Comment la blockchain pourrait-elle révolutionner les services publics ?
Et si tout notre vécu était archivé dans la blockchain ?

Le , par Blondelle Mélina, Chroniqueuse Actualités
La technologie blockchain pourrait révolutionner les services publics d'ici cinq ans. Et simplifier radicalement la vie des citoyens en relevant grâce au bitcoin (monnaie électronique), permis de bâtir, impôts, emploi, gouvernance, santé, etc. La blockchain (ou chaîne de blocs en français) apparaît comme l'une des innovations majeures du siècle. C'est une technologie de stockage et de transmission d'informations réputée infalsifiable, sécurisée par un vaste maillage informatique et indépendante de tout organe de contrôle.


Elle peut rassembler et transférer trois types d'informations :
  • des données, ce qui permet de créer, selon leur nature, un grand registre public ou privé ;
  • de la valeur, sous forme de monnaie (comme le bitcoin) ou d'actifs (titres, obligations, propriétés, etc) ;
  • des contrats intelligents (ou smart contracts en anglais), qui s'exécutent automatiquement dès que leurs conditions pré-encodées sont remplies par les parties concernées.

En rappel, un service public est un service organisé dans une intention d'intérêt général. Les services publics s'occupent généralement des problèmes sociaux, économiques et politiques d'un pays. Ils ont généralement un énorme volume de données à collecter et à traiter.

Le réseau devient la force

Chaque nouvelle information se voit stockée dans un bloc, qui assure un lien avec le bloc précédent. C'est ainsi que se forme une chaîne de blocs, qui correspondent à autant d'empreintes digitales inaltérables, des plus anciennes aux plus récentes de leur contenu. La mise en réseau de dizaines de milliers d'ordinateurs, assurant le respect des règles. Différent d'une situation classique où toute information est validée par un ou plusieurs tiers de confiance puisque garants en principe de leur intégrité. Il peut s'agir d'une banque, d'une compagnie d'assurances, d'un service public fédéral ou régional, d'une commune, etc. Un tel système ne facilite pas l'échange rapide d'informations. D'une part parce que l'administration A détient rarement une information selon les critères souhaités par l'administration B. D'autre part parce que les parties ne se font pas nécessairement confiance, ce qui dédouble le travail à effectuer ou implique un autre tiers de confiance. Les informations s'avèrent en outre vulnérables, en cas d'attaque informatique ou d'altération accidentelle ou non de leur contenu.

Avec la blockchain, les informations ne sont plus détenues par ces tiers de confiance, mais encryptées dans un gigantesque réseau informatique décentralisé, qui n'appartient à personne. « Il permet non seulement de s'assurer que les informations stockées sont correctes, comme on peut le vérifier par un protocole, mais aussi qu'elles ne disparaîtront pas, puisqu'il en existera toujours une copie », souligne Jean-Luc Verhelst, conférencier et auteur du livre Bitcoin intitulé « the Blockchain and Beyond ».

Une information stockée dans la blockchain est accessible à tous ceux qui sont habilités à la déchiffrer. Dans un tel système, l'administration B peut accéder via une simple requête à l'information encodée dans la blockchain par l'administration A. Toute modification dans la chaîne de blocs serait inévitablement rendue visible.

Une identité blockchain, de la naissance au décès

La blockchain, une fois appliquée à l'identité d'un individu, pourrait offrir un monde de possibilités. Elle pourrait l'accompagner de la naissance au décès, en intégrant tous les faits et événements qui jalonnent son existence. Acte de naissance, déménagements, attestations, permis de conduire, diplômes, dossier médical, parcours professionnel, etc. Chaque nouvelle étape se verrait enregistrée dans la blockchain de manière sûre et inaltérable. Les acteurs publics compétents, de leur côté, pourraient instantanément consulter les informations nécessaires, sans prendre contact avec d'autres administrations ou avec le citoyen concerné.

Au croisement du public et du privé, il y a par exemple l'achat d'une maison. Là encore, la blockchain pourrait révolutionner les procédures, de l'agent immobilier jusqu'au fonctionnaire délégué, en passant par le notaire.

Transparence des subsides

La blockchain offre des perspectives en matière de bonne gouvernance. Prenons l'exemple des subsides qui représentent une somme d'argent versé à titre de secours ou subvention. Les budgets alloués en ce sens par un service public fédéral ou régional seraient transposés virtuellement en jetons, qui seraient eux-mêmes répartis successivement entre différentes directions, entreprises ou associations. Tout arbitrage ou ajustement en cours de route serait inévitablement identifié et enregistré. Les jetons seraient ensuite détruits, une fois que le budget correspondant a effectivement été consommé.

Des projets pilotes

On peut aujourd'hui proposer des services reposant sur la blockchain, souligne Thierry Mortier, associé chez Ernst & Young, en charge des technologies émergentes. Mais pour en retirer de réels bénéfices, il faut d'abord l'appliquer à des cas très spécifiques, avec un nombre limité de parties prenantes. Depuis plusieurs mois, la ville d'Anvers en Belgique teste ainsi le recours à la blockchain pour gérer son registre de la population.

L'expérimentation de la technologie via des projets pilotes, devrait durer deux ans, estime Damien Littré, conseiller scientifique pour Innoviris, l'institut bruxellois pour la recherche scientifique. « Pour les projets de grande ampleur, on sera déjà prêt dans cinq ans. Tout ira très vite », ajoute Jean-Luc Verhelst. La réticence au changement et le déploiement de nouvelles pratiques de travail constitueront néanmoins les deux plus grands freins à son expansion. Cette seule réalité pourrait consumer jusqu'à 80 % du coût nécessaire à la migration vers les solutions blockchain.

Autant d'informations susceptibles d'être intégrées dans un grand registre, ce qui réduirait considérablement les délais et la masse de travail perdue dans les requêtes effectuées de part et d'autre. La traçabilité qu'offre cette technologie pourrait aussi s'appliquer au contrôle des aliments. Une chaîne de blocs permettrait aux organismes de certification d'en connaître instantanément la provenance exacte et le parcours, depuis les matières premières jusqu'aux produits finis.
« Plus vous connaissez la technologie, plus vous serez en mesure de la réguler et d'en cerner les points forts », suggère Thierry Mortier.

Toutefois, tout confier à la blockchain n'est pas aussi à risques ?

Source : Le Vif

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Avatar de melka one melka one - Membre éclairé https://www.developpez.com
le 10/07/2018 à 16:52
contrôle contrôle contrôle une utopie gouvernemental
Avatar de 10_GOTO_10 10_GOTO_10 - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 11/07/2018 à 21:20
La blockchain est mise à toutes les sauces, un peu comme l'IA par ailleurs. Et dans le même temps, le Bitcoin est taxé à plus de 60%. C'est à croire que la volonté n'est pas de progresser et d'innover, mais de banaliser et de discréditer des trucs gênant.
L'utilité de la blockchain est de fonctionner sans autorité établie. Ce qui signifie que les acteurs qui font partie et participent à l'autorité établie, les banques et les assurances par exemple, n'ont pas besoin de blockchains. Un système centralisé sera toujours plus efficace et moins gourmand en ressources. Après, il faut la volonté politique de mettre en place ce système centralisé. Et de ne pas se gaver au passage comme l'est le système centralisé des notaires.
"On sera déjà prêt dans cinq ans. Tout ira très vite"... Alors là je tiens le pari à 50 contre un: Dans cinq ans rien n'aura bougé.
Avatar de Marco46 Marco46 - Modérateur https://www.developpez.com
le 11/07/2018 à 23:32
Citation Envoyé par 10_GOTO_10 Voir le message
L'utilité de la blockchain est de fonctionner sans autorité établie. Ce qui signifie que les acteurs qui font partie et participent à l'autorité établie, les banques et les assurances par exemple, n'ont pas besoin de blockchains.
Tout à fait d'accord. J'attends toujours que quelqu'un m'explique clairement comment on peut gérer une PKI et la gestion de la révocation des clefs privées sur une blockchain tout en préservant sa nature décentralisée. Rien de sérieux n'est réalisable sans cette fonctionnalité. La seule blockchain réellement utilisée est bitcoin et lorsque vous perdez votre clef privée vous perdez tout votre argent. Vous imaginez la perte de votre identité à la perte de votre clef privée ?

Tout ça n'est pas sérieux, c'est seulement de la mauvaise comm.
Avatar de Hermione-V Hermione-V - Membre du Club https://www.developpez.com
le 12/07/2018 à 15:16
Citation Envoyé par Blondelle Mélina
La blockchain offre des perspectives en matière de bonne gouvernance. Prenons l'exemple des subsides qui représentent une somme d'argent versé à titre de secours ou subvention. Les budgets alloués en ce sens par un service public fédéral ou régional seraient transposés virtuellement en jetons, qui seraient eux-mêmes répartis successivement entre différentes directions, entreprises ou associations. Tout arbitrage ou ajustement en cours de route serait inévitablement identifié et enregistré. Les jetons seraient ensuite détruits, une fois que le budget correspondant a effectivement été consommé.
Et oui... La Blockchain est la technologie qui permet de stocker et de transmettre des informations de manière totalement transparente et 100% sécurisée.
Du coup le taux de détournements sera considérablement réduit dans les Gournements.

 
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