Discrimination USA : un juge rejette un recours collectif intenté contre Google
L'entreprise paierait mieux les hommes que les femmes

Le , par Christian Olivier, Chroniqueur Actualités
Le débat et les scandales autour des inégalités hommes-femmes dans l’industrie technologique en général et la Silicon Valley en particulier sont de plus en plus nombreux et fortement médiatisés. Les chiffres fournis par Google indiquent qu’actuellement, environ 69 % des employés de la société seraient des individus de sexe masculin, une proportion qui monte à 80 % quand on s’intéresse spécifiquement aux métiers IT proposés par le groupe.

En septembre 2017, trois anciennes employées de la filiale d’Alphabet, parmi lesquelles une ingénieure informatique du nom de Kelly Ellis, ont intenté une action en justice contre le géant d'Internet Google. Kelly Ellis, Holly Pease et Kelli Wisuri ont travaillé chez Google à son siège de Mountain View, mais elles estimaient que l’entreprise technologique américaine « ;se livrait à une discrimination systématique et généralisée ;» basée sur le genre en matière de rémunération et de promotion.

Google « ;a discriminé et continue à discriminer ses employées de sexe féminin en les rémunérant moins bien que les hommes, à compétence, années d’expérience et tâches égales ;», pouvait-on lire dans un extrait de la plainte déposée auprès d’un tribunal de San Francisco, en Californie. La plainte se basait notamment sur une analyse de données effectuée par le Département du travail des États-Unis qui concernait les 21 ;000 employés que Google comptait en 2015.

Kelly Ellis a commencé à travailler chez Google en 2010. Elle a déclaré qu’un autre ingénieur, de sexe masculin, avec un profil semblable au sien (années d’expérience notamment) a été embauché chez Google en obtenant un poste plus important au sein de l’entreprise. Elle aurait finalement obtenu une promotion en 2014, juste avant de quitter son employeur, mais comme elle l’a souligné dans sa plainte, « ;à ce moment-là, ses homologues masculins étaient déjà beaucoup plus avancés [salaires et postes supérieurs], et elle ne pourrait jamais rattraper l’écart de rémunération entre les sexes ;».

Les avocats des plaignantes avaient demandé à la Cour de faire de cette plainte un « ;recours collectif ;» au nom de toutes les femmes qui ont travaillé pour Google en Californie au cours des quatre dernières années. Selon eux, Google aurait violé plusieurs textes californiens, dont la « ;Equal Pay Act ;» qui encadre l’égalité salariale.

Par la voix de son porte-parole Gina Scigliano, la firme de Mountain View avait vivement condamné et rejeté ces accusations :

« ;Nous ne sommes pas d’accord avec ces allégations. Les niveaux des postes et les promotions sont décidés au travers de commissions qui travaillent en toute rigueur [...] notamment en s’assurant que les décisions n’ont pas été influencées par des considérations liées au genre ;».

« ;Nous disposons également de systèmes pour nous assurer que nous rémunérons [nos employés] de façon équitable. Mais si d’aventure, nous décelons des différences ou des problèmes individuels, nous travaillons à les régler. ;»

Cette semaine, la Cour californienne en charge de ce dossier a rejeté la demande des avocats des plaignantes visant à l’introduction d’une « ;action en justice collective ;». D’après le juge, cette considération « ;trop large ;» de l’affaire ne permettrait pas « ;de faire la distinction entre les employés de sexe féminin qui peuvent avoir des réclamations valables contre Google sur la base de sa conduite présumée de celles qui n’en ont pas. ;»

S’exprimant au nom des plaignantes, l’avocat Jim Finberg a déclaré que ses clients ont prévu de déposer une plainte modifiée en vue d’obtenir une certification de recours collectif. Il a dit qu’il se penchera sur la décision du tribunal et qu’il « ;s’emploiera à démontrer que Google viole la Equal Pay Act en Californie en payant moins les femmes que les hommes pour un travail substantiellement égal dans presque toutes les catégories professionnelles. ;»

Sur la base de ses outils d’analyse, la firme de Mountain View a confié au média CNN qu’elle paie les femmes 99,7 cents pour chaque dollar que reçoit un homme.

Source : CNN

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