
afin d’échapper à la surveillance de la Chine
Hong Kong, haut lieu de la finance internationale, est plongé depuis le 9 juin dans une des pires crises de son histoire. En effet, le pays est en proie à de violentes manifestations qui opposent les forces de l’ordre à des manifestants prodémocratiques. Pour mieux comprendre la crise actuelle que traverse la région, il faut remonter à la fin du mois d’avril où un projet de loi a été présenté par le gouvernement pro-Pékin de Hong Kong afin d’autoriser les extraditions des résidents de Hong Kong vers la Chine. Ce projet de loi qui ne gagna pas l’assentiment de la population hongkongaise a suscité de vives réactions.
Dès le 6 juin, 3 000 avocats vêtus de noir descendent dans les rues de Hong Kong afin de protester contre cette loi qui, selon eux, « met en péril l’État de droit et les valeurs qu’ils chérissent ». Le 9 juin, plus d’un million de personnes défilent dans la ville toujours pour marquer leur désaccord vis-à-vis de cette loi. Le 1er juillet, le parlement local est envahi et les premiers affrontements violents commencent. Depuis lors, bien que le projet de loi ait été suspendu, l’on assiste à de violentes manifestations qui opposent les forces de l’ordre aux manifestants dont les revendications sont maintenant d’ordre démocratique. Pour de nombreux manifestants, ces protestations sont le reflet d’une inquiétude qu’ils nourrissent face à l’ingérence grandissante de Pékin dans les affaires intérieures de Hong Kong, ancienne colonie britannique rétrocédée à Pékin en 1997.
Dans cette crise qui ne se joue pas seulement dans les rues, le gouvernement de Hong Kong (chapeauté par celui de Pékin) surveille également les communications en ligne afin de ne pas se laisser surprendre. Cela donne lieu parfois à des censures. Dans pareille situation, il serait difficile pour les manifestants de communiquer. Mais loin de là ! Les manifestants ont trouvé le moyen de communiquer en contournant internet. Pour se faire, ils ont recours en grande partie à l’application de messagerie nommée Bridgefy qui utilise le Bluetooth et le réseau maillé pour faciliter l’échange de messages entre utilisateurs. Nous précisons que le réseau maillé est un réseau dans lequel les hôtes sont connectés pair-à-pair sans hiérarchie centrale.
Avec l’application Bridgefy, les utilisateurs envoient leurs messages par Bluetooth à leurs correspondants. Ainsi même si vous ne disposez pas de connexion internet et de crédits de communication, il vous est quand même possible de communiquer par message avec vos correspondants. Bien que la portée de la norme Bluetooth soit limitée, les développeurs de Bridgefy avancent qu’il est possible d’envoyer des messages à des personnes qui se trouvent dans un espace de 100 mètres autour du point d’envoi. En outre, il est même possible d’envoyer des messages à des personnes se situant au-delà de cette distance. En effet, étant donné que l’application utilise le Bluetooth et le réseau maillé, même si un correspondant ne se trouve pas proximité, le message envoyé par l’utilisateur parcourt le réseau en passant par les utilisateurs les plus proches jusqu’à atteindre le correspondant désiré. Avec Bridgefy, il est possible de discuter en privé avec des personnes dans votre liste de contacts ou simplement avec des personnes à proximité même si elles ne font pas partie de vos contacts, et cela, en utilisant le mode Broadcast.
Cette solution se présente comme un grand soulagement pour les Hongkongais qui ne souhaitent pas utiliser l’application mobile WeChat surveillée par le gouvernement chinois. Selon, Jorge Rios, cofondateur et président de Bridgefy, c’est « un moyen sûr pour les gens de communiquer, car il y a très peu de risque que les messages soient lus par des yeux non désirés ». Depuis l’éclatement de la crise, de nombreux Hongkongais ont téléchargé l’application Bridgefy. Apptopia, une entreprise de collecte de données d’utilisation des applications mobiles, rapporte que les téléchargements de Bridgefy ont augmenté d'environ 3700 % au cours de 2 derniers mois. Jorge Rios, pour sa part, déclare qu’au cours des 7 derniers jours, l’application a été installée 60 000 fois, la plupart du temps à Hong Kong.
Bien que cette application soit beaucoup utilisée dans cette crise à Hong Kong, plusieurs autres scénarios d’utilisation peuvent également lui être attribués. Après des catastrophes naturelles (ouragan, tremblement de terre, tsunami, etc.) où avoir un réseau internet et même le réseau cellulaire devient difficile, cette application peut être utile pour communiquer facilement avec ses proches ou même envoyer des messages de détresse.
Pour les développeurs qui sont intéressés par cette technologie, l’entreprise Bridgefy met également à leur disposition un SDK (Kit de Développement Logiciel) qu’ils peuvent intégrer dans leurs applications iOS ou Android afin de permettre aux utilisateurs d’envoyer des messages même en étant déconnectés de la toile.
Source : BBC
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