Fake news : la Commission de l'UE crée un groupe d'experts de haut niveau et lance une consultation publique
Pour lutter contre le phénomène

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
La Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne reconnait et favorise la liberté de recevoir et de transmettre des informations ainsi que le pluralisme des médias, mais « nous vivons à une époque où le flot d'informations et la désinformation nous submergent presque », estime M. Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne. Comme c'était le cas aux États-Unis, l'EU estime en effet que la diffusion de nouvelles dans l'intention délibérée de tromper les lecteurs devient un problème de plus en plus sérieux pour le fonctionnement des démocraties parce qu'elle déforme notre perception de la réalité.

C'est pourquoi M. Frans Timmermans pense qu'il est nécessaire de « donner [aux citoyens de l'UE] les moyens d'identifier les fausses nouvelles, de pouvoir croire ce qu'ils lisent en ligne et de gérer les informations qu'ils reçoivent. » Pour cela, la Commission européenne a annoncé aujourd'hui des mesures contre les fake news. Ces mesures concernent le lancement d'une consultation publique sur les fausses nouvelles et la désinformation en ligne et la création d'un « groupe d'experts de haut niveau » représentant les milieux universitaires, les plateformes en ligne, les médias d'information et les organisations de la société civile.

Dans le cadre de la consultation publique, les citoyens, les plateformes des médias sociaux, les organes de presse, les chercheurs et les autorités publiques sont tous invités à exprimer leur avis jusqu'à la mi-février. Cette consultation recueillera les avis sur les mesures que l'Union pourrait adopter pour offrir des moyens efficaces de trouver des informations fiables et vérifiées et de s'adapter aux défis posés par l'ère numérique.

Les avis seront recueillis dans trois grands domaines, à savoir : l'ampleur du problème ; l'appréciation des mesures déjà prises par les plateformes et les futures actions possibles pour que les citoyens aient plus facilement accès à des informations fiables et vérifiées et pour empêcher la propagation de la désinformation en ligne.

Dans son communiqué, la Commission précise que cette consultation « n'aborde que les fausses nouvelles et la désinformation en ligne lorsque leur contenu n'est, en soi, pas illégal et, dès lors, pas soumis aux mesures législatives et d'autorégulation européennes ou nationales existantes. »

En ce qui concerne le groupe d'experts pour lequel un appel à candidatures est lancé, il sera chargé de conseiller la Commission sur la mesure de l'ampleur du phénomène et la définition des rôles et responsabilités des acteurs concernés. Il sera également chargé d'appréhender la dimension internationale des fake news, faire un bilan des positions en jeu et formuler des recommandations. L'appel à candidatures est ouvert jusqu'à la mi-décembre et le groupe d'experts devrait démarrer ses activités en janvier 2018 et travailler pendant plusieurs mois.

Cette annonce fait suite à une résolution adoptée au mois de juin par le Parlement européen. Celle-ci demandait à la Commission d'analyser en profondeur la situation et le cadre juridique actuels en ce qui concerne les fausses informations et de vérifier la possibilité d'une intervention législative afin de limiter la publication et la diffusion de faux contenus. La Commission a confirmé qu'il s'agissait bien pour elle d'une priorité et a inclus l'initiative en matière de lutte contre les fausses nouvelles en ligne dans son programme de travail 2018.

Les travaux du groupe d'experts de haut niveau et les résultats de la consultation publique visent donc à faciliter l'élaboration d'une stratégie de l'UE destinée à lutter contre la diffusion de fausses nouvelles, laquelle stratégie sera présentée au printemps 2018.

Source : Commission européenne

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Qu’en pensez-vous ?

Votre avis sur les fake news dans les domaines suivants :

Ampleur du phénomène
Appréciation des mesures déjà prises par les plateformes
Responsabilités des plateformes
Futures actions possibles pour l’accès à des informations fiables et vérifiées et pour empêcher la propagation de la désinformation en ligne

Voir aussi :

Le Dow Jones publie par erreur une fausse actualité indiquant le rachat d'Apple par Google, le débat sur les fake news est-il relancé ?
Microsoft annonce une nouvelle fonctionnalité dans Bing nommée Fact Check pour aider à détecter les news crédibles et lutter contre les fake news
Fake news : Facebook va priver de publicités les pages qui partagent des articles marqués comme faux par les organisations de fact-checking


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Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 13/11/2017 à 19:59
Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message
Futures actions possibles pour l’accès à des informations fiables et vérifiées et pour empêcher la propagation de la désinformation en ligne
Le problème c'est qu'il n'y a pas que les informations erronées, mais aussi les mensonges par omissions et la façon de la présenter.

Sans aller jusqu'à l'information en ligne, on pourrait déjà s'interroger sur nos médias traditionnels. Arté, une chaîne pourtant de réputation sérieuse n'est pas exempt de reproche.
Pour l'anecdote, il y a eu il y a quelques jours un reportage sur CharlottesVilles mais :
  • on évite de parler des réactions à "it's okay to be white" ;
  • on évite de parler de ce qui s'est passé quelques semaines après à Berkeley ;
  • on évite de parler du contexte américain.


Donc au final on a :
  • "Trump a failli à condamner cela, préférant renvoyer les deux camps face à face" -> pourtant quelques semaines après, l'actualité lui donne raison, même les médias américains qui l'avaient au préalable critiqués ont retournés leur veste.
  • "un ethnostate blancs" -> il n'y a qu'à voir à la façon dont les personnes réagissent à un bout de papier "it's okay to be white"…
  • "les racistes n'ont plus honte" -> on se demande vraiment pourquoi… peut⁻être qu'à force de traiter tout le monde de raciste, les gens n'ont plus honte d'être appelé raciste ?


Avec et sans contexte, ce n'est pas du tout la même information. Passer sous silence le contexte, c'est purement et simplement du mensonge par omission. C'est facile de forger l'information en ne choisissant que les bouts qui nous plaisent.

Et juste après… un reportage sur un cimetière d’immigrés morts en mer en tentant de rejoindre l'Europe, histoire de bien jouer sur le pathos. Certes, l'information n'est pas fausse en soit, mais c'est de la manipulation flagrante.

Et pour "vérifier" l'information, qui va le faire, qui va décider de ce qui est fiable et de ce qui relève de la désinformation ? Parce que bon, faut pas non plus nous prendre pour des imbéciles, les fake news, ça ne les dérange pas tant que ça quand ça va "dans leur sens".
Avatar de micka132 micka132 - Membre expert https://www.developpez.com
le 14/11/2017 à 8:42
Citation Envoyé par Michael Guilloux Voir le message
Les travaux du groupe d'experts de haut niveau et les résultats de la consultation publique visent donc à faciliter l'élaboration d'une stratégie de l'UE destinée à lutter contre la diffusion de fausses nouvelles, laquelle stratégie sera présentée au printemps 2018.
Au lieux de perdre encore de l'argent inutilement avec des "experts", il devrait directement créer le ministère de la vérité et nous serions fixé.
Franchement les Lumières sont eteintes depuis longtemps.
Avatar de hotcryx hotcryx - Membre émérite https://www.developpez.com
le 14/11/2017 à 13:02
Plusieurs fois pris en plein Fake News, CNN et d'autres média de masse ne sont plus du tout crédibles.
Si c'est ça la vérité vraie... comment peuvent ils juger les autres alors qu'ils mentent comme des arracheurs de dents!

"Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres et quiconque, aime et pratique le mensonge."
(comprenne qui pourra)

Vont-ils remettre en doute les "incidents" au lieu de "crimes, meurtres, massacres" que l'on voit régulièrement dans les média de masse.
En fait quand il y a un massacre, une tuerie, ils parlent "d'incident" => pourriture de journalistes, qu'ils fassent leur métier, c'est à dire de dire la vérité, toute la vérité et ne pas prendre parti.
Avatar de JCD_31 JCD_31 - Membre régulier https://www.developpez.com
le 15/11/2017 à 9:44
Citation Envoyé par hotcryx Voir le message
En fait quand il y a un massacre, une tuerie, ils parlent "d'incident" => pourriture de journalistes, qu'ils fassent leur métier, c'est à dire de dire la vérité, toute la vérité et ne pas prendre parti.
J'ai discuté récemment avec un journaliste d'un journal régional. Il m'a raconté que comme il était payé selon la quantité d'articles qu'il produit, il en a rien à secouer que ce soit vrai ou non. Ce qui l'intéresse c'est de pouvoir manger tous les jours.
Il me disait qu'à part les présentateurs qu'on voit à la télé, les autres sont payés une misère, donc forcément, la qualité s'en ressent.

Argument contestable, je l'accorde mais compréhensible d'un certain point de vue.
Avatar de blbird blbird - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 15/11/2017 à 16:19
Citation Envoyé par Madmac Voir le message
Étant donné que les universités sont majoritairement sous le joug des gauchistes. Il ne faut s'étonner que les étudiants qui en sorte aient les même travers.
Le joug des gauchistes : non mais lol . C'est quoi un gauchiste pour toi, qu'on rigole encore plus?

Tu veux dire que des professeurs, qui ne travaillent majoritairement pas pour l’appât du gain par définition, sont moins attirés par les cloches du grand capital, et que cela transpire dans leurs enseignements?

Je dirais : tant mieux.
Avatar de Grogro Grogro - Membre expert https://www.developpez.com
le 15/11/2017 à 16:54
Citation Envoyé par blbird Voir le message
Le joug des gauchistes : non mais lol . C'est quoi un gauchiste pour toi, qu'on rigole encore plus?
Il est canadien, donc il parle d'un contexte nord-américain. C'est clair que ce n'est pas vraiment le cas en France où il y a plus de pluralisme (sauf en économie où c'est l'inverse, la France ne jurant que par l'orthodoxie néo-classique). Traduire "liberal" par gauchiste c'est un raccourcis abusif, mais la domination libérale des université nord-américaine est effectivement totale et absolue. On peut appeler cela du gauchisme culturel mais ce serait une autre traduction abusive vu qu'ils sont économiquement libéraux et libertaires. Le politiquement correct, c'est bien vu d'en rire en France (c'est bien vu de rire des américains tout court). Dans les universités nord-américaines c'est sacré dude, et la generation snowflake est obsédée par les "micro-agressions", les "trigger warning" et les les "safe spaces".
L'émergence de l'alt-right (et ses "faits alternatifs" qui sont le miroir du relativisme de la gauche culturelle) et de Trump sont des effets boomerang monstrueux du politiquement correct. Entres autres.

http://reason.com/blog/2016/11/09/tr...political-corr
https://www.nytimes.com/2016/12/26/o...ald-trump.html

Tout n'est pas à interpréter par le prisme de l'économisme.
Avatar de Neckara Neckara - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 15/11/2017 à 18:09
Citation Envoyé par Grogro Voir le message
L'émergence de l'alt-right (et ses "faits alternatifs" qui sont le miroir du relativisme de la gauche culturelle) et de Trump sont des effets boomerang monstrueux du politiquement correct.
Je pense que cela va bien plus loin que du politiquement correct. Cela va parfois loin... très loin....
J'ai pu entendre certains propos d'un racisme d'un assez stupéfiant à l'encontre des "blancs"... venant de "blancs". Partant du principe que le "blanc" est intrinsèquement raciste, et qu'il vaudrait mieux qu'il disparaisse pour que le monde se porte mieux. Se justifiant ensuite en prétextant qu'on ne peut pas être raciste envers les "blancs" car les "blancs" ne sont pas une minorité (en effet, ils s'amusent à réinventer des définitions de mots pour se donner raison).

Allant jusqu'à arbitrairement lutter et censurer l'expression d'opinions. Des mouvements d'une rare violence physique, s'attaquant à des policiers, manifestants, passants, vitrines, et poubelles, avec le regard complaisant des plus modérés.

Une idéologie qui a des contradictions dans ses fondements même, et qui souffre d'une logique malade. Qui prétexte la lutte pour l'égalité pour tenter d'instaurer un système d'égalité de résultat, ne jugeant l'individu qu'au prisme de son groupe d'appartenance. De là, on instaure un système de classes hiérarchiques, les plus "minoritaires" ayant le plus de droits. Des techniques dignes des plus grandes sectes en culpabilisant ses membres, et en leur proposant de se "racheter" de leur pêché originel en rejoignant l'action.

Et ces individus se sont emparés de quelques branches de la sociologies (recherche et enseignement) et ont montés leurs classes de "gender studies", "african american studies", "queer studies", où sous couvert de l'enseignement et de la science ils propagent leur idéologie et embrigadent leurs élèves. Je ne plaisante pas, certains sont même allés jusqu'à amener leurs élèves à des manifestations !
Avatar de headmax headmax - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 17/11/2017 à 5:41
Lorsque le média change alors les mainstreams n'ont plus de contrôle, de l'histoire tel qu'on souhaite qu'elle soit raconté, propager leur vision est leur raison d'être sans ça, il n'y a pas d'influence sur nos choix, notre pensée, nos envies ... Un gachi pour les 10 milliardaires propriétaire de nos anciennes chaines public magazines dit "d'utilité public". Depuis l'arrivée de S. en tant que locataire à l'Élysée on a vu le PDG du CSA nommé par le Président de la république et Président du sénat..., la politique a prit l'utilité publique pour le transformé en chaine Promotionnelle de la politique conduite, avec un peu de critique pour nous laissé croire qu'on est bien en démocratie, oui la France est devenue un pays dirigé par des sectaires.
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