La manipulation de l'opinion publique sur les plateformes de médias sociaux est devenue une menace critique pour la vie publique. C'est ce que conclut un nouveau rapport de l'Oxford Internet Institute (OII), un institut multidisciplinaire et basé à l'Université d'Oxford en Angleterre qui est consacré à l'étude des implications sociétales d'Internet dans le but d'en établir des recherches, des politiques et des pratiques pour le Royaume-Uni, l'Europe et ailleurs dans le monde. Le rapport a révélé que malgré les efforts pour lutter contre la propagande informatique, le problème s'aggrave à grande échelle. Partout dans le monde, des agences gouvernementales et des partis politiques exploitent les plateformes de médias sociaux pour diffuser des informations indésirables et la désinformation, exercer une censure et un contrôle, et saper la confiance dans les médias, les institutions publiques et la science.Pour rappel, il y a les élections présentielles américaines de 2016 au cours desquelles de fausses informations ont circulé sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, pour influencer les électeurs. Pour exemple, d’après un article partagé plus d’un million de fois sur Facebook en septembre 2016, il était indiqué que Donald Trump avait reçu le support du pape, ce qui était bien entendu une fausse actualité qui avait pourtant été largement diffusée comme bien d’autres. Après l’élection de Donald Trump, des voix se sont élevées pour pointer Facebook d’un doigt accusateur en affirmant que le réseau social avait contribué à son investiture en laissant diffuser de telles actualités qui ont influencé les grands électeurs. Cela est d'autant plus remarquable car, cette pratique peut avoir des conséquences non négligeables sur des personnes ou des événements comme l'avait suggéré une étude menée par Pew Research Center qui avait analysé la portée et les caractéristiques des consommateurs de médias sociaux dans neuf sites de réseautage social et avait indiqué que 44 % des Américains qui vont sur Facebook y lisent des actualités.
Un autre cas palpable de désinformation est celui de Paul Horner, un professionnel qui exploitait plusieurs sites qui publient de fausses actualités en général à caractère humoristique. Lors de la campagne électorale américaine de 2016, il a reconnu que les fausses actualités sur Facebook ont vraiment aidé Donald Trump à remporter les élections présidentielles contre Hilary Clinton. Car, il y avait participé aussi. Il n'était pas un partisan de Trump, ce qui l’avait conduit à écrire des faux articles pour ridiculiser le camp du candidat républicain. Or, ses articles ont été pris au sérieux et ont produit le contraire de l’effet attendu. « Mes sites ont été tout le temps repris par les partisans de Trump », dit-il. « Ses partisans ne vérifient rien - ils postent tout, ils croient n'importe quoi. Son directeur de campagne a posté mon article au sujet d'une personne qui a reçu 3500 $ pour manifester » lors d’un rassemblement des pro-Trump.
« Le nombre de pays où des manipulations de médias sociaux ont été organisées a considérablement augmenté, passant de 28 à 48 pays dans le monde », a déclaré Samantha Bradshaw, co-auteur du rapport de l'OII. « La plupart de ces manipulations proviennent des partis politiques qui répandent de la désinformation et des informations indésirables en période électorale. De plus en plus de partis politiques tirent les leçons des stratégies déployées lors du Brexit et de l'élection présidentielle américaine 2016 : de plus en plus de campagnes utilisent des robots, des informations indésirables et de la désinformation pour polariser et manipuler les électeurs », a-t-elle ajouté. Ceci en dépit des efforts déployés par les gouvernements de nombreux pays démocratiques pour mettre en place une nouvelle législation destinée à lutter contre les fausses informations sur Internet. « Le problème, c'est que ces groupes de travail chargés de lutter contre les fausses informations sont utilisés comme un nouvel outil pour légitimer la censure dans les régimes autoritaires », déclare le professeur Phil Howard, co-auteur et chercheur principal du projet de propagande informatique de l'OII. « Au mieux, ces types de groupes de travail créent des contre-discours et créent des outils de sensibilisation et de vérification des faits par les citoyens », explique t-il
Un autre défi est l'évolution des médias utilisés par les individus pour partager des nouvelles et des informations. « Il est prouvé que les campagnes de...
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