Facebook aurait mis en place un outil de censure pour revenir en Chine
Malgré les craintes d'un abus des droits de l'Homme

Le , par Coriolan

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Depuis le début de 2009, la Chine comptait le plus grand nombre de connectés à Internet de tous les pays d’Asie et aussi de tous les pays du monde. La croissance sans égal de l’usage d’Internet en Chine a été accompagnée de mesures drastiques de censure par le gouvernement chinois. Elles sont appliquées par le biais de lois et règlementations mises en application par les fournisseurs d’accès à Internet, entreprises et organisations contrôlées par les gouvernements provinciaux. L'appareil de contrôle d'Internet en Chine est considéré comme le plus étendu et le plus avancé que dans n'importe quel autre pays du monde. Les autorités gouvernementales ne bloquent pas uniquement le contenu de certains sites, mais elles sont capables de surveiller l'accès à Internet de chaque personne.


Facebook a été banni en Chine en 2009 et comme tous les autres géants d’Internet, la firme de Palo Alto cherche à revenir dans le marché chinois qui présente un énorme potentiel de croissance avec ses 1,4 milliard de résidents chinois. Google pour sa part avait mis en place une version de son moteur de recherche qui répondait aux mesures de censure entreprises par le gouvernement chinois. Néanmoins, après une série de cyberattaques affiliées au gouvernement chinois, la firme s’est retirée de la Chine une fois pour toutes depuis 2010. Plus récemment, Uber a également quitté le marché chinois après avoir revendu sa filiale chinoise à un concurrent locale.

Facebook veut devenir opérationnel une fois encore en Chine, pour cette raison, le réseau social a bâti un outil capable de masquer les contenus dans les fils d’actualité des membres en fonction de l’emplacement géographique. La firme compte livrer cet outil à un partenaire local pour empêcher la publication de contenus prohibés en Chine. Ce n’est pas la première fois que Facebook répond favorablement aux demandes de censure des gouvernements, le réseau social a déjà supprimé des publications dans d’autres pays comme le Pakistan, la Russie et la Turquie.

Bien que la Chine pourrait constituer une source majeure de revenus pour Facebook, il y a des craintes que l’outil pourrait être utilisé pour légiférer davantage l’abus des droits de l’Homme. Si le gouvernement chinois arrive à traquer les utilisateurs locaux, il aura un nouveau moyen de réprimander ceux qui essayent de protester ou mener des manifestations en Chine.

Cet outil dont l’existence a été confirmée n’est pas encore entré en opération sur le réseau social, mais il aurait reçu l'assentiment de Mark Zuckerburg. En effet, ce dernier a appris le mandarin, a visité le pays plusieurs fois et a tissé des liens avec plusieurs personnalités locales, notamment le président chinois Xi Jinping. Le patron de Facebook avait par ailleurs déclaré que la présence du réseau social en Chine, même imparfaite, serait bénéfique pour les internautes chinois« Il vaut mieux que Facebook fasse partie de la conversation, même si ce n’est pas encore toute la conversation ».

La solution n’a pas encore été retenue, mais sa présence ne plait pas à tout le monde. En effet, l’existence d’un tel outil de censure ravive les craintes qu’il pourrait pousser d’autres régimes autoritaires à demander la mise en place d’outils similaires et s’en servir pour écarter toute opposition. D’ailleurs, des sources font état de plusieurs démissions pour protester contre cette mesure. On ne connait pas le nombre exact des employés qui ont quitté la firme, mais il s’agit surement d’un signal adressé à la direction. Facebook a pour sa part tenu à faire savoir que cet outil ne constitue qu’une piste parmi d’autres explorées pour revenir en Chine.

Il y a encore cinq années, le réseau social se disait insouciant de son blocage en Chine, mais les choses ont changé dernièrement. Facebook cherche aujourd’hui d’autres leviers de performance pour continuer à doper sa croissance. Pour cela, difficile pour le réseau social de se passer du marché chinois qui constitue l’un des derniers bastions non encore investi par la firme de Palo Alto.

Source : The New York Times

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Avatar de free_01_binairy
Membre régulier https://www.developpez.com
Le 23/11/2016 à 22:40
C'est dommage que Facebook devienne politicien pour des intérêts économiques. Sans se soucier des demandes des utilisateurs mais seulement un outil de propagande des régimes dictatoriaux.
Avatar de NSKis
En attente de confirmation mail https://www.developpez.com
Le 23/11/2016 à 23:04
Que ne ferait-on pas pour le fric...

Diantre! Vive la nouvelle économie! A bas ces vieux poncifs du style "morale", "éthique", "respect", "libre expression"!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Avatar de RyzenOC
Inactif https://www.developpez.com
Le 23/11/2016 à 23:35
google le fait bien depuis X années pourquoi pas FB ?
Don't be evil

Google, mais aussi toutes les autres boites en faite (MS, Amazon...).
La chine c'est 2 milliards de (potentiel) consommateurs, OSEF de la liberté.
Avatar de Ryu2000
Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
Le 24/11/2016 à 9:39
Bientôt Facebook et Google auront un système de censure des actualités dans tout l'occident. (sous prétexte d'éviter que les fausses informations ne se répandent)
Donc ne critiquons pas nos amis chinois.
Avatar de yoyo3d
Membre éclairé https://www.developpez.com
Le 24/11/2016 à 9:51
Il vaut mieux que Facebook fasse partie de la conversation, même si ce n’est pas encore toute la conversation
limite j'ai failli verser une larme. mais ce n'est pas grave, Mark décapera sa conscience avec quelques chèques à des œuvres caritatives et le tour sera joué. C'est quoi la prochaine étape, un outils gratuit pour dénoncer la contestation?.

j'espère simplement que ce n'est pas une béta test pour un produit qui servira un jour ailleurs (chez nous par exemple)

et puis, comme dit plus haut, tout le monde le fait pourquoi pas lui, il ne faut pas remonter bien loin dans l'histoire pour remarquer que nos gouvernements français successifs ont bien fait des ronds de jambe à Kadhafi, Bashar et Poutine.... au nom de "l'intérêt national"
Avatar de Stan Adkens
Chroniqueur Actualités https://www.developpez.com
Le 27/07/2018 à 20:58
Facebook obtient pendant une semaine une licence commerciale en Chine
un coup dur pour la société dont les services restent bloqués dans le pays

Facebook a été banni de la Chine depuis 2009. Cependant, tout comme les autres géants des technologies tels que Google, Uber, la société continue ses meilleurs efforts pour revenir sur le marché chinois. En effet, le marché chinois présente un énorme potentiel de croissance sans égal de l’usage d’Internet par les résidents dont le nombre dépasse le milliard. Cependant, cette croissance s’accompagne de mesures drastiques de censure par le gouvernement. L'appareil de contrôle d'Internet en Chine est considéré comme le plus étendu et le plus avancé que dans n'importe quel autre pays du monde. En Chine ce n’est pas seulement le contenu de certains sites qui est bloqué, les autorités gouvernementales sont capables de surveiller l'accès à Internet de chaque personne.

La situation est d’autant plus complexe pour Facebook avec le phénomène des fausses actualités qui a explosé pendant les campagnes présidentielles des États-Unis, phénomène qui a, par ailleurs, été évoqué par les responsables chinois lors de la troisième édition de la conférence mondiale sur Internet (WIC) en Chine, en novembre 2016. Les tensions entre la Chine et les États-Unis suite à l’imposition des tarifs sur leurs importations respectives n’ont pas arrangé la situation.

Ces longs et périlleux efforts de Facebook, au cours desquels la société aurait même travaillé sur les outils qui devraient s’adapter à l’environnement local chinois tels qu’un outil capable de masquer les contenus dans les fils d’actualité des membres en fonction de l’emplacement géographique, ont été récompensés par une licence de création d’une filiale dans la ville de Hangzhou capitale du Zhejiang. Mais la joie du géant des réseaux sociaux a été de courte durée.


En effet, la licence enregistrée à Hangzhou a obtenu une approbation le mercredi 18 juillet 2018 et a ensuite été révoquée par les autorités chinoises le soir du mardi 24 juillet, a écrit The New York Times. Le mardi soir, l'enregistrement de la filiale au capital de 30 millions de dollars a été retiré du site Web du gouvernement chinois et certaines références à la filiale semblaient être censurées sur les médias sociaux du pays, selon The New York Times.

C’est un revers pour Facebook qui a vu sa plateforme principale bloquée depuis 10 ans en Chine. Son service de partage de photos, Instagram, et sa plateforme de messagerie, WhatsApp, sont également bloqués en Chine. Cette confusion montre combien de fois il est difficile aux firmes des technologies américaines de s’implanter en Chine pour exploiter leurs services.

Cet accord, même, s’il demeurait, ne signifierait pas tout à fait que la société pourrait lancer l’ensemble de ses services, en l’occurrence sa plateforme Facebook, qui est depuis mars dernier impliqué dans un scandale de violation de données privées des utilisateurs, vu la batterie de mesures de censure appliquée à l’Internet par les autorités gouvernementales chinoises. Cependant, selon The New York Times, Facebook voulait utiliser la filiale pour coordonner des projets avec les développeurs chinois.

« Nous sommes intéressés par la création d'un centre d'innovation à Zhejiang pour soutenir les développeurs chinois, les innovateurs et les start-ups », a déclaré Debbie Frost, une porte-parole de Facebook. « Nous l'avons fait dans plusieurs parties du monde, en France, Brésil, Inde, Corée et nos efforts se concentreront sur la formation et les ateliers qui aident ces développeurs et entrepreneurs à innover et à se développer. »

Le gouvernement chinois n’admet pas les réseaux sociaux qu’il ne contrôle pas et Facebook et ses autres services font partie de cette catégorie. LinkedIn a dû censurer ses propres produits pour éviter la censure des autorités chinoises.

L’implantation de la firme de Palo Alto en Chine serait d’autant plus problématique qu’elle fait l’objet de nombreuses enquêtes en l’occurrence celles du gouvernement américain pour son traitement des données des utilisateurs de son réseau social.

Le PDG de la société, Mark Zuckerberg, a lui-même déclaré la semaine dernière que sa société était « loin de faire quoi que ce soit » en Chine, déclarant que Facebook travaillait sur des produits pour la Chine « à long terme ». Mais il a continué en disant que « Nous devons trouver une solution qui soit en phase avec nos principes et ce que nous voulons faire, et en conformité avec les lois locales, ou sinon, ça n'arrivera pas. En ce moment, il n'y a pas d’accord. »

Pour arriver à s’implanter en Chine, Facebook aurait posé certains actes afin de séduire le pays tels qu’appendre le mandarin, développer un outil de censure, publier une application de photos en Chine sans ajouter sa marque au service.

Bien que Facebook ne soit pas implanté en Chine, le pays de Xi Jinping a été la plus grande source de revenus publicitaires de l'entreprise en Asie. En effet, Facebook vend les publicités aux entreprises chinoises et au gouvernement chinois à travers le monde.

Source : The New York Times

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