Google Maps va bientôt appliquer sa nouvelle politique d'utilisation de son service de cartographie Maps
Quels sont les changements à venir ?

Le , par Stéphane le calme

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Lancé en février 2005, Google Maps, le service de cartographie de Google, a su peu à peu s’imposer pour devenir presque incontournable dans le domaine. Le service s’est adapté à l’aire du temps, ne manquant pas certains virages importants comme celui de la réalité augmentée.

Pour mémoire, Google n’a pas inventé la cartographie en ligne, MapQuest ou Michelin (ViaMichelin) étaient déjà présents et le projet OpenStreetMap avait démarré peu de temps avant, mais Google s’est naturellement imposé par ce choix de la gratuité et la possibilité d’intégrer (gratuitement) leurs cartes interactives personnalisables sur n’importe quel site.

Google Maps compte plus d’un milliard d’utilisateurs. Les API de Google Maps sont utilisés par bon nombre de sites Web pour ajouter des informations sur des cartes ou par des internautes pour divers services (place de stationnement, proposition de lieux à visiter, heures d’ouverture et de fermeture des magasins, numéro pour contacter une entreprise, etc.).

Le 2 mai, Google a annoncé une refonte complète de son offre professionnelle Google Maps. Il faut préciser que si Google Maps est gratuit pour les utilisateurs finaux, l’offre ne l’est pas pour les entreprises et les professionnels.

« À compter du 11 juin, vous aurez besoin d'une clé API valide et d'un compte de facturation Google Cloud Platform pour accéder à nos produits principaux. Une fois que vous aurez activé la facturation, vous aurez accès à vos 200 $ d'utilisation mensuelle gratuite à utiliser pour nos produits Cartes, itinéraires et lieux. Au fur et à mesure de la croissance de votre entreprise ou des pics d'utilisation, notre plan évoluera avec vous. De plus, avec l'infrastructure globale de Google Maps, vous pourrez évoluer sans penser à la capacité, la fiabilité ou la performance », a déclaré Google.

Google explique son annonce par la nécessité de simplifier son offre – qui compte 18 produits différents (pour le calcul d’itinéraires, la localisation des adresses, l’utilisation de ses services d’annuaire, etc.) – en la ramenant à trois produits principaux : la carte, le calcul d’itinéraires et les annuaires. Mais derrière cette « simplification » se cache une augmentation des prix qui n’a pas échappée à la communauté des développeurs.


Changements à venir dès le 16 juillet

L’entreprise explique que certains produits avec facturation révisée seront disponibles en version bêta, gratuitement, entre le 11 juin et le 16 juillet:
  • La saisie semi-automatique de lieu prend désormais en charge la facturation par session. Lorsqu'un jeton de session est utilisé, les requêtes de saisie semi-automatique ne sont pas facturées de manière indépendante, mais sont facturées à la place une fois qu'un résultat de saisie semi-automatique complet est renvoyé. Pour la saisie semi-automatique dans la bibliothèque Places, l'API JavaScript Maps, les sessions sont automatiquement gérées par l'API (aucune modification de code n'est requise).
  • Les demandes d'API Embed Maps utilisant Directions, Street View ou Search seront facturées à un tarif plus élevé (toutes les demandes sont gratuites jusqu'au 16 juillet).
  • Les services de lieux seront facturés de manière plus granulaire. Les demandes de détails sur les emplacements, les demandes de recherche de lieux sur les lieux et les lieux à proximité des demandes de recherche seront signalées séparément. Les demandes All Places sont gratuites jusqu'au 16 juillet.
  • Les SKU de données de lieux seront signalées (données de base, données de contact, données d'atmosphère). Par exemple, une seule demande Détails du lieu peut avoir plusieurs références en fonction des données renvoyées. Les données All Places sont gratuites jusqu'au 16 juillet.
  • Les limites de QPD seront progressivement supprimées dans les prochaines semaines.

À compter du 16 juin, il y aura quelques changements notamment :

Des modifications de facturation :
  • Les prix mis à jour pour tous les produits entreront en vigueur, y compris l'utilisation mensuelle gratuite de 200 $ par compte de facturation.
  • L'exigence de facturation sera appliquée. Tous les projets doivent être associés à un compte de facturation ou ne peuvent pas effectuer de demandes d'API supérieures à 200 USD par mois.
  • Nouvelles limites de requête par seconde (QPS).
  • Les nouvelles conditions d'utilisation de Google Maps Platform deviennent effectives.
  • Les nouveaux utilisateurs de l'API Maps Elevation doivent contacter le support pour l'accès.



Clients Premium
La chronologie ci-dessus n'a aucune incidence sur les clients dont l'utilisation est signée par une clé d'API Premium Plan ou un ID client. Les clients Premium Plan commenceront leur migration en septembre 2018. Pour les clients Premium Plan, les modifications du nouveau produit seront disponibles et seront facturées de la même manière que les fonctionnalités existantes de l'API Places.

  • Les demandes de recherche Place seront facturées de la même manière qu'une requête côté serveur et côté client (2 crédits API Google Maps).
  • Les champs de données demandés n'affectent pas le coût d'une requête Place Details ou Place Search.
  • La facturation de session de saisie semi-automatique n'est pas prise en charge. La saisie semi-automatique ne sera facturée que par demande.

À qui sera adressée l’addition ? Telle est la question

Le 16 juillet, Google Maps va donc rendre plus difficile et plus coûteuse l'utilisation de son API, ce qui pourrait rendre les cartes personnalisées qui dépendent du service moins durables ou même irréalisables pour les personnes qui les ont créées.

Il y a deux grands changements, qui s'appliqueront à tout projet qui appelle les différentes API Google Maps. Tout d'abord, Google Maps exige que tous les projets aient une clé API officielle pour fonctionner. Si un utilisateur n'a pas de clé, la qualité de la carte sera probablement réduite, ou il pourrait simplement cesser de fonctionner.

Ensuite, les clés API ne fonctionnent que si elles sont rattachées à la carte de crédit de quelqu'un. Google facturera cette carte si les utilisateurs dépassent un certain nombre de demandes d'API, limite qui est tributaire du service. Google fournira aux utilisateurs un crédit gratuit de 200 $ pour ces coûts chaque mois.


Aux États-Unis, les gouvernements locaux et d'État utilisent parfois Google Maps, même s’ils préfèrent parfois utiliser des outils payants comme Esri ArcGIS, Mapbox ou Boundless.

Certains fonctionnaires ont donné leurs avis sur la nouvelle politique d’utilisation de Google Maps.

« Nous utilisons l'API Google pour fournir des photos Street View pour notre application myCambridge, mais c'est uniquement à cet effet que nous l’utilisons », a avancé Sean Sweeney, analyste programmeur SIG pour la ville de Cambridge, Massachusetts, dans un courriel. « Nous ne nous attendons pas à atteindre la limite de 200 $ par mois, alors la seule question pour nous (en supposant que je comprends bien le problème) est de savoir qui va donner son numéro de carte de crédit pour que notre application fonctionne ».

« Elle ne semble pas trop restrictive », a écrit Michael Schnuerle, responsable des données chez Louisville, Ky. « Nous n'utilisons pas beaucoup l'API Google Maps dans notre gouvernement, cela ne nous affectera pas beaucoup ».

« Je pense que le type d'utilisateur typique du gouvernement est le même type d'utilisateur que vous rencontrerez généralement, c'est-à-dire quelqu'un qui a besoin d'une carte, qui ne sait pas vraiment programmer, qui ne dispose pas du budget pour payer quelqu’un afin d’avoir une solution personnalisée, alors ils veulent en faire une par eux même », a déclaré Derek Eder, fondateur de la société de technologie civique DataMade.

Pour Eder, les changements signifient qu'un projet libre pour lequel il travaille depuis longtemps sera soudainement plus difficile à utiliser. Il le décrit comme un modèle léger, basé sur HTML, qui aide les utilisateurs à créer des cartes personnalisées et consultables, utiles pour la mise en page des données du gouvernement local. Il a été téléchargé des dizaines de milliers de fois et a été utilisé pour des projets tels que des projets de cartographie à Chicago qui ont reçu des subventions de financement d'augmentation d'impôt.

Eder a offert aux utilisateurs une clé d'API pendant un certain temps, mais il ne va pas mettre une carte sur le compte sans aucune idée du nombre de personnes qui vont l'utiliser et combien il va être facturé. Donc les gens devront le faire eux-mêmes.

« Je pense que c'est ce qui effraie les gens un peu, ça me fait peur, cette idée d'avoir cette API là-bas et de ne pas savoir combien de personnes vont l'utiliser », a déclaré Eder. « Je ne veux pas avoir soudainement facture de 1000 $ ».

Source : blog développeurs Google, GovTech

Voir aussi :

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Google Maps reçoit un nouveau design pour faciliter l'identification de points d'intérêts, l'application devient plus intelligente
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France : Google Maps aurait permis au fisc de localiser 300 piscines non déclarées, près de 100 000 euros de recettes fiscales seraient recouvrés

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Avatar de slowsaz
Membre confirmé https://www.developpez.com
Le 23/07/2018 à 9:06
Je suis assez satisfait que des solutions comme OpenStreetMap puissent être plus utilisées grâce à/à cause de la décision de google.
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Avatar de Doksuri
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 23/07/2018 à 9:34
comme toujours...
1) on fidelise le client
2) on le fait raquer a mort
3) apres on s'etonne qui parte
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Avatar de surcouf1
Membre actif https://www.developpez.com
Le 16/07/2018 à 10:59
Un excellent article expliquant les changements tarifaires de google maps, de l'illustration des risques de la dépendance à un acteur de facto en situation de monopole, etc...
Don’t be evil… until… En 13 ans Google Maps sera passé de la gratuité totale, à la gratuité partielle et le 11 juin 2018 au très peu gratuit et très cher !
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Avatar de daredare
Membre du Club https://www.developpez.com
Le 23/07/2018 à 10:58
Citation Envoyé par yahiko Voir le message
OpenStreetMap, ça reste très lent...
Oui, parce que la majorité des utilisateurs vont utiliser les tuiles "librement" disponibles sur les serveurs d'OSM, en oubliant que si les données produites par OSM sont effectivement libres, la réutilisation des tuiles directement sur les serveurs d'OSM est par contre régie par une "Tile Usage policy" (https://operations.osmfoundation.org...olicies/tiles/) qui interdit l'usage abusif de leurs serveurs... Mais ça, beaucoup ne la consultent pas (ou s'en tamponnent allègrement).

Pour un usage "professionnel", il faut faire appel à des prestataires de tuiles (https://switch2osm.org/fr/prestatataires/) ou déployer son propre serveur (https://switch2osm.org/fr/servir-des...s-des-paquets/)
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Avatar de Doksuri
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 23/07/2018 à 10:48
Citation Envoyé par yahiko Voir le message
OpenStreetMap, ça reste très lent...
leafletjs.com est genial. il te permet d'utiliser le service de ton choix (payant ou non) du coup, si tu trouves qu'OSM est trop lent, ou que le design ne te plait pas, tu peux switcher sur un autre service.
=> si tes serveurs te le permettent, tu peux gerer le process de A a Z : tu recuperes les geojson du monde, tu generes une carte, tu decoupes tes tuiles. Comme ca, tu as la main sur tout (par contre, faut prevoir plusieurs dizaines de millions de tuiles
avec tous les niveaux de zooms)
=> gerer l'integralite du service est contraignant lors de la mise en place, mais apres, tu ne depends d'aucun service externe
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Avatar de Jarodd
Membre expérimenté https://www.developpez.com
Le 23/07/2018 à 19:12
Code : Sélectionner tout
« Le département a à cœur d'utiliser des solutions efficientes et si possible open source. OpenStreetMap ne permettait pas, il y a quelques années, de faire ce que l'on pouvait faire avec Google Maps aussi simplement. Aujourd'hui, cet outil participatif, basé sur le monde libre, est beaucoup plus complet », dit-il.
Foutaises, je n'y crois pas une seconde ! Ils changent juste parce qu'ils ne veulent/peuvent pas payer ! Si OSM était payant lui aussi, il n'aurait probablement pas été choisi.
Et l'argument "avant c'était pas aussi bien" ne tient pas : c'est justement l'intérêt du libre, où chacun peut contribuer à la mesure de ses moyens. Si vraiment c'est l'intérêt pour le libre qui les pousse vers OSM, ils l'auraient adopté il y a longtemps !

Edit : cette décision est évidemment une bonne nouvelle, et ils ne seront pas les derniers à abandonner les produits de Google. Je critique juste cette fausse excuse en se disant proche du libre, alors que l'intérêt financier est évidemment le seul à intervenir. En fait, il faut que le service soit gratuit, peu importe qu'il soit libre ou pas. Tout le monde utiliserait toujours Google Maps si les tarifs n'avaient pas évolué ainsi.
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Avatar de Zefling
Membre expert https://www.developpez.com
Le 23/07/2018 à 13:08
Citation Envoyé par seikida Voir le message
Et ca reste de loin bien en dessous de Google Map. Je n'arrive pas à localiser certaine adresse japonaise (du coup, je ne peux pas proposer cette alternative a mes clients).
La participation japonaise est bien en deçà de la nôtre il me semble. Je me sers d'OSMand+ au Japon et il y avait certaine région très mal cartographié. Du moins, c'est ce que j'ai constaté quand j'y étais il y a 5 ans, mais l'année dernière quand j'y suis retournée je n'ai fais que de la ville et là, pas de problème. Même pour trouver mes hôtels/guest house.
À côté de cela, la carte de ma ville est bien plus à jour sur OSM que sur Google Map où certaines ruelles, parkings ou chemins ne sont pas indiqués ou mal renseignés.

Après le point fort de Google, c'est leur base de données où tout le monde accepte de donner ses infos pour alimenter leur base pour être mieux référencé. On donne gratuitement pour un service pas vraiment gratuit, alors qu'il n'y a principalement des bénévoles qui le font pour OSM qui lui est libre et open source.
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Avatar de Daïmanu
Membre chevronné https://www.developpez.com
Le 23/07/2018 à 10:20
Google cherche les embrouilles, j'espère voir plus de news sur la migration hors de Google Maps.
Mais dans le même temps je me demande si OSM va tenir la charge devant l'afflux de clients à venir.
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Avatar de pmithrandir
Expert confirmé https://www.developpez.com
Le 23/07/2018 à 12:23
J'étais en discussion avec Google map il y a 6 mois pour une histoire de licence premium et ils voulaient déjà se gaver sans vergogne.
Ca ne m'étonne pas qu'ils le fasse la

Par contre, j'avais envisagé la solution de notre propre serveur OSM, mais je n'arrivais pas du tout à savoir comment ca pouvait se passer au niveau des performances. Construire le serveur à l'air enfantin, mais je suppose qu'il faut en installer plusieurs pour tenir la charge, prévoir l'industrialisation des mises à jours, etc...(on en garde toujours suffisament actif sur le réseau...)

Des retours ?
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Avatar de ymoreau
Membre émérite https://www.developpez.com
Le 23/07/2018 à 15:45
Citation Envoyé par Zefling Voir le message
Après le point fort de Google, c'est leur base de données où tout le monde accepte de donner ses infos pour alimenter leur base pour être mieux référencé. On donne gratuitement pour un service pas vraiment gratuit, alors qu'il n'y a principalement des bénévoles qui le font pour OSM qui lui est libre et open source.
C'est naturel, quand on sait que GoogleMaps a un gros monopole de ce type de service, les commerces ont tout intérêt à être référencés dessus plutôt que d'autres services qui sont bien moins visibles.
Si OSM devient de plus en plus utilisés, les professionnels seront bien obligés de se référencer aussi sur ce service là
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