Alors que l’application StopCovid devrait être lancée le 11 mai, date annoncée du déconfinement, le gouvernement fait face à de nombreuses difficultés concernant sa mise au point. D’abord, StopCovid est basé sur le protocole ROBERT (ROBust and privacy-presERving proximity Tracing), qui nécessite l’activation permanente du Bluetooth, ce qui est impossible pour les smartphones d’Apple à cause d’une restriction. Ensuite, le respect de la vie privée suscite toujours des interrogations même si le gouvernement affirme que le système fonctionnera avec des pseudonymes. De plus, l’efficacité de StopCovid reste à déterminer, dans un contexte où l’installation de l’application n’est pas obligatoire et que de nombreuses personnes hésitent à le faire.De son côté, Cédric O, secrétaire d’État au numérique, multiplie les interventions pour rassurer les Français. « L’application StopCovid est utile. Volontaire, anonyme, transparente et temporaire, elle apporte les garanties de protection des libertés individuelles. À la disposition des acteurs sanitaires, elle les aidera dans la lutte contre le Covid-19 », a-t-il affirmé.
Annulation du débat et du vote consacré à l’application à l’Assemblée nationale et au Sénat
Après avoir discuté avec les présidents des deux assemblées, le Premier ministre Edouard Philippe a décidé que le projet d’application sera intégré à celui sur le déconfinement. Ce dernier sera présenté le 28 avril. Suite à cette annonce, Aurélien Taché, le député LaREM du Val d’Oise, a rappelé qu’une quarantaine de députés avaient « demandé un débat et un vote dédié au traçage numérique, car cette mesure touche particulièrement les libertés individuelles ». « Il est nécessaire que l’Assemblée nationale joue pleinement son rôle à ce sujet », a-t-il indiqué sur Twitter.
L’équipe de développement présentée, BetaGouv écarté et projet Github supprimé
« Le Gouvernement français a confié à INRIA le pilotage opérationnel du projet de recherche et développement baptisé « StopCovid » qui réunit l’expertise d’acteurs nationaux, publics comme privés, au sein de cette équipe-projet StopCovid. L’ensemble de ces acteurs contribue aux travaux déjà engagés pour mettre à disposition de tous les Français un outil permettant de mieux les protéger contre le Covid-19 », indique l’INRIA.
Celui-ci vient de dévoiler les noms de ses partenaires :
- ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) pour la cybersécurité ;
- Capgemini, en charge de l’architecture et le co-développement back-end ;
- Orange, pour la diffusion de l’application et l’interopérabilité ;
- Dassault Systèmes, qui s’occupe de construire l’infrastructure SecNumCloud, destinée à sécuriser les données collectées dans un cloud décentralisé ;
- Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), pour les modèles de santé
- Lunabee Studio, qui va développer les applications mobiles ;
- Santé Publique France, en charge de l’insertion et l’articulation de l’application dans la stratégie de « contact tracing » ;
- Withings, pour le portage du dispositif sous d’autres appareils connectés.
« À leurs côtés, l’ensemble de l’écosystème de recherche, d’innovation et d’entreprises est mobilisé à travers l’ « écosystème des contributeurs de StopCovid ». Ouvert, il rassemble des organisations ou personnes physiques, qui ont manifesté leur volonté de participer au projet, par des contributions spontanées ou en réponse à des sollicitations, que ce soit par la participation à des groupes d’experts techniques, à des groupes de réflexion, la mise à disposition de codes open source, le partage de retours d’expériences sur des solutions comparables, ou encore la participation aux expérimentations de terrain », précise l'institut.
Par ailleurs, l'incubateur de services publics numériques BetaGouv a été débarqué du projet et le projet GitHub où le code devait être rendu public n'apparaît plus sur la plateforme depuis ce jour.
Discussion engagée avec Apple
Auditionné le 20 avril par la commission des Lois du Sénat, Cédric O avait annoncé que les développeurs chargés de mettre au point l’application ont rencontré des « difficultés techniques avec le système d’exploitation des mobiles de marque Apple », et a déclaré que le gouvernement a envoyé une demande à la firme de Cupertino pour qu’elle autorise StopCovid à fonctionner en arrière-plan d’une manière permanente. « Les modalités de fonctionnement des iPhone ne nous permettent pas de faire tourner correctement l’application sur ces téléphones. C’est pourquoi nous sommes en discussion avec Apple », a-t-il réaffirmé.
Elle n’est pas obligatoire
L’utilisateur peut installer, utiliser ou désinstaller l’application d’après le gouvernement. Mais « chaque téléchargement est une chance de plus d’éviter le redémarrage de l’épidémie », a expliqué le secrétaire d’État. Ainsi, « un employeur, ou toute autre personne, qui obligerait à utiliser [StopCovid] pourrait s’exposer à des poursuites pénales ».
Son efficacité reste à démontrer
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