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Commission d'enrichissement de la langue française : ne dites plus « cryptojacking » mais « minage pirate »
Voici la nouvelle vague de traductions proposées

Le , par Stéphane le calme

31PARTAGES

16  0 
La Commission d’enrichissement de la langue française a publié au Journal officiel une nouvelle série de traductions s’imposant à toutes les administrations. Ainsi, « bouclier de protection des données personnelles », définit comme étant un ensemble de dispositions de protection des données personnelles mises en œuvre pour contrôler l'exportation et l'exploitation de ces données à des fins commerciales, sera préféré à « Privacy Shield ».

En fait, l'accord « Privacy Shield » est venu remplacer l’accord « Safe Harbor ». Ce dernier, qui organisait une partie du transfert des données entre l’Union européenne et les États-Unis, a été annulé par la Cour de justice de l’Union européenne le 6 octobre 2015. Après cette décision, la Commission européenne a donc négocié rapidement un nouvel accord avec les États-Unis, afin d'assurer la continuité du flux massif de données entre les deux continents. C’est ainsi qu’a été proposé le Privacy Shield, qui est entré en vigueur depuis le 1er août 2016. En juillet 2018, le Parlement européen a appelé à sa suspension, estimant qu'il n'offre pas le niveau de protection requis par le droit européen.


Nous avons aussi « accord parapluie de protection des données personnelles » (pour « umbrella agreement ») qui désigne un accord international de coopération pénale qui permet de protéger les données personnelles en encadrant leur exportation et leur exploitation. Il est rappelé que :
  1. L'accord parapluie est un élément du bouclier de protection des données personnelles.
  2. L'accord parapluie a pour but de prévenir ou de réprimer la commercialisation abusive des données personnelles.

La Commission recommande également de dire « confidentialité des données personnelles » au lieu de « data privacy ». Elle définit ce groupe de mots comme étant le principe selon lequel le caractère privé des données personnelles doit être préservé. D'ailleurs, plusieurs expressions mettant en exergue la confidentialité ont été abordées. Nous pouvons parler de la « confidentialité par défaut » (à la place de « privacy by default »), qui désigne selon la Commission le principe selon lequel la protection des données personnelles doit être appliquée à un système d'information pendant son exploitation, dans l'hypothèse où cette protection n'a pas été programmée. Elle précise que la confidentialité par défaut peut être obtenue soit par l'application de règles de fonctionnement telles que des restrictions d'usage, soit par la mise en place de dispositifs techniques complémentaires.

Sans oublier « confidentialité programmée » (à la place de « privacy by design ») qui est le principe selon lequel la protection des données personnelles doit être intégrée dans un système d'information dès sa conception.

Il faut reconnaître que c'est un thème qui est souvent revenu à la une, notamment depuis l'affaire Cambridge Analytica qui a vu des législateurs du monde entier demander un entretien avec le patron de Facebook. En mars 2018, le quotidien américain New York Times et britannique The Guardian ont publié des informations relatives à une campagne de manipulation orchestrée par l’entreprise Cambridge Analytica, une société spécialisée dans l’analyse de données (data mining). Ces données auraient permis d’effectuer un profilage des électeurs potentiels dans le cadre de la campagne victorieuse de Donald Trump outre-Atlantique, mais aussi du « Oui » au Brexit. Depuis, les scandales liés à la confidentialité des utilisateurs ont été regardés avec une autre perspective. Le thème revient également à la une dans le cadre des évolutions du RGPD.


Nous avons aussi des classiques comme « cyberespionnage » (au lieu de « cyber espionage », « cyber intelligence (CYBINT) », « cyber spying ») qui est un ensemble d'actions menées dans le cyberespace consistant à infiltrer, clandestinement ou sous de faux prétextes, les systèmes informatiques d'une organisation ou d'un individu, et à s'emparer de données pour les exploiter. Le cyberespionnage se pratique notamment par le biais de logiciels malveillants ou espions, de cyberattaques persistantes, ou en mettant à profit les vulnérabilités des systèmes informatiques.

« Cyberjustice » fait référence au recours aux technologies et aux réseaux numériques pour faciliter l'accès au droit et améliorer l'administration de la justice. La cyberjustice vise, notamment, à améliorer la communication interne ou externe entre les juridictions, les professionnels du droit et les justiciables.

Cette fois-ci la Commission a traité des expressions tournant autour des cryptomonnaies. Ainsi, « minage pirate » (pour « cryptocurrency mining » ou « cryptojacking ») désigne la prise de contrôle, au moyen d'un logiciel malveillant, de la capacité de calcul de terminaux ou de serveurs informatiques aux fins du minage d'une cybermonnaie.

Le cryptojacking a commencé progressivement à se déployer comme une alternative aux rémunérations issues de la publicité. L’idée du cryptojacking est née en mi-septembre 2017 lorsque CoinHive a proposé un script pour le minage de cryptomonnaies (monero en l'occurrence). Parmi les sites Web qui l’ont adopté, figure The Pirate Bay, le site de partage P2P, qui s’est appuyé sur les ressources de ses utilisateurs comme moyen alternatif de financement. Parmi d’autres mainstreams qui ont fait appel au cryptojacking figurent également la chaîne de télévision Showtime et le site officiel de la star du Real Madrid, Cristiano Ronaldo, qui avaient déployé le script de CoinHive sans en avertir leurs utilisateurs.

Les semaines qui ont suivi ont vu se multiplier sur le Web des imitateurs de CoinHive. Selon une étude d’Adguard sur le sujet publiée en fin octobre 2017, plus de 220 sites parmi ceux qui figurent dans le top 100 000 d’Alexa utilisaient déjà ce genre de script. Étant des sites populaires, le nombre des utilisateurs affectés était plutôt impressionnant : le cabinet parlait d’un trafic combiné de 500 millions de personnes. Deux mois après la publication de ses premiers résultats sur ce phénomène, AdGuard a été abasourdie par les nouvelles statistiques : « cette technologie a réussi à affecter près d'un milliard d'internautes ».

Source : Journal officiel

Et vous ?

Que pensez-vous de ces traductions ?
Quelles sont celles que vous avez déjà adoptées ou que vous pensez pouvoir adopter facilement ?
Quelles sont celles qui vous posent problème ? Pourquoi ?

Voir aussi :

Ne dites plus « web » mais « toile » ! La commission propose des termes et définitions dans les domaines de l'Internet et de l'IA
Ne dites plus « fake news » mais « information fallacieuse » ou « infox » ! La commission espère que ce néologisme va « plaire au grand public »
Ne dites plus cyberaddiction mais addiction au numérique ou cyberdépendance, la Commission propose des traductions pour des termes liés au numérique

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Avatar de no2303
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 05/09/2019 à 20:38
Que pensez-vous de ces traductions ?
Qu'elles sont complètement inutilisables dans le langage courant, quand on voit à quel point elles sont longues et/ou absurdes.

Un bouclier de protection ? ça existe un bouclier qui ne soit pas "de protection" ?

Mention spéciale pour l'accord parapluie de protection des données personnelles, qui prends 3,5 secondes à prononcer à lui tout seul
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Avatar de Pyramidev
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 06/09/2019 à 12:01
Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
A quoi cela sert d'inventer des traductions pour des termes que strictement personne n'utilise. Combien d'individus actifs dans l'informatique ont déjà entendu le terme "cryptojacking"?
Parce que, si tu inventes une traduction pour un terme anglais qui est déjà très utilisé par les francophones, c'est trop tard : le terme anglais s'est déjà enraciné et presque personne ne veut adopter un nouveau terme.
6  0 
Avatar de Pomalaix
Rédacteur https://www.developpez.com
Le 09/09/2019 à 17:07
Citation Envoyé par Ecthelion2 Voir le message
Dis pas des choses comme ça malheureux, après on va se retrouver comme nos cousins québécois, avec des titres de films ridicules au possible, qui des fois, n'ont même aucun rapport avec le film...

Si c'est pour se taper des "Fiction pulpeuse" (Pulp Fiction), des "Ferrovipathes" (Trainspotting), des "Folies de graduation" (American Pie), etc. etc. Je préfère largement que l'on garde les titres anglais, n'en déplaise aux amoureux dans la langue française.
Ce n'est pas parce que les Québécois ont traduit ces titres comme des manches aux yeux d'un Français, qu'il faut abandonner l'idée de les traduire correctement.

Et sur le sujet général de cette discussion, je trouve excellent que cette commission se saisisse de termes relativement récents.
Avec un peu d'efforts, elle finira par réagir suffisamment tôt pour proposer des expressions françaises qui pourront enfin s'imposer, avant la diffusion massive et malencontreuse des expressions anglaises originales, propagées telles quelles par des incompétents linguistiques.
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Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 05/09/2019 à 21:22
Citation Envoyé par no2303 Voir le message
Mention spéciale pour l'accord parapluie de protection des données personnelles, qui prends 3,5 secondes à prononcer à lui tout seul
Ils auraient pu faire mieux franchement.

l'accord parapluie de protection des données à caractère personnelles.

Valà, c'est mieux ainsi.
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Avatar de MaximeCh
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 06/09/2019 à 16:33
Autant le nom et l'existence de la commission me donnent des sueurs froides,
autant minage pirate c'est je trouve très bien. Pas d'onomastique à la con, autant de syllabes qu'en anglais, ça parle au vulgum pecus.
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Avatar de transgohan
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 06/09/2019 à 8:19
Bouclier de ???? Oh sérieux...
Ils pourraient être plus utile...
Faire dégager des mots anglais du dictionnaire pour des mots qu'on a en français depuis toujours par exemple ?
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Avatar de CoderInTheDark
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 06/09/2019 à 9:38
En musique on a plein de termes italiens, ils ne veulent pas les traduire aussi.

Moi je trouve ça con depuis la traductionde CD ROM en phonétique CéDérom.
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Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 06/09/2019 à 17:17
Citation Envoyé par MaximeCh Voir le message
autant minage pirate c'est je trouve très bien. Pas d'onomastique à la con, autant de syllabes qu'en anglais, ça parle au vulgum pecus.
On aurait pu trouver mieux quand même.

MINAge pirATE : Minate.
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Avatar de Steinvikel
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 06/09/2019 à 18:44
on pourrait également proposer quelque chose de plus proche, étymologiquement parlant : détournement de minage (et sa similarité avec "détournement de mineur" rappel clairement son caractère illégal)
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Avatar de Neckara
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 06/09/2019 à 19:32
Citation Envoyé par Steinvikel Voir le message
on pourrait également proposer quelque chose de plus proche, étymologiquement parlant : détournement de minage (et sa similarité avec "détournement de mineur" rappel clairement son caractère illégal)
Mais non, c'est du minage surprise.

Minage inopiné, minage non-consenti, minage non-permis, minage à l'insu du plein gré.

Minage caché, minage dissimulé, minage de Troie, on peut s'amuser à trouver plein d'alternatives.
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