Washington appelle l'Iran à stopper la censure des réseaux sociaux
Mais Téhéran estime qu'ils encouragent la contestation et le soulèvement armé

Le , par Christian Olivier

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Le Département d’État américain a récemment lancé un appel au gouvernement iranien afin que ce dernier mette rapidement fin aux restrictions d’accès qui affectent les réseaux sociaux. Il faut signaler que l’Iran interdit déjà l’accès à de nombreux sites et réseaux sociaux. Facebook et Twitter, par exemple, sont inaccessibles depuis le réseau ordinaire.

D’après les États-Unis, cette censure empêche « ;les manifestants d’exprimer leur contestation en paix ;». C’est pour cette raison que Washington a recommandé aux citoyens iraniens de recourir autant que faire se peut à des réseaux privés virtuels (VPN) pour contourner le blocage des réseaux sociaux concernés.

« ;Les gens en Iran devraient avoir accès à ces sites grâce à des VPN ;», a confié Steve Goldstein, un haut responsable du Département d’État US, avant d’ajouter que « ;plus ces sites sont disponibles, mieux c’est. ;»

Pour sa part, Donald Trump a déjà affiché son soutien aux manifestants iraniens. Il estime que « ;le temps est venu pour le changement ;» en Iran et affirme que « ;le peuple iranien agit enfin contre le régime iranien brutal et corrompu. Tout l’argent que le président Obama leur a si bêtement donné est entré dans le terrorisme et dans leurs poches. ;»


Depuis environ une semaine, la vague de contestation qui secoue l’Iran aurait déjà fait au moins 21 morts, mais les manifestations continuent et le mécontentement de la population ne semble pas faiblir. Dans ce contexte, le gouvernement iranien a bloqué, au moins partiellement, l’accès aux réseaux sociaux Telegram et Instagram qu’il tolère encore. D’après les autorités locales, ces plateformes d’échange serviraient de relais à la contestation et au « ;soulèvement armé ;».

L’application de messagerie russe Telegram permet, par exemple, de regarder des chaînes publiques en ligne. Cette plateforme d’échange qui a implémenté une technologie de chiffrement de bout en bout pour garantir la confidentialité des échanges compterait environ 25 millions d’utilisateurs en Iran. Mais elle fait également l'objet de vives critiques parce qu’elle serait utilisée par des djihadistes de Daech pour que leurs conversations ne soient pas détectées par les services de renseignement.

Les autorités iraniennes ont précisé qu’elles étaient disposées à lever l’ensemble des restrictions qui affectent Telegram si l’application s’engage à supprimer tous les contenus terroristes qu’on retrouve sur sa plateforme. À ce propos, le ministre de l’Information et des Télécoms d’Iran, Mohammad Javad Azari Jahrom, a déclaré : « ;Tous les organes du pouvoir acceptent les critiques sur les réseaux sociaux (…) mais dans le climat actuel, en particulier sur Telegram, (les protestataires) font de la propagande pour des actions violentes et terroristes. ;»

Le fondateur de l’application de messagerie Telegram, Pavel Dourov, a déclaré que les autorités iraniennes avaient empêché de nombreux citoyens d’accéder à l’application après que la société technologique a refusé de fermer certaines chaînes. Il a également annoncé la fermeture d’une chaîne suspectée d’appeler à la violence suivie par plus d’un million de personnes. Celle-ci a néanmoins été recréée sous un nouveau nom.


De nombreux observateurs ont prévenu l’administration Trump que le soutien qu’elle apporte à ce mouvement de contestation pourrait contribuer à le faire apparaître comme une tentative de déstabilisation fomentée par des puissances étrangères.

« ;Nous sommes obligés de réagir. Ce risque existe, mais nous donnons aux gens des moyens d’exprimer leurs opinions où nous le pouvons ;», a commenté à ce sujet Steve Goldstein.

Le gouvernement américain semble oublier qu’il y a quelques mois de cela, juste après l’accession de Donald Trump à la magistrature suprême du pays, il a imposé une censure visant la communauté scientifique qui opère dans les agences gouvernementales. Une situation qui avait poussé certains salariés de ces agences à recourir à d’autres solutions pour contourner cette tentative de blocage et de contrôle de leurs communications, y compris sur les réseaux sociaux, initiée par l’administration Trump. Des comptes Twitter alternatifs avaient, par exemple, rapidement émergé sur le réseau social avec le préfixe « ;alt ;», indiquant qu’ils sont des comptes alternatifs à la communication officielle désormais en vigueur, en signe de résistance.

Source : The Hill

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