Mission sur la blockchain : des élus plaident pour un investissement de 500 millions
Une monnaie numérique et des fermes de minage nationales

Le , par Michael Guilloux

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La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations, transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Par extension, une blockchain constitue une base de données sécurisée et distribuée qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre ses utilisateurs depuis sa création et qui permet à chacun de vérifier la validité de la chaîne. La blockchain peut par exemple fournir une technologie de registre partagé que les participants d'un réseau d'entreprise peuvent utiliser pour enregistrer l'historique des transactions commerciales qui ne peuvent pas être modifiées. Cette technologie peut être utilisée dans n'importe quelle industrie. Et c'est ce qu'on a déjà commencé à voir avec les poids lourds de l'agroalimentaire qui ont décidé de s'appuyer sur la blockchain d'IBM pour la traçabilité des denrées périssables, ou encore l'industrie de la joaillerie qui s'est tournée vers la même blockchain pour la traçabilité de ses produits.

Au vu des discussions autour de la blockchain, tout porte à croire que cette technologie pourrait révolutionner les services des entreprises. Une récente enquête du cabinet PwC révèle d'ailleurs 84 % des entreprises ont des initiatives en cours en rapport avec la blockchain.

Ce n'est toutefois pas l'affaire des entreprises privées, car un nombre croissant de pays cherchent à l'exploiter dans les services publics. En juin dernier, le Président chinois Xi Jinping a reconnu ouvertement que la blockchain est une révolution technologique et que Pékin comptait en faire un moteur de développement. La France aussi ne veut pas rester en marge et, en prélude à la mise en place d'une stratégie, a commandité une mission d'information sur la blockchain.


« 2018 a été l'an zéro de la popularisation de la blockchain en France. L'année 2019 doit être celle de l'émergence de cet écosystème », a affirmé Jean-Michel Mis, député LREM et co-rapporteur de la mission. Dans le rapport présenté le mercredi dernier, des députés, voulant voir la France devenir une « blockchain nation », préconisent de lancer des expérimentations dans l'administration. Les administrations devraient ainsi lancer des projets de blockchain en concertation avec les entreprises, de l'industrie aux services, en passant par la sphère financière.

Les élus proposent notamment d'investir 500 millions sur trois ans, avec pour échéance le projet de loi de finances 2020. Il s'agirait plus exactement de redéployer des crédits accordés par l'agence nationale de la recherche et la Banque publique d'investissement (bpifrance) vers le secteur de la blockchain et des projets connexes.

Contrairement à l'IA où la France est clairement en retard, le rapport suggère qu'avec la blockchain la France prenne de l'avance. Ce qui nécessitera donc de définir une stratégie d'État autour de la blockchain. Mais dans quelle mesure est-il actuellement possible d'adopter la blockchain dans l'administration ? La question mérite d'être posée, car comme l'a relevé une étude de Gartner plus tôt cette année, si elle a un énorme potentiel, la technologie de blockchain peine à séduire les entreprises parce que son adoption nécessite un changement structurel et culturel. Au mois de juillet, IDC, dans la même logique, a également reconnu les préoccupations réglementaires et les normes de l'industrie comme un obstacle à l'adoption généralisée de la blockchain par les gouvernements, même si l'enthousiasme pour la blockchain augmente. Après, il faut s'assurer que l'adoption puisse avoir les effets attendus, car certains, plus sceptiques, estiment que la blockchain est une technologie sans intérêt, avec des utilisations qui se sont soldées par un échec.

Allant plus loin que l'adoption de la blockchain dans l'administration, les élus suggèrent également dans leur rapport l'expérimentation d'une « monnaie numérique » émise par une banque centrale, idéalement la BCE, sinon la Banque de France. « Cela aurait un impact symbolique et pratique puisque la blockchain souffre d'une image un peu dégradée à cause de la volatilité du bitcoin », explique la députée Laure de La Raudière, co-rapporteur de la mission.

Les députés français proposent encore de « reconnaître le cryptominage comme une activité électro-intensive. » L'objectif est qu'avec ce statut reconnu au cryptominage, les élus pourraient accorder aux acteurs privés du secteur de la blockchain une réduction sur le tarif d'utilisation du réseau public de l'électricité (TURPE), et par ricochet encourager le développement d'initiatives privées. Cela fait penser au vote d'octobre dernier des députés pour la réduction du coût de l'électricité pour les data centers afin d'encourager les entreprises à construire des data centers en France... « Nous devons avoir nos propres fermes de minage en France », estime Jean-Michel Mis. Si quelques acteurs se sont bien lancés, il estime que cela reste modeste comparé à des pays comme la Chine.

Source : Les Echos

Et vous ?

Que pensez-vous des suggestions du rapport de la mission d'information sur la blockchain ?
La blockchain a-t-elle le pouvoir de révolutionner l'administration française ? Dans quelle mesure cela est-il possible ?
Êtes-vous pour contre une monnaie numérique émise par la BCE ou la Banque de France ?
Partagez-vous l'idée de développer les fermes de minage en France ? Si oui, faut-il pour cela réduire le tarif de l'électricité pour cette activité ?

Voir aussi :

84 % des entreprises ont déclaré avoir des initiatives en cours en rapport avec la blockchain, selon une étude : les prémices d'une adoption massive ?
La blockchain : une révolution technologique selon le Président chinois Xi Jinping, Pékin veut utiliser la technologie comme moteur de développement
L'énorme potentiel de la technologie de blockchain peine à séduire les entreprises, car son adoption nécessite un changement structurel et culturel
Les dépenses mondiales autour de la blockchain pourraient atteindre les 11,7 milliards de dollars en 2022, d'après des projections d'IDC
La blockchain est-elle une technologie sans intérêt ? Une étude stipule que ses cas d'utilisation ont un taux de réussite de 0 %

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Avatar de paidge
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 17/12/2018 à 15:56
Êtes-vous pour contre une monnaie numérique émise par la BCE ou la Banque de France ?
devrait se suffire à elle-même quant à ma réponse
Avatar de Itachiaurion
Membre actif https://www.developpez.com
Le 17/12/2018 à 18:12
Des fermes de monnaies nationale? Du coup le ministère de l'écologie concrètement ils le mettent dans la poubelle verte au moins ou ça fait pas semblant? Quand ont dit qu'il faut pas leur laisser le droit de voter sur ce genre de sujet.

 
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