Parcoursup : la validation sur l'application mobile écrase les voeux de certains lycéens
L'application souffrirait-elle d'un bogue ?

Le , par Coriolan, Chroniqueur Actualités
Parcoursup souffrirait-il d’un bogue dans son application mobile ? C’est ce que semblent déclarer des lycéens qui jurent avoir validé définitivement leur voeu dans la filière de leur choix, pour se rendre compte le lendemain de la suppression de la totalité de leurs souhaits.


Rapporté par Marianne, une jeune élève au nom de Mathilde aurait vécu la mauvaise expérience de voir disparaître une proposition d’admission dans une formation qu’elle était pourtant sûre d’avoir acceptée sur l’application mobile. Mathilde raconte avoir été acceptée de façon définitive dans une licence de LEA (langues étrangères appliquées) à la Sorbonne le 28 mai. Heureuse, elle valide son choix le même jour bien avant minuit. Mais le lendemain, elle est prévenue par son professeur principal qu’elle avait perdu toutes ses demandes, y compris celle qu’elle a validée. « J'ai fondu en larmes, raconte Mathilde. Je pensais en avoir fini, avoir ma place pour l'année prochaine et je découvre que j'ai perdu tous mes vœux sans une seule explication ! »

Mais la jeune Mathilde n’a pas lâché prise pour autant, elle décide aussitôt d’appeler le numéro vert de Parcoursup (0 800 400 070) et a pu joindre par la suite le rectorat de Versailles. Finalement, elle a été intégrée sur une liste d’attente puis admise à nouveau à la Sorbonne.

Mathilde n’est pas la seule élève à avoir vécu cette mésaventure, plusieurs lycéens racontent avoir connu la même situation, et certains racontent avoir même perdu leurs dossiers en attente. Mais si les détails diffèrent, il y a bien un seul point commun dans toutes ces histoires : les lycéens ont validé leurs vœux sur l’application mobile et non pas sur le site web.

« On l'a déjà répété plusieurs fois et on continue de le dire, s'agace-t-on à l'académie de Versailles, contactée par l'hebdomadaire. Il ne faut surtout pas valider les vœux sur l'application mobile ! Les consignes ont été communiquées et serinées par tous les professeurs principaux depuis plusieurs semaines".

L’application mobile de Parcoursup serait-elle défaillante ? Oui selon l’académie de Versailles. L’application « rend parfaitement service aux lycéens lorsqu'ils doivent regarder la mise à jour de leurs vœux, explique-t-on. Mais vouloir valider un souhait directement dessus est dangereux : les boutons sont trop petits et on risque facilement de faire une fausse manipulation ».

Pour Claire Guéville, secrétaire nationale responsable des questions lycée au syndicat national des enseignements de second degré (SNES), la disparition des vœux des élèves serait due à la mauvaise ergonomie de l’application. Sur l’appli, difficile pour un lycéen de choisir d’accepter une proposition tout en conservant le reste de ses souhaits en attente. « L'interface est en elle-même peu intuitive, mais c'est pire avec l'application, soupire Claire Guéville. Les élèves ne voient pas le bouton confirmation des vœux en attente et ils oublient de les cocher. Généralement, ils valident la proposition de filière dans laquelle ils ont été acceptés, puis enregistrent le tout. Or, on s'est vite rendu compte qu'il ne fallait surtout pas faire ça, sinon le système écrase l'ensemble de vos vœux ! ;»

Face à cette situation, certains lycées ont demandé à leurs élèves d’éviter d’utiliser l’application mobile de Parcoursup et d’utiliser uniquement un ordinateur. C’est le cas du rectorat de Versailles où cette consigne est diffusée aux étudiants depuis plusieurs mois.

Si L’Académie de Versailles reconnait l’existence d’un dysfonctionnement, le ministère de l’Enseignement de son côté assure que l’application mobile de Parcoursup ne souffre d’aucun problème. « Nous avons vérifié et revérifié. Il s'agit de cas isolés, et nous nous tenons à disposition des candidats s'il y a le moindre problème. »

Les élèves auraient-ils omis de lire les consignes ? Ou bien c’est l’application qui souffre d’un bogue, face à la divergence des points de vue, difficile d’élucider l’origine du problème. Le mieux pour les lycéens serait de valider leur choix sur ordinateur, histoire d’éviter tout problème surtout qu’il s’agit d’un choix dont va dépendre toute leur vie estudiantine et professionnelle. Pour une manipulation pareille, rien n’est mieux qu’une bonne vieille souris !

Source : Marianne

Et vous ?

Pensez-vous que l'application mobile de Parcoursup souffre réellement d'un bogue ?
Ou bien c'est la faute des lycéens qui n'auraient pas respecté les consignes d'utilisation ?

Voir aussi :

Le Ministère de l'Enseignement Supérieur publie l'algorithme de Parcoursup à la veille de ses premières réponses
Parcoursup révèle ses failles : des filles seraient mieux classées que les garçons entre autres injustices, quelles conséquences sur la filière IT ?
Admission Post-Bac (APB) devient Parcoursup et la CNIL clôture la mise en demeure estimant que le gouvernement s'est enfin mis en conformité


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Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 03/06/2018 à 22:07
Et pourquoi n'ont-ils tout simplement pas retiré la validation sur l'application mobile, plutôt que de demander aux professeur de faire relayer la consigner de ne pas valider sur mobile ?

Sinon, une suppression totale, sans confirmations, ni possibilité de retour en arrière ?

Une ergonomie minable sur une application mobile ?

Mouais, c'd'la faute à l'utilisateur...
Avatar de virginieh virginieh - Membre actif https://www.developpez.com
le 04/06/2018 à 9:00
Citation Envoyé par bxdfr Voir le message
Il n'y a aucun moyen depuis la plateforme de parcoursup de connaitre l'origine "sociale" des postulants!!!
Au mieux, il est possible de savoir si un candidat est boursier.
Sachant que si le classement terminé, il n'y à pas un pourcentage de boursier suffisant (fixé par le rectorat ou le ministere, je ne sais plus),
Le classement n'est pas validé.
De plus une fois le classement validé, l'algo remonte automatiquement les boursiers afin que le taux de boursier appelé soit en accord avec le pourcentage fixé.
Donc elle est où la sélection sociale??
Si mettre en fin de liste ou ne pas retenir les personnes ayant 5 de moyenne en math et qui demandent une filière scientifique c'est de la sélection sociale...
Par le lycée d'origine sans doute, dans un reportage que j'ai vu avec le meme genre de note (ceux qui étaient interrogés disaient avoir entre 17 et 18 en maths). Ceux du lycée public étaient en liste d'attente et ceux du lycée privé a coté étaient déjà accepté su un ou plusieurs voeux.
Avatar de arond arond - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 04/06/2018 à 9:17
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Et pourquoi n'ont-ils tout simplement pas retiré la validation sur l'application mobile, plutôt que de demander aux professeur de faire relayer la consigner de ne pas valider sur mobile ?

Sinon, une suppression totale, sans confirmations, ni possibilité de retour en arrière ?

Une ergonomie minable sur une application mobile ?

Mouais, c'd'la faute à l'utilisateur...
Le détenteur de l'applis c'est l'état pas le rectorat de Versaille qui lui a fait son boulot et c'est rendu compte que l'application faisait de la merde donc il prévient les élèves. Mais il ne peut rien faire d'autre.
Avatar de Marco46 Marco46 - Modérateur https://www.developpez.com
le 04/06/2018 à 9:52
Citation Envoyé par Coriolan Voir le message
Si L’Académie de Versailles reconnait l’existence d’un dysfonctionnement, le ministère de l’Enseignement de son côté assure que l’application mobile de Parcoursup ne souffre d’aucun problème. « Nous avons vérifié et revérifié. Il s'agit de cas isolés, et nous nous tenons à disposition des candidats s'il y a le moindre problème. »
J'adore ce genre de phrase : "Il n'y a pas de problème ! Pas de bugs ! Ah en fait si dans quelques cas ..."

Bon de toute façon il y a un système de logs professionnels, ça déverse tout dans une stack ELK donc pas de soucis ils sont déjà entrain de reconstruire le parcours uti ... Ah en fait non

Ah la la, pauvre Mathilde qui ne savait pas qu'il y a une partie de l'appli qu'il ne faut pas utiliser, malgré les alertes bienveillantes des profs (ouf on a fait le boulot, on a dit qu'il fallait pas cliquer ici et là) ...

Si c'est ça la mise en œuvre des réformes Macron et leur numérisation surtout arrêtez le massacre, j'ai très peur pour le prélèvement à la source là ...
Avatar de Luckyluke34 Luckyluke34 - Membre émérite https://www.developpez.com
le 04/06/2018 à 10:08
Citation Envoyé par bxdfr Voir le message
Il n'y a aucun moyen depuis la plateforme de parcoursup de connaitre l'origine "sociale" des postulants!!!
Au mieux, il est possible de savoir si un candidat est boursier.
C'est faux. Tout un tas de données sont disponibles, par exemple, l'établissement d'origine : les algorithmes locaux peuvent tenir compte de la moyenne au bac de cet établissement. C'est qui se fait dans les filières sélectives mais aussi de l'aveu de certains responsables d'université dans des filières non sélectives comme à Paris Descartes (au nom de "15 de moyenne dans tel établissement ne vaut pas 15 dans tel autre", ce qu'on peut discuter).
Avatar de droper droper - Membre du Club https://www.developpez.com
le 04/06/2018 à 14:19
Est-ce que quelqu'un est vraiment étonné qu'il y ait des bugs ? Je veux dire la décision de supprimer APB a été prise fin septembre, pour une mise en prod en Janvier (je ne dis pas que tout était fini en janvier non plus hein), par les mêmes personnes qui ont publié un code source sur papier, le tout devant gérer les vœux d'un million de personnes avec un nombre de variables qui n'est pas piqué des hannetons... Bien sûr qu'il y a des trucs qui ont été bâclés parce que plus de temps et/ou push sans tests...
Avatar de Grogro Grogro - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 04/06/2018 à 14:36
Citation Envoyé par Marco46 Voir le message
Si c'est ça la mise en œuvre des réformes Macron et leur numérisation surtout arrêtez le massacre, j'ai très peur pour le prélèvement à la source là ...
Macron, ou Hollande, ou Fillon à la barre, le prélèvement à la source aurait été un projet cathédrale tout aussi hasardeux, casse-gueule, et potentiel fiasco monumental. Qui a dit Louvois ?

Parce que ce sont des projets du secteur public ? Parce que trop de précipitation, trop de complexité, trop de bureaucratie, trop de politique ? Parce que la (ou les) SSII qui héritent du contrat juteux n'osent pas poser leurs couilles sur la table en comité de pilotage quand le client est trop perché, trop déconnecté du métier et lui-même n'ose pas bouger le petit doigt devant son N+1 de peur de se prendre le coup de marteau ? Préfère saboter le travail du chef de service voisin dans l'espoir de prendre la place du N+1 ?

Je sais bien qu'on a jamais appris la culture de l'échec en France, et qu'un échec est toujours considéré comme une "faute morale", mais on ferait quand même bien de s'asseoir autour d'une table pour analyser pourquoi Louvois a merdé. Pourquoi Parcoursup va merder.
Avatar de Marco46 Marco46 - Modérateur https://www.developpez.com
le 04/06/2018 à 17:20
Pourquoi ? Mais c'est très simple, l'informatique ne peut pas se sous-traiter comme on sous-traite le nettoyage des bureaux comme une activité comme une autre dans la vie de l'entreprise. Le numérique est consubstantiel au métier qu'il numérise. C'est une tautologie mais apparemment c'est pas clair pour tout le monde.

Quand on sous-traite une compétence, on perd la compétence, on devient littéralement incompétent. Toute structure qui n'a pas d'informaticien en interne ( et bien adapté au besoin, ça sert à rien d'avoir un expert Cobol pour faire du web et inversement ) est aveugle et en totale dépendance de ses prestataires.

Alors je dis pas que c'est interdit d'avoir une partie de l'équipe en tant que presta, mais une partie seulement.

Les projets qui échouent ont souvent comme caractéristiques d'être menés par des gens qui sont incompétents techniquement et qui n'ont donc aucune notion de quoi que ce soit à propos des décisions qu'ils prennent.

Par exemple pour Parcoursup on va demander à un chercheur sorti de je ne sais où qui explique lui même qu'il n'est pas un développeur pro pour pondre l'algo. On va prendre tel presta pour l'exploitation, tel autre pour le site web, tel autre pour l'appli mobile, et voilà c'est le gros bordel.

Ça devrait être géré de manière intégrée par le service informatique du ministère concerné avec des informaticiens qui sont pénétrés par le "métier" depuis longtemps, qui à prendre du renfort en régie sur telle ou telle techno web ou mobile pour finaliser les fronts. Point barre.

Il est là le problème. Et ce qui est formidable c'est que les gestionnaires pensent réaliser des économies en fonctionnant comme maintenant ! J'adorerais voir les factures de ce système !

Et ça va être la même merde avec l'impôt à la source, ça sent le gros raté tout le monde dit qu'il manque au moins un an.

Bref, c'est pas un problème de culture de l'échec, c'est simplement de l'incompétence et ça démarre tout en haut avec des dates de livraisons inscrites dans le marbre avant toute analyse.
Avatar de bxdfr bxdfr - Membre du Club https://www.developpez.com
le 04/06/2018 à 22:42
Citation Envoyé par Luckyluke34 Voir le message
C'est faux. Tout un tas de données sont disponibles, par exemple, l'établissement d'origine : les algorithmes locaux peuvent tenir compte de la moyenne au bac de cet établissement. C'est qui se fait dans les filières sélectives mais aussi de l'aveu de certains responsables d'université dans des filières non sélectives comme à Paris Descartes (au nom de "15 de moyenne dans tel établissement ne vaut pas 15 dans tel autre", ce qu'on peut discuter).
heu... comment tu définis "sélection sociale"?
Celui qui à 6 de moyenne en math et demande une filiere scientifique, il n'est pas retenu parcequ'il n'a visiblement pas le niveau.
Il faudrait avoir un critere "fils/filles de .." tu remplaces le ... pas ce que tu veux : ouvrier, chomeur, parent isolé, cadre, etc
et donc si c'est ouvrier, tu le prend quand même... ?
Et pour être bien politiquement correct, si c'est un enfant de cadre, mais qu'il n'a que 12 tune le prend pas parceque papa/maman ont les moyens de lui payer une école privée s'il n'est pas prit ?
ayant fait parti d'une commission, je confirme que toutes les filieres ne se valent pas:
15 en math en bac pro, c'est pas 15 en math en bac sti2d qui n'est pas équivalent à 15 en math en bac S.
Après je pense que seule les grandes villes peuvent appliquer une sorte de discrimination en fonction de l'établissement d'origine.
N'étant que dans une ville moyenne nous n'avions pas ce luxe, ni même l'esprit assez tordu pour ça.
Avatar de fredoche fredoche - Membre émérite https://www.developpez.com
le 05/06/2018 à 10:08
Marco46

Il y a 2 ans de cela j'ai fait le trajet Chalon-Liège via blablacar avec un jeune ingénieur Arts et Métiers qui sortait de deux ans de mission sur Louvois.

Blablacar donc blabla. C'était très instructif j'ai trouvé. Le gars avait fini par démissionner après un réel burn-out. A 26 ans je crois... après un beau parcours scolaire qui démontre tant de potentiels, quel gâchis...

Embauché sorti d'école, balancé consultant pour la mission, soumis à des reporting hebdo destinés à nourrir des chefs qui doivent en faire tout autant pour leurs supérieurs, engagé dans un projet tentaculaire et inerte, livré à lui-même comme probablement tous les "consultants" placés sur ces missions, sans soutien en cas de problème ou de vague à l’âme.
Pour moi un condensé de tous ces travers liés à la prestation de service à la sauce ESN/SSII.
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