L'activité publicitaire de Facebook en Allemagne est compromise,
Car les autorités du pays lui interdisent de combiner les données de ses services

Le , par Bill Fassinou

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Le bras de fer entre les autorités allemandes et Facebook continue à cause de la collecte et du traitement que fait le réseau social des données de ses utilisateurs. Le modèle publicitaire de Facebook repose sur le suivi de son milliard d'utilisateurs ainsi que des milliards d'utilisateurs de WhatsApp et d'Instagram. Rappelons qu'en 2016, WhatsApp avait mis à jour ses conditions d’utilisation qui prévoient que les utilisateurs de l’application de messagerie puissent recevoir directement les messages des entreprises. Ces règles stipulent également que l’application va partager les numéros de téléphone de ses utilisateurs avec Facebook.

« Nous allons explorer des façons dont les entreprises et vous pouvez communiquer ensemble […], comme passer des commandes, effectuer des transactions, obtenir des informations de rendez-vous, recevoir des bons et avis de livraisons, être informé des mises à jour de produits et services et du marketing », avaient expliqué les responsables du service de messagerie pour justifier les interactions avec les entreprises. Si WhatsApp a réaffirmé que les bannières publicitaires ne seront toujours pas autorisées sur sa plateforme, le réseau social a indiqué que les messages envoyés par les marques pourront « contenir une offre pour quelque chose qui pourrait vous intéresser ».

Facebook soutient que la collecte de toutes ces données permet à l'entreprise de diffuser des publicités qui sont plus pertinentes pour les intérêts des utilisateurs. Les défenseurs de la protection de la vie privée quant à eux, disent que l'entreprise n'est pas assez transparente au sujet des données dont elle dispose et de ce qu'elle en fait. Par conséquent, la plupart des gens ne comprennent pas l'énorme compromis qu'ils font avec leurs informations personnelles lorsqu'ils s'inscrivent sur le réseau social.

Il y a quelques jours, le commissaire allemand de l'antitrust a imposé à Facebook d'importantes restrictions en matière de traitement des données des utilisateurs. Selon les conditions générales de Facebook, les utilisateurs n’ont jusqu’à présent pu utiliser le réseau social qu’à condition que Facebook puisse également collecter des données d’utilisateur en dehors du site Web de Facebook sur Internet ou sur des applications pour smartphone, et attribuer ces données au compte Facebook de l’utilisateur. Toutes les données collectées sur le site Web Facebook, par des services appartenant à Facebook et sur des sites Web tiers peuvent être combinés et attribués au compte d'utilisateur Facebook.


La décision de l’autorité couvre différentes sources de données. Les services appartenant à Facebook, tels que WhatsApp et Instagram, peuvent continuer à collecter des données. Toutefois, l'attribution des données aux comptes d'utilisateurs Facebook ne sera possible que sous réserve du consentement volontaire des utilisateurs. Si le consentement n'est pas donné, les données doivent rester avec le service respectif et ne peuvent pas être traitées en combinaison avec les données Facebook. La collecte de données sur des sites Web tiers et leur attribution à un compte d'utilisateur Facebook ne seront également possibles que si les utilisateurs donnent leur consentement volontaire.

Dans un communiqué, Andreas Mundt, président de l’Office fédéral de lutte contre les cartels, l’autorité de concurrence fédérale allemande, a déclaré que « Facebook ne sera plus autorisé à forcer ses utilisateurs à accepter la collecte et l'attribution pratiquement sans restriction de données non Facebook à leurs comptes d'utilisateur Facebook ». La réaction de Facebook ne sait pas fait attendre. « Nous ne sommes pas d'accord avec leurs conclusions et nous avons l'intention de faire appel afin que les Allemands continuent à bénéficier pleinement de tous nos services*», a écrit Facebook dans un billet de blog en réponse à la décision. L'entreprise dispose d'un mois pour faire appel. En cas d'échec, Facebook devrait modifier la manière dont elle traite les données en interne pour les utilisateurs allemands et ne pourrait combiner les données en un seul profil pour un compte Facebook qu'avec le consentement explicite de l'utilisateur.

Si le réseau social devait donc modifier sa manière de collecter les informations personnelles de ses utilisateurs, alors, c'est l'ensemble de l'activité publicitaire de Facebook qui se retrouverait perturbée. « C'est important », déclare Lina Khan, experte antitrust affiliée à la Columbia Law School et au groupe de réflexion Open Markets. Elle note que les autorités n'ont pas bien expliqué pourquoi la protection de la vie privée est une question antitrust. Ici, le régulateur allemand le dit clairement. « La théorie de l’autorité de concurrence fédérale allemande est que la domination de Facebook est ce qui lui permet d'imposer aux utilisateurs des conditions contractuelles qui les obligent à permettre à Facebook de les suivre partout. Lorsqu'il n'y a pas de concurrence, les utilisateurs qui acceptent les conditions d'utilisation ne sont souvent pas vraiment consentants. Le consentement est une fiction », selon Khan.

Selon l’autorité de concurrence fédérale allemande, Facebook comptait 32 millions d'utilisateurs actifs mensuels en Allemagne à la fin de l'année dernière, ce qui représente une part de marché de plus de 80 %. L'organisme de réglementation soutient que cette position dominante lui donne le pouvoir de surveiller les pratiques de collecte de données de l'entreprise. « En tant qu'entreprise dominante, Facebook est soumise à des obligations spéciales en vertu du droit de la concurrence. Dans le fonctionnement de son modèle économique, l'entreprise doit tenir compte du fait que les utilisateurs de Facebook ne peuvent pratiquement pas passer à d'autres réseaux sociaux. Le seul choix qui s'offre à l'utilisateur est soit d'accepter la combinaison complète des données, soit de s'abstenir d'utiliser le réseau social. Dans une situation aussi difficile, le choix de l'utilisateur ne peut être considéré comme un consentement volontaire », a déclaré Mundt.

Source : Communiqué de presse

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Avatar de emilie77
Membre actif https://www.developpez.com
Le 10/02/2019 à 15:23
"Nous ne sommes pas d'accord", ahahaha, ils pensent toujours d'etre hors de la loi

 
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