Facebook montre des contradictions lorsqu'il est questionné sur la présence d'un média conspirationniste
Le réseau évoque la liberté d'expression

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
Exacerbé par le scandale Cambridge Analytica, le sujet de fake news en général, et la manipulation de masses par des campagnes de désinformations en particulier, est devenu un véritable problème pour les réseaux sociaux, notamment pour Facebook. La plateforme tente de réagir en lançant diverses initiatives pour les combattre.

Cette fois-ci, le réseau social a décidé de sensibiliser le public avec sa campagne « les fake news ne sont pas nos amis », lancée au Royaume-Uni. Facebook admet toutefois que les éditeurs avaient souvent des « points de vue très différents » et que la suppression des messages inventés serait « contraire aux principes fondamentaux de la liberté d'expression ». Au lieu de cela, Facebook a expliqué que les messages considéré comme étant des fake news seront « rétrogradés » dans le fil d'actualité.

Mercredi, l'entreprise a organisé un événement à New York auquel étaient conviés les journalistes durant lequel elle a cherché à les convaincre qu'elle s'attaquait au problème. Après une courte présentation mettant en exergue les efforts de Facebook pour lutter contre la désinformation, John Hegeman, responsable de News Feed, et Sara Su, spécialiste des produits Facebook pour News Feed, ont répondu aux questions des journalistes.

Mais Oliver Darcy, un journaliste de CNN, lui a demandé comment elle pouvait prétendre s'attaquer à la propagation de la désinformation alors qu'elle autorise la page InfoWars à rester sur la plateforme.

InfoWars produit des talk-shows en ligne et compte plus de 900 000 abonnés sur Facebook. Son principal hébergeur, Alex Jones, compte plus de 2,4 millions d'abonnés sur YouTube. InfoWars aurait publié des informations, manifestement jugées fausses par plusieurs médias mainstream, telles que la théorie du complot que l'école de Sandy Hook en 2012 qui a été invalidée par le gouvernement américain.


Interrogé par ce journaliste sur la façon dont l'entreprise pouvait prétendre s'attaquer sérieusement au problème de la désinformation en ligne tout en permettant à InfoWars de maintenir une page avec près d'un million de followers sur son site, Hegeman a déclaré que l'entreprise ne « publiait pas de fake news ».

« Je suppose que le fait qu’elles soient simplement fausses ne viole pas les standards de la communauté », a déclaré Hegeman, expliquant qu'InfoWars « n'a pas violé quelque chose qui aurait entraîné une suppression ».

Hegeman a ajouté : « Je pense qu'une partie de la chose fondamentale ici est que nous avons créé Facebook pour être un endroit où différentes personnes peuvent avoir une voix et différents éditeurs ont des points de vue très différents ».

Mais CNN n’est pas de cet avis : « Bien que les éditeurs aient certainement un point de vue différent, InfoWars n'est pas un éditeur ordinaire et le contenu qu'il produit n'offre pas seulement des “points de vue différents”. L'organisation des médias est connue pour diffuser de fausses informations et des théories du complot sur de nombreuses questions, notamment en suggérant que le massacre de Sandy Hook était un canular orchestré par des enfants acteurs. Plus tôt cette année, le média a estimé que la fusillade de Parkland ne représentait que des attaques sans fondement, allant même jusqu’à déclarer à la suite de la lecture d’une vidéo que les étudiants survivants ne sont que des acteurs ».


Et CNN d’ajouter que « Même mercredi, avant et après que Facebook ait défendu sa décision de permettre à InfoWars d'opérer sur son site Web, InfoWars a utilisé la plateforme de médias sociaux pour répandre des théories de conspiration sans fondement. Dans une vidéo publiée sur Facebook, InfoWars a affirmé que le milliardaire George Soros voulait “saisir les machines à voter américaines”. Dans un autre article, InfoWars, qui a suggéré que les attaques terroristes du 11 septembre étaient un travail à l'intérieur, a demandé : “Est-ce que Trump va exposer la vérité derrière le 11 septembre ?” ».

Les faits messieurs et dames, uniquement les faits

Mise sous pression par les journalistes afin qu’elle donne plus de réponses sur la position de Facebook concernant InfoWars, Su a déclaré lors de l'événement que Facebook a jusqu'ici choisi de se concentrer sur les messages sur sa plateforme qui peuvent être prouvés comme étant fausse sans l’ombre du moindre doute.

« Nous savons qu’il y a une tonne de choses - théories du complot, revendications trompeuses, cueillette de cerises - qui peuvent être vraiment problématiques et ça me dérange également », a déclaré Su. « Mais nous devons trouver un moyen de vraiment définir cela de manière claire, et ensuite comprendre ce que notre politique et nos positions de produits disent à ce sujet ».

La porte-parole de Facebook, Lauren Svensson, a envoyé un courriel pour apporter un commentaire supplémentaire après l'événement. Elle a déclaré que les questions sur InfoWars étaient « très réelles » chez la société de médias sociaux.

« Nous travaillons dur pour trouver le bon équilibre entre encourager la liberté d'expression et promouvoir une communauté sûre et authentique, et nous pensons que le contenu inauthentique de bas niveau atteint cet équilibre », a-t-elle déclaré. « En d'autres termes, nous permettons aux gens de l'afficher comme une forme d'expression, mais nous n'allons pas le montrer en haut du fil d’actualités ».


Svensson a ajouté : « Cela dit, bien que partager des fake news ne viole pas nos politiques communautaires, nous avons des stratégies en place pour faire face à des acteurs qui partagent à plusieurs reprises des fake news.Si le contenu d'une page ou d'un domaine reçoit à répétition la note “fake” de nos vérificateurs de faits tiers, alors nous allons supprimer leurs privilèges de monétisation et de publicité pour couper les incitations financières, et allons réduire considérablement la distribution de tout leur contenu au niveau de la page ou du domaine sur Facebook ».

Pour CNN, il convient de noter que Facebook a pris des mesures contre les pages qui ont propagé des fake news dans le passé. En octobre 2017, lorsque CNN a informé Facebook que deux pages avaient partagé une histoire démystifiée à propos d'un joueur des Seattle Seahawks, un porte-parole de Facebook a déclaré à CNN que le réseau social avait supprimé les pages pour violation de ses politiques. Le porte-parole de l'époque n'a pas dit quelles politiques avaient été violées, mais a ajouté: « Tous les messages de page que nous avons désactivées et qui ont été partagés à nouveau seront également supprimés (suite à la suppression de la page) ».

Source : CNN

Et vous ?

Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi :

Facebook ouvre eXecutable ARchives, un outil de création de paquetages Python exécutables pour Linux et macOS
Allemagne : la justice autorise des parents à accéder au compte Facebook de leur fille décédée après une longue bataille juridique
Le Royaume-Uni inflige la première amende à Facebook liée au scandale Cambridge Analytica, elle s'élève à 500 000 £
Les algorithmes de Facebook identifient la Déclaration américaine d'indépendance comme un discours haineux et suppriment une publication
Cambridge Analytica : des agences fédérales US enquêtent sur les révélations de Facebook pour déterminer le rôle de l'entreprise dans cette affaire


Vous avez aimé cette actualité ? Alors partagez-la avec vos amis en cliquant sur les boutons ci-dessous :


 Poster une réponse Signaler un problème

Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 15/07/2018 à 10:51
Cela me fait doucement rire.

On en parle des théories du complots d'extrême-gauche avec le patriarcat et consorts ?
On en parle des appels à la haine effectués par ces mêmes personnes ?
On en parle des mensonges et de la diffamation en qualifiant tout ce qui ne nous plaît pas de "nazi"/"extrême-droite"/"fasciste" ?
On en parle des mensonges par omission en ne mettant en avant que ce qui nous plaît, et en cachant ce qui dérange ?
On en parle des documentaires/reportages un peu ésotériques ?

Cela ne gêne personne qu'on retrouve de telles choses sur CNN, la BBC, Arté, etc. ?
Qu'ils balayent déjà devant leur porte avant de s'occuper de celle des autres.

Je ne regarde pas InfoWars, in-empêche, lors des manifestations américaines, ils fournissaient des rushs complets, ce qui couplé avec d'autres rushs, permettait d'avoir une idée claire de la situation. Et pendant ce temps là, les autres médias se contentait de sélectionner très habilement les passages qui les intéressent pour avancer leur histoire.

À leur place je me ferais tout petit, car c'est bien à cause de leur incapacité à produire du journalisme de qualité que des personnes s'éloignent des médias mainstream et se redirigent vers des médias "alternatifs", et de "réinformation", dont la qualité n'est malheureusement pas meilleure.
Avatar de redcurve redcurve - Membre averti https://www.developpez.com
le 15/07/2018 à 11:06
Ce ne sont pas les contradictions de Facebook mais bien celles des défenseurs de la liberté d'expression, on ne peut pas et dire vous avez la liberté d'expression et en même temps vouloir censuré celles des autres sont prétexte qu'ils racontent des conneries. Ou il y a liberté d'expression ou il n'y en a pas un point c'est tout.
Avatar de djizeuss djizeuss - Inactif https://www.developpez.com
le 16/07/2018 à 1:10
Des années que la conspi tire le Facebook à l'extrême droite ! Aujourd'hui tu met une info sur Cambridge Analytica sur Facebook, Facebook ne la publie... tout simplement pas 'fin ça c'est juste de la neutralité
Tu met une photo avec un camp de concentration, paf la sanction ! Ça c'est juste du négationnisme, et Facebook en use !
Facebook est nazillon, cherches pas

La presse "Mainstream" comme y disent les postent conspi travaille correctement et en contradiction
Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 16/07/2018 à 3:29
Plus sérieusement, voici une liste non-exhaustive des bêtises qu'on peut trouver dans les médias mainstream: https://www.esprit-critique.org/2017...ervice-public/

Pour le reste, il suffit de regarder les médias cités pour en avoir des exemples.
Après, je dois avouer que je ne tiens pas une liste à jour de tout ce que je remarques... peut-être devrais-je commencer à le faire.

Pour les omissions, un bel exemple est CharlotteVille sur Arté:
  • le contexte a été totalement passé sous silence ;
  • la vidéo présentée de "violence d'extrême-droite" (militant d'extrême-droite qui tapent sur un innocent à terre) a été tronquée, quand le rush complet raconte une autre histoire (manifestants qui partent entourés de contre-manifestants qui les taunts et insultent. Un contre-manifestant tente d'isoler un manifestant, les autres manifestants viennent à son secours).
  • Présentation des circonstances de l'accident très incomplet et trompeur:
    • la voie était ouverte à la circulation (deux autres véhicules "circulaient" "dans" la manifestation), et aucune mesure de sécurité n'a été prise ;
    • aucune visibilité vers l'avant (la foule cachait les autres voitures) ;
    • le fait que toute l'organisation de la manifestation ai été compromise par l'annulation de la manifestation, notamment le fait de partir groupé pour des raisons de sécurité ;
    • le fait qu'arrivé là, le conducteur pouvait légitimement craindre pour sa vie, ce n'est pas la première fois qu'un manifestant se serait fait attaqué en marge de la manifestation ;
    • le fait que reculer (suspect) ou s'arrêter (risqué) pouvait s'avérer dangereux pour le conducteur ;
    • le conducteur a très certainement voulu forcé le passage, comme cela est parfois fait lorsque des militants tentent de bloquer, e.g. une route/autoroute ;
    • les feux stops de la voiture étaient allumés peut avant l'impact ;
    • ce jusqu'à ce que la voiture se fasse attaquer par derrière par des "manifestants pacifiques armés".
    • Ça nuance déjà un peu l'accident, non ?

  • aucune information quant aux manifestations qui ont suivies, notamment lorsqu'on voit des marées noires passer les contrôles de police pour poursuivre une poignée de manifestants disperse et les tabasser.


Citation Envoyé par djizeuss Voir le message
Aujourd'hui tu met une info sur Cambridge Analytica sur Facebook, Facebook ne la publie... tout simplement pas 'fin ça c'est juste de la neutralité
Tu met une photo avec un camp de concentration, paf la sanction ! Ça c'est juste du négationnisme, et Facebook en use !
Facebook censure les seins, les "appels à la haine", les "images choquantes", la constitution américaine, les liens vers le dictionnaire de l'Académie française, etc.
Avatar de Madmac Madmac - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 16/07/2018 à 4:39
CNN critiquant Facebook pour la présence d'Infowars est plutôt comique. Infowars est une source plus fiable que CNN. C'est dire à quel point la chaîne a un sérieux problème de crédibilité. Infowar a une cote d'écoute plus importante que CNN.
Avatar de Madmac Madmac - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 16/07/2018 à 4:47
Citation Envoyé par djizeuss Voir le message

La presse "Mainstream" comme y disent les postent conspi travaille correctement et en contradiction ce qui n'est pas le cas des nazillons
La presse Mainstreams , à L'exception de Fox news, a l'air d'une bande de cons. Le directeur du FBI vient de reconnaître qu'ils n'ont rien qui pourrait démontré un lien avec la Russie dans le piratage du serveur d'Hillary.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 16/07/2018 à 10:05
Le système se défend, il y a eu trop de libertés sur internet, les gens ont pu partager des informations qui n'allaient pas dans le sens de la propagande officielle.
Internet a joué un rôle dans l'élection Trump et dans d'autres événements qui ne vont pas dans l’intérêt du système.
La propagande anti Trump était puissante, quasiment aucun média officiel n'était pro Trump.

Pas longtemps avant l’élection de Trump :
Les pro-Trump jugent que la chaîne conservatrice Fox News vire à gauche
Les partisans de Donald Trump n'aiment en général pas les grands médias. Pour eux, ces émanations de l'"establishment" sont corrompues, manipulent les sondages et mettent toute leur force de frappe au service du Parti démocrate. Jusqu'ici, une seule chaîne de télévision nationale avait leur confiance, Fox News. Mais le pilier médiatique du mouvement conservateur vacille depuis un virulent échange, diffusé mardi en prime-time, entre la star de Fox News Megyn Kelly et le républicain Newt Gingrich.
Selon comment on regarde même Fox News était anti Trump pendant la campagne.

Janvier 2016 :
Trump taps the right's anger against Fox
For nearly two decades, Republican presidential candidates have run with Fox News. Now, Donald Trump is betting that he can run against it.

Trump's six-month war with host Megyn Kelly, which turned nuclear when he pledged to skip the Fox News debate that she is co-moderating on Thursday, has exposed a significant shift in the political-media landscape: The growing divide between ultraconservatives and Roger Ailes' Manhattan-based network.
Qui est Megyn Kelly, la journaliste de Fox News qui fait peur à Donald Trump?
Donald Trump a-t-il trouvé quelqu'un de plus coriace que lui? Le candidat milliardaire est engagé dans une violente polémique avec la chaîne Fox News et sa journaliste Megyn Kelly. Polémique risquée pour lui: il a décidé de boycotter jeudi soir le dernier débat organisé par la chaîne avant le vote crucial de l'Iowa. Trump a demandé à Fox News que le débat ne soit pas animé par Megyn Kelly, avec laquelle il avait eu des échanges tendus au mois d'août dernier. La chaîne a tenu bon. Et Donald Trump a claqué la porte. Moment de tension extraordinaire entre la chaîne d'info préférée des républicains et leur candidat favori.
In Donald Trump vs. Fox News, we have a clear winner: Trump

Il ne faut pas oublier que Trump avait tout le monde contre lui, les médias, le show-biz, les politiciens, toutes les puissances en gros.
Et il a gagné grâce à son drapeau, ses discours et internet (YouTube et les réseaux sociaux).

Bientôt YouTube, Twitter, Facebook, etc, vont devoir appliquer un filtre de "bien-pensance" si ça va dans le sens du système c'est ok, si ce n'est pas le cas ce sera censuré.
Sur les sujets qui compte, si on s'informe avec TF1, Canal +, Le Monde, le Figaro, Libération, L'Express, au final on a la même info, avec les mêmes images, avec le même traitement, avec les mêmes commentaires.

====
Ok il y a parfois des conneries sur les sites de ré-information, mais c'est également le cas sur les médias officiels. (il y a des sites alternatifs bien plus fiable que des médias officiels)
Faites vos recherches vous même.
Internet permet de multiplier les sources.
Avatar de Grogro Grogro - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 16/07/2018 à 18:03
Cette fois-ci, le réseau social a décidé de sensibiliser le public avec sa campagne « les fake news ne sont pas nos amis », lancée au Royaume-Uni. Facebook admet toutefois que les éditeurs avaient souvent des « points de vue très différents » et que la suppression des messages inventés serait « contraire aux principes fondamentaux de la liberté d'expression ». Au lieu de cela, Facebook a expliqué que les messages considéré comme étant des fake news seront « rétrogradés » dans le fil d'actualité.
Ce ne sont pas seulement les messages que facebook qualifie (dieu sait comment et sur quels critères) de "fake news" qui sont rétrogradés dans le fil d'actu, ce sont TOUS les article de presse (mainstream, spécialisée, politique ou conspi/extrémiste) qui semblent sauvagement rétrogradés depuis quelques mois par les algos de facebook. C'est ce que j'ai constaté depuis le début de l'année, et je ne pense pas être le seul à constater cela. Est-ce que je me fais des idées ou l'avez vous remarqué également ?
Avatar de Stéphane le calme Stéphane le calme - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 19/07/2018 à 19:17
Mark Zuckerberg estime que Facebook ne devrait pas supprimer la page du média conspirationniste InfoWars,
dans la mesure où il n'encourage pas la violence

Mercredi de la semaine dernière, Facebook a organisé un événement à New York auquel étaient conviés les journalistes durant lequel l’entreprise a cherché à les convaincre qu'elle s'attaquait aux fake news. Après une courte présentation mettant en exergue les efforts de Facebook pour lutter contre la désinformation, John Hegeman, responsable de News Feed, et Sara Su, spécialiste des produits Facebook pour News Feed, ont répondu aux questions des journalistes.

Oliver Darcy, un journaliste de CNN, a demandé au réseau social comment il pouvait prétendre s'attaquer à la propagation de la désinformation alors qu'il autorise la page InfoWars à rester sur la plateforme. InfoWars produit des talk-shows en ligne et compte plus de 900 000 abonnés sur Facebook. Son principal hébergeur, Alex Jones, compte plus de 2,4 millions d'abonnés sur YouTube. InfoWars aurait publié des informations, manifestement jugées fausses par plusieurs médias mainstream, telles que la théorie du complot que l'école de Sandy Hook en 2012 qui a été invalidée par le gouvernement américain.

« Je suppose que le fait qu’elles soient simplement fausses ne viole pas les standards de la communauté », a déclaré Hegeman, expliquant qu'InfoWars « n'a pas violé quelque chose qui aurait entraîné une suppression ».

Hegeman a ajouté : « Je pense qu'une partie de la chose fondamentale ici est que nous avons créé Facebook pour être un endroit où différentes personnes peuvent avoir une voix et différents éditeurs ont des points de vue très différents ».

Plus tard, Lauren Svensson, une porte-parole de Facebook, a déclaré : « Nous travaillons dur pour trouver le bon équilibre entre encourager la liberté d'expression et promouvoir une communauté sûre et authentique, et nous pensons que le contenu inauthentique de bas niveau atteint cet équilibre ». Elle a ajouté : « En d'autres termes, nous permettons aux gens de l'afficher comme une forme d'expression, mais nous n'allons pas le montrer en haut du fil d’actualités ».


Le PDG de Facebook s’exprime

Visiblement, les différentes ébauches de réponses n’ont pas suffit à mettre fin aux doutes des journalistes puisqu’une semaine plus tard, c’est Mark Zuckerberg qui en a parlé.

En effet, dans un entretien mercredi avec Kara Swisher de Recode, le PDG Mark Zuckerberg a déclaré que Facebook établit une distinction entre l'information qui est objectivement fausse et les mots qui sont destinés à inciter à la violence physique ou « attaquer les individus » verbalement.

« Il y a vraiment deux principes fondamentaux en jeu ici », a-t-il déclaré. « Il y a le fait de donner aux gens une voix afin qu’ils aient la possibilité d'exprimer leurs opinions, puis il y a la sécurité de la communauté, ce qui est, à mon avis, vraiment important. Nous n’allons pas laisser les gens planifier de la violence, s'attaquer les uns les autres ou faire de mauvaises choses. Nous estimons que notre responsabilité est d'empêcher les canulars de devenir viraux et d'être largement distribués ».

Zuckerberg a poursuivi en expliquant que Facebook examinerait les sites qui ont été signalés comme étant des « canulars potentiels », une façon probablement de dire que le réseau tenterait d’en limiter la propagation sur sa plateforme.

« Vous voyez, aussi odieuse que puisse être cette partie de ce contenu, je pense que cela revient à ce principe de donner une voix aux gens », a-t-il poursuivi.

« Même si c'est un canular ? », a insisté Swisher.


« Oui », a affirmé Zuckerberg. « Je veux dire, à un certain niveau, il est difficile d'avoir toujours une ligne claire entre les deux... Je ne défends aucun contenu spécifique ici. Je pense que beaucoup de contenu sont susceptibles d’être concernés. Toutefois, je suis persuadé que lorsque vous entrez dans les discussions autour de la liberté d'expression, il peut vous arriver de traverser la limite de ce qui devrait être … Mais nous devons défendre les droits des gens à dire des choses même si elles peuvent être mauvaises ».

Il a ajouté que Facebook « se dirige vers la politique de désinformation qui vise ou va conduire à de la violence. Nous allons les retirer à cause de leur essence ... Par principes, nous allons retirer de notre plateforme ce qui peut occasionner des dommages réels, des dommages physiques réels, ou des attaques contre des individus. Ce type de contenu n’a pas sa place sur la plateforme. Il y a beaucoup de catégories dans lesquelles nous pouvons entrer, mais il y a un large débat ».

Mais Swisher a rappelé à Zuckerberg que les affirmations répétées d'InfoWars selon lesquelles la fusillade de Sandy Hook a été orchestrée sont des mensonges et « pas un débat ». Zuckerberg a convenu que « c'est faux ». Cependant, si un utilisateur de Facebook attaque une victime de Sandy Hook ou un membre de sa famille, « c'est du harcèlement, et nous allons en faire abstraction ».

Zuckerberg a déclaré que Facebook permettrait même aux négationnistes de l'Holocauste de s’exprimer, « parce que je pense qu'il y a des choses sur lesquelles différentes personnes se trompent, je ne pense pas qu'elles se trompent intentionnellement ». Une affirmation qui semble suggérer que des personnes tenant de tels propos ou ayant de tels points de vue sont en quelque sorte innocemment égarées.

« Il est difficile de s’en prendre à l'intention et même de comprendre l'intention », a poursuivi Zuckerberg. « Pour moi, aussi odieux que certains de ces exemples sont, la réalité est qu’il peut m’arriver de me tromper quand je parle en public. Je suis sûr que cela vous arrive également. Je suis persuadé que beaucoup de dirigeants et de personnalités publiques que nous respectons peuvent également se tromper en public. Aussi, je ne pense pas que la réponse adéquate soit de dire : “Nous allons éjecter quelqu'un de la plateforme s'il se trompe.” À la place, nous avons choisi de dire "OK, vous avez votre page, et si vous n'essayez pas de planifier des attaques contre quelqu'un ou si vous ne vous en prenez à personne, alors vous pouvez mettre ce contenu sur votre page, même si les gens ne sont pas d'accord avec ce contenu ou le trouve offensant. Mais cela ne signifie pas que nous avons la responsabilité de le diffuser largement dans les fils d’actualités” ».

Source : entretien en entier

Et vous ?

Que pensez-vous de ce raisonnement ?

Voir aussi :

Facebook ouvre eXecutable ARchives, un outil de création de paquetages Python exécutables pour Linux et macOS
Allemagne : la justice autorise des parents à accéder au compte Facebook de leur fille décédée après une longue bataille juridique
Le Royaume-Uni inflige la première amende à Facebook liée au scandale Cambridge Analytica, elle s'élève à 500 000 £
Les algorithmes de Facebook identifient la Déclaration américaine d'indépendance comme un discours haineux et suppriment une publication
Cambridge Analytica : des agences fédérales US enquêtent sur les révélations de Facebook pour déterminer le rôle de l'entreprise dans cette affaire
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 20/07/2018 à 9:51
Citation Envoyé par Stéphane le calme Voir le message
Que pensez-vous de ce raisonnement ?
C'est très bien, il faut censurer ce qui est violent et haineux et laisser tout le reste.
Parce que personne ne peut dire "ça c'est vrai", "ça c'est faux".
Sinon c'est un système totalitaire avec un ministère de la vérité.
On ne peut pas forcer les gens à croire en quelque chose.
La liberté d'expression est importante.

Il faut penser au site parodique aussi (même si perso je trouve plus de contenu marrant dans les médias officiels)
https://twitter.com/lagorafisation?lang=fr
Contacter le responsable de la rubrique Accueil