Un propriétaire de club de plage envoie paître les « influenceurs »,
Et son refus devient viral sur le Net

Le , par Stan Adkens

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Lorsque vous cherchez à vous procurer un nouveau produit ou un meilleur endroit où passer du bon temps avec des amis et que vous tombez sur des commentaires élogieux d'un acheteur du produit que vous recherchez ou d’une personne qui a une meilleure expérience d’un endroit visité, vous vous sentez en quelque sorte rassurés. La plupart du temps, vous faites confiance à ces commentaires positifs et achetez le produit ou vous visitez l’endroit déjà approuvé. Beaucoup d'entrepreneurs ont conscience de l'effet que ces commentaires ont sur les futurs acheteurs et font appel aux « influenceurs » qui leur proposent leurs services.

Cependant, cette offre de service de la part de certains « influenceurs » Instagram n’a pas du tout été vue de bon œil par le propriétaire d'un club de plage aux Philippines, qui a en fin de compte décidé de prendre position. En effet, Gianluca Casaccia, directeur et copropriétaire du White Banana Beach Club sur l'île de Siargao, lassé d'entendre les « influenceurs » Instagram demander des choses gratuites en échange de publicité pour son établissement, s’est insurgé contre ces derniers dans un post moqueur sur Facebook qui a fait ensuite l’objet de plusieurs commentaires.

« Nous recevons beaucoup de messages concernant les collaborations avec des influenceurs, des influenceurs Instagram » a-t-il écrit. « Nous aimerions gentiment vous annoncer que Banana White n'est pas intéressé à « collaborer » avec des « influenceurs » autoproclamés. Et nous vous suggérons d'essayer une autre façon de manger, de boire ou de dormir gratuitement. Ou essayer de travailler. », a-t-il ajouté.


Un influenceur Instagram est une personne qui a réussi à bâtir une audience importante sur son compte Instagram. De manière très concrète, son compte est suivi par des milliers de personnes et ses publications sont énormément likées et commentées. Ils possèdent des « pouvoirs » très recherchés qui leur permettent d’influencer les choix des personnes qui les suivent. Les bons influenceurs ont réussi à créer un lien spécial – la confiance – avec les gens qui les suivent. Ils inspirent ces derniers, leur envoient une image qui les emmène à vouloir devenir comme eux, consommer les mêmes choses qu’eux.

Cependant, le propriétaire du Club de plage a envoyé paitre les « influenceurs » Instagram qui lui ont envoyé plusieurs fois leurs offres de service de publicité. Selon M. Casaccia, son établissement était déjà célèbre avant l’avènement des médias sociaux. Selon CNN, le post Facebook de Casaccia était une « tentative sarcastique et directe » du directeur du White Banana Beach Club pour décourager les aspirants influenceurs de continuer de leur demander un séjour gratuit, de la nourriture et des boissons gratuites.

« Ces parasites écrivaient : « Bonjour, je suis un influenceur, nous aimons votre endroit, nous y sommes restés du xxx février au xxx février, nous sommes trois personnes, vous nous fournissez à manger et à boire et nous rédigeons un billet pour Instagram et nous vous marquons sur notre « Story » », a déclaré Casaccia à CNN. « Je pense que c'est offensant. J'ai d'abord cru qu'ils nous traquaient. », a-t-il ajouté.

Selon CNN, le post de Casaccia n’a pas tardé à faire le buzz sur les réseaux sociaux, déclenchant un débat sur le rôle des personnes dites « influenceurs ». Plusieurs commentateurs, qui ont apprécié le franc-parler du propriétaire de Banana White, ont fait son éloge dans leurs commentaires. « Nous ne devons pas excuser ni défendre le droit des influenceurs autoproclamés », a déclaré l'un d'entre eux dans des commentaires en dessous du post, en faisant une distinction entre les « vrais » influenceurs et ceux qui sont juste à la recherche des faveurs, a rapporté CNN.

Par contre, d'autres n’ont pas apprécié le ton utilisé par Casaccia dans son post. « J'ai l'impression que le choix des mots ici est exagéré et inutilement condescendant », a déclaré un commentateur. Un autre a abordé dans le même sens que le précédent en écrivant que « Qui qu’il soit votre gestionnaire des des médias sociaux, désolé, mais il y a une meilleure façon d'exprimer votre opinion. Et ce n'est pas en humiliant les gens ou la profession en ligne. »

Selon un autre commentateur, qui n’est pas contre la démarche des influenceurs qui se sont adressés à Casaccia en demandant des avantages contre une couverture publicitaire, « J'ai récemment essayé de faire du pitching dans des stations et des hôtels, parce que pourquoi pas, n'est-ce pas ? Il n'y a pas de mal à essayer ».

A la suite de ces commentaires, Casaccia a fait un autre post pour expliquer ce qu’il a voulu dire dans sa première publication. Selon lui, ce n’est pas la profession qui a voulu cibler, mais les profiteurs qui utilisent le nom de la profession sur Instagram. « Un VRAI influenceur est appelé comme tel par les autres, il ne s'adresse pas à lui-même comme influenceur, » a-t-il écrit. « Ce sont des blogueurs. Nous avons collaboré avec quelques-uns d'entre eux, à des conditions différentes, et nous les soutenons. »

Certains commentateurs ont soutenu que les influenceurs Instagram sont des gens qui fournissent un service, une forme de publicité gratuite qui fonctionne, permettant à des endroits comme le White Banana Beach Club, les restaurants, les hôtels de se faire connaitre. Mais, d’après Casaccia, ce n’était pas le cas pour son activité.

« Siargao était déjà célèbre et nous offrons un excellent service. La White Banana était déjà le White Banana avant cette tempête des médias sociaux – c'est pourquoi tout le monde voulait y venir gratuitement », a-t-il dit, tout en ajoutant qu'il ne s'attendait pas à ce que son message devienne aussi viral.

« Je ne voulais pas donner de leçons, mais quelqu'un devait s'adresser à l' « Eléphant dans la salle (un problème évident ou un risque dont personne ne veut discuter) » », a-t-il déclaré à CNN. « Je n'arrive pas à croire que nous soyons devenus célèbres dans le monde entier pour avoir dit ce qu'il y a de plus évident au monde : payez vos factures. »

Les discussions autour du post de Casaccia continuent sur un site web communautaire d’actualités sociales où un utilisateur a écrit que la situation qu’a vécue Casaccia est courante chez les développeurs Web et d’applications. « J'ai une idée géniale qui va me rapporter des millions, mais je ne sais pas comment la programmer, alors je veux que vous fassiez équipe avec moi, que vous fassiez ce truc gratuitement, et quand c'est rentable, vous aurez de l'argent aussi ! En attendant, pensez à la visibilité que vous aurez ! ».

Sans un accord de confidentialité en bonne et due forme, qu’est-ce qui prouve que le travail de développement sera reconnu au moment où l’activité sera rentable. Si les influenceurs aident les entrepreneurs à faire connaitre leurs affaires, le métier pourrait prendre l’eau à cause de certains comportements dans le domaine.

Source : CNN

Et vous ?

Que pensez-vous des influenceurs ?
Etes-vous d’avis avec Casaccia que les influences qui se sont adressés à lui sont des profiteurs ?
Avez-vous une expérience avec les influenceurs Instagram ? Racontez-la.

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Avatar de abriotde
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 08/04/2019 à 13:45
Le post est inapproprié, cependant là ou il a raison c'est sur le démarchage. Je déteste au plus au point le démarchage. C'est une véritable plaie, que ce soit par mail, par porte à porte ou par téléphone. S'il a besoin de publicité il saura très bien trouver un influenceur.
Avatar de Mingolito
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 08/04/2019 à 13:49
Quand j'arrive à la caisse avec mon caddie je vais dire à la caissière "je paie pas les courses je suis influenceur, c'est pour tester les produits"
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 08/04/2019 à 14:27
Citation Envoyé par Mingolito Voir le message
"je paie pas les courses je suis influenceur, c'est pour tester les produits"
Dans l'autre sens ça pourrait fonctionner, par exemple une chaîne de magasin bio pourrait payer une youtubeuse fitness (faux seins + stéroïde) pour qu'elle fasse ses courses en vidéo dans un magasin de la chaîne.
Si ses vidéos font des centaines de milliers de vues ça peut-être une pub rentable.

Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Not everyone sees a problem with trying to get free stuff in exchange for coverage. "I recently tried pitching to resorts and hotels, because why not, right? There's no harm in trying," wrote one commentor.
Dans ce sens là, ça me gène, qu'une personne soit pro active en disant "je suis un peu connu, donnez moi des trucs gratuits et je vous fais de la pub" je trouve que ça ne se fait pas.
Mais il y a encore pire, il y a du chantage au trip advisor, il y a des gens qui menacent de mettre une mauvaise note à un établissement.

Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Que pensez-vous des influenceurs ?
Déjà ils ne peuvent pas s'auto-proclamer influenceur.
Mais sinon ce sont des petites célébrités qui sont suivi par plein de gens sur Twitter, certains sont sympa.

Citation Envoyé par Stan Adkens Voir le message
Etes-vous d’avis avec Casaccia que les influences qui se sont adressés à lui sont des profiteurs ?
Ben ouais, les gens qui veulent de la nourriture et de la boisson en échange d'une publication instagram, essaient de profiter de l'établissement.
Si c'était vraiment des influenceurs ils gagneraient assez d'argent pour ne pas avoir à mendier...

And we would like to suggest to try another way to eat, drink, or sleep for free. Or try to actually work.
Avatar de esperanto
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 08/04/2019 à 14:53
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Dans l'autre sens ça pourrait fonctionner, par exemple une chaîne de magasin bio pourrait payer une youtubeuse fitness (faux seins + stéroïde) pour qu'elle fasse ses courses en vidéo dans un magasin de la chaîne.
Si ses vidéos font des centaines de milliers de vues ça peut-être une pub rentable.
Certes, mais c'est le magasin qui prendrait la décision, pas la youtubeuse qui publie d'abord sans prévenir et demande à être payée ensuite.
Sinon c'est un peu comme les pères Noël dans la rue qui prennent les enfants par la main pour faire une photo et agressent ensuite les parents pour leur vendre la photo alors qu'ils n'ont rien demandé.

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Déjà ils ne peuvent pas s'auto-proclamer influenceur.
Vu que le "métier" n'est pas encore assorti d'une carte professionnelle, comme par exemple la carte de presse, alors si, un peu quand même.
Maintenant, quand on sait que même certains salons pro refusent la gratuité pour les titulaires d'une carte de presse, faudrait pas non plus qu'un "métier" non réglementé ait d'avantage de passe droits, non mais...

Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Ben ouais, les gens qui veulent de la nourriture et de la boisson en échange d'une publication instagram, essaient de profiter de l'établissement.
Si c'était vraiment des influenceurs ils gagneraient assez d'argent pour ne pas avoir à mendier...
L'argument vaut aussi pour les "dons de voyance", et pourtant il y a toujours des pigeons pour se faire avoir...
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 08/04/2019 à 15:24
Citation Envoyé par esperanto Voir le message
Certes, mais c'est le magasin qui prendrait la décision, pas la youtubeuse qui publie d'abord sans prévenir et demande à être payée ensuite.
Ouais c'est exactement ce que je dis, c'est à l'établissement de demander à la personne connue.
Dire "je partage une photo de ton établissement en échange de boissons" ça rappelle Olly Plum avec son "Si je te pratique une fellation tu me paies mes cocktails ce soir".

Citation Envoyé par esperanto Voir le message
quand on sait que même certains salons pro refusent la gratuité pour les titulaires d'une carte de presse
Non mais la carte de presse c'est juste un régime spécial pour les impôts...
En réalité ça ne veut rien dire de la posséder.

Journaliste et impôt : tout savoir sur l’abattement de 7650 €. Comment marche l’exonération selon votre statut? Quid de l’impôt à la source.
Vincent Lapierre fait un travail de journalisme exceptionnel et il n'aura jamais de carte de presse.

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Ce que je veux dire c'est que c'est nul comme chantage "je suis un peu connu sur internet alors donner moi des trucs gratuit pour que je parle de votre établissement en bien sur les réseaux".
Avatar de cedric_g
Membre actif https://www.developpez.com
Le 08/04/2019 à 16:38
Dans un passé pas si lointain, j'ai très souvent été à mon échelle sollicité par les marques pour "parler d'elles" (thématique photo / nature... J'ai notamment sorti un livre en 2010, réédité en 2012, et ai un blog qui a eu sa petite heure de gloire avec 3000 visiteurs uniques/jour bien qualifiés dans la thématique avec des comptes réseaux sociaux qui vont bien avec, étalés entre 2006 et 2014...)

Au bilan de quelques années de "collaborations" : des trépieds, sacs photo, paires de jumelles, quelques "voyages" sur des sites naturels payants (en France métropolitaine, hébergement et déplacement inclus), de belles ristournes sur du matos photo et des produits divers et variés en cadeau... En tout un peu plus de 10 000 € d'avantages en nature et autres cadeaux concentrées sur environ 4 années d'activité. Plus énormément de contacts qualifiés dans le cadre de mon activité, ayant engendré de belles parutions

Je n'ai jamais eu la prétention d'être "influenceur" dans mon activité (que j'ai depuis mis un peu de côté) mais c'est quelque chose qui se pratique depuis très longtemps déjà. Et il ne me viendrait pas à l'idée d'aller faire la manche pour avoir une ristourne (je suis passé à autre chose depuis...)
Avatar de esperanto
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 08/04/2019 à 17:01
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Non mais la carte de presse c'est juste un régime spécial pour les impôts...
En réalité ça ne veut rien dire de la posséder.
C'est vrai mais la carte de presse peut jouir d'une certaine aura dans certains milieux, même s'il n'y a aucune base légale. Genre entrée gratuite dans un salon si tu as une carte d'une publication connue. Mais comme c'est du privé c'est au bon vouloir de l'organisateur.
Sans être une garantie (on peut obtenir une carte de presse en publiant son propre torchon, faut juste respecter la règle de < 66 % de pub (oui, on peut aller jusqu'à deux tiers!) et s'assurer qu'il est périodique et de ne rien faire de gênant comme jouer les lanceurs d'alerte sinon la Commission Paritaire peut refuser l'agrément...) beaucoup de sociétés privées y verront un gage de sérieux, même si c'est largement exagéré.
Un peu comme quand tu passes une certif pour ton langage favori, le fournisseur de certifs n'a pas d'agrément officiel pour en délivrer, mais beaucoup d'entreprises se fieront à eux quand il s'agit d'évaluer un CV.

Citation Envoyé par cedric_g Voir le message
Dans un passé pas si lointain, j'ai très souvent été à mon échelle sollicité par les marques pour "parler d'elles"
C'est donc bien aux marques de te solliciter et non l'inverse, ce que les "influenceurs" font semblant de ne pas comprendre.
Avatar de lsbkf
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 08/04/2019 à 17:07
Citation Envoyé par esperanto Voir le message
L'argument vaut aussi pour les "dons de voyance", et pourtant il y a toujours des pigeons pour se faire avoir...
Shhhhh, ils vont s'offusquer et te remâcher l'une des excuses imparables (qui marchent aussi avec le magnétisme, reiki, autre) : "oui mais on fait ça pour les gens, pas pour nous, on a choisi la vie de bohême !!" (pendant ce temps, râle dans les discussions en famille sur la retraite trop basse) ou alors "ça ne marche que dans ces conditions bien précises et si on y croit".
Avatar de David_g
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 08/04/2019 à 19:12
c'était déjà arrivé à un hôtel il y a quelques années ou des influenceurs avait dit : "on compte pas payer, on va vous faire de la pub. on est même sympa de venir chez vous". Le patron avait répondu que la pub n'allait pas faire manger le serveur, la dame de ménage etc et leur avait demandé de payer leur séjour.

Suite à cela, il avait quasiment du arrêter sa présence sur les réseaux sociaux car il avait pris un déluge de commentaires par les fans de divers influenceurs.
Avatar de JeanMorlet
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 10/04/2019 à 12:57
On se croirait en plein Black Mirror... Et on sait comment ça se termine pour le influenceurs. Quelle profession nauséabonde.
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