Dangers des réseaux sociaux : Facebook aurait été conçu pour exploiter les vulnérabilités humaines
D'après un ancien président de l'entreprise

Le , par Christian Olivier, Chroniqueur Actualités
Dans une interview accordée au média Axios lors du National Constitution Center de Philadelphie qui s’est tenue le 8 novembre dernier, Sean Parker a partagé son point de vue sur les dangers potentiels liés à l’usage des réseaux sociaux. Rappelons que Sean Parker est président fondateur de l’Institut Parker d’immunothérapie contre le cancer et le cofondateur de Napster, un magasin de musique en ligne. Il a également occupé le poste de président fondateur chez Facebook et même si, officiellement, il ne travaille plus pour cette entreprise d’Internet, il possède toujours des parts dans cette société technologique américaine.

Sean Parker estime que, de manière globale, les réseaux sociaux devraient être considérés comme un système pervers qui exploite les vulnérabilités psychologiques de l’être humain. Ce système aurait été délibérément conçu afin d’emprisonner l’esprit de ses utilisateurs et d’assurer le succès rapide du service dont il fait la promotion. Ses déclarations viennent relancer la controverse sur les dangers liés à l’exploitation des vulnérabilités humaines à laquelle se livreraient les entreprises technologiques, notamment celles de réseaux sociaux comme Instagram, Facebook, Twitter, Tumblr, SnapChat ou encore WhatsApp.


D’après lui, ces entreprises vendent de l’illusion aux consommateurs en leur proposant un produit qui agit lentement mais surement comme une drogue sur l’organisme avec des retentissements non négligeables sur l’appareil psychologique de ses utilisateurs. « Elles font croire au consommateur qu’il est libre de choisir », alors qu’en réalité « le processus de réflexion qui a mené à la création de ces applications, Facebook en tête de liste, devait permettre de répondre à cette question simple : comment consommer au maximum votre temps et vos capacités d’attention », a-t-il regretté.

Pour emprisonner l’esprit des utilisateurs avec le consentement, volontaire ou non, de ces derniers dans le système qu’elles ont mis en place, ces entreprises se sont inspirées de la biologie humaine. Leurs applications s’évertuent à reproduire ou à susciter chez l’utilisateur un processus chimique naturel qui siège au niveau de l’encéphale de chaque être humain : les mécanismes de récompense et la sensation de plaisir qui s’y associe. Ce processus chimique naturel permet notamment d’installer durablement l’accoutumance.

Pour ce faire, « au moment où quelqu’un va aimer ou commenter une publication ou une photo, l’usage de ces applis va provoquer de petite décharge de dopamine (la molécule du plaisir) de façon suffisamment régulière pour entretenir durablement le mécanisme de récompense. Cela va vous pousser à contribuer davantage pour recevoir toujours plus de commentaires et de likes [votre nouvelle source de plaisir] », a confié Parker en précisant qu’il pense lui-même à ce genre de méthode en tant que hacker.

« C’est une boucle de rétroaction basée sur la validation sociale » et « Dieu seul sait ce que cela provoque chez nos enfants », ajoutera-t-il. Pourtant, comme lui-même le fera remarquer plus tard, les inventeurs de ce système sont des personnes comme « lui, Mark [Zuckerberg], Kevin Systrom et bien d’autres ».

À l’heure où le combat contre l’addiction au numérique apparait comme un sujet de plus en plus discuté, de nombreuses figures de l’industrie du numérique s’accordent désormais à dire, qu’à l’origine, les technologies qui s’y rapportent ont été développées dans le but de flatter les instincts basiques de l’homme. Il est difficile de prédire l’ampleur et l’impact de « ce phénomène de mode » qui pourrait s’apparenter à « une forme déguisée d’asservissement » dans l’histoire de l’humanité.

Source : Axios

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Avatar de Old Geek Old Geek - Membre averti https://www.developpez.com
le 12/11/2017 à 11:29
Ben, c'est pas la base même du capitalisme ? exploiter les vulnérabilités, exacerber la part primitive des gens, de les tirer vers le bas pour les manipuler le plus facilement possible et en tirer un profit maximum ?

Y'a quoi de neuf la dedans, dans toute école de commerce c'est la base

Plus le degré de conscience d'un individu est bas et plus il se fait plumer et les réseaux sociaux sont gavé d'individus au faible niveau de conscience
(à dissocier de l'intelligence hein, c'est pas la même catégorie sinon on aurait jamais eu de bombe nucléaire )
Avatar de a028762 a028762 - Membre averti https://www.developpez.com
le 12/11/2017 à 15:37
Je partage l'idée que l'usage abusif des réseaux sociaux sont de l'ordre de l'addictif,
mais prétendre que c'était la volonté des créateurs de ces outils est peut-être abusif.
Ils en profitent pour s'enrichir, maintenant, que ça ait été volontaire au début ...
Avatar de Chauve souris Chauve souris - Membre émérite https://www.developpez.com
le 12/11/2017 à 16:34
Citation Envoyé par a028762 Voir le message
Je partage l'idée que l'usage abusif des réseaux sociaux sont de l'ordre de l'addictif,
mais prétendre que c'était la volonté des créateurs de ces outils est peut-être abusif.
Ils en profitent pour s'enrichir, maintenant, que ça ait été volontaire au début ...
Ce n'était pas programmé délibérément, mais ce n'était pas innocent non plus. Si on étudie le développement de Facebook, tout est lié à la personnalité de Marc Zuckerberg on s'aperçoit que ce réseau qu'il a constitué et qui s'est développé au delà de ses espérances les plus folles est lié à son caractère de séducteur nanti d'une grande intelligence. Pas étonnant que Facebook a un effet pervers, au sens de Jacques Lacan : "le pervers jouit de la jouissance de l'autre" et même de Sigmund Freud quand il définissait la sexualité infantile de "perversité polymorphe". Car on retrouve bien ce côté infantile de Facebook et de "l'abject désir d'être aimé" dont parle Jean-François Lyotard dans "L'économie libidinale". Les neuro-endocrinologues y verront qu'une étrange chimie neurologique se produit dans les psychismes accros à Facebook, depuis une gratification sur valorisée jusqu'à une dépréciation de l'égo pouvant conduire au suicide. Car l'image Facebook se veut représenter la réussite sociale et rendre jaloux les autres (le capitalisme est toujours basé sur la compétition).

Ces "réseaux sociaux" n'ont - justement - rien de social. Car le social, c'est le socialisme (épargnez-moi, je vous prie, toute référence aux misérables partis socialistes) au contraire du capitalisme qui est la réussite par la compétition. Dans son sillage cette réussite traîne les exclus et ceux que la compétition a conduit au suicide comme les écoliers japonais.

PS : savez-vous que les biscuits Oreo sont plus addictifs que l'héroïne ? Étude faites par des neurobiologistes canadiens. La question est : était-ce voulu et programmé dès le départ dans leur composition ou bien est-ce le fruit du hasard ? Ma nature paranoïaque n'est pas très portée sur le hasard...
Avatar de joublie joublie - Membre averti https://www.developpez.com
le 13/11/2017 à 2:08
Une bonne part de l'article m'a rappelé la célèbre déclaration de Patrick Le Lay (TF1).
Avatar de Grogro Grogro - Membre expert https://www.developpez.com
le 13/11/2017 à 16:31
Titre putaclic, bonjour.
Avatar de el_slapper el_slapper - Expert éminent sénior https://www.developpez.com
le 13/11/2017 à 16:52
Citation Envoyé par Chauve souris Voir le message
(.../...)PS : savez-vous que les biscuits Oreo sont plus addictifs que l'héroïne ? Étude faites par des neurobiologistes canadiens. La question est : était-ce voulu et programmé dès le départ dans leur composition ou bien est-ce le fruit du hasard ? Ma nature paranoïaque n'est pas très portée sur le hasard...
Non, je ne crois pas. Je crois plus que le hasard qui a fait les Oreo addictifs explique leur succès. Il y a plein de recettes qui sortent chaque années, et celles qui survivent longtemps sont les plus addictives. Je ne peux pas vivre sans banane-chocolat au micro-ondes. C'est ma came, découverte par hasard.
Avatar de fredinkan fredinkan - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 14/11/2017 à 9:44
Citation Envoyé par el_slapper Voir le message
Non, je ne crois pas. Je crois plus que le hasard qui a fait les Oreo addictifs explique leur succès. Il y a plein de recettes qui sortent chaque années, et celles qui survivent longtemps sont les plus addictives. Je ne peux pas vivre sans banane-chocolat au micro-ondes. C'est ma came, découverte par hasard.
Je rejoins le monsieur.
Bien que le sucre provoque une grande dépendance, une recette n'est pas obligatoirement faite pour être addictive.

Si on prend des exemples plus concrets, les glaces magnum fonctionnent superbien dans certaines variantes (c'est le cas de celle à la framboise) simplement car il y a un accord de saveur qui plaît à énormément de monde.
Pour Oreo le principe est proche voir identique. De même que certaines personnes n'estiment pas qu'un repas sans viande soit un vrai repas, c'est également qu'ils en ont envie par le plaisir que ça leur procure.

Ce n'est vraiment pas pour rien que certaines recettes gagnantes sont en général peu altérées, et le sont en général sur plusieurs années afin d'éviter de casser ce "goût qui marche".
Avatar de Namica Namica - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 14/11/2017 à 11:34
Pensez-vous que l'industrie fasse les choses au hasard ?
Tout est calculé, testé, mesuré.
Voir "Cash investigation - Sucre : comment l'industrie vous rend accros" sur youtube.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 14/11/2017 à 11:50
Citation Envoyé par Christian Olivier Voir le message
Pour emprisonner l’esprit des utilisateurs avec le consentement, volontaire ou non, de ces derniers dans le système qu’elles ont mis en place, ces entreprises se sont inspirées de la biologie humaine. Leurs applications s’évertuent à reproduire ou à susciter chez l’utilisateur un processus chimique naturel qui siège au niveau de l’encéphale de chaque être humain : les mécanismes de récompense et la sensation de plaisir qui s’y associe. Ce processus chimique naturel permet notamment d’installer durablement l’accoutumance.

Pour ce faire, « au moment où quelqu’un va aimer ou commenter une publication ou une photo, l’usage de ces applis va provoquer de petite décharge de dopamine (la molécule du plaisir) de façon suffisamment régulière pour entretenir durablement le mécanisme de récompense. Cela va vous pousser à contribuer davantage pour recevoir toujours plus de commentaires et de likes [votre nouvelle source de plaisir] », a confié Parker en précisant qu’il pense lui-même à ce genre de méthode en tant que hacker.
Ça c'est hyper connu, on le retrouve dans certains jeux au Casino ainsi que dans les MMORPG, ou les jeux Casual comme Candy Crush.
À intervalle irrégulier t'as une petite récompense et ça rend accro.
C'est les trucs d'addiction standard.

Bon après certaines personnes ont tendance a être plus dépendant que d'autres.
Il y a des gens qui regardent leur téléphones hyper souvent pour voir si ils ont des notifications, parce que quand tu reçois un SMS t'es content généralement.
Avatar de Chauve souris Chauve souris - Membre émérite https://www.developpez.com
le 14/11/2017 à 13:21
Citation Envoyé par el_slapper Voir le message
Non, je ne crois pas. Je crois plus que le hasard qui a fait les Oreo addictifs explique leur succès.
Hé, c'est un étude sérieuse, faites par des pharmacologistes avec des populations de rats et des analyses physiologiques des molécules de la dépendance. Ce n'est pas une question de "croyance" et de "hasard". Ils ont d'ailleurs été les premiers étonnés d'une telle dépendance car elle se situait au niveau des drogues dures. Et comme je suis moi-même un ancien biologiste-biochimiste versé, de par mon prof de biologie, dans la physiologie de la nutrition, j'ai pu suivre leur protocole.
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