Les médias sociaux pourraient-ils causer la dépression chez les enfants ?
Un jeune recouvre la santé mentale en réduisant son temps sur les réseaux

Le , par Olivier Famien, Chroniqueur Actualités
Depuis des années, de nombreuses personnes n’ont de cesse d’attirer l’attention sur la mauvaise influence et l’addiction qui peuvent façonner négativement le comportement des personnes attachées aux réseaux sociaux. Récemment, un médecin généraliste nommé Rangan Chatterjee au Royaume-Uni a reçu un garçon de 16 ans après que celui-ci s’est infligé des blessures et s’est retrouvé à l’hôpital au service des accidents et urgences. Après avoir reçu l’enfant, la première pensée qui anima le docteur « ;a été de le mettre sous antidépresseurs ;», confie le médecin. Mais en échangeant avec le jeune garçon, Chatterjee a vite fait de soupçonner une relation de cause à effet entre son utilisation des médias sociaux et sa mauvaise santé mentale.

Le Dr Chatterjee a donc suggéré une solution simple — l’adolescent devrait essayer de se sevrer des médias sociaux, en se limitant à une heure seulement avant de se coucher. Au cours de quelques semaines, il devrait prolonger cela à deux heures la nuit et deux heures le matin. Après avoir appliqué cette solution pendant un certain temps, le médecin a noté une amélioration significative du bienêtre de l’enfant. Et après six mois, la mère de l’adolescent adressa une lettre au médecin en déclarant qu’il était plus heureux à l’école et intégré dans sa communauté locale.

À partir de ce cas, si l’on avait encore des doutes sur les conséquences négatives des réseaux sociaux sur le comportement des utilisateurs, pour le médecin, il est clairement établi sans autre forme de preuve que « ;les médias sociaux ont un impact négatif sur la santé mentale ;». Il ajouta ceci : « ;Je pense que c’est un gros problème et que nous avons besoin de règles : comment éduquer la société à utiliser la technologie pour qu’elle nous aide plutôt qu’elle ne nous nuise ;? ;»

Certaines personnes ont depuis longtemps perçu les inconvénients liés à l’addiction aux technologies en général et ont adopté des solutions radicales. Parmi ces personnes, nous avons par exemple Steve Jobs qui déclara à Nick Bilton en 2010 lors d’un entretien que ses enfants n’avaient jamais utilisé d’iPad. Il ajouta que « ;nous limitons l’utilisation des nouvelles technologies à la maison ;». Il n’y a pas que Steve Job qui est conscient des dangers auxquels sont exposés les enfants ou les jeunes. Evan Williams, l’un des fondateurs de Twitter affirmait également, il y a quelques années, que ses deux jeunes garçons ne disposent pas d’iPad, mais plutôt de livres qu’ils peuvent lire à n’importe quel moment.

Pour aller dans le même sens, un groupe d’experts de la protection de l’enfance a adressé à la fin du mois dernier une lettre au CEO de Facebook, Mark Zuckerberg, afin de lui demander de fermer Messenger Kids, la première application du réseau social Facebook conçue spécialement pour les enfants de moins de 13 ans. Comme arguments avancés, le groupe explique que cela pourrait créer une addiction des appareils numériques et des médias sociaux chez les enfants, ce qui aurait pour conséquence de mettre à mal le bon développement des enfants.

Pour Louise Theodosiou, psychiatre-conseillère à l’hôpital Royal Manchester Children’s Hospital, au Royaume-Uni, l’une des indications les plus claires que les enfants passent trop de temps sur leur téléphone est leur comportement au cours d’une séance avec un psychiatre. Selon elle, « ;il y a deux ou trois ans, il était très inhabituel qu’un enfant réponde à son téléphone ou à un message lors d’un rendez-vous, mais maintenant c’est courant ;». Et parmi ceux qui manifestent de l’addiction à ces technologies, Theodosiou soutient que certains enfants, même s’ils ne sont pas nombreux, sont tellement accrocs qu’ils ont cessé de sortir de leur chambre en raison de leur dépendance aux médias sociaux, aux plateformes de jeu ou aux deux. « ;Ces enfants vivent dans un monde fictif, parfois au détriment de leur santé physique. Ils peuvent avoir une mauvaise santé physique, comme un mal de dents, mais ne veulent toujours pas quitter leur monde virtuel ;», déclare la psychiatre.


Une étude de l’Université de Glasgow a démontré que de nombreux adolescents sont tellement investis dans les médias sociaux et si inquiets de rater des messages qu’ils se connectent en plein milieu de la nuit pour faire des mises à jour de leur compte, conduisant à la privation de sommeil.

D’autres enfants par contre sont tellement attachés à ces réseaux que les parents sont obligés de dormir avec le routeur de la maison pour s’assurer que les enfants ne puissent pas se connecter au wifi au milieu de la nuit, rapporte Theodosiou. En outre, même pour les enfants dont l’utilisation des médias sociaux peut être jugée normale, il existe toujours des dangers dans la façon dont Internet est devenu un intermédiaire dans la vie des amis et des célébrités, avertit la conseillère.

Selon l’analyse faite par le Dr Theodosiou, une des raisons de la mauvaise influence de ces réseaux sur les jeunes est liée au fait que « ;les jeunes ont besoin de regarder les autres de manière compulsive et se fâchent parce qu’ils sentent que leur vie n’est pas comme celle des autres ;». Elle ajouta qu’ils pensent que leurs amis ont une meilleure vie qu’eux, même s’ils ne voient qu’une version idéalisée de la vie des autres.

Pour apporter des solutions face à ce phénomène qui n’est pas admis par tous, Karim Palant, directeur des politiques publiques de Facebook au Royaume-Uni, a déclaré à la BBC : « ;Nos recherches montrent que lorsque nous utilisons les médias sociaux pour communiquer avec des personnes qui nous sont chères, cela peut être bénéfique pour notre bienêtre. ;» Apple, pour sa part, a récemment fait face à des appels de ses investisseurs afin d’agir sur la dépendance au smartphone, avec un logiciel limitant la durée pendant laquelle les enfants peuvent utiliser leur appareil.

Mais pour le Dr Theodosiou, les parents pourraient par exemple « ;garder un œil sur le temps que les enfants passent en ligne ;» et s’assurer qu’il n’interfère pas avec des activités telles que socialiser, faire de l’exercice, manger et dormir, ou encore, envisager des interdictions sur les appareils au moment des repas et les emporter une heure avant le coucher. Le docteur conseille également de parler « ;régulièrement aux enfants de ce qu’ils font en ligne, des messages qu’ils ont rédigés tel jour, avec qui ils sont amis et la manière dont cela affecte leur humeur. ;»

Mais ces solutions pourront-elles efficacement régler le problème ;?

Source : BBC

Et vous ?

Selon vous la dépression causée par l’abus des réseaux sociaux est-elle un problème réel ;?

Quelles solutions préconisez-vous pour régler ce problème au cas où vous estimez que l’abus des médias sociaux peut causer la dépression ;?

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Avatar de scandinave scandinave - Membre averti https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 6:31
Même si je suis totalement d'accord avec le fait que le fait que les réseaux sociaux entrainent des effets néfastes sur les personnes et des comportements addictifs, parler comme fait le médecin le décrédibilise.

pour le médecin, il est clairement établi sans autre forme de preuve que « ;les médias sociaux ont un impact négatif sur la santé mentale ;»
Tirer une généralité même évidente, d'un cas isolé dont l'amélioration de la condition peut être du à de multiple facteur est un non sens. De même, nombre d'études ne démontrent que des corrélations et non des causes à effets. Et c'est bien la le problème. Vous pouvez trouver des corrélations avec n'importe quoi. "Les jeux vidéos rendent violent par exemple", en occultant le contexte sociale qui à pu tout aussi bien rendre la personne violente.

Encore une fois, le vrai problème, est un problème d'éducation. Même à 16 ans, cet ado n'a pas l'air de pouvoir se gérer seul. C'est donc à ces parents de prendre des mesures pour limiter son exposition constante au téléphone. J'aimerai bien savoir à quel age, il à reçu son premier téléphone.
Avatar de marsupial marsupial - Membre émérite https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 7:24
Les médias dits sociaux détériorent le relationnel. C'est un fait. De là à dire que le mental est touché, il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas. L'être doit déjà être touché par son environnement pour développer un quelconque désordre mental et/ou affectif; le média social ne faisant qu'exacerber/amplifier le phénomène et le mettre en relief. Cela en devient une torture. To be or not to be connected ? Etre connecté à de faux amis peut vite virer au cauchemar. Et même sans que cela soit de faux amis, cela devient une addiction comme exprimé dans la news. AFK de temps en temps ça fait du bien.
Avatar de Ryu2000 Ryu2000 - Membre extrêmement actif https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 9:08
Citation Envoyé par Olivier Famien Voir le message
Selon vous la dépression causée par l’abus des réseaux sociaux est-elle un problème réel ;?
Bien-sure et encore là on ne parle que de dépression parce que les jeunes regardent constamment pour voir les publications des autres et si ils ont eu des j'aimes, des partages ou des commentaires.
On ne parle pas de harcèlement, avec des groupes facebook comme "Pour que Jessica de 5°2 se suicide" (j'exagère un peu).

Citation Envoyé par Olivier Famien Voir le message
Quelles solutions préconisez-vous pour régler ce problème au cas où vous estimez que l’abus des médias sociaux peut causer la dépression ;?
Ne pas acheter de téléphone portable ni d'ordinateur portable à ses enfants, ça devrait limiter le risque.
Il faut aussi les motiver pour qu'ils occupent leur temps avec des vrais choses plutôt que d'être en permanence sur Facebook, Instagram, Tinder, Snapchat, etc.

Si les jeunes avaient des passions, ils n'accorderaient pas autant d'importance aux réseaux sociaux...
Avatar de Escapetiger Escapetiger - Expert confirmé https://www.developpez.com
le 12/02/2018 à 13:04
Citation Envoyé par marsupial Voir le message
AFK de temps en temps ça fait du bien.
En tant qu' "ancien" et pas toujours au courant des acronymes qui foisonnent, pour nos autres lecteur(ice)s : Emprunt de l’anglais AFK, sigle pour away from the keyboard (« loin du clavier »).

Source: https://fr.wiktionary.org/wiki/AFK
Avatar de Saverok Saverok - Expert éminent https://www.developpez.com
le 13/02/2018 à 11:24
Citation Envoyé par Ryu2000 Voir le message
Si les jeunes avaient des passions, ils n'accorderaient pas autant d'importance aux réseaux sociaux...
Ils sont passionnés par les réseaux sociaux, non ?

La passion n'est pas quelque chose qui se décrète.
Je n'ai jamais été quelqu'un de "passionner" et pourtant les réseaux sociaux n'existaient pas à mon époque (que je fais vieux en écrivant ces mots!)

Je pense plus qu'il faut susciter l'intérêt et ouvrir le champs des possibles en leur donnant accès à la culture la plus large possible ainsi qu'au maximum d'activités diverses et variées.
Peut être que l'enfant adhérera à quelque chose plus qu'à une autre et une passion et/ou une vocation pourra en naître mais cela ne se commande pas.
Ni par l'enfant, ni par ses parents (et encore moins par une quelconque institution).
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