Facebook obtient pendant une semaine une licence commerciale en Chine
Un coup dur pour la société dont les services restent bloqués dans le pays

Le , par Stan Adkens

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Facebook a été banni de la Chine depuis 2009. Cependant, tout comme les autres géants des technologies tels que Google, Uber, la société continue ses meilleurs efforts pour revenir sur le marché chinois. En effet, le marché chinois présente un énorme potentiel de croissance sans égal de l’usage d’Internet par les résidents dont le nombre dépasse le milliard. Cependant, cette croissance s’accompagne de mesures drastiques de censure par le gouvernement. L'appareil de contrôle d'Internet en Chine est considéré comme le plus étendu et le plus avancé que dans n'importe quel autre pays du monde. En Chine ce n’est pas seulement le contenu de certains sites qui est bloqué, les autorités gouvernementales sont capables de surveiller l'accès à Internet de chaque personne.

La situation est d’autant plus complexe pour Facebook avec le phénomène des fausses actualités qui a explosé pendant les campagnes présidentielles des États-Unis, phénomène qui a, par ailleurs, été évoqué par les responsables chinois lors de la troisième édition de la conférence mondiale sur Internet (WIC) en Chine, en novembre 2016. Les tensions entre la Chine et les États-Unis suite à l’imposition des tarifs sur leurs importations respectives n’ont pas arrangé la situation.

Ces longs et périlleux efforts de Facebook, au cours desquels la société aurait même travaillé sur les outils qui devraient s’adapter à l’environnement local chinois tels qu’un outil capable de masquer les contenus dans les fils d’actualité des membres en fonction de l’emplacement géographique, ont été récompensés par une licence de création d’une filiale dans la ville de Hangzhou capitale du Zhejiang. Mais la joie du géant des réseaux sociaux a été de courte durée.


En effet, la licence enregistrée à Hangzhou a obtenu une approbation le mercredi 18 juillet 2018 et a ensuite été révoquée par les autorités chinoises le soir du mardi 24 juillet, a écrit The New York Times. Le mardi soir, l'enregistrement de la filiale au capital de 30 millions de dollars a été retiré du site Web du gouvernement chinois et certaines références à la filiale semblaient être censurées sur les médias sociaux du pays, selon The New York Times.

C’est un revers pour Facebook qui a vu sa plateforme principale bloquée depuis 10 ans en Chine. Son service de partage de photos, Instagram, et sa plateforme de messagerie, WhatsApp, sont également bloqués en Chine. Cette confusion montre combien de fois il est difficile aux firmes des technologies américaines de s’implanter en Chine pour exploiter leurs services.

Cet accord, même, s’il demeurait, ne signifierait pas tout à fait que la société pourrait lancer l’ensemble de ses services, en l’occurrence sa plateforme Facebook, qui est depuis mars dernier impliqué dans un scandale de violation de données privées des utilisateurs, vu la batterie de mesures de censure appliquée à l’Internet par les autorités gouvernementales chinoises. Cependant, selon The New York Times, Facebook voulait utiliser la filiale pour coordonner des projets avec les développeurs chinois.

« Nous sommes intéressés par la création d'un centre d'innovation à Zhejiang pour soutenir les développeurs chinois, les innovateurs et les start-ups », a déclaré Debbie Frost, une porte-parole de Facebook. « Nous l'avons fait dans plusieurs parties du monde, en France, Brésil, Inde, Corée et nos efforts se concentreront sur la formation et les ateliers qui aident ces développeurs et entrepreneurs à innover et à se développer. »

Le gouvernement chinois n’admet pas les réseaux sociaux qu’il ne contrôle pas et Facebook et ses autres services font partie de cette catégorie. LinkedIn a dû censurer ses propres produits pour éviter la censure des autorités chinoises.

L’implantation de la firme de Palo Alto en Chine serait d’autant plus problématique qu’elle fait l’objet de nombreuses enquêtes en l’occurrence celles du gouvernement américain pour son traitement des données des utilisateurs de son réseau social.

Le PDG de la société, Mark Zuckerberg, a lui-même déclaré la semaine dernière que sa société était « loin de faire quoi que ce soit » en Chine, déclarant que Facebook travaillait sur des produits pour la Chine « à long terme ». Mais il a continué en disant que « Nous devons trouver une solution qui soit en phase avec nos principes et ce que nous voulons faire, et en conformité avec les lois locales, ou sinon, ça n'arrivera pas. En ce moment, il n'y a pas d’accord. »

Pour arriver à s’implanter en Chine, Facebook aurait posé certains actes afin de séduire le pays tels qu’appendre le mandarin, développer un outil de censure, publier une application de photos en Chine sans ajouter sa marque au service.

Bien que Facebook ne soit pas implanté en Chine, le pays de Xi Jinping a été la plus grande source de revenus publicitaires de l'entreprise en Asie. En effet, Facebook vend les publicités aux entreprises chinoises et au gouvernement chinois à travers le monde.

Source : The New York Times

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