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La 15e édition de Truffle 100, le classement des éditeurs de logiciels français,
Indique un chiffre d'affaires de 10,8 milliards d'euros et 25 000 emplois en R&D

Le , par Stéphane le calme

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La quinzième édition du Truffle 100, le classement annuel (Top 100) des éditeurs de logiciels français par Truffle Capital et Teknowlogy Group, a été publiée. L’objectif de ce classement et de l’analyse des données est de mieux comprendre l'industrie nationale de l'édition de logiciel, d'en analyser sa vitalité, sa création de valeur et d'emplois ainsi que sa capacité d'innovation.

Il met en évidence l'importance des enjeux qu'elle représente, et son rôle moteur pour la R&D (Recherche & Développement) française et en Europe. Il démontre que les éditeurs de logiciels sont au plan national l'un des meilleurs vecteurs de croissance de l'innovation, mais il met aussi en relief l'ampleur des efforts qui restent à accomplir pour devenir un acteur significatif au plan européen et mondial.

Bernard-Louis Roques, Directeur Général et Co-Fondateur de Truffle Capital, n’a pas manqué de souligner l’impact de la crise de COVID-19, qui a laissé son empreinte dans tous les secteurs :

« Le logiciel est un métier digital. Les éditeurs ont été parmi les plus prompts à s’adapter au chaos. Le télétravail leur est par essence naturel. Le ‘cloud’ sur lequel ils ont massivement investi au cours des dernières années, les offres Saas qu’ils ont développées, et aujourd’hui l’intelligence artificielle qui se généralise. Les éditeurs s’en sortent opérationnellement bien.

« Pour autant la crise est forte, d’une violence inédite. Les clients souffrent, certains disparaîtront, générant une attrition sans précédent. À l’heure du ‘déconfinement’, 62 % des éditeurs tablent sur une année 2020 en décroissance, la première depuis le lancement de notre étude, mais sans doute aussi la seule, puisque 94 % anticipent un retour de la croissance en 2021. L’inquiétude est aussi vive que l’incertitude est poignante, poussant 82 % des directions financières à travailler sur un ‘worst case’

« Imposant la distanciation, la crise accélère irréversiblement la transformation numérique. Les nouveaux modes de travail, habitudes des consommateurs, relations professionnelles, comportements sociétaux seront plus digitaux. La transition numérique de la société attendue au cours des cinq prochaines années nous a été imposée par le Covid en quelques mois, sans retour en arrière. Les éditeurs seront indubitablement amenés à participer activement à la construction du ‘monde d’après’. Ils en seront des acteurs essentiels ».

Pour Xavier NÉGIAR, Président directeur général teknowlogy Group, « s’il existe un mot pour résumer l’impact de cette crise mondiale chez les éditeurs français, ce serait celui de « décroissance ». À aucune reprise, le terme « croissance » n’est apparu dans les échanges que nous avons menés dans le cadre de notre analyse. Tous, même les plus optimistes, anticipent une baisse de leur chiffre d’affaires sur les trimestres à venir, comme marqués au fer rouge par cette cinglante vague épidémique. Ce sera une année 2020 en berne pour ce marché de l’IT en bouillonnement constant auquel on promettait une croissance de 5 % pour 2020 (marché software et services IT, chiffres teknowlogy). L’heure est désormais à anticiper un recul de 10% pour les plus pessimistes des éditeurs ».

Les statistiques

Le chiffre d’affaires « Edition » représentait en 2019 10,8 milliards d’euros (contre 9,3 milliards d’euros en 2018) et le chiffre d’affaires « Total » était quant à lui de 19,3 milliards d’euros (contre 16,9 milliards d’euros en 2018).


En tête, nous retrouvons Dassault Systèmes, suivi par Sopra Steria et Murex. Ci-dessous le top 10.


Cette année encore, plus de la moitié du chiffre d’affaires « Edition » est issu des cinq premiers et les 20 premiers représentent 77 % de ce chiffre d’affaires.


Les 100 premiers comptent des effectifs de plus de 157 000 salariés (soit 10 000 salariés de plus qu’en 2018) et plus de 25 000 sont dédiés à la recherche et au développement (contre 21 000 en 2018).

Les trois premiers disposent de près de la moitié (44 %) de ces effectifs, les cinq premiers de 48 %, les 10 premiers s’octroient un peu plus de la moitié (58 %) et près de trois employés sur quatre (71 %) travaillent chez les 20 premiers.


Les investissements en R&D sont en hausse et se chiffrent à 1,447 milliard d’euros contre 1,184 milliard d’euros en 2018.


Concernant l’internationalisation, la plupart les entreprises du Top100 veulent se tourner vers l’Angleterre (40 %), les États-Unis (34 %), l’Espagne (32 %), le Canada (31 %), l’Allemagne (30 %), la Belgique (27 %), l’Italie (25 %), la Chine (21 %).

Tendances qui tirent le marché

La plupart des éditeurs voient une tendance dans le Cloud (SaaS, PaaS, IaaS) et l’IA/machine learning. 29 % sont portés sur la gestion de l’expérience client, la mobilité (28 %) et la cybersécurité (28 %).

D’ailleurs, comme le note Xavier NÉGIAR :

« Si le télétravail a accéléré la faculté des éditeurs de s’adapter à ce contexte de crise – mais rares sont ceux qui n’y étaient pas déjà préparés –, un facteur est devenu plus déterminant encore : le Cloud. S’il revêtait un caractère essentiel dans la mutation des modèles économiques des éditeurs, il est devenu là un mécanisme d’auto défense - clé pour garantir une forme de résilience de la société. Ceux qui avaient lancé cette migration de leur modèle ont pu bénéficier et bénéficieront de cette récurrence des revenus inhérente au Cloud, les autres subissent de plein fouet leur modèle de vente traditionnel, non récurrent.

« Nul doute que les entreprises clientes suivront cette dynamique vers le SaaS, éprouvées elles aussi par cette crise. Le Cloud jouera un rôle pivot dans l’arsenal numérique indispensable pour préparer l’après et maintenir une activité selon de nouveaux modèles organisationnels. L’accroissement du travail à distance devrait amplifier cette dynamique. À tel point que le marché du SaaS en France continuera d’afficher une croissance à deux chiffres en 2020 en dépit de la crise, selon les dernières estimations de teknowlogy parues début avril, alors que les ventes de logiciels hors SaaS, elles, subiront une décroissance dans tous les scénarios envisagés. La crise, comme un catalyseur du Saas, donc.  »


Les éditeurs espèrent une sortie de crise en 2021. 18 % d’entre eux ont préparé un scénario de sortie de crise et 35 % d’entre eux en ont préparé trois.

Et Xavier NÉGIAR veut croire en cette sortie de crise :

« Aussi gris soit ce tableau, il est apparu chez ce marché du logiciel une tendance forte à préparer la sortie de crise. Il est temps d’imaginer des programmes capables de relancer le marché. Et pour cela, quoi de mieux que d’accompagner les entreprises à, elles-mêmes, se sortir de la crise. L’heure est donc à comprendre les besoins le plus urgents nés avec cette crise, de comprendre les impacts directs sur les processus et d’y répondre avec des retours sur investissements rapides et des propositions de maîtrise des coûts. Comme accélérer une transformation digitale qui aurait pris des couleurs différentes en quelques mois. Le Cloud joue déjà un rôle-clé, mais le Machine Learning / Deep Learning feront également partie des éléments indispensables pour redémarrer post-crise. Là encore, la capacité de réaction reste primordiale. Les éditeurs nous ont confirmés y travailler. Mais une question doit aujourd’hui être posée : Comment ce marché où la moitié des revenus générés tient dans la main de 5 éditeurs va-t-il se relever et s’adapter à ces nouvelles contraintes ? La crise pourrait bien donner lieu à une consolidation du secteur et favoriser des opérations de fusion et d’acquisition au sein du Top 100 dans les 2 ans à venir, comme cela a eu lieu lors de crises passées, pour mieux traverser la tempête et grouper les capacités d’innovation. Quel sera alors le visage de cet écosystème de l’IT en 2021 ? »

Source : classement Truffle 100

Et vous ?

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