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Top 250 des éditeurs français de logiciels : un chiffre d'affaires de 16 milliards d'euros en 2018
Dont 54% réalisé hors des frontières de l'Hexagone

Le , par Stéphane le calme

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À l'occasion de la neuvième édition du Panorama Top 250 des éditeurs de logiciels français, Syntec Numérique et EY ont publié leur traditionnelle étude du secteur. Le chiffre d’affaires réalisé en 2018 par les 319 éditeurs inclus dans le panorama atteint 16 milliards d’euros (contre 15 milliards dans l’édition précédente avec 341 entreprises listées). L’année 2018 est celle de la consolidation des performances observées ces dernières années et ceci est vrai pour l’ensemble des éditeurs de logiciels du panel. Le secteur a été particulièrement dynamique ces cinq dernières années ! Si l’exercice 2012-2013 s’était traduit par une croissance annuelle de l’activité inférieure à 5 %, l’ensemble de la profession n’a depuis cessé d’afficher des taux de croissance annuels au-delà des 12 %.


L’année 2018 est donc marquée par un léger ralentissement des opérations, puisque le chiffre d’affaires cumulé n’augmente que de 10 % par rapport à 2017. Ce fléchissement de croissance est en grande partie lié aux performances enregistrées par les plus grands éditeurs de logiciels français en 2018. Le TOP 10 du classement réalise une croissance de 5 % en 2018 par rapport à 2017, tandis que ces mêmes acteurs parvenaient à croître de 14 % sur la période 2016-2017. Hors TOP10, les tendances restent très positives, la croissance 2017-2018 atteignant 18 %, en hausse par rapport à 2016-2017. La dynamique de croissance se vérifie pour l’ensemble de la profession, dans toutes les catégories.

Le rapport n'élude pas pour autant les performances remarquables affichées par certains acteurs du TOP10 à l’image de Voodoo, éditeurs de jeux ayant connu une croissance fulgurante de 790 % en deux ans ou bien encore Infopro Digital et Cegid, ces derniers affichant des croissances sur deux ans supérieures à 50 %, portées par des opérations de croissance externe d’envergure


Le top 3 des éditeurs français reste inchangé : Dassault Systèmes (logiciels de PLM), Criteo (spécialisé du reciblage publicitaire) et Ubisoft (jeux vidéo) se partagent encore et toujours le podium avec 7 ,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires cumulé. Avec les autres grands éditeurs réalisant plus de 100 millions d’euros de revenus annuels, ils représentent 11 % du panel mais génèrent à eux seuls 77 % des 16 milliards d’euros mentionnés plus haut. L’ensemble du panel est globalement rentable. 78 % des éditeurs ont enregistré un bénéfice d’exploitation en 2018, contre 81 % en 2017. Et plus l’entreprise est importante plus la rentabilité est au rendez-vous.

Croissance : la catégorie « particuliers et jeux vidéo » en tête

Les éditeurs sectoriels restent les plus grands contributeurs du secteur en nombre d’éditeurs et en chiffre d’affaires, cependant leur croissance s’élève à 20 % sur les deux dernières années, alors que celle-ci était de 28 % sur les années 2015-1017. À contrario, les éditeurs horizontaux enregistrent une croissance très soutenue, de 24 % entre 2016 et 2018. Cet embellissement de la croissance s’explique par le développement important des 10 plus grands éditeurs horizontaux, qui enregistrent 18 % de croissance en moyenne et représentent plus de 50 % du chiffre d’affaires de la catégorie. Les croissances sur deux ans du chiffre d’affaires édition de Talend (+55 %) et Cegid (+59 %) sont particulièrement remarquables.

Enfin, ce sont les éditeurs de la catégorie « Particuliers et Jeux vidéo » qui enregistrent la croissance la plus importante, de 41 % sur deux ans. Ainsi pour la première fois les éditeurs de cette catégorie égalent-ils quasiment ceux de la catégorie « horizontaux », avec un chiffre d’affaires Édition de 2,9 milliards d’euros en 2018. Malgré les jolies croissances de 26 % et 14 % d’Ubisoft et de Gameloft, l’envolée du secteur s’explique par la montée en puissance de sociétés plus jeunes. Le développement de Voodoo, qui réalise +790 % de croissance depuis 2016, atteignant un chiffre d’affaires de 325 millions d’euros en 2018 contre 36,5 millions il y a deux ans, explique en grande partie la croissance de cette catégorie. Alors que seuls trois éditeurs de Jeux vidéo (Ubisoft, Gameloft, Claranova) affichaient un chiffre d’affaires édition supérieur à 100 millions l’année dernière, ils sont cette année cinq, Focus Home Interactive ayant aussi franchi cette barre au cours de l’année avec Voodoo.


Il faut aussi noter que 11 % des éditeurs de logiciels réalisent 77 % du chiffre d’affaires Édition du secteur en France, ce qui souligne la forte concentration du secteur auprès des éditeurs réalisant plus de 100 millions de chiffre d’affaires. La répartition des éditeurs par taille d’entreprise reste stable par rapport au Panorama 2018.Le nombre d’éditeurs de plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires a augmenté depuis l’édition 2012 du Top 250, ils représentaient 7 % des éditeurs lors de l’édition 2012 contre 17 % cette année.


L’ensemble des éditeurs de logiciels français participe à la croissance du secteur. Ce sont particulièrement les plus petits éditeurs (moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018), qui enregistrent la plus forte croissance du secteur, de 42 % sur les deux dernières années.

Les éditeurs de la catégorie « 5 à 10 millions d’euros de chiffre d’affaires » affichent aussi une belle croissance de 35 %. Cette catégorie est plus dynamique que dans l’édition précédente avec une croissance sur deux ans de 35 % contre 29 % l’année passée. Enfin, les éditeurs au-dessus de 10 millions d’euros se développent quasiment au même rythme, supérieur à 25 % en deux ans. La croissance de la catégorie de plus de 100 millions d’euros est quant à elle nettement portée par les 5 éditeurs de jeux vidéo présents, qui affichent une croissance moyenne de 41 %. Cegid réalise également une belle performance avec une croissance de 59 % sur 2 ans.

Les éditeurs de logiciels parviennent rapidement à un équilibre financier

La majorité des éditeurs français sont rentables, 78 % des éditeurs de notre panel ont ainsi enregistré un bénéfice d’exploitation en 2018, ce qui est stable par rapport à 2017 (81 % enregistraient alors un bénéfice). Les éditeurs dont le chiffre d’affaires est inférieur à 5 millions sont 73 % à déclarer un profit. Ce chiffre atteint 94 % chez les éditeurs de plus de 100 millions d’euros de chiffre d’affaires. Le modèle économique des éditeurs de logiciel est rentable dès lors que les éditeurs atteignent un niveau de chiffre d’affaires qui leur permet de couvrir leurs coûts de recherche et développement et leurs coûts commerciaux et de marketing.


63 % des éditeurs de logiciels français considèrent le canal de distribution direct comme la solution privilégiée pour développer leur activité. En revanche, rares sont les éditeurs qui font de la distribution indirecte leur canal de distribution privilégié.

Les éditeurs réalisant moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires se distinguent par leur volonté de ne privilégier aucun canal spécifique. Nombre d’entre eux choisissent de travailler très rapidement sur ces deux leviers pour accélérer leur développement. Ainsi près d’un tiers des éditeurs de cette catégorie déclare privilégier les deux canaux à la fois contre 22 % des éditeurs réalisant plus de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Si les intégrateurs et réseaux de revendeurs sont aujourd’hui encore relativement peu mobilisés par les éditeurs de logiciels, l’analyse par catégorie de chiffre d’affaires laisse à penser que le levier indirect est de plus en plus utilisé par les éditeurs les plus petits.


L’international, un enjeu stratégique difficile à relever pour les éditeurs de logiciels français

La part du chiffre d’affaires réalisé hors des frontières est de 54 % en 2018, stable par rapport à l’année précédente. Cette stagnation marque la fin de plusieurs années de croissance constante de la part de chiffre d’affaires à l’international. La croissance moindre des champions français en 2018 pèse ainsi sur l’expansion des activités de la profession à l’échelle mondiale.

L’expansion à l’international passe toujours en premier par la zone EMEA, qui draine la majorité du chiffre d’affaires enregistré par les éditeurs hors de France. L’Europe occidentale, plus particulièrement, concentre l’essentiel des efforts commerciaux des éditeurs français. C’est la zone qui connaît la plus forte augmentation de revenus avec une progression de plus d’un point par rapport à l’année 2017. Les zones Amériques et Asie-Pacifique sont, en revanche, en léger retrait par rapport à 2017, ces marchés étant aujourd’hui peu adressés par l’ensemble des éditeurs français.


Les éditeurs réalisant un chiffre d’affaires de plus de 100 millions d’euros sont aujourd’hui ceux qui portent très majoritairement le développement des activités hors de France. Leur pourcentage de revenus à l’international est stable par rapport à la précédente Édition du Top 250 des Éditeurs de Logiciels et s’établit à 59 % en 2018. Nos champions nationaux dictent les tendances observées à l’international, puisque près de 90 % du chiffre d’affaires réalisé hors de France provient des éditeurs de plus de 100 millions de chiffres d’affaires.

Les éditeurs les plus jeunes, dont le chiffre d’affaires est compris entre 0 et 5 millions d’euros ont, de leur côté, réalisé une très belle année 2018 hors des frontières françaises, puisque ces derniers réalisent près de 20 % de leurs opérations à l’étranger. Quatre points de mieux que lors de la précédente édition ! En revanche, les éditeurs dont le chiffre d’affaires est compris entre 5 et 100 millions d’euros rencontrent plus de difficultés pour véritablement accélérer leur expansion territoriale. La France contribue pour ces derniers à plus de 70 % du chiffre d’affaires total en 2018, illustrant que le marché domestique reste encore et toujours le principal moteur de la croissance des éditeurs de logiciels nationaux !

Pays les plus contributeurs à la croissance actuelle et à venir des éditeurs

Les éditeurs du panorama soulignent, à nouveau, la prépondérance du marché domestique, puisque pour 87 % d’entre eux, il reste le premier marché en matière de contribution au chiffre d’affaires total en 2018. Soulignons également que certains éditeurs sont parvenus à s’imposer en dehors de nos frontières. Parmi ces derniers, les États-Unis est le territoire le plus plébiscité, 5 % des éditeurs interrogés témoignent être parvenus à faire de ce pays le principal contributeur au chiffre d’affaires mondial de leur société. Parmi les principaux pays contributeurs au chiffre d’affaires total des éditeurs, se retrouvent essentiellement, en 2018, les pays européens limitrophes, au premier rang desquels, la Belgique, le Royaume-Uni et la Suisse tiennent la corde.

L’Allemagne est quelque peu en retrait, puisque ce pays constitue le deuxième contributeur en termes de chiffre d’affaires pour 10 % de l’échantillon et le troisième pour seulement 7 % des éditeurs. De manière prospective, les éditeurs français affichent leurs ambitions, puisque bon nombre d’entre eux estiment que la France pourrait ne plus être, demain, le principal moteur de leur activité. En effet, seuls 65 % des éditeurs interrogés considèrent que la France restera le principal contributeur. Ils portent désormais leur regard vers les États-Unis. 16 % d’entre eux pensent qu’ils pourraient devenir le premier marché de leur entreprise et 39 % le classent parmi leurs trois principaux relais de croissance à l’avenir.


Le financement

La quasi-totalité des éditeurs ont recours à l’autofinancement (91 %) pour financer leur implantation ou développement. La majorité d’entre eux ont aussi recours à l’endettement, 62 % des éditeurs de notre panel indiquent avoir recours à ce levier pour financer leur société. Alors que 31 % des éditeurs ont recours au capital-investissement en France, seulement 12 % vont trouver du capital à l’étranger.

Les éditeurs français sont donc fortement ancrés dans leurs territoires, auprès des écosystèmes de financement locaux. Un éditeur sur cinq a recours à des financements non dilutifs : subvention, préfinancement de CIR, affacturage, etc. Les éditeurs français se sentent bien accompagnés dans leur volonté de financement puisqu’ils sont 76 % à estimer que l’accès au financement ne représente pas un frein à leur développement aujourd’hui.


Software as a Service et offres Cloud

Les éditeurs français continuent leur transition vers le modèle Software as a Service (Saas) et sont toujours plus nombreux à placer ce sujet au top de leurs priorités technologiques. Ainsi, près de la moitié des éditeurs (49 %) considère ce modèle technologique comme leur axe prioritaire de développement, et trois quarts des éditeurs considèrent le SaaS parmi leurs trois priorités majeures. Lors de la précédente édition, seuls 43 % des éditeurs plaçaient le SaaS comme la priorité n°1 d’un point de vue produit, soit 6 points de plus en l’espace d’un an. Bon nombre d’éditeurs ont ainsi, depuis longtemps, entamé ce virage technologique, une évolution qui se ressent de plus en plus dans la répartition du chiffre d’affaires Édition du panel.Indifféremment de la taille des sociétés, le chiffre d’affaires SaaS représente aujourd’hui 37 % de l’activité de l’édition française, contre 32 % en 2017 et 27 % en 2016. Nous avons souhaité ajouter, dans cette nouvelle édition, une analyse de la progression du chiffre d’affaires SaaS sur deux ans, tant l’accélération est marquée depuis 2016.

En regardant quelques années en arrière, nous constations lors de l’édition 2014 du Top 250 que seul 17 % du chiffre d’affaires Édition correspondait à du SaaS/Services Internet. La part du SaaS/Services Internet a plus que doublé en l’espace de cinq ans !Autre tendance intéressante observée cette année, l’accélération du chiffre d’affaires SaaS/Services Internet est plus marquée chez les éditeurs d’envergure. Historiquement en pole position sur ces thématiques, les éditeurs SaaS « natifs » poursuivent leur développement, néanmoins les éditeurs ayant opéré une bascule d’un modèle Licence vers un modèle SaaS ont très fortement investi sur l’expansion de leurs offres SaaS. La commercialisation en SaaS/Services Internet implique des spécificités d’ordre technique, commerciale ou bien encore administrative. Si celles-ci étaient encore peu connues il y a quelques années encore, la maturité du marché de l’Édition autour de ces problématiques est aujourd’hui beaucoup plus forte. Par les analyses présentées ci-après, nous revenons sur les grandes tendances en matière de SaaS et décryptons certaines des questions/problématiques rencontrées par les éditeurs opérant selon ce modèle.


L'abonnement, le mode de contractualisation préféré des éditeurs

L’abonnement est le mode de contractualisation privilégié par les éditeurs : 57 % l’ont choisi comme premier choix et 91 % des éditeurs le classent dans leurs deux premiers choix. Malgré un léger recul par rapport à l’année dernière, les licences perpétuelles restent appréciées par les éditeurs, elles sont le premier choix de 31 % des éditeurs et le second choix de 40 % d’entre eux (contre 32 % et 45 % respectivement en 2017).

La licence à durée de vie finie gagne faiblement en importance, 7 % des éditeurs la considèrent comme leur premier choix, ils sont autant que l’année dernière. Néanmoins 73 % des professionnels du secteur la considèrent en 2e et 3e choix, contre 66 % l’année dernière.La tendance de fond de migration du secteur vers le modèle SaaS s’exprime donc par la domination présente de l’abonnement dans les modes de contractualisation, mais aussi son importance à venir. 80 % des éditeurs affirment favoriser l’abonnement à l’avenir, chiffre en hausse par rapport à 2017 (74 %), soit plus de 6 points de plus depuis la précédente édition !


Les éditeurs qui choisissent un mode de contractualisation sous forme d’abonnement privilégient les abonnements longs : 38 % commercialisent ainsi des abonnements de 3 ans et 20 % d’entre eux de plus de 3 ans. Seulement 3 % ont recours à des contrats de moins d’un an. La capacité des éditeurs à contractualiser avec leurs clients sur le long terme ne se dément pas, bien au contraire ! Si l’on met en perspective les tendances observées avec les données de la précédente édition,il apparaît clairement que les éditeurs français gagnent la confiance de leurs clients sur le long terme.Lors de la précédente édition, seuls 32 % des éditeurs commercialisaient leurs solutions via des contrats de 3 ans (+6 points en 2018) et 16 % à plus de 3 ans (+4 points en 2018).

La majorité des éditeurs facturent leur service annuellement. Cette périodicité permet une facturation en terme à échoir, bénéfique pour la trésorerie des éditeurs, qui encaissent alors les montants en début d’année comptable. Les abonnements mensuels sont les seconds privilégiés, représentant 26 % des facturations en 2018. La facturation impactant directement la trésorerie de leurs clients, maintenir les facturations sur un rythme annuel est stratégique pour les éditeurs ... et un réel challenge ! En comparaison de la précédente Édition, le pourcentage d’éditeurs facturant à rythme annuel a baissé de 7 points (52 % en 2018 par rapport à 59 % en 2017), ces derniers parvenant à garder une périodicité trimestrielle (19 % en 2018 par rapport à 14 % en 2017) ou mensuelle (26 % en 2018 par rapport à 24 % en 2017).

Recruter de nouveaux talents, un impératif pour soutenir la croissance

L’année 2018 a vu fortement croître les effectifs des éditeurs de logiciels français : 14 777 emplois nets ont été créés ! L’effectif du panel croît de 8 % sur l’année 2018 et de 7 % pour les pure players. La croissance des effectifs du panel se maintient, malgré une croissance du chiffre d’affaires moins importante que les années précédentes. Les éditeurs tiennent parole et confirment leurs ambitions en poursuivant une stratégie de développement des effectifs pour soutenir les objectifs de croissance ! Le nombre de salariés du secteur a ainsi augmenté de 16 % depuis 2016, soit 26 299 postes nets créés, dont 12 647 emplois nets créés chez les pure players, i.e. les entreprises qui réalisent plus de 75 % de leur chiffre d’affaires grâce aux activités d’Édition. La croissance est encore plus impressionnante chez les entreprises « start-up », qui ont été créées il y a moins de huit ans. Les effectifs ont augmenté de près de 50 % dans cette catégorie sur les deux dernières années (2 285 emplois nets créés en deux ans) !


Les éditeurs français ont du mal à recruter. Ce constat dressé depuis de longues années ne fait que perdurer ! Pire, les difficultés se sont encore fortement accrues par rapport à l’année passée, puisque 87 % des éditeurs de logiciels déclarent faire face à des difficultés de recrutement, soit une hausse de 3 points par rapport à 2017. L’ensemble de la profession subit aujourd’hui la pénurie de talents et ce, sur divers types de profils ! Trois quarts des éditeurs estiment que ces difficultés constituent un frein à leur développement, cette proportion est similaire à celle de l’année passée (74 % en 2018 contre 75 % en 2017). Ce sont surtout les développeurs qui constituent le principal point de tension chez les éditeurs, puisqu’ils sont le profil le plus recherché dans le secteur aujourd’hui, éléments indispensables au développement et à la conception de nouvelles offres !

61 % des entreprises du panel indiquent recourir, en tout premier lieu, au levier « Salaires et Primes » afin de fidéliser leurs salariés. Dans un contexte d’augmentation des salaires en France, notamment pour les profils R&D, les éditeurs n’hésitent pas à prendre des risques et continuer à offrir des salaires et primes compétitifs, leur permettant de fidéliser leurs effectifs. Seuls 8 % d’entre eux, en revanche, indiquent l’intéressement et la participation comme vecteur de rétention des salariés. Bien que les éditeurs les plus matures soient largement bénéficiaires, ce levier reste secondaire. La rémunération directe est donc largement favorisée par les éditeurs dans l’optique de conserver les salariés en poste. En deuxième position, le levier « Positionnement social et sociétal » de l’entreprise est toujours plus mis en avant par la profession, avec un quart des répondants indiquant privilégier cet axe pour fidéliser leurs salariés.

Par ailleurs, ceci est le reflet de l’évolution des attentes des salariés du secteur, ces derniers ne privilégiant plus seulement les aspects pécuniaires lorsque se pose la question du choix de leur environnement de travail !L’accès au capital se situe quant à lui à la dernière place des moyens privilégiés, avec seulement 5 % des éditeurs le plaçant en première position. La prise de participation au capital est cependant davantage privilégiée par les jeunes entreprises, puisqu’au sein du panel, les 45 sociétés fondées il y a moins de huit ans sont 8 % à privilégier l’accès au capital et 24 % à le placer en second choix. Pour les jeunes entreprises, impliquer leurs salariés en leur permettant d’être actionnaires de la société qui les emploie est un nouveau modèle de partage de valeur, toujours dans l’optique d’une adhésion plus grande de l’ensemble des salariés au projet.

Les femmes ne représentent plus qu'un tiers des effectifs des éditeurs aujourd'hui

La profession de l’édition de logiciels peine à se féminiser. Seulement un tiers des effectifs globaux sont représentés par des femmes. Dans les difficultés de féminisation des effectifs, est souvent cité le problème de la formation. En effet, les écoles d’ingénieurs comptent en majorité des effectifs masculins, ce qui se répercute sur le secteur. Les femmes ont tendance à travailler dans les sociétés les plus importantes, que ce soit en termes de taille ou de chiffres d’affaires. Ainsi, alors que les effectifs des entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros représentent 77 % des effectifs du secteur, 79 % de l’emploi féminin est concentré dans ces sociétés.

L'investissement R&D marque une pause par rapport à 2017

Les éditeurs français investissent fortement en R&D, et cette tendance s’accentue depuis deux ans : 14 % du chiffre d’affaires généré par le secteur est investi dans la R&D en 2018 contre seulement 10 % il y a deux ans, soit une augmentation de plus de 4 points. Les pure players sont les entreprises qui accordent aux activités de recherche la part la plus significative de leurs ressources : 18 % de leur chiffre d’affaires y est consacré. Les plus petites entreprises consentent un effort de R&D proportionnellement plus important que les plus grands acteurs : les entreprises réalisant moins de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires consacrent 26 % de celui-ci à la R&D alors que les entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros ne consacrent que 7 % pour ces activités. Les premières phases de développement des solutions sont très consommatrices de ressources en R&D et constituent un réel enjeu pour les nouveaux entrants !

17,7 % des effectifs des éditeurs sont dédiés à la R&D, la tendance est stable par rapport à l’année dernière. Ils représentaient 18 % des effectifs globaux. Les activités de R&D sont fortement concentrées en France chez les petits éditeurs, dont l’effectif total est inférieur à 250 personnes, puisque 77 % des effectifs R&D de cette catégorie se situent sur le territoire national.Sans surprise, les effectifs R&D sont, en pourcentage, plus significatifs chez les pure players où ces derniers représentent près de 33 % de l’effectif total. Cette part se maintient au-delà des 30 %, année après année, confirmant l’engagement des éditeurs à placer l’innovation au centre de leurs préoccupations. Pour y parvenir, les éditeurs n’hésitent plus à consentir des rémunérations plus élevées à leurs équipes R&D, expliquant que, bien que les effectifs R&D tendent à stagner en 2018, la part de chiffre d’affaires allouée à la R&D a, quant à elle, fortement augmenté !

Le financement public

Le Crédit d’Impôt Recherche (CIR) reste fortement employé par les éditeurs de logiciels français, les trois quarts d’entre eux ont utilisé ce système au cours de l’année 2018, bien que ce pourcentage accuse une baisse de 7 points par rapport à l’édition de l’an passé (82 % des éditeurs témoignaient alors avoir recours à ce dispositif).

Le soutien de BPI France est toujours plus plébiscité parmi les éditeurs de notre pays : 65 % y ont eu recours cette année contre 59 % l’année dernière. Les principaux dispositifs utilisés sont des aides financières : 45 % des éditeurs ont bénéficié d’aides à l’innovation, soit via des subventions ou bien encore par des avances remboursables.

57 % des éditeurs PME ont aussi utilisé le Crédit d’Impôt Innovation (CII), dispositif mis en place en 2013 et qui vise à compléter le CIR. Longtemps ignoré par la profession, le Crédit d’Impôt Innovation semble avoir été peu à peu adopté par les éditeurs, dont la majorité y a désormais recours ! Plus encore, chez les jeunes éditeurs (moins de 8 ans), le recours au CII atteint 64 %, symbole de la nécessité du soutien des structures publiques pour le développement du secteur en France.

41 % des éditeurs ont par ailleurs profité de prêts afin de lancer leur société ou une innovation.En revanche, les programmes collaboratifs initiés par Bpifrance restent encore peu connus des éditeurs, qui y ont très peu recours, se limitant à l’usage des instruments non dilutifs proposés par l’institution.

Lauréats des trophées 2019

Animée par Florence Haxel, entrepreneur et manager de la transformation numérique, la cérémonie a récompensé cinq éditeurs :
  • Trophée 2019 Croissance en SaaS, décerné à la société Mirakl, éditeurs de solutions de marketplaces.
  • Trophée 2019 International, décerné à la société Algolia, moteur de recherche paramétrable commercialisé en mode cloud.
  • Trophée 2019 Innovation, décerné à la société Payfit, logiciel gestion de la paie et des ressources humaines en ligne.
  • Trophée 2019 Jeux vidéo, décerné à la société Voodoo, éditeur français de jeux vidéo sur iPhone et mobiles Android.
  • Trophée 2019 Prix du jury, décerné à la société Shift technology, éditeur développant des technologies de détection automatique des fraudes à destination des compagnies d'assurances.


Entretien avec Firmin Zocchetto, PDG Payfit, lauréat Innovation

Pourriez-vous nous présenter l’activité de votre société et nous indiquer quels sont les événements marquants sur ces dernières années de la vie de votre entreprise ?

PayFit est une solution de gestion en ligne de la paie et des ressources humaines. La société a été créée en 2016 par trois cofondateurs (Firmin Zocchetto, Ghislain De Fontenay, Florian Fournier). Nous sommes partis du constat que la gestion de la paie était compliquée et fastidieuse pour les PME françaises. PayFit a pour ambition d’automatiser les processus de paie et de déclarations sociales. Pour y parvenir, nous avons développé notre propre langage de programmation : JetLang. Ce langage permet d’intégrer les règles du Code du travail et des conventions collectives pour pouvoir générer des paies de manière simple et intuitive. Ce langage a d’abord été utilisé pour coder les lois françaises, mais il est transposable sur d’autres pays.

Au début, PayFit ne proposait qu’une fonction d’automatisation de la production de la paie et des bulletins de paie à nos premiers clients. Trois ans plus tard, la solution inclut désormais des fonctionnalités RH telles que la gestion des congés payés ou le traitement des notes de frais. Depuis 2018, nous avons ouvert la solution dans d’autres pays européens : Espagne, Allemagne, et Royaume-Uni. La solution devrait bientôt être disponible en Italie. Aujourd’hui, PayFit compte près de 3 000 clients dont Revolut, Heetch, Big Mamma, Station F et Le Cab. En juin 2019, la société a levé 70 millions d’euros avec BPI France et Eurazeo. Cet investissement permet de poursuivre notre expansion en Europe, d’enrichir notre offre et de développer nos services et produits.

Quels sont les éléments clés de votre politique d’innovation au sein de votre société ?

Face à un besoin croissant de digitalisation, l’élément différenciant de PayFit est le JetLang qui permet de proposer une solution innovante et modulable selon les réglementations locales en vigueur. La solution n’est pas simplement un outil de digitalisation mais un produit intuitif et intelligent, source de productivité pour les PME. Les investissements en recherche et développement se concentrent sur l’amélioration constante de notre produit et l’ajout de nouvelles fonctionnalités pour proposer une gamme complète de service de ressources humaines à nos clients.

Des efforts importants sont également dédiés à l’amélioration de l’expérience utilisateur. L’implémentation du système de paie, qui est un mélange de tâches manuelles et automatiques permet aux clients de faire la migration vers PayFit de manière extrêmement rapide et en limitant le nombre de tâches à faible valeur ajoutée. Pour créer un environnement d’innovation, nous responsabilisons et sensibilisons chacun des collaborateurs en leur demandant d’être exigeant sur leurs travaux. Nous encourageons aussi nos employés à s’exprimer et à partager leurs idées. Nous considérons qu’il est important de créer une culture d’entreprise qui met en valeur l’innovation.

Quelles sont les perspectives de développement pour votre société dans les années à venir ?

L’objectif de PayFit est de devenir un champion européen dans le domaine des ressources humaines en développant un environnement de travail épanouissant pour les clients et salariés de PayFit. L’atteinte de cet objectif passe par la poursuite du développement de la solution dans les pays existants et par l’ouverture de nouveaux pays européens. La volonté de la société est de créer un SIRH complet qui intègre dans une solution unique, en ligne, tous les besoins des ressources humaines.PayFit cherche à recruter les meilleurs talents en proposant un défi technique alléchant. L’objectif est de passer de 350 salariés aujourd’hui à 1 000 dans deux ans. Cette croissance des effectifs permettra d’accélérer l’expansion de la société, de renforcer nos efforts en matière d’innovation produit et ainsi devenir le partenaire incontournable des services RH au sein des PME européennes !

Source : Syntec Numérique

Voir aussi :

Quelles sont les habitudes à avoir pour parvenir à mettre sur pied d'excellents logiciels ? Voici une liste inspirée du livre « 66 façons dont les experts pensent »
MongoDB Inc. annonce un chiffre d'affaires de 99,4 millions USD au deuxième trimestre de son exercice fiscal 2020, une hausse de 67 % largement tirée par la part des abonnements en hausse de 71 %
Apple annonce une baisse de ses bénéfices au troisième trimestre de 2019 malgré une augmentation de son chiffre d'affaires
Le chiffre d'affaires de Huawei est en hausse de 23 % au premier semestre de 2019 malgré la répression américaine

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Avatar de matthius
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 12/10/2019 à 22:09
Rien sur les industries !

Des éditeurs d'industries utilisaient toujours Delphi 7 en 2014.

Une migration est très dangereuse pour un éditeur sur tous les plans.

Seulement migrer de Delphi 7 vers Lazarus est le plus facile à faire. J'ai écrit un article sur les migrations par les composants.
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