L'Équateur affirme avoir été touché par 40 millions de cyberattaques
Depuis qu'il a livré Julian Assange aux autorités britanniques

Le , par Christian Olivier

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L’Équateur aurait subi 40 millions de cyberattaques depuis qu’il a permis à la police britannique de contraindre le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, à quitter son ambassade à Londres, a rapporté l’Agence France-Presse (AFP).

Patricio Real, vice-ministre de l’Équateur des technologies de l’information et de la communication, a confié que les attaques ont commencé peu après l’arrestation d’Assange le 11 avril 2019 par des agents du service de police métropolitain (MPS). Elles avaient principalement pour origine les États-Unis, les Pays-Bas, l’Allemagne, la Roumanie, la France, l’Autriche, le Royaume-Uni et l’Équateur et le Brésil. Javier Jara, sous-secrétaire du Département de l’administration électronique du ministère des Télécommunications, a déclaré à ce propos que son pays avait subi des attaques volumétriques qui ont bloqué l’accès à Internet à la suite de « ;menaces émanant de groupes liés à Julian Assange ;».


Les attaques volumétriques représentent une forme d’attaque par déni de service distribué (DDoS) dans laquelle les attaquants inondent les serveurs de requêtes afin de les surcharger et d’empêcher les utilisateurs légitimes d’y accéder : l’attaquant utilise le botnet pour générer un trafic important et engorger la cible.

Les 40 millions de cyberattaques évoquées précédemment correspondent au nombre cumulé de tentatives automatisées de perturbation ayant affecté les systèmes cibles (les sites Web du ministère des Affaires étrangères, de la banque centrale, du bureau du président Lenin Moreno, des autorités fiscales et de nombreux autres sites Web gouvernementaux). Mais aucune institution n’a signalé de tentative réussie de vol ou de destruction de données.

Julian Assange, fondateur de l’organisme international à but non lucratif Wikileaks, avait à l’origine demandé et obtenu l’asile à l’ambassade de l’Équateur à Londres en 2012. Mais à cette époque, les autorités britanniques cherchaient à extrader Assange vers la Suède où elles enquêtaient sur deux affaires distinctes — une agression sexuelle et un viol — impliquant ce dernier. Assange cherchait à présenter les allégations comme un prétexte pour obtenir son extradition vers les États-Unis, où il ferait l’objet de poursuites pour avoir divulgué des secrets gouvernementaux et militaires.

Les autorités suédoises ont par la suite abandonné l’enquête, mais le Royaume-Uni a continué à demander son arrestation pour avoir refusé de verser une caution. Assange est resté à l’ambassade équatorienne au fil du temps, usant apparemment de la patience de l’Équateur. L’ambassade aurait interrompu son accès à Internet en 2018 pour ingérence politique présumée, Moreno ayant qualifié Assange de « ;problème hérité ;» de son prédécesseur, Rafael Correa.


En fin de compte, les États-Unis ont accusé Assange d’avoir conspiré avec Chelsea Manning, celui qui a été à l’origine de la fuite de données sensibles en rapport avec les opérations de l’armée US en Irak pour le compte de WikiLeaks, pour tenter de pirater le réseau informatique protégé du Département US de la Défense (le Secret Internet Protocol Network, SIPRNet). Cette tentative aurait échoué, mais Manning a finalement fourni à Wikileaks des centaines de milliers de dossiers gouvernementaux qui ont été publiés en 2010. Ceux-ci allaient de câbles diplomatiques à d’autres données impliquant le personnel militaire américain en Irak et en Afghanistan dans la dissimulation de victimes civiles, la torture, des bavures ayant débouché sur la mort de journalistes… qui ont humilié le gouvernement américain.

Source : AFP

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Le 16/04/2019 à 23:31
Le gouvernement américain admet qu'il ne sait pas si Assange a pu pirater un mot de passe pour Manning
Selon un affidavit non scellé

Julian Assange n’est plus à l’ambassade de l’Equateur à Londres où il s'était réfugié depuis 7 ans par crainte d’être extradé vers les États-Unis pour y être interrogé sur les activités de Wikileaks, son organisation non gouvernementale fondée en 2006, dont l'objectif est de publier des documents à caractère sensible, ce, dans le but de les rendre accessibles à tous.

Une publication du Washington Post du jeudi dernier a confirmé les craintes du fondateur de WikiLeaks. D’après ce qu’a rapporté le quotidien américain, les autorités britanniques ont arrêté le fondateur de WikiLeaks en réponse à une demande d'extradition des États-Unis après que l'Équateur a annulé son asile à son ambassade à Londres. Dans un post sur Twitter, Jennifer Robinson, avocat de Julian Assange a écrit : « Assange a été arrêté non seulement pour violation des conditions de sa mise en liberté sous caution, mais aussi à la suite d'une demande d'extradition américaine. »

Le jeudi 11 avril dernier, le service de police métropolitain de Londres a été obligé d'exécuter le mandat au nom du tribunal de première instance de Westminster et après avoir été autorisé par l'ambassadeur de l’Equateur à entrer dans l'ambassade afin d’arrêter Assange. Il a été placé en garde à vue dans un commissariat central de Londres où il restera avant d'être présenté dès que possible devant le tribunal de première instance de Westminster, selon une note d'information du service métropolitain de Police de Londres.

Cependant, selon un article de Motherboard publié le lundi, le gouvernement américain n'a aucune preuve que le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a réussi à briser un mot de passe pour la dénonciatrice Chelsea Manning. En effet, la Cour de district des États-Unis pour le district Est de la Virginie a levé les scellés de l'affidavit écrit par un agent du FBI le 21 décembre 2017, qui contient plus de détails sur les échanges entre Assange et Manning. Le document révèle qu’en décembre 2017, le gouvernement américain ne savait pas si Assange avait réellement piraté le mot de passe.


A l’origine de l’affaire, selon l’acte d'accusation à l'encontre de Julian Assange dévoilé par le gouvernement américain le jour de son arrestation à l’ambassade de l’Equateur, le fondateur de WikiLeaks est accusé d’avoir conspiré pour voler des dossiers secrets du gouvernement américain. Dans l'acte d'accusation, le gouvernement affirme qu'Assange a travaillé avec Chelsea Manning pour obtenir des documents classifiés. Les procureurs américains ont déclaré que Manning avait accédé à des fichiers gouvernementaux classifiés et les avait fournis à Assange.

Chelsea Elizabeth Manning, l'ex-analyste du renseignement, est la personne à l'origine de la fuite de données sensibles en rapport avec les opérations de l'armée américaine en Irak pour le compte de WikiLeaks. Il avait envoyé au site de Julian Assange des télégrammes diplomatiques et des vidéos de combats en 2010 et avait fait face à 22 chefs d'accusation dont elle avait été reconnue coupable et condamnée en 2013 pour 10 d'entre eux dont la possession et la diffusion d'informations classées secrètes sur l'Irak et l’Afghanistan.

L’arrestation du jeudi dernier est intervenue officiellement parce qu’Assange avait violé sa liberté sous caution dans le cadre d'allégations d'inconduite sexuelle en Suède, d’après Motherboard. Dans l’acte d’accusation dévoilé par le gouvernement américain ce même jour, le ministère de la Justice a accusé le fondateur de WikiLeaks d'avoir accepté d'aider Manning à pirater un mot de passe qui aurait aidé l'ex-analyste militaire à accéder à un système informatique classifié sous un nom d'utilisateur qui ne lui appartenait pas, ce qui aurait compliqué la tâche des enquêteurs pour retrouver la fuite éventuelle.

Cependant, d’après l’affidavit dévoilé le lundi, les Etats-unis n’ont pas les preuves que Julian Assange avait réussi pirater le mot de passe pour aider Manning. Jusqu’à présent, selon Matherboard, ce que le gouvernement américain était au courant, c’est qu’Aqssange avait tenté de briser un mot de passe pour Manning.

Dans l’affidavit daté du 21 décembre 2017, l'agent du FBI Megan Brown a déclaré :

« Les enquêteurs n'ont pas trouvé de réponse à la question de Manning à Assange, et il n'y a aucune autre preuve de ce qu'Assange a fait, le cas échéant, en ce qui concerne le mot de passe ».

Toutefois, selon les avocats, la simple offre d'aide peut être considérée comme faisant partie d'un complot visant à transgresser la Loi sur la fraude et les abus informatiques, a rapporté Motherboard.

Bradley, un avocat du cabinet d'avocats Mark Zaid P.C. à Washington, DC, en s’adressant à Motherboard par courriel, a déclaré :

« Aux fins d'une accusation de complot, il n'est pas nécessaire que l'action soit couronnée de succès. Tout ce qu'il faut, c'est une action manifeste pour faire avancer le complot, à savoir les efforts d'Assange pour déchiffrer le mot de passe pour Manning ». « Qu'il ait échoué est hors de propos », a-t-il ajouté.

L'allégation selon laquelle Assange aurait offert son aide à Manning a été révélée pour la première fois en 2011, dans le cadre de la poursuite de Manning. À l'époque, les procureurs ont montré les mêmes échanges entre Manning et une personne présumée être Assange qui sont maintenant à la base de l'accusation contre le fondateur de WikiLeaks.

L’EFF contre l’arrestation d’Assange

Dès le jeudi dernier, jour d’arrestation, l’EFF a produit une déclaration concernant l’accusation portée à l’encontre d’Assange par le gouvernement des Etats-Unis :

« Bien que l'acte d'accusation de Julian Assange porte sur une tentative présumée de briser un mot de passe - une tentative qui n'a apparemment pas réussi – il s'agit encore, à la base, d'une attaque contre la publication de documents divulgués et de l'acte le plus récent d'une tentative qui s'étend sur presque dix ans de punir une personne qui a donné l'alerte et l'éditeur du document qui s'y trouve. Plusieurs parties de l'acte d'accusation décrivent un comportement journalistique très courant, comme l'utilisation du stockage dans le Cloud ou le fait de recevoir sciemment des informations classifiées ou de censurer des informations d'identification concernant une source. D'autres parties rendent suspects les outils logiciels libres courants comme Linux et Jabber. Et bien que nous soyons soulagés que le gouvernement n'ait pas choisi d'inclure aujourd'hui des accusations fondées sur la publication, si Assange est effectivement extradé, le gouvernement peut émettre des actes d'accusation de substitution. Il ne devrait pas le faire. Les fuites sont un élément essentiel de la libre circulation de l'information qui est essentielle à notre démocratie. Les reportages sur les fuites de documents, y compris les reportages sur des informations classifiées, constituent un rôle essentiel du journalisme américain.»

Pour l’heure, Assange est en détention au Royaume-Uni, en attendant le début du processus qui pourrait le conduire aux États-Unis. Selon les experts, ce processus peut prendre des mois, voire des années.

Selon certains utilisateurs d’un site web communautaire d’actualités sociales, qui ont eu connaissance du contenu de l’affidavit non scellé, Manning est le véritable criminel dans l’affaire de fuite d’information. Selon eux, Assange est juste un blogueur glorifié qui est juste imbu de lui-même.

Source : Motherboard

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Expert éminent https://www.developpez.com
Le 19/04/2019 à 17:31
Ajout au dossier: Déposition de Julian Assange à l’ambassade d'équateur, 14/15 novembre 2016
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Avatar de Patrick Ruiz
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 01/05/2019 à 19:35
Le fondateur de WikiLeaks Julian Assange condamné à 11 mois de prison par les Britanniques
En attendant une éventuelle extradition vers les USA

Ce mercredi, Julian Assange comparaissait devant un tribunal londonien pour sa soustraction à la justice après l’obtention, en 2012, de l'asile dans l'ambassade d’Équateur à Londres pour éviter de se présenter aux autorités britanniques en charge de dire le droit. Le tribunal de Southwark vient de le condamner à 50 semaines de prison pour avoir rompu les termes de sa liberté provisoire.


11 mois de prison, c’est 1 mois de moins que la peine maximale que le fondateur de WikiLeaks risquait pour les charges retenues contre lui par la justice britannique. La période passée en détention depuis le 11 avril sera prise en compte et Assange pourra demander sa libération provisoire après avoir effectué la moitié de sa peine. Tous calculs faits, il ne devrait y rester que 22 semaines, soit près de 6 mois. « La peine de Julian Assange, pour avoir demandé et reçu l'asile, est deux fois plus lourde que celle prévue par les lignes directrices en matière de détermination de la peine », commente WikiLeaks.



Les points saillants de l’audience de ce jour …

Julian Assange, qui est détenu à la prison de Belmarsh, dans l'Est de Londres, a fait valoir qu'il ne devrait pas être emprisonné pour cette infraction, car il a été effectivement emprisonné à l'ambassade. Ce mercredi premier mai, à Southwark Crown Court à Londres, la juge Deborah Taylor a rejeté cet argument.

« Il est difficile d'envisager un exemple plus sérieux de ce délit. En vous cachant dans l'ambassade, vous vous êtes mis de façon délibérée hors de portée, tout en restant au Royaume-Uni », rapportent des médias anglais des propos de la juge à l’intention de Julian Assange.

Avant sa condamnation, le tribunal a eu lecture d'une lettre d'excuses de Julian Assange dans laquelle il déclarait qu'il était aux prises avec des circonstances difficiles. « J'ai fait ce que je pensais à l'époque être la meilleure ou peut-être la seule chose que j'aurais pu faire. Je regrette la tournure actuelle des événements », rapportent des médias anglais des propos de Julian Assange lors de l’audience.

Cet argumentaire a été réitéré par son avocat lors des échanges devant la cour britannique. Selon son conseil, Assange s'est réfugié dans l’ambassade d’Équateur car se sachant recherché par les autorités américaines. Il lui fallait un refuge où il ne pourrait pas « être kidnappé et ramené de force aux États-Unis. » Son avocat a également expliqué qu'Assange craignait une extradition vers les USA car les relations entre le pays et la Suède pouvaient impliquer des processus d'extradition.

Dans un document de 9 pages, l’équipe Assange revient en détail sur les raisons qui expliquent son choix de se réfugier à l’ambassade d’Équateur à Londres ainsi que sur les conditions de son séjour.

« Il a passé près de sept ans dans des conditions d'isolement, sans accès à des soins médicaux adéquats, à l'espace et à la lumière naturelle, circonstances dans lesquelles sa santé physique et psychologique s'est considérablement détériorée. Dans le délai qui s'est écoulé depuis qu'il a été avisé de l'inscription de cette affaire sur la liste, il n'a pas été possible de fournir des preuves médicales à jour. Nous joignons pour l'arrêt de la cour des informations sur des preuves médicales antérieures du Dr Michael Korzinski décrivant les conséquences psychologiques [onglet 16] et du Dr Tim Ladbrooke décrivant les conséquences physiques [onglet 17]. Nous espérons que le tribunal acceptera de ses avocats que, depuis son admission à HMP Belmarsh, l'accusé fait actuellement l'objet d'une batterie de tests et d'interventions médicales », lit-on.

« En juin 2012, lorsque l’ordre d’extradition vers la Suède est devenu définitif, sa mise à disposition de ce pays était désormais inévitable. A l'époque des faits, la Suède avait des antécédents bien documentés de refoulement direct de personnes vers des États où elles risquaient d'être victimes de mauvais traitements, notamment de torture et de mort », peut-on encore souligner.

D’après WikiLeaks, la défense d'Assange a fourni de nombreux éléments de preuve à l'audience concernant les mesures d'atténuation pour la détermination de la peine prononcée ce jour, mais le juge n'en a pas tenu compte.



Que va-t-il arriver ensuite ?

L’audience de ce jour marque le début d’une nouvelle chaîne d’ennuis légaux pour Julian Assange. Jeudi 2 mai, il fera une nouvelle fois face au tribunal pour des échanges relatifs à une demande d’extradition vers les USA. Une publication du Washington Post parue à mi-parcours du mois d’Avril de l’année en cours confirme cette crainte du fondateur de WikiLeaks. Y faisant suite, les États-Unis ont dévoilé un acte d’accusation contre à l’encontre du fondateur de WikiLeaks.

Dans l'acte d'accusation, le gouvernement affirme qu'Assange a travaillé avec Chelsea Manning (ex-analyste du renseignement américain) pour obtenir des documents classifiés. Les procureurs ont déclaré que Manning avait accédé à des fichiers gouvernementaux classifiés, les avait fournis à Assange et avait ensuite collaboré avec Assange pour tenter de déchiffrer le mot de passe d'un réseau gouvernemental classé. L'acte d'accusation décrit les communications entre Manning et Assange à partir du printemps 2010. WikiLeaks a par la suite publié une cache importante des télégrammes du département d'État, et Manning a été inculpé. Elle a été condamnée à une peine de prison, mais sa peine a été commuée par le président Obama. Le mois dernier, elle a de nouveau été emprisonnée pour avoir refusé de témoigner au sujet de WikiLeaks.

Les procureurs ont également affirmé qu'Assange avait activement encouragé Manning à consulter des dossiers. À date, Assange est accusé d'avoir accéder sciemment à un ordinateur, sans autorisation, pour obtenir des informations qui ont été déterminées par le gouvernement américain comme protégées contre toute divulgation non autorisée pour des raisons de défense nationale et relations publiques. Notamment, des documents relatifs à la défense nationale classés "Secret Défense" avec des raisons de penser que, si de telles informations étaient révélées, cela pourrait être utilisé pour faire du tort aux États-Unis. Il est également accusé de complot en vue de commettre une intrusion dans un ordinateur. Il risque jusqu'à 5 ans de prison.

WikiLeaks s’est avancé sur le terrain de ce qui pourrait être l’issue du procès à venir et exprime ses craintes sur ceci que la messe semble dite. « Nous sommes très inquiets de savoir s'il bénéficiera d'un procès d'extradition équitable au Royaume-Uni », lit-on.



Sources : NYT, Notes sur les mesures d’atténuation, WikiLeaks

Et vous ?

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Quelles chances pour que la décision d’extradition de julian Assange vers les USA ne soit pas prononcée dans l’audience à venir ?

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Avatar de Patrick Ruiz
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Le 03/05/2019 à 7:00
Julian Assange ne souhaite pas se livrer à une extradition vers les États-Unis
Pour « avoir fait du journalisme qui a remporté de nombreux prix »

Julian Assange a fait vœu de lutter contre l'extradition vers les États-Unis dans ce qui pourrait devenir une longue et compliquée bataille juridique.

Lors d'une audience hier à Londres, le juge Michael Snow lui a fait savoir qu'il pouvait consentir à une extradition vers les États-Unis, ce, alors que ses partisans se rassemblaient à l'intérieur et à l'extérieur de la salle d'audience, scandant et tenant des pancartes demandant sa liberté.


« Je ne souhaite pas me livrer à une extradition pour avoir fait du journalisme qui a remporté de nombreux prix et protégé de nombreuses personnes », a déclaré Julian Assange à la cour via un direct vidéo depuis la cellule de prison où il se trouve, selon les médias.

Le fondateur de WikiLeaks a été arrêté en avril. L'ambassade de l’Équateur à Londres venait d’expulser l'homme de 47 ans après lui avoir accordé près de sept ans d'asile. La police métropolitaine de Londres s'était chargée de son arrestation au sein de l'ambassade et de son transport vers son actuel lieu de détention. Ainsi s'ouvrait une nouvelle ère de batailles juridiques pour le personnage controversé.

Y faisant suite, le gouvernement américain a publié un acte d’accusation contre le fondateur de WikiLeaks. Dans ce que le département de la Justice des États-Unis a récemment qualifié d’ « une des plus grandes compromissions d'informations classifiées de l'histoire des États-Unis », Julian Assange est accusé d'avoir aidé l’ex-analyste du renseignement des USA, Chelsea Manning, à accéder à des milliers de documents et de communications sur les guerres en Irak et en Afghanistan, ainsi qu'à des câbles et mémoires diplomatiques sur des détenus de Guantanamo Bay. D’après Ben Brandon, représentant des USA lors des échanges, Julian Assange est parvenu à télécharger 90 000 rapports de guerre concernant l'Afghanistan, 400 000 de la guerre en Irak, 800 évaluations de détenus de Guantanamo Bay et 250 000 câbles du département d'État. Plusieurs de ces documents ont fait l’objet de publications sur WikiLeaks en 2010 et 2011.

L'audience d'extradition de jeudi fait suite à une comparution en cour mercredi, au cours de laquelle le tribunal de Southwark a condamné Assange à 11 mois de prison pour avoir rompu les termes de sa liberté provisoire. La période passée en détention depuis le 11 avril sera prise en compte et Assange pourra demander sa libération provisoire après avoir effectué la moitié de sa peine. Tous calculs faits, il ne devrait y rester que 22 semaines, soit près de 6 mois.

Ben Brandon, l'avocat représentant le gouvernement américain, a déclaré jeudi à la cour qu'Assange pourrait être passible d'une peine d'emprisonnement maximale de cinq ans s'il est jugé coupable par les juridictions américaines. Le calcul de cette peine s’appuierait principalement sur des preuves de communications entre Assange et Chelsea Manning. Deux autres audiences sont programmées pour les 30 mai et 12 juin, ce, après obtention, par les avocats d'Assange, du contenu complet de la demande d'extradition américaine.

Les avis d’experts en droit sur les conditions à remplir pour que l’extradition soit envisageable

D’après Anna Bradshaw, expert en droit pénal européen, l’extradition d’Assange vers les USA est conditionnée par la réussite d’un certain nombre de tests que les autorités britanniques vont se charger de mener. « Ils sont relativement simples. L'infraction qu'il est accusé d'avoir commise doit avoir une correspondance en vertu de la loi britannique », indique-t-elle. Elle précise toutefois que le camp Assange est susceptible d’user d’un certain nombre de leviers, notamment, celui des droits de l’Homme. En effet, des craintes subsistent quant aux traitements qu’Assange pourrait subir s’il venait à être extradé vers les États-Unis. Cette carte dans la manche du camp Assange s’aligne bien avec le fait que le Royaume-Uni est signataire d’une convention européenne sur les droits de l’homme.

Daniela Nadj, professeur de droit à l’université Queen Mary de Londres, coupe court : « il existe d’importants obstacles juridiques pour ce qui est de la demande d’extradition des États-Unis. » De nombreux experts sont d’accord là dessus : c’est parti pour de nombreux mois (voir années) de batailles juridiques.

Assange : journaliste ou criminel ?

Londres n'est pas le seul endroit où les partisans d'Assange se sont réunis à l'occasion de cette audience. Ils se sont également rassemblés devant l'ambassade des États-Unis à Berlin. Là, l'un des manifestants s'est chargé de lire une déclaration écrite par le célèbre transfuge de la National Security Agency, Edward Snowden, qui a lui aussi eu à divulguer des informations classifiées : « ce n'est pas seulement un homme qui est en danger, mais l'avenir de la liberté de la presse. »

Sources : NYT, USATODAY, NPR

Et vous ?

Que pensez-vous du cas Assange ?

Quel commentaire faites-vous de la position des USA ?

Voir aussi :

Julian Assange quittera « sous peu » l'ambassade d'Équateur à Londres où il est réfugié depuis 26 mois déjà

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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 03/05/2019 à 8:10
Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
Que pensez-vous du cas Assange ?
C'est quelqu'un qui s'est sacrifié pour partager des vérités.
Il n'a pas donné interprétation, il a donné toutes les sources et démerdez-vous.

Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
Quel commentaire faites-vous de la position des USA ?
Les USA veulent être dur avec les lanceurs d'alerte pour refroidir ceux qui voudraient faire pareil.
C'est difficile d'avoir le courage de Snowden ou Assange quand on sait ce qu'on risque.
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Avatar de r0d
Expert éminent https://www.developpez.com
Le 03/05/2019 à 11:12
La vie est un chemin pavé de surprises...
Qui eût cru que j'eusse un jour pu partager une opinion avec Ryu2000 !

S'il existe des univers multiples, il semblerait qu'ils se croisent parfois.
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Avatar de hotcryx
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 03/05/2019 à 13:00
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message

C'est difficile d'avoir le courage de Snowden ou Assange quand on sait ce qu'on risque.
Il ne faut pas craindre la mort quand on marche sur le chemin de la justice et de la vérité

On risque gros ici; mais qu'est-ce qu'on sera méritant d'avoir tenu jusqu'au bout.

"Prenez garde que personne ne prenne votre couronne."
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Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 03/05/2019 à 13:14
Citation Envoyé par hotcryx Voir le message
Il ne faut pas craindre la mort quand on marche sur le chemin de la justice et de la vérité
C'est facile à dire, mais personne ne sait comment il réagirait si il avait l'occasion de partager des documents sensible.
Si tu le fais, tu vas être menacé de mort, tu vas devoir être enfermé toute ta vie, tu ne seras plus jamais libre, dans le monde entier on essaiera de salir ton image (on t'accusera de viol ou de n'importe quoi), quelque part c'est pire que de se faire assassiner.

À la limite on peut dire que lui s'en est pas trop mal sorti :
WikiLeaks: Le soldat américain Bradley Manning condamné à 35 ans de prison (Il risquait jusqu'à 136 ans de prison...)
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Avatar de laerne
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 04/05/2019 à 0:49
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Oui, enfin, à voir. Elle a été remise en prison parce qu'elle ne voulait pas testifier davantage pour le lancement d'alerte dans le cas du procès Assange, qui n'est même pas encore extradié, et c'est jusqu'à la fin du procès — et combien ça va prendre de temps et que feront-ils d'elle après ? https://www.nytimes.com/2019/03/08/u...eaks-jail.html
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Avatar de hotcryx
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 06/05/2019 à 14:32
Citation Envoyé par laerne Voir le message
Oui, enfin, à voir. Elle a été remise en prison parce qu'elle ne voulait pas testifier davantage pour le lancement d'alerte dans le cas du procès Assange, qui n'est même pas encore extradié, et c'est jusqu'à la fin du procès — et combien ça va prendre de temps et que feront-ils d'elle après ? https://www.nytimes.com/2019/03/08/u...eaks-jail.html
Pourquoi tu dis "elle", Manning est un homme
Curieusement il n'y a jamais des lanceurs d'alerte féminins!
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