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Six semaines dans une usine d'assemblage d'iPhone en Chine :
Un témoignage vécu de la réalité des ouvriers de Pegatron

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
Dejian Zeng a travaillé pendant six semaines dans l’une des usines chinoises de Pegatron, une entreprise chargée d’assembler les iPhone d’Apple. Mais contrairement à la plupart des personnes qui y travaillent pour survivre, Dejian Zeng le faisait dans le cadre d’un projet universitaire. Il est en effet diplômé d’une université de New York où il poursuit un MPA. Après trois ans de recherche sur les troubles sociaux et les pétitions en Chine, il a développé une passion pour les droits de l'homme et est dévoué pour qu'il y ait des changements pour les personnes dont les droits ont été violés. Pendant l'été 2016, Dejian a travaillé avec China Labor Watch (CLW), une ONG basée à New York, dont la mission est de défendre les droits des travailleurs en Chine. C'est cette ONG qui avait dénoncé en août dernier les conditions de travail draconiennes des ouvriers de Pegatron, une entreprise d'assemblage d'iPhone.

Dans une interview accordée à Business Insider, Dejian Zeng relate la réalité des ouvriers de Pegatron et explique pourquoi c’est trop irréaliste qu’Apple relocalise l’assemblage de ses iPhone aux États-Unis comme Donald Trump le souhaite.


Dejian Zeng

Une journée de travail dans les usines de Pegatron

Dejian Zeng a travaillé sur la ligne d'assemblage de l'iPhone 6S puis l'iPhone 7. Pour l'iPhone 6S, il était par exemple chargé de fixer le haut-parleur au boitier de l'appareil. Comme c'est commun dans le travail en usine, les employés sont affectés à une tâche bien précise qu'ils auront à répéter sans cesse pendant les heures de travail. Au début, cela peut être très épuisant comme vous pouvez l'imaginer, mais après un certain temps, on adopte le réflexe d'une machine et on peut reproduire la tâche de manière intuitive, comme l'explique Dejian Zeng.

Les heures pour commencer le travail ne sont pas les mêmes pour les différents groupes. Dejian Zeng, lui, commençait à 7 h 30 du matin. Les ouvriers se rendent à l'usine en faisant un trajet de 5 minutes environ avec un bus chargé de les transporter. Avant de se rendre au travail, les plus chanceux prennent un bain chaud, d'autres se contenteront d'un bain froid, alors que le reste peut ne pas avoir d'eau du tout.

Après environ deux heures, il y a une pause de 10 minutes ; le moment de boire un verre d'eau ou aller aux toilettes. Certains essaient de fermer les yeux pendant ces dix minutes, mais c'est bien évidemment insuffisant. Deux heures après la reprise, c'est une autre pause de 50 minutes pour le repas. Pour la nourriture, ne vous attendez pas à un luxe. Pour sa part, Dejian Zeng dit par exemple que pour le poulet qui était servi, il n'est jamais tombé sur des morceaux comme la cuisse, ce qui n’est pas surprenant surtout pour des repas qu'ils paient à 5 ou 8 yuans. « C'est toujours le cou ou certaines parties que vous ne pouvez pas identifier », dit-il.

Il est important de manger rapidement son plat, ce qui ne facilite pas les petites causeries entre les ouvriers. En effet, plus vite vous mangez, plus de temps de repos vous aurez. Ceux qui arrivent à prendre leur repas avant la fin de la pause de 50 minutes profitent donc pour fermer un peu les yeux, quelque chose de très précieux pour tenir le coup quand on fait ce genre de travail.

Les moments de repos ne sont toutefois pas agréables, quand les ouvriers doivent s'asseoir sur des sortes de longs canapés pour dormir, sachant qu'ils peuvent sentir directement le fer des canapés. Il est interdit de s'allonger pour dormir. Cela n'est pas autorisé dans les usines et vous êtes surveillés. Celui qui se fait prendre plusieurs fois peut avoir une pénalité sur son salaire. Les ouvriers peuvent également être pénalisés s'ils apportent accidentellement un téléphone à l'usine, ou quelque chose de métallique.

Après la pause repas, il y a deux autres séances de travail de deux heures séparées par une pause de 10 minutes, et c'est tout pour ceux qui ne font pas d'heures supplémentaires. Pour ces derniers, c'est environ 12 heures et 30 minutes qu'ils passent dans les usines, depuis le passage au détecteur de métal à la fin du travail.

Ambiance sur le campus de Pegatron

De retour du boulot, c'est le moment de se détendre, certains vont au cybercafé, d'autres s’adonnent à des parties de jeux vidéo ou regardent des films. Dejian Zeng utilisait souvent son téléphone pour se connecter à Internet via le Wifi des dortoirs. Mais l'utilisation du WIFI n'était pas vraiment gratuite.

Pour 24 heures d'accès au Wifi, il fallait payer 20 unités d'une monnaie virtuelle spéciale, disons 20 coins. Il fallait donc acheter cette monnaie virtuelle et d'après Dejian Zeng, 100 coins coûtaient environ 5 yuans. À défaut d'acheter les coins, il y avait une autre option. Les ouvriers de Pegatron doivent télécharger des applications spécifiques sur leurs téléphones, faire des clics ou laisser des commentaires sur certaines applications. Le téléchargement d'une application rapportait environ 20 à 30 coins, les ouvriers préféraient donc simplement télécharger pour avoir un accès gratuit au Wifi des dortoirs. Sur la plateforme qui leur permettait d'avoir des coins, il y avait également des vidéos disponibles gratuitement, ce qui leur était donc profitable.

Qu’en est-il des heures supplémentaires ?

Interrogé sur la question du paiement des heures supplémentaires, Dejian Zeng rapporte qu'il n'y a pas de problème avec Apple. « Apple a vraiment suivi les règles. Ils paient 1,5 fois le paiement [normal] lorsque les heures supplémentaires se font pendant votre journée de travail, et ils le doublent quand c'est le samedi. Tous les paiements sont conformes. Je dirais qu'ils suivent les règles. »

Toutefois, les ouvriers se retrouvent à faire des heures supplémentaires parce qu'ils n'ont pas vraiment le choix. « Pour ce qui est des heures supplémentaires, d'après mon expérience, c'est non volontaire », poursuit-il. Il explique en effet que certains le font parce qu'ils ne peuvent pas quitter leur poste alors que la ligne d'assemblage a encore besoin d'eux. Et pour d'autres, ils ne pourraient pas survivre autrement, le salaire de base étant tellement bas. Il affirme également que dans les saisons pleines, où la production est intense, le travail se poursuit les dimanches pour certains et c'est impossible de prendre des congés. Ce n'est tout simplement pas autorisé, et même dans les saisons creuses, il faut encore avoir un peu de chance.

Dejian Zeng a travaillé à Pegatron pendant six semaines. Le paiement étant mensuel, pour le premier mois, il a perçu 3100 yuans, soit 450 $. Cela correspond au salaire de base majoré du paiement de ses heures supplémentaires ; le salaire de base étant de 2320 yuans (environ 400 $), juste le salaire minimum fixé par le gouvernement de Shanghai.


Apple pourrait-elle relocaliser ses usines aux États-Unis ?

Pour Dejian Zeng, ce n’est pas évident, même si Donald Trump essaie de rendre cela possible avec des réductions d’impôts pour encourager les sociétés comme Apple qui fabriquent leurs produits à l'étranger. Pegatron devra payer beaucoup trop cher comme salaires de base aux ouvriers américains.

« Combien payez-vous aux travailleurs américains en termes de salaire de base ? », a-t-il demandé à Business Insider. « Si cela arrive vraiment, si les usines sont relocalisées aux États-Unis, je ne pense pas que cela va créer beaucoup d'emplois », dit-il. « Je pense que les travailleurs seront remplacés par beaucoup de machines, une grande partie du travail que je vois dans l'usine peut effectivement être faite par une machine. » Il estime que la seule raison pour laquelle les usines de fabrication d'iPhone tournent avec des humains, c'est parce que les ouvriers chinois sont beaucoup moins chers que les machines, ce qui ne sera pas le cas aux États-Unis.

Source : Business Insider

Et vous ?

Avec ce témoignage vécu, que pensez-vous en fin de compte des réalités de travail dans les usines de fabrication d'iPhone en Chine ?
Est-il possible qu'Apple et ses pairs relocalisent la fabrication de leurs produits aux Etats-Unis ?
Cela pourra-t-il se faire sans que les employés ne soient remplacés par des machines ?

Voir aussi :

Chine : une entreprise d'assemblage d'iPhone impose des conditions draconiennes à ses ouvriers, pour pouvoir atteindre les objectifs fixés par Apple
Donald Trump veut inciter Apple à construire des usines aux États-Unis, grâce à des réductions importantes de taxes pour les entreprises
Effet Trump : Apple étudie la possibilité de transférer la production d'iPhone aux États-Unis, ce qui va plus que doubler les coûts de production


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Avatar de captaindidou captaindidou - Membre actif https://www.developpez.com
le 14/04/2017 à 21:16
Ceux qui possèdent un iPhone, un pouce levé.

Profitez que c'est anonyme.
Avatar de melka one melka one - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 15/04/2017 à 16:39
il y a pire en France et je parle pas des petites entreprise une pose de dix minutes toutes les deux heures la plus part des entreprise francaise ne le font pas
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