imagine que s'ils ne se conforment pas à la RGPD, et qu'ils ne payent pas les amendes qui leur seront imposées, ils seraient bloqués sur tout le territoire de l'UE.

Mais je ne trouve pas quelle serait effectivement la sanction envers une entreprise qui refuse de payer.
Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 31/08/2018 à 18:43
Citation Envoyé par DevTroglodyte Voir le message
Mais je ne trouve pas quelle serait effectivement la sanction envers une entreprise qui refuse de payer.
Je ne suis pas très au fait, mais je présume que le pays de l'entreprise peut forcer l'entreprise en cas de refus de payement, sur demande du pays plaignant.

En cas de refus du pays de l'entreprise, cela pourrait éventuellement se répercuter sur des associations internationales avec des sanctions économiques et politiques, voire tout simplement pour le pays plaignant de refuser les demandes futures du pays de l'entreprise.
Avatar de Stéphane le calme
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 25/09/2018 à 9:37
Projet de loi des finances 2019 : le gouvernement accorde 15 postes supplémentaires à la CNIL,
pour mieux gérer son activité relative au RGPD

Depuis le 25 mai 2018, le RGPD est entré en vigueur sur le territoire de l’Union européenne. Il s’agit d’un ensemble de directives qui visent à accroître la protection des personnes concernées par un traitement de leurs données à caractère personnel d’une part, et la responsabilisation des acteurs de ce traitement d’autre part. Entre la date d’adoption (14 avril 2014) et celle de mise en application, les entreprises ont eu quatre ans pour s’y préparer.

Pourtant, nombreuses sont celles qui n’ont pas encore réussi à s’y conformer. Certaines ont même choisi de bloquer leurs utilisateurs européens par peur des lourdes sanctions prévues dans le RGPD.

Le RGPD s’accompagne aussi d’une augmentation de la charge de travail de la Commission nationale de l’informatique et des libertés. « On a plus de 8 000 plaintes qui sont enregistrées tous les ans. Depuis le nouveau cadre juridique, nous avons une augmentation de nos plaintes de 56 % », révélait le 19 septembre Isabelle Falque-Pierrotin, la présidente de la CNIL.

C’est la raison pour laquelle, dans le projet de loi de finances 2019, le gouvernement a annoncé qu'il autorise la CNIL à créer 15 postes en plus, notamment pour faire face au règlement général sur la protection des données (RGPD) :

« Sensible aux enjeux relatifs aux données personnelles, le Gouvernement a, depuis 2015, sanctuarisé les effectifs de la CNIL malgré les efforts de maîtrise de la masse salariale de l’État. Cet effort se poursuit en 2019, avec un projet de loi de finances accordant à la CNIL 15 emplois supplémentaires et, ainsi, les moyens d’assumer ses nouvelles missions. La CNIL connaît une augmentation constante de son activité, illustrant une réelle prise de conscience collective des risques et des droits inhérents à la place sans cesse croissante du numérique dans la société. Par ailleurs, l’application en mai 2018 du règlement général sur la protection des données (RGPD) renforce le besoin d’un accompagnement complet et adapté de la CNIL à chaque secteur d’activité ».

Néanmoins, il convient de noter que le budget de la CNIL n’a pas connu une grande évolution, malgré le fait que l’État a pris conscience du fait que les nouvelles technologies occupent une place prépondérante dans tous les pans de la société.

En effet, depuis 2011, le budget oscille entre 15 et 17 millions d’euros, avec un pic observé en 2015 et 2016, années pendant lesquelles la CNIL a bénéficié d’un budget de plus de 18 millions d’euros.


Evolution du budget de la CNIL depuis l’an 2000

Dans son rapport annuel, nous pouvons constater que les effectifs de la CNIL ont été en légère hausse. La Commission a rapporté 198 emplois en 2018, contre 192 en 2015, 195 en 2016 et 198 en 2017.


Ces recrutements viendront donc épauler une CNIL en première ligne sur les enjeux du RGPD, que ce soit pour accompagner les entreprises, par exemple en mettant à disposition des outils pour évaluer sa conformité, gérer les tentatives d’escroquerie et réceptionner les nombreuses plaintes.

Source : projet de loi des finances 2019, CNIL (rapports annuels), budget de la CNIL

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