Avec la crise sanitaire de coronavirus qui a cours, le travail à distance s’est imposé à l’échelle globale. En effet, un sondage de Gartner publié à mi-parcours du mois de mars 2020 révèle que 88 % (d’un échantillon de 800) des organisations disséminées à travers le monde ont fait passer leurs employés en mode télétravail. C’est un changement d’habitude qui casse avec la norme en vigueur avant le début de la pandémie : le travail en présentiel sur un lieu de service. Tandis que la situation sanitaire continue, les mesures de confinement se prolongent dans de nombreux pays. Une situation qui semble avoir un impact sur les projections des employés vis-à-vis de leur façon de travailler. En effet, si les sondages indiquaient que l’adoption en masse du télétravail était envisagée par bon nombre de salariés après la pandémie, de nouveaux sondages suggèrent que cette perspective pourrait s’essouffler peu à peu de l’esprit des salariés.
L’un d’eux a été réalisé par CNBC et Change Research et note que moins de 30 % des travailleurs aimeraient rester en télétravail après la pandémie. Notons que le sondage a été fait aux États-Unis. Voici les statistiques qui ont été partagées :
42% des personnes interrogées dans le pays déclarent travailler à domicile (un énorme bond comparé aux 9% qui disaient travailler entièrement à domicile avant la pandémie). Quelque 14% disent travailler à domicile plus qu'avant, tandis que 19% travaillent à domicile pour la première fois.
Une majorité de 58 % déclarent qu'ils travaillent toujours à l'extérieur de leur domicile.
Une fois l'économie rouverte, 24 % disent vouloir travailler entièrement ou plus de chez eux par rapport à la façon dont ils travaillaient auparavant, tandis que 55 % prévoient de retourner au bureau et 20 % ne sont pas sûrs.
Une augmentation de centaines de milliers, voire de millions, de personnes qui se tournent vers le travail à distance aurait des répercussions majeures sur l'ensemble de l'économie. Par exemple, si les entreprises décidaient d'économiser de l'argent en louant ou en achetant moins de bureaux commerciaux, car un plus grand pourcentage de leurs employés travaillent à domicile, cela pourrait se traduire par des centaines de millions de dollars de pertes pour l’écosystème de l’immobilier (constructeurs et autres).
Le confinement, source d’anxiété chez les salariés en télétravail
En France, une enquête suggère que le confinement crée une situation de détresse psychologique chez les salariés en télétravail. L’étude note qu’après quelques semaines de confinement et de télétravail, le bien-être psychologique des salariés s’est largement dégradé en perdant 10 points par rapport à 2016 (Enquête Eurofound 2016).
Près de la moitié des collaborateurs (44 %) présentent en effet anxiété et détresse psychologique. « Le confinement, tant dans le secteur privé que le public, engendre une surcharge de travail qui provoque une fatigue mentale et cognitive », pointe Jean-Pierre Brun, cofondateur d’Empreinte Humaine et expert conseil.
D’après cette enquête, si le télétravail n’est PAS un facteur de risque en lui-même, les conditions dans lesquelles il est exercé doivent être prises en compte. Ainsi, seulement 45 % des salariés peuvent s’isoler toute la journée pour travailler (dont 60 % dans leur salon). Le confinement dans un logement de moins de 40 m² est un facteur de risque important, avec 24,6 % des répondants qui sont dans une détresse sérieuse. Et contrairement à une idée reçue, les personnes confinées en couple (20 %) ou avec...
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