Les tests de voitures autonomes se multiplient en France
Simple course à la technologie ou réponse à un véritable besoin ?

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
L’industrie des véhicules autonomes est en pleine croissance. D'une aide limitée au pilotage à l'automatisation totale, les constructeurs automobiles s’acharnent pour limiter l’intervention humaine, en mettant en avant un certain nombre d'avantages comme aider les personnes âgées ou ayant un handicap ou encore, comme certains le disent, éviter les accidents routiers causés par les erreurs humaines, etc.

D'après Franck Cazenave, spécialiste du sujet chez Bosch France, « il y a une véritable lutte pour attirer les investissements en R & D et les meilleurs ingénieurs » dans le domaine des voitures autonomes. C'est le cas notamment dans des pays comme les États-Unis, le Japon ou l'Allemagne, qui ont pris de l'avance dans la course aux voitures autonomes. Dans certaines villes américaines, les voitures sans chauffeur sillonnent déjà les rues.

Conscient de l'enjeu, Emmanuel Macron a annoncé en août dernier que les voitures autonomes et l'intelligence artificielle font partie de ses priorités, dans le domaine du numérique. Le Président français a exprimé son souhait de voir la France s’imposer dans ces domaines et pour y arriver, il estime que le pays doit contribuer à définir les normes et la réglementation du secteur numérique à l'échelle européenne ; ce qui devrait au moins passer par un duo franco-allemand. « La France ne sera attractive que si elle pèse sur les règles qui prévalent au plan international. Je souhaite qu'elle s'engage plus résolument dans les instances qui les conçoivent et les édictent et plus largement qu'elle redevienne un lieu qui pense le monde », disait-il. « Si nous voulons réussir dans le véhicule autonome, nous devons au niveau européen en définir les normes et le faire au moins en franco-allemand… », a-t-il expliqué.

Faisant l'écho d'Emmanuel Macron, le Premier ministre Édouard Philippe a également désigné le véhicule autonome comme une priorité et nommé en novembre dernier Anne-Marie Idrac, ancienne secrétaire d'État aux transports et patronne de la RATP, haute responsable pour la stratégie nationale de développement des véhicules autonomes. À cet effet, une première feuille de route doit être présentée en mai 2018. Mais déjà, les tests de véhicules autonomes sur route ouverte se multiplient dans l'Hexagone.


Depuis deux ans et demi, les expériences de ce type sur route dite « ouverte » se multiplient dans l'Hexagone, rapporte le quotidien Les Echos. PSA, Renault et Valeo ont obtenu des dérogations pour tester leurs véhicules autonomes sur les routes françaises. PSA a été le premier, mi-2015, à obtenir une autorisation pour tester ses voitures autonomes sur autoroute en France et il compte aujourd'hui 12 véhicules en test sur autoroutes et voies rapides. « Nous totalisons aujourd'hui plus de 150 000 kilomètres d'essais », indique Vincent Abadie, responsable du véhicule autonome chez PSA.

Depuis un an et demi, l'équipementier automobile français Valeo lui aussi teste ses véhicules autonomes sur autoroute, sur les départementales et même dans la ville de Paris. D'après Guillaume Devauchelle, directeur de l'innovation de Valeo, « cela nous permet de tester des situations compliquées, dans lesquelles il est impossible de respecter le code de la route, par exemple, si on ne veut pas rester bloqué. »

Pour ces acteurs de la voiture autonome, l'objectif est d'accumuler l'expérience et valider leurs technologies. « Nous étudions le comportement du véhicule dans le plus de situations possible, et nous complétons par de la simulation », a ajouté Guillaume Devauchelle. Chez Renault et PSA, il s'agit de pouvoir commercialiser des fonctions d'autonomie en série dans quelques années. Renault par exemple espère proposer du « Niveau 4 » sur autoroute en 2023. Pour information, un niveau 4 d'autonomie (sur une échelle qui en compte 5) signifie que la technologie est assez robuste pour que le conducteur puisse détacher complètement son attention de la route, car le véhicule est capable de se mettre en sécurité tout seul.

Comme l'explique Les Echos, pour l'instant, la réglementation n'autorise pas un tel niveau. La France a en effet ratifié la Convention de Vienne, qui impose que le conducteur ait le contrôle total de son véhicule, avec les deux mains sur le volant. Pour expérimenter un tel niveau, il est donc nécessaire d'obtenir des dérogations du ministère des Transports, et il y en a une quarantaine qui a déjà été accordée. Ces dérogations exigent toutefois qu'il y ait un superviseur dans le véhicule, prêt à reprendre le contrôle.

C'est bien tout cela, mais il y a un problème. C'est que, dans le monde entier, cette industrie prometteuse pourrait provoquer des pertes d’emploi importantes. Une étude de Goldman Sachs par exemple, publiée l'année dernière, prédit qu'à terme les voitures autonomes et semi-autonomes pourraient supprimer 25 000 emplois par mois aux États-Unis seulement, avec comme principales victimes les chauffeurs de poids lourds plus que tout autre conducteur professionnel. Précisons-le, il s'agit du nombre d'emplois qui seront supprimés lorsqu'on atteindra le plein impact des voitures autonomes (lorsque le marché atteindra son pic) ; ce qui est quand même à plusieurs décennies devant nous, reconnait Goldman Sachs. Le rapport affirme encore que ces effets peuvent être retardés par la régulation et une adoption plus lente des voitures autonomes. Qu'en sera-t-il en France ? La France est-elle prête à adopter les voitures autonomes avec une maitrise des effets négatifs sur la société ?

Source : Les Echos

Et vous ?

Que pensez-vous des ambitions de la France pour les voitures autonomes ?
Simple course à la technologie ou réponse à un véritable besoin ?
Quel sera l'impact de cette technologie sur la société ? Les avantages et les inconvénients.
La France est-elle prête à faire face aux conséquences des voitures autonomes ?

Voir aussi :

Véhicule autonome et IA : Macron pense encore à un duo franco-allemand pour définir les règles à l'échelle européenne et contrer les géants US
USA : les voitures autonomes pourraient, à terme, supprimer 25 000 emplois par mois, d'après un rapport de Goldman Sachs
Les véhicules autonomes de Nissan pourront être conduits par la pensée, en utilisant discrètement l'IA pour améliorer l'expérience de conduite


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Avatar de wolinn wolinn - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 12:12
Pour l'instant, je peux conduire, mais quand j'aurais 20 ou 30 ans de plus,peut-être que j'apprécierai bien de me laisser transporter par un véhicule automatique. Quand cela existera, je serais probablement preneur.
Et même maintenant, que de temps perdu lorsque toute l'attention est mobilisée par la conduite. Lorsque je vais à Paris en TGV, je peux lire, travailler dans le train, c'est du temps valorisable. Je me déplace assez peu en voiture, mais lorsque j'y suis obligé pour déplacements professionnels lorsque les transports en communs sont inadaptés, le trajet est vraiment du temps perdu, des heures sur l'autoroute et dans les embouteillages.
Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 12:23
Personnellement, au delà des questions juridiques sur la responsabilité en cas d'accidents, ce qui m'inquiète le plus, c'est le duo explosif "voiture autonome" et "voiture connecté".
Avatar de RyzenOC RyzenOC - Inactif https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 13:06
avec le passage à 80km/h, la multiplication des radars et autres méthodes de contrôles (bientôt des drones ?) je pense qu'a terme on aura pas trop de choix de toute manière...
Je suis pas un fou du volant mais j'ai le sentiment que la sécurité routière n'a plus pour objectif premier la sécurité mais la rentabilité, quand on en arrive à investir des millions en R&D pour concevoir des radars automatiques comme "Le Mesta Fusion" qui est une véritable prouesse technologique (au sens technique du terme)

Pour moi les voitures autonomes serons plus un moyen d’être enfin libérer des radars qu'une aide pour les vieux/personnes incapable de conduire.

Quel sera l'impact de cette technologie sur la société ? Les avantages et les inconvénients.
Je pense pas que la voiture 100% autonome existera, pas à court et moyen terme en tous cas, la loi et les assureurs imposerons toujours d'avoir les mains sur le volant
Mais quand bien meme les avantages serons :
plus d’amende pour excès de vitesse
nombre de mort sur la route réduit drastiquement (enfin vaudrait mieux sinon y'a un problème quelque part...)
en tous cas l'ia pourrais empêcher les drames de la route liée à l'alcool ou la fatigue, ou les virages pris un peu trop rapidement. Y'aura toujours des morts, y'aura toujours un piéton/gibier qui traversera au mauvais moment ou un rocher qui tombera de la montagne au mauvais moment.
personnes âgées/handicapé pourrons se déplacer plus facilement

Inconvénient :
Les métiers de chauffeurs vont peut etre disparaitre ? (bus, camion, taxis)
c'est une question car entre avoir une voiture autonome qui aide le conducteur et une voiture 100% autonome sans volant ni aucune commande et qui conduit toute seul il y'a un gouffre qui risque de prendre du temps, pas forcément d'un point de vue technique mais d'un point vu législatif et mème physiologique.
Et encore d'un point de vue technique on ne peut pas affirmer être capable de concevoir une IA capable de rouler partout, en campagne par exemple, cela ne sera peut être jamais possible à moins de refaire/transformer les routes (en mettant des capteur par exemple dans les routes)

Actuellement, la législation est assez simple : la voiture autonome n'est juste qu'un moyen de sécurité supplémentaire comme la ceinture, les airbags...
le conducteur doit toujours être maitre de son véhicule et en cas d'accident c'est lui le responsable pas l'ia ni l'entreprise qui la conçue.

Donc en 2018, on ne peut dire si les voitures autonome vont mettre au chômage les chauffeurs. En 2018 les avions et les bateaux ont encore des pilotes pourtant les pilotes automatiques sur ces machines existe depuis belle lurette et sont capable de piloter toute seul, pourquoi y'a encore des pilotes humains dans les avions ? donc les chauffeurs de taxis on encore du taff pendant pas mal d'années.
Avatar de - https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 13:44
Moins de mort. (si pas de mode manuel)
Possible impôt sur l'émission de gaz.
Préparation de l'arrivé des voitures volantes. (sans oiseaux pour moins de morts)

[spoiler]
AREE
[/spoiler]

Citation Envoyé par Neckara Voir le message
[...]c'est le duo explosif "voiture autonome" et "voiture connecté".
Le temps de se rendre compte que la voiture va faire une bourde ?

Citation Envoyé par RyzenOC Voir le message

[...]
Les métiers de chauffeurs vont peut etre disparaitre ? (bus, camion, taxis)
[...]
Tu oubli les trains et les avions.
Il y a toujours du personnel de bord près du défibrillateur et des toilettes au minimum.
Qui donnera les tickets et effectuera les contrôles, l'arrêt de "bus"/"autocar" ou similaire autolib ?

Je te parle même pas des passages de douane sachant que la libre circulation en Europe des européens permet à des non européen de passer d'un pays à l'autre dans certaine villes... Déjà que les gares ferroviaire vont ressembler à des aéroports bientôt...

Les lunettes ne sont pas que USA et Chine.
Avatar de Conan Lord Conan Lord - Membre expert https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 14:19
Je sais qu'il ne faut pas sous-estimer la vitesse du progrès technologique, mais m'est avis que le jour où les voitures autonomes seront suffisamment autonomes et suffisamment abordables pour combler un réel besoin (à savoir transporter ceux qui ne conduisent pas), il n'y aura plus de place sur les routes pour faire circuler tout ce beau monde à raison d'une ou deux personnes par voiture.
Avatar de arond arond - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 14:38
Citation Envoyé par Conan Lord Voir le message
Je sais qu'il ne faut pas sous-estimer la vitesse du progrès technologique, mais m'est avis que le jour où les voitures autonomes seront suffisamment autonomes et suffisamment abordables pour combler un réel besoin (à savoir transporter ceux qui ne conduisent pas), il n'y aura plus de place sur les routes pour faire circuler tout ce beau monde à raison d'une ou deux personnes par voiture.
Sauf si l'on ajoute deux facteurs dans l'équation :
1) Suppression (progressive ou non) du droit de "conduire" des voitures non autonomes, sa forcerait tout le monde à se rééquipper en voiture avec IA et sa ferait plaisir à macron et ses copains pdg. (je cite macron mais sa n'aura pas lieu avant un long moment 10-20 ans)
2) Grâce au 1 une fois débarassé de toutes ces voitures non autonomes on pourra augmenter les vitesses des voitures autonomes sur les routes puisque se sont des ordinateurs temps qu'on ne dépassera pas un certain seuil(puisse processeur) on pourra augmenter la vitesse des voitures largement au dessus de ce qu'un humain peut accomplir sans accident .
Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 14:49
Citation Envoyé par arond Voir le message
1) Suppression (progressive ou non) du droit de "conduire" des voitures non autonomes
Je pense que ça va trop gueuler pour que ce soit applicable, parce que pour certains, conduire est une passion.

De plus, il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas que des voitures sur les routes, il y a des motos, des tracteurs, des cyclistes, des piétons, des animaux, etc.

Citation Envoyé par arond Voir le message
2) Grâce au 1 une fois débarassé de toutes ces voitures non autonomes on pourra augmenter les vitesses des voitures autonomes sur les routes puisque se sont des ordinateurs temps qu'on ne dépassera pas un certain seuil(puisse processeur) on pourra augmenter la vitesse des voitures largement au dessus de ce qu'un humain peut accomplir sans accident .
Il n'y a pas que la probabilité de l'accident, mais aussi son impact. Il y a fort à parier qu'on conservera toujours une "roue de secours", de faire en sorte que même en cas d'accident, l'impact de l'accident ne soit pas trop important.
Avatar de arond arond - Membre expérimenté https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 14:55
Citation Envoyé par Neckara Voir le message
Je pense que ça va trop gueuler pour que ce soit applicable, parce que pour certains, conduire est une passion.
.
Oh tu penses qu'ils représentent plus de 50% de l'électorat et que nos chers médias ne vont pas les diaboliser un peu ? cela suffira à faire taire ceux qui seront les moins motivés. Qui restera-t-il ensuite pour se plaindre ?

Citation Envoyé par Neckara Voir le message

De plus, il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas que des voitures sur les routes, il y a des motos, des tracteurs, des cyclistes, des piétons, des animaux, etc.

Il n'y a pas que la probabilité de l'accident, mais aussi son impact. Il y a fort à parier qu'on conservera toujours une "roue de secours", de faire en sorte que même en cas d'accident, l'impact de l'accident ne soit pas trop important.
J'avais pas pensé aux animaux et autres c'est pas faux.
Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 15:19
Citation Envoyé par arond Voir le message
Oh tu penses qu'ils représentent plus de 50% de l'électorat et que nos chers médias ne vont pas les diaboliser un peu ? cela suffira à faire taire ceux qui seront les moins motivés. Qui restera-t-il ensuite pour se plaindre ?
Ce n'est pas tant la capacité à représenter la majorité de l'électorat qui compte, que la capacité de nuisance.
Pour bloquer des routes, comme le font les agriculteurs, ou pour bloquer des trains, comme le font les cheminots, une petite minorité suffit à se faire entendre, et à faire pression.

De plus, j'ai parlé de passionnés, mais il y a aussi les personnes qui vont s'y opposer pour des raisons politico-philosophico-idéologique. Avec un peu de chance cette interdiction sera incompatible avec certains grands principes juridiques.

Bref, je pense que rien n'est dit actuellement.
Avatar de ddoumeche ddoumeche - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 16:02
Citation Envoyé par wolinn Voir le message
Pour l'instant, je peux conduire, mais quand j'aurais 20 ou 30 ans de plus,peut-être que j'apprécierai bien de me laisser transporter par un véhicule automatique. Quand cela existera, je serais probablement preneur.
Et même maintenant, que de temps perdu lorsque toute l'attention est mobilisée par la conduite. Lorsque je vais à Paris en TGV, je peux lire, travailler dans le train, c'est du temps valorisable. Je me déplace assez peu en voiture, mais lorsque j'y suis obligé pour déplacements professionnels lorsque les transports en communs sont inadaptés, le trajet est vraiment du temps perdu, des heures sur l'autoroute et dans les embouteillages.
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