Theresa May appelle les entreprises d'Internet à installer des portes dérobées magiques
Que seuls les services de sécurité pourront exploiter

Le , par Christian Olivier

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Le débat qui entoure le chiffrement des conversations dans les applications de messagerie voit généralement s’affronter deux courants de pensée radicalement opposés. D’un côté, il y a les agences de renseignement et les services de sécurité gouvernementaux comme le FBI qui estiment que le chiffrement, ou du moins, la manière dont il est implémenté au sein des applications concernées les empêchent de mener à bien ses missions. D’un autre côté, il y a ceux qui soutiennent le principe sacrosaint du respect de la vie privée et considèrent le chiffrement comme une solution indispensable pour garantir la protection des données personnelles échangées sur ces applications.

Depuis plusieurs mois, le gouvernement britannique emmené par Theresa May, la Première ministre, milite activement pour la création d’un nouvel Internet qui serait contrôlé et réglementé par l’État en invoquant la nécessité d’assainir ce milieu. Cette dernière profite, d’ailleurs, de chaque occasion qui lui est offerte pour exprimer ses préoccupations vis-à-vis de la gestion actuelle d’Internet.

En mai dernier, elle a, par exemple, présenté un manifeste exposant les différents changements que son parti souhaitait instituer en ce qui concerne la gestion d’Internet. Selon elle, l’adoption et la mise en application des recommandations fournies dans ce manifeste pourraient permettre à la Grande-Bretagne de « ;mieux combattre le terrorisme en limitant les moyens de communication en ligne des terroristes ;» et de devenir « ;le leader mondial de la régulation des données personnelles et d’Internet ;».

Le gouvernement britannique estime notamment que les terroristes sont des « ;utilisateurs fréquents d’applications de messagerie chiffrées ;», WhatsApp et Telegram figurant parmi les plus populaires, et que l’incapacité à accéder aux conversations chiffrées des terroristes empêche les services de sécurité de mener à bien leur mission. C’est l’argument principal qu’il met systématiquement en avant pour justifier la mise en place par les éditeurs des logiciels concernés de portes dérobées qui permettraient de contourner la technologie de chiffrement de bout en bout utilisée par ces derniers.


Plus récemment, Theresa May a profité de son passage à la tribune du Forum économique mondial (WEF) édition 2018 qui se déroulait à Davos, en Suisse, pour réitérer ses appels à une attitude plus responsable de la part des entreprises technologiques. Elle a une nouvelle fois souligné l’importance de l’installation de portes dérobées au sein d’applications de messagerie utilisant une technique de chiffrement de bout en bout afin que les forces de l’ordre puissent accéder aux communications de chacun à la demande et en veillant à ce que personne d’autre ne puisse en abuser.

Theresa May estime que des règles et des lois mieux adaptées au contexte sécuritaire actuel sont nécessaires pour recadrer la gestion d’Internet. Elle a notamment insisté sur le fait qu’il faille mettre à contribution les entreprises d’Internet et que ces dernières devraient faire davantage pour aider les gouvernements à lutter contre le terrorisme. La Première ministre britannique a pris l’exemple de l’application de messagerie chiffrée Telegram qui a récemment été accusée par l’Iran d’encourager la contestation et le soulèvement armé et de soutenir le terrorisme après des manifestations contre le gouvernement local.

« ;Nous avons besoin de réponses interprofessionnelles parce que les plateformes plus petites peuvent rapidement devenir le repère des criminels et des terroristes ;», a déclaré May avant de lancer : « ;Personne ne veut être connu comme “la plateforme des terroristes” ou l’application de premier choix des pédophiles. »

Les entreprises d’Internet essayent, pour leur part, de faire comprendre aux politiciens qu’il n’existe aucune « solution magique » qui permettrait d’introduire une porte dérobée dans un système afin de permettre l’accès à un groupe particulier sans que ce même « ;backdoor ;» ne puisse être découvert et éventuellement exploité par un groupe différent qui aurait des intentions moins louables. Quel que soit le procédé utilisé par les services de sécurité d’un État pour contourner le chiffrement de bout en bout des applications, il y a de fortes chances qu’il tombe plus tard entre les mains de pirates informatiques ou de cybercriminels peu respectueux de l’éthique ou de la législation.

Source : WE Forum

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Avatar de vanskjære
Membre averti https://www.developpez.com
Le 29/01/2018 à 11:41
Moi ça me fait juste pensais à ça



sinon comme d'habitude on est sur un système présentant une porte......tout le monde peut la prendre et si les autorité en ont la clé, autrui peux crocheter la serrure...
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Avatar de John Bournet
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 29/01/2018 à 11:59
« ;Personne ne veut être connu comme “la plateforme des terroristes” ou l’application de premier choix des pédophiles ;»

Ayez peur, je m'occupe du reste.
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Avatar de VivienD
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 29/01/2018 à 12:56
Citation Envoyé par Christian Olivier Voir le message
Theresa May appelle les entreprises d’Internet à installer des portes dérobées magiques
Que seuls les services de sécurité pourront exploiter

[...]
Ça commence fort, très fort.

Citation Envoyé par Christian Olivier Voir le message
[...]

Depuis plusieurs mois, le gouvernement britannique emmené par Theresa May, la Première ministre, milite activement pour la création d’un nouvel Internet qui serait contrôlé et réglementé par l’État en invoquant la nécessité d’assainir ce milieu. [...]
L'emploi du verbe "assainir" n'est en aucun cas anodin ou bénin. Honnêtement, ça me fait penser à certains personnages historiques connus pour leurs fameuses purges.

Citation Envoyé par Christian Olivier Voir le message
[...]

Le gouvernement britannique estime notamment que les terroristes sont des « ;utilisateurs fréquents d’applications de messagerie chiffrées ;», WhatsApp et Telegram figurant parmi les plus populaires, et que l’incapacité à accéder aux conversations chiffrées des terroristes empêche les services de sécurité de mener à bien leur mission. C’est l’argument principal qu’il met systématiquement en avant pour justifier la mise en place par les éditeurs des logiciels concernés de portes dérobées qui permettraient de contourner la technologie de chiffrement de bout en bout utilisée par ces derniers.

[...]
Argument phare du sécuritarisme. Quand bien même les terroristes utilisent majoritairement les services de messagerie chiffrés de bout en bout, il ne faut surtout pas oublier que la très forte majorité des utilisateurs de ces services sont des personnes qui n'ont strictement rien à voir avec le terrorisme.

Citation Envoyé par Christian Olivier Voir le message
[...]

Plus récemment, Theresa May a profité de son passage à la tribune du Forum économique mondial (WEF) édition 2018 qui se déroulait à Davos, en Suisse, pour réitérer ses appels à une attitude plus responsable de la part des entreprises technologiques. Elle a une nouvelle fois souligné l’importance de l’installation de portes dérobées au sein d’applications de messagerie utilisant une technique de chiffrement de bout en bout afin que les forces de l’ordre puissent accéder aux communications de chacun à la demande et en veillant à ce que personne d’autre ne puisse en abuser.

Theresa May estime que des règles et des lois mieux adaptées au contexte sécuritaire actuel sont nécessaires pour recadrer la gestion d’Internet. Elle a notamment insisté sur le fait qu’il faille mettre à contribution les entreprises d’Internet et que ces dernières devraient faire davantage pour aider les gouvernements à lutter contre le terrorisme. La Première ministre britannique a pris l’exemple de l’application de messagerie chiffrée Telegram qui a récemment été accusé par l’Iran d’encourager la contestation et le soulèvement armé et de soutenir le terrorisme après des manifestations contre le gouvernement local.

« ;Nous avons besoin de réponses interprofessionnelles parce que les plateformes plus petites peuvent rapidement devenir le repère des criminels et des terroristes ;», a déclaré May avant de lancer : « ;Personne ne veut être connu comme “la plateforme des terroristes” ou l’application de premier choix des pédophiles ;».

[...]
Je passe outre l'opportunisme et les arguments douteux de Theresa May. Toutefois, une question subsiste: pourquoi avoir employé le soulèvement iranien contre le gouvernement comme exemple "prouvant" la nécessité de leurs mesures sécuritaires?

Citation Envoyé par Christian Olivier Voir le message
[...]

Les entreprises d’Internet essayent, pour leur part, de faire comprendre aux politiciens qu’il n’existe aucune « solution magique » qui permettrait d’introduire une porte dérobée dans un système afin de permettre l’accès à un groupe particulier sans que ce même « ;backdoor ;» ne puisse être découvert et éventuellement exploité par un groupe différent qui auraient des intentions moins louables. Quel que soit le procédé utilisé par les services de sécurité d’un État pour contourner le chiffrement de bout en bout des applications, il y a de fortes chances qu’il tombe plus tard entre les mains de pirates informatiques ou de cybercriminels peu familiers de l’éthique ou de la législation.

[...]
Une réponse raisonnable et sensée de la part des dites entreprises; dommage que les sécuritaristes souffrent d'une telle surdité sélective.
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Avatar de VivienD
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 29/01/2018 à 14:53
Certes, mais Edward Snowden n'est pas le seul: n'oublions pas, entre autres, Julian Assange qui est encore coincé à l'ambassade équatorienne à Londres (juste sous le nez de Theresa May).
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Avatar de micka132
Membre expert https://www.developpez.com
Le 29/01/2018 à 14:48
Citation Envoyé par VivienD Voir le message
Une réponse raisonnable et sensée de la part des dites entreprises; dommage que les sécuritaristes souffrent d'une telle surdité sélective.
Moi je crois que c'est du vent pour faire oublier Snowden. Les gouvernements ne peuvent plus espionner parceque les entreprises ont des solutions imparables. Ben voyons !
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Avatar de micka132
Membre expert https://www.developpez.com
Le 29/01/2018 à 15:03
Citation Envoyé par Zirak Voir le message
Bref, que c'est faisable de mettre une porte dérobée, mais que cela ne résoudra pas le problème.
J'ai bien compris le message, je dis qu'il est uniquement là pour noyer le poisson, parceque leurs échanges laissent supposer que les gouvernements ne peuvent rien faire sans l'aide des entreprises. Or le but d'une agence de sécurité/hack et de précisément trouver des moyens non conventionnels de subtiliser des informations...ca n'est pas dans leurs habitudes de demander le mot de passe ou la clef. Sauf dans une histoire à dormir debout où tout le monde est bien protégé.
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Avatar de yoyo3d
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 29/01/2018 à 12:01
pourraient permettre à la Grande-Bretagne de « ;mieux combattre le terrorisme en limitant les moyens de communication en ligne des terroristes ;» et de devenir « ;le leader mondial de la régulation des données personnelles et d’Internet ;».
rien que ça..
Ce qu'ils ne semblent pas comprendre avec leurs demandes de backdoor, c'est que une fois que ce sera officiel et accepté par tous, les terroristes (et seulement heu hein pas les gentils) trouverons une autre façon de communiquer...pas cons les terroristes...
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Avatar de Christian Olivier
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 29/01/2018 à 12:15
Citation Envoyé par vanskjære Voir le message
Moi ça me fait juste pensais à ça



sinon comme d'habitude on est sur un système présentant une porte......tout le monde peut la prendre et si les autorité en ont la clé, autrui peux crocheter la serrure...
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Avatar de Zirak
Inactif https://www.developpez.com
Le 29/01/2018 à 14:55
Citation Envoyé par micka132 Voir le message
Moi je crois que c'est du vent pour faire oublier Snowden. Les gouvernements ne peuvent plus espionner parceque les entreprises ont des solutions imparables. Ben voyons !
Euh, ce n'est pas du tout ce qu'ils disent...

Ces entreprises expliquent aux gouvernements qu'elles ne peuvent pas mettre des portes dérobées utilisables seulement par le gouvernement. Et que si portes dérobées il y a, elles finiront tôt ou tard par être découvertes et utilisées par des gens mal intentionnés ne faisant pas parti du gouvernement.

Bref, que c'est faisable de mettre une porte dérobée, mais que cela ne résoudra pas le problème.
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Avatar de gagouze2
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 29/01/2018 à 16:24
Je n'est qu'une seule solution invertir dans le dévellopement des machines quantiques

mais bon c'est pas pour demain.

Et cette solution ne dureras qu'un temps le délinquant à toujours un temps d'avance sur gendarmes.
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