Les infrastructures IT pourraient être alimentées en énergie électrique issue de réacteurs de fusion nucléaire
D'ici à 2033

Le , par Patrick Ruiz, Chroniqueur Actualités
L’énergie de fusion nucléaire, promesse d’une empreinte carbone zéro, une utopie  ? Par le passé, des observateurs se sont avancés sur cette piste, ceci, au regard de l’importance des défis techniques à relever pour en faire une option viable d’un point de vue commercial. Un partenariat entre le secteur privé et le Massachusetts Institute of Technology (MIT) entend changer cette donne dans les plus brefs délais. Bob Mumgaard, CEO du Commonwealth Fusion Systems est très optimiste et entrevoit la production d’électricité à l’horizon 2033 à partir d’un réacteur nucléaire de fusion made in USA, soit sept ans au moins avant le projet ITER.

D’après la feuille de route élaborée par les ingénieurs d’EUROfusion en effet, les prototypes de centrales DEMO – successeurs du réacteur expérimental ITER – ne devraient produire de l’électricité qu’à partir de 2054 (contre 2040 dans une précédente version). Les ingénieurs du MIT entendent tenir ces délais en s’appuyant sur de l’oxyde mixte de baryum, de cuivre et d’yttrium, un supraconducteur utilisé pour fabriquer les aimants nécessaires à la génération du champ magnétique de contrôle du plasma chaud ; la manœuvre est destinée à réduire la taille de ces pièces du puzzle. La centrale SPARC du MIT devrait ainsi occuper un volume d'importance 65 fois moindre que celui du réacteur expérimental ITER.


SPARC fait partie des propositions de « réacteurs plus petits et prix réduits » qui ont émergé après le lancement du projet ITER. D’après Gianfranco Federici, ingénieur nucléaire d'EUROfusion et coordonnateur des conceptions du projet DEMO, ces dernières ne peuvent faire le travail, car « moins cher, rapide et petit est quelque chose que la fusion ne sera jamais. »

D’après certains observateurs cependant, le projet SPARC représente la possibilité d’apporter une solution à la problématique du changement climatique dans les plus brefs délais. Il s’inscrit dans la tendance « énergies vertes » initiée par des décideurs soucieux d’apporter leur contribution à la réduction de l’empreinte carbone. Les entreprises technologiques de la Silicon Valley ont entamé leur positionnement dans cette mouvance avec une ferme solaire dans l’État du Nevada pour Apple ou encore l’alimentation des centres de production d’Amazon de par le monde à l’aide des systèmes solaires. Selon un classement Bloomberg, Google se positionne comme le leader de l’utilisation des énergies dites renouvelables. En décembre 2016, l’entreprise a annoncé son intention d’alimenter ses centres de données et bureaux à 100 % énergies renouvelables en 2017.

Énergie fossile, énergie renouvelable et énergie de fusion nucléaire, quel choix faut-il opérer ? Un récent article de Forbes penche largement en faveur de la dernière catégorie. Et pour cause, les deux premières exhibent de nombreuses tares : pollution, intermittence des sources, diminution des ressources. « À l’inverse des combustibles fossiles ou nucléaires comme l’uranium utilisé dans les réactions de fission, il n’y aura jamais de pénurie d’hydrogène », indique The Guardian à propos de l’énergie de fusion nucléaire. Le média américain appelle à une évolution des mentalités coincées dans l’idée que le nucléaire implique forcément la création de déchets radioactifs en précisant que les réactions de fusion nucléaire ne créent ni de gaz à effet de serre, ni de déchets radioactifs.


Le problème de fond serait plutôt le manque de volonté des responsables politiques pour accompagner de telles initiatives. En attendant, c’est le secteur privé qui y va. Bob Mumgaard, CEO du Commonwealth Fusion Systems a obtenu 50 millions de dollars d’une société italienne d’hydrocarbure privée – Eni – pour soutenir ce projet.

Sources

The Guardian

Forbes

Et vous ?

Que pensez-vous des initiatives « réacteurs de fusion nucléaire plus petits et à prix réduits » ?

:fleche : Que pensez-vous de la production d’énergie à partir de la fusion nucléaire de façon générale ?


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Avatar de Anselme45 Anselme45 - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 03/04/2018 à 9:38
Les infrastructures IT pourraient être alimentées en énergie électrique issue de réacteurs de fusion nucléaire
Ouais... Et dans ce cas mon rasoir électrique le sera aussi!

Faut-il que j'en fasse la une des médias?

A noter que jusqu'à ce jour, la fusion nucléaire (et non la fission qui est utilisée dans nos centrales actuelles) consomme plus d'énergie qu'elle n'en produit!
Avatar de curt curt - Membre chevronné https://www.developpez.com
le 03/04/2018 à 10:12
Bonjour,

vu que l'EPR de Flamanville n'est toujours pas fini, pas encore entré en phase et test et donc loin d'être connecté au réseau, j'ai un gros doute quant à la finalisation du projet ITER pour 2023 qui reste pour l'instant un énorme chantier (finance mondiale) à Cadarache.

Reste que la fusion de l'hydrogène est prometteuse pour l'avenir.... à condition qu'on la maîtrise. Parce que faire un "soleil" c'est pas simple...

Curt
Avatar de Jiji66 Jiji66 - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 03/04/2018 à 10:31
Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
.............
A noter que jusqu'à ce jour, la fusion nucléaire (et non la fission qui est utilisée dans nos centrales actuelles) consomme plus d'énergie qu'elle n'en produit!
A ce jour la fusion nucléaire n'existe que pour faire des bombes, et ça s'appelle la bombe H. A ce jour aucune électricité n'a jamais été produite a partir d'une fusion, dire qu'elle consomme plus d’énergie qu'elle n'en produit n'a aucun sens !

Contrairement à ce qu'on cherche à nous vendre, la réaction de fusion dans ITER ou dans DEMO ou dans SPARC produira des déchets radioactifs. En effet la seule fusion actuellement accessible est celle du Deutérium avec du Tritium.
1 Le tritium n'existe pas à l’état naturel car justement il est radioactif par nature !
2 Le tritium utilisé sera "extrait" par bombardement de lithium6 avec des neutrons, ce qui nécessite de retraiter le lithium6 initial car il sera fragilisé par les émission alpha qui elles-mêmes viennent polluer le plasma du Tokamak.
En résumé : c'est pas aussi simple que ce qui nous est présenté et c'est de toute façon radioactif.
Bonnes lectures :
https://www.iter.org/sci/fusionfuels

Il serait à mon avis beaucoup plus utile et rapide de cherche du coté de la fission du thorium.
Avatar de Thorna Thorna - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 03/04/2018 à 10:31
2033 ?
Et pourtant ce n'est plus le premier avril !
Avatar de koyosama koyosama - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 03/04/2018 à 14:09
Citation Envoyé par curt Voir le message
Bonjour,
Reste que la fusion de l'hydrogène est prometteuse pour l'avenir.... à condition qu'on la maîtrise. Parce que faire un "soleil" c'est pas simple...

Ouais j'ai vu spiderman aussi ><
Avatar de koyosama koyosama - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 03/04/2018 à 14:11
Citation Envoyé par Thorna Voir le message
2033 ?
Et pourtant ce n'est plus le premier avril !
Tu rigoles mais la fusion nucléaire, ils y travaillent depuis bel lurette. Et il n'y pas que les Etats-Unis mais aussi l'Angleterre, la France et la Chine. Peut-être d'autres pays que je ne connais pas, je soupçonne le Japon par exemple.
Avatar de marsupial marsupial - Membre émérite https://www.developpez.com
le 03/04/2018 à 15:42
Ce serait la solution miracle à la consommation d'énergie de l'IA ( Data centers, HPC, infrastructure réseau,... ). Mais pas seulement.
On cherche depuis 1920 : fusion.
Avatar de Fagus Fagus - Membre habitué https://www.developpez.com
le 05/04/2018 à 16:15
Ce n'est pas sérieux de donner des dates. Déjà, le but des réacteurs comme ITER, ce n'est pas de produire de l'électricité, c'est de faire avancer la théorie par la pratique... (concept assez discuté). La réponse qu'on attend déjà, c'est de savoir non pas quand on aura la fusion, mais si elle est industriellement possible.

Les principaux problèmes de la fusion, ce n'est pas l'ingénierie, c'est la théorie qui n'avance pas, notamment répondre à ces deux questions :
* comment stabiliser du plasma, sachant qu'on ne sait pas résoudre les équations de la théorie embryonnaire qui les décrit. En pratique, le plasma de temps en temps fait une turbulence, sort du confinement du tokamak. Va trouver quelque chose qui résiste 150.10^6 °
* comment s'arranger avec le flux de neutrons dégagé par le réacteur qui transmute la matière au alentours (le schéma supra est faux car on ne tente même pas la fusion hydrogène trop extrême mais la fusion deutérium tritium. Bien évidemment, ce flux de neutron rend tout l'environnement du réacteur radioactif (et fragile).

À la limite on a la fusion à confinement inertiel style mégajoule, qui résout le problème 1) vu qu'on n'a pas de confinement en régime continu.
Avatar de YAKYETI YAKYETI - Membre du Club https://www.developpez.com
le 05/04/2018 à 19:09
Les russes se penchent sur la question et depuis longtemps ! https://fr.wikipedia.org/wiki/Tokamak
Avatar de nico84 nico84 - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 05/04/2018 à 21:57
Code : Sélectionner tout
Le problème de fond serait plutôt le manque de volonté des responsables politiques pour accompagner de telles initiatives
C'est un peu raide dans la mesure où ce sont justement les pouvoirs publics qui financent ITER

D'un autre coté demander à un homme élu pour 5 ans de financer un truc qui verra le jour quand il sera 6 pieds sous terre (dans le meilleur des cas) c'est difficile...

Je visite ITER demain je vous dirai si ça roupille
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