Sundar Pichai : « Pour l'heure, il n'est pas prévu de lancer un moteur de recherche en Chine ».
Le PDG de Google veut calmer le jeu face au Congrès

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
En mi-septembre, nous rapportions que Google a mis au point un prototype de moteur de recherche censuré pour la Chine, qui relie les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes.

Le moteur de recherche, baptisé Dragonfly, a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du Parti communiste chinois, tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques.

Le quotidien The Intercept a affirmé avoir obtenu des détails qui montrent que Google a compilé une liste noire de censure comprenant des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants » et « prix Nobel » en mandarin.

Les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, affirmant que cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Une préoccupation centrale exprimée par les groupes est que, au-delà de la censure, les données des utilisateurs sauvegardées par Google sur le territoire chinois pourraient être accessibles aux autorités chinoises, qui ciblent régulièrement les militants politiques et les journalistes.

La réaction de Google

Les tests internes de Google pour le développement d’un moteur de recherche censuré en Chine sont très prometteurs, a déclaré en octobre le PDG, Sundar Pichai, assurant « Qu’il s'avère que nous serons en mesure de traiter plus de 99% des requêtes ». Qui plus est, « Il existe de très nombreux domaines dans lesquels nous fournirions des informations meilleures que celles disponibles », telles que la recherche de traitements contre le cancer, a souligné Pichai. « Aujourd'hui, les gens reçoivent soit de faux traitements contre le cancer, soit des informations utiles ».

Malgré la controverse autour de ce projet, Pichai a décidé de ne pas faire marche arrière. Au contraire, il a affirmé que le potentiel d’exposition du monde à plus d’informations guidait l’avancée de Google en Chine. « Notre mission nous oblige à fournir des informations à tout le monde, et la Chine représente 20% de la population mondiale ».

Pichai a pris soin de souligner que cette décision pèse lourdement sur la société. « Les gens ne comprennent pas tout à fait, mais il faut toujours trouver un équilibre entre un ensemble de valeurs », a-t-il déclaré. Ces valeurs incluent l'accès à l'information, la liberté d'expression et la vie privée des utilisateurs. « Mais nous respectons également l’état de droit dans tous les pays », a-t-il déclaré.

Pichai essaye de calmer le jeu

Après avoir annoncé que Google n’allait pas reculer, Sundar Pichai a déclaré mardi 11 décembre à un panel du Congrès américain que Google n'avait pas l'intention de relancer un moteur de recherche en Chine, bien qu'il continue d'étudier cette idée.

Les législateurs et les employés de Google ont déclaré craindre que la société ne se conforme à la politique de censure et de surveillance de l’Internet en Chine si elle réintégrait le marché des moteurs de recherche du pays.

Il faut rappeler que la plateforme principale de recherche de Google est bloquée en Chine depuis 2010, mais l'unité Alphabet inc. tente de percer de nouveaux horizons dans ce pays, qui compte le plus grand nombre d'utilisateurs de smartphones au monde.


« Pour le moment, il n'est pas prévu de lancer un moteur de recherche en Chine », a déclaré Pichai au Comité judiciaire de la Chambre des représentants des États-Unis.

Mais il a ajouté que Google avait « développé et étudié en interne ce à quoi pourrait ressembler la recherche. Le projet est en cours depuis un moment. À un moment donné, plus de 100 personnes y ont travaillé, d’après ce que je comprends ».

Pichai a déclaré qu'il n'y avait pas de discussions en cours avec le gouvernement chinois. Il a promis qu'il serait « totalement transparent » avec les législateurs si la société venait à apporter les produits de recherche en Chine.

Dans une lettre adressée au législateur américain en août, Pichai a déclaré qu'un tel moteur de recherche apporterait de « vastes avantages » à la Chine, mais qu'il était difficile de savoir si Google pourrait lancer le service dans ce pays.

Un responsable du gouvernement chinois, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, a déclaré à Reuters le mois dernier qu'il était peu probable que Google obtienne l'autorisation de lancer un service de recherche en 2019.

Source : Reuters

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Avatar de Michael Guilloux Michael Guilloux - Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
le 17/12/2018 à 23:06
Google aurait décidé d'avorter « au moins à court terme » son projet de moteur de recherche censuré en Chine
face à la protestation de ses employés

Google a fait face à une grande vague de contestations internes ces derniers mois à cause de son projet de création d'un moteur de recherche censuré en Chine.

L'information a fait l'objet d'une fuite relayée par The Intercept au début du mois d'août. Selon le quotidien consacré au journalisme d'investigation, Google a mis au point un prototype de moteur de recherche censuré pour la Chine, qui relie les recherches des utilisateurs à leurs numéros de téléphone personnels, facilitant ainsi la surveillance par le gouvernement chinois des requêtes des internautes. Le moteur de recherche, baptisé Dragonfly, a été conçu pour les appareils Android et supprimerait les contenus jugés sensibles par le régime du Parti communiste chinois tels que les informations sur les dissidents politiques, la liberté d’expression, la démocratie, les droits de l’homme et même sur les manifestations pacifiques. The Intercept a affirmé avoir obtenu des détails qui montrent que Google a compilé une liste noire de censure comprenant des termes tels que « droits de l'homme », « protestation des étudiants », etc.

Des sources proches de Dragonfly ont ajouté que la plateforme de recherche semblait également avoir été conçue pour remplacer les données sur la pollution atmosphérique et la météo par des informations fournies directement par une source anonyme à Pékin. Le gouvernement chinois a l'habitude de manipuler des détails sur la pollution dans les villes du pays et une source de Google a déclaré que la société avait mis au point un système intégré à Dragonfly qui était essentiellement codé pour forcer les données fournies par la Chine. Cette source craignait donc que le système de recherche Dragonfly fournisse de fausses données sur la pollution en affichant une quantité de toxines dans l'air inférieure à ce qu’il en est réellement.


Les principaux groupes de défense des droits de l’homme ont critiqué Dragonfly, affirmant que cela pourrait avoir pour conséquence que l'entreprise « contribue directement aux violations des droits de l'homme ou en devienne complice ». Une préoccupation centrale exprimée par les groupes est que, au-delà de la censure, les données des utilisateurs sauvegardées par Google sur le territoire chinois pourraient être accessibles aux autorités chinoises, qui ciblent régulièrement les militants politiques et les journalistes.

Les employés de Google, à travers diverses formes de protestations, sont montés au créneau pour dénoncer le projet qui semble avoir obtenu la bénédiction des dirigeants du géant de la recherche en ligne. Google a également été interpellé par le vice-président américain, Mike Pence, qui a exhorté l'entreprise à renoncer sans attendre à poursuivre la mise en œuvre de Dragonfly.

Face à toute cette pression, Google a commencé à changer de langage concernant son projet de moteur de recherche censuré en Chine. Sundar Pichai, qui avait annoncé au départ que la firme n’allait pas reculer, a déclaré mardi 11 décembre à un panel du Congrès américain que Google n'avait pas l'intention de relancer un moteur de recherche en Chine, bien qu'il continue d'étudier cette idée. Mais d'après un nouveau rapport de The Intercept, citant deux sources anonymes, Google aurait fini par avorter son projet.

Ainsi, après des années d'absence du marché chinois de la recherche en ligne, Google va encore s'en priver. Les vagues de contestations internes et externes auraient en effet incité les dirigeants de l'entreprise à « arrêter au moins à court terme » le projet Dragonfly, moins de cinq mois après que l'information a été rendue publique.

Notons que ce n'est pas la première fois cette année que Google se voir contraint d'abandonner un projet de grande envergure face à la désapprobation de ses employés. Plutôt cette année, l'entreprise a décidé de ne pas renouveler son contrat avec le Département américain de la Défense (DoD) dans un projet baptisé Maven. Ce projet d'IA militaire vise à améliorer les opérations de drones en utilisant des technologies de reconnaissance d'images. Et selon le Pentagone, l'objectif initial de Maven était de fournir à l'armée une vision par ordinateur avancée, permettant la détection et l'identification automatique d'objets, dans pas moins de 38 catégories, capturés par la caméra d'un drone. Il va par conséquent permettre de suivre à la trace certaines cibles. Des intentions qui ont poussé plus de 3000 employés de Google à protester contre cette collaboration avec le Pentagone.

Sources : The Intercept, CNBC

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