France : Facebook investit 10 millions d'euros dans l'IA
Et noue un partenariat avec Pôle Emploi, pour former 50 000 chômeurs au numérique d'ici 2019

Le , par Michael Guilloux, Chroniqueur Actualités
L'année dernière, Facebook a fait face à une pression croissante de la part des régulateurs à travers l'Europe. Le géant américain des réseaux sociaux a été notamment confronté à des accusations de laxisme en matière de lutte contre les discours de haine et la diffusion de fausses informations sur sa plateforme. En plus de cela, la firme de Mark Zuckerberg a été accusée de collecter et d'utiliser de manière illégale les données de ses utilisateurs, mais également des non-utilisateurs. Dans une enquête antitrust en Allemagne, Facebook est même accusé de profiter de sa position dominante pour extorquer des données personnelles aux utilisateurs. Voici entre autres différentes questions sur lesquelles les régulateurs européens attendent des actions concrètes du numéro des réseaux sociaux.

S'efforçant de restaurer son image en Europe, Facebook a annoncé aujourd'hui un vaste programme de formation destiné à aider les petites entreprises, mais également à fournir aux individus des compétences numériques importantes. Dans le dernier cas, Facebook va par exemple ouvrir trois nouveaux centres en Europe, dédiés à l'apprentissage de compétences numériques. À travers ces trois centres qui ouvriront en Espagne, en Pologne et en Italie, le numéro, un des réseaux sociaux s'engage à former un million de personnes d'ici 2020.

« Les gens redoutent que la révolution numérique laisse certains au bord de la route. Nous voulons être sûrs d'investir dans des compétences numériques afin de donner aux gens les compétences nécessaires pour participer pleinement à l’économie numérique », a affirmé Sheryl Sanderg, directrice des opérations de Facebook.


Il était prévu que Sheryl Sanderg et quelque 140 dirigeants des plus grandes entreprises mondiales rencontrent Emmanuel Macron et le gouvernement français dans la journée au château de Versailles pour discuter de dizaines de projets d'investissements. À propos, Facebook a également fait état de son intention d'investir 10 millions d'euros en France via son centre de recherche dans le domaine de l'intelligence artificielle. D'après Ciaran Quilty, vice-président des petites entreprises pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, il s'agit d'augmenter les investissements de l'entreprise en intelligence artificielle en France en embauchant de nouveaux ingénieurs et en élargissant son programme de bourses.

« Nous investissons 10 millions d'euros pour accélérer l'innovation en IA en France en augmentant de 10 à 40 le nombre de bourses d'études PhD de Facebook Research Paris, en accordant des bourses aux étudiants et en finançant 10 serveurs ainsi que des jeux de données ouverts pour les institutions publiques françaises », a-t-il expliqué. En ce qui concerne les 10 serveurs « de dernière génération » que Facebook compte financer, ils seront mis à la disposition d'organismes de recherche ou de start-ups en France ayant besoin d'une certaine puissance de calcul. En plus de cet investissement, Facebook va également doubler son équipe de chercheurs et d'ingénieurs qui devrait passer de 30 à 60 personnes.

D'après Le Figaro, l'entreprise américaine va aussi nouer un partenariat avec Pôle Emploi, afin de former 50 000 chômeurs aux compétences basiques du numérique, d'ici 2019. Elle lance aussi un programme d'accompagnement des femmes entrepreneuses, baptisé « She Means Business ». Déjà en place dans d'autres pays, comme l'Angleterre, cette initiative est lancée en France en association avec l'entreprise Social Builder.

Par ailleurs, en Allemagne, Elliot Schrage, directeur de la communication et des relations publiques de Facebook, a aussi plaidé la cause du groupe. Dimanche, lors d'une conférence annuelle à Munich sur le secteur technologique, il a en effet présenté des excuses pour le manque d'efforts accomplis dans le passé par le réseau social. Tout cela ressemble donc à une tentative du géant des réseaux sociaux de regagner la confiance des régulateurs européens.

Sources : Facebook, Reuters, Le Figaro

Et vous ?

Que pensez-vous des investissements annoncés par Facebook en France ?

Voir aussi :

Le directeur de Facebook France promet de déclarer les revenus de son entreprise en France si quelques conditions sont réunies
L'UE félicite Facebook, Twitter et YouTube pour avoir supprimé 70 % des contenus haineux signalés, mais demande encore plus d'efforts
Facebook voit ses actions en baisse de 4 % après avoir décidé d'accorder la priorité aux amis, au détriment des marques et médias


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Avatar de Marco46 Marco46 - Modérateur https://www.developpez.com
le 22/01/2018 à 16:21
Ben disons que mis en perspective avec leurs bénéfices...



10 millions ça fait quoi le budget de la HADOPI non ?
Avatar de Cpt Anderson Cpt Anderson - Membre éprouvé https://www.developpez.com
le 22/01/2018 à 16:34
Il faut savoir lire entre les lignes : les gouvernements ont demandé à Facebook de sévir face à ce qu'ils appellent les fake news. Donc les réseaux sociaux pour rassurer, apaiser les tension et faire bonne figure vont embaucher quelques clampins pour faire la chasse à la fake news. J'ai juste ou est-ce une théorie du complot ?
Avatar de Luckyluke34 Luckyluke34 - Membre émérite https://www.developpez.com
le 23/01/2018 à 13:14
Confier à une multinationale épinglée pour non respect de la vie privée, fake news et optimisation fiscale le soin de former 50 000 chômeurs au numérique... Quelle riche idée ! Quelle fermeté exemplaire
Avatar de joublie joublie - Membre confirmé https://www.developpez.com
le 23/01/2018 à 18:30
Pour avoir des compléments sur ça :
d'après Le Figaro, l'entreprise américaine va aussi nouer un partenariat avec Pôle Emploi, afin de former 50 000 chômeurs aux compétences basiques du numérique, d'ici 2019.
inutile d'aller regarder sur le site du journal ; je l'ai fait mais c'est vague au possible. A part se lancer des fleurs mutuellement (gouvernement et entreprise), pour l'heure ça n'a aucun intérêt.

En général, quand pôle-emploi envoie des gens en formation c'est pas gratuit, donc j'aurais aimé en savoir plus. Il peut y avoir une obligation de résultat pour que l'organisme de formation soit payé, mais là ça m'étonnerait beaucoup.

Prenons un peu d'avance : leçon n° 1, apprends à créer ton compte Facebook-NSA.
Avatar de Conan Lord Conan Lord - Membre expert https://www.developpez.com
le 24/01/2018 à 11:07
Citation Envoyé par joublie Voir le message

En général, quand pôle-emploi envoie des gens en formation c'est pas gratuit, donc j'aurais aimé en savoir plus. Il peut y avoir une obligation de résultat pour que l'organisme de formation soit payé, mais là ça m'étonnerait beaucoup.
C'est la grande mode au pôle emploi. Ça devient carrément ridicule, ils dispatchent les chômeurs n'importe comment dans des formations hyper coûteuses qui ne les intéressent pas du tout et qui ne déboucheront très clairement sur rien.
Avatar de Saverok Saverok - Expert éminent https://www.developpez.com
le 24/01/2018 à 13:21
Citation Envoyé par Conan Lord Voir le message
C'est la grande mode au pôle emploi. Ça devient carrément ridicule, ils dispatchent les chômeurs n'importe comment dans des formations hyper coûteuses qui ne les intéressent pas du tout et qui ne déboucheront très clairement sur rien.
C'est surtout que je ne comprends pas qu'une formation puisse être financée par Pôle Emploi, autrement dit, pas nos impôts, si celle-ci n'est pas diplômante / certifiante
Car la seule chose qui intéresse les entreprises, car tous leurs filtres de CV se font là-dessus, c'est les diplômes.

Du coup, avoir une formation non certifiante / diplômante ne sert à rien car les RH ne savent pas dans quelle case de la grille salariale mettre les personnes.
Ils choisissent donc la facilité en prenant des candidats qui rentrent bien dans les cases.

Après, ça serait trop facile de rejeter uniquement la faute sur les RH car cette situation est en grande partie la résultante du travail de sape des syndicats car en cas de litige aux prud'hommes, c'est la fameuse grille salariale qui fait foi.
Autrement dit, les entreprises jouent la sécurité juridique en ne prenant que des profils qui rentrent bien dans les cases et on ne peut pas leur jeter la pierre vue les risques encourues.

Là est tout le paradoxe entre la sécurité du travail qui surprotège les salariés en place mais ferme totalement la porte à ceux qui sont en recherche d'emploi d'autant plus lorsqu'ils n'ont pas un parcours standard.
Avatar de Conan Lord Conan Lord - Membre expert https://www.developpez.com
le 24/01/2018 à 13:51
Citation Envoyé par Saverok Voir le message
C'est surtout que je ne comprends pas qu'une formation puisse être financée par Pôle Emploi, autrement dit, pas nos impôts, si celle-ci n'est pas diplômante / certifiante
Car la seule chose qui intéresse les entreprises, car tous leurs filtres de CV se font là-dessus, c'est les diplômes.
Elles sont certifiantes. Du moins sur le papier. (Parce que bon, une certification créée par l'entreprise de formation qui, comme c'est bizarre, se targue d'un taux de réussite de 97 %, ça vaut ce que ça vaut). Du coup, le chômeur entre dans la case en sortant de la formation. Encore faut-il que la case en question existe ! Mon voisin, peintre en bâtiment, pas de diplôme et aucun attrait pour la technologie, a été envoyé dans une formation de pilote de drones civils . Il va ressortir avec sa certification (car je ne doute pas qu'il aura sa certification), mais n'aura aucune chance de trouver un emploi là-dedans, il le sait pertinemment lui-même.
Avatar de Luckyluke34 Luckyluke34 - Membre émérite https://www.developpez.com
le 24/01/2018 à 14:04
@Saverok : De toute façon, si la volonté du gouvernement était de remettre les chômeurs dans un circuit de formation initiale diplômante, ça se saurait.

Pour l'instant tout ce que j'ai vu c'est de vagues promesses de "formation" sans plus de précision, des injonctions à rejoindre des multinationales plus ou moins proches pour grapiller des miettes de l'économie numérique (formation de cariste dans un entrepôt Amazon à 200 bornes de chez soi, génial...) ou des stages non qualifiants "compétences digitales" plus ou moins bidons. J'ai vraiment pas l'impression que le pays se donne les moyens d'une reconversion massive de la force de travail vers des secteurs d'avenir.

En d'autres termes, on attend toujours avec impatience de voir la couleur du volet "sécurité" des ordonnances Travail... ne désespérons pas.
Avatar de Marco46 Marco46 - Modérateur https://www.developpez.com
le 24/01/2018 à 14:06
Citation Envoyé par Saverok Voir le message
C'est surtout que je ne comprends pas qu'une formation puisse être financée par Pôle Emploi, autrement dit, pas nos impôts, si celle-ci n'est pas diplômante / certifiante
Car la seule chose qui intéresse les entreprises, car tous leurs filtres de CV se font là-dessus, c'est les diplômes.

Du coup, avoir une formation non certifiante / diplômante ne sert à rien car les RH ne savent pas dans quelle case de la grille salariale mettre les personnes.
Ils choisissent donc la facilité en prenant des candidats qui rentrent bien dans les cases.
Ça sert à faire baisser les chiffres du chômage. C'est la seule raison. M'sieur le Président joue sur tous les leviers possibles pour baisser les chiffres. Celui-là coute très cher mais osef c'est pas son pognon. La carrière avant tout !

Citation Envoyé par Saverok Voir le message

Après, ça serait trop facile de rejeter uniquement la faute sur les RH car cette situation est en grande partie la résultante du travail de sape des syndicats car en cas de litige aux prud'hommes, c'est la fameuse grille salariale qui fait foi.
Autrement dit, les entreprises jouent la sécurité juridique en ne prenant que des profils qui rentrent bien dans les cases et on ne peut pas leur jeter la pierre vue les risques encourues.
Tu veux dire que si les entreprises préfèrent embaucher des diplômés plutôt que des non-diplômés ça serait parce qu'ils paient trop cher aux prudhommes lorsqu'ils ont violé la loi et que donc ça serait en bout de ligne de la faute des syndicats ?!? C'est incroyable comme logique ! En gros t'es entrain de dire que si les non-diplômés ont plus de difficulté à trouver du boulot c'est de la faute des syndicats qui ont trop réussi à protéger les salariés des patrons voyous -_-

On est sur une autre planète là ...

Citation Envoyé par Saverok Voir le message

Là est tout le paradoxe entre la sécurité du travail qui surprotège les salariés en place mais ferme totalement la porte à ceux qui sont en recherche d'emploi d'autant plus lorsqu'ils n'ont pas un parcours standard.
Il n'y a aucune corrélation avérée entre le taux de chômage et le niveau de protection sociale. C'est de la propagande pas vraie "BFM like".
Avatar de Saverok Saverok - Expert éminent https://www.developpez.com
le 24/01/2018 à 15:12
Citation Envoyé par Marco46 Voir le message
Tu veux dire que si les entreprises préfèrent embaucher des diplômés plutôt que des non-diplômés ça serait parce qu'ils paient trop cher aux prudhommes lorsqu'ils ont violé la loi et que donc ça serait en bout de ligne de la faute des syndicats ?!? C'est incroyable comme logique ! En gros t'es entrain de dire que si les non-diplômés ont plus de difficulté à trouver du boulot c'est de la faute des syndicats qui ont trop réussi à protéger les salariés des patrons voyous -_-

On est sur une autre planète là ...
Ce n'est pas parce qu'on porte plainte contre quelqu'un ou contre une entreprise que celle-ci est coupable et que le plaignant a forcément raison et que l'accusé et forcément coupable.
Cependant, cela n’empêche pas l'accusé (particulier ou entreprise) d'être emmerdé et de chier dans son froc en raison des peines encourues même s'il pense, à tort ou à raison, n'avoir rien à se reprocher.

J'ai un ami patron de PME qui s'est séparé d'un employé en accord à l'amiable à la demande de celui-ci.
Quelle a été sa surprise quelques semaines plus tard d'avoir une assignation aux prud'hommes car ce dernier contestait son placement sur cette fameuse grille salariale issue de l'accord de branche.

Ce truc est tellement un bordel ultra flou avec des jurisprudences au kilomètre qu'aller jusqu'au jugement est plus risqué que la roulette russe.

Alors qu'il ne pensait pas être en tort, avec les conseils de son avocat, il a préféré faire un accord à l'amiable en signant un chèque plutôt que prendre le risque de couler sa boîte (et mettre au chômage ses 4 autres salariés qui eux, n'ont rien demandé).

Alors, oui, je l'affirme, les entreprises, dans leur grande majorité, préfèrent prendre des cas standards qui rentrent parfaitement dans les cases sans aucune ambiguïté juridique possible car c'est plus simple et plus sûr.

Citation Envoyé par Marco46 Voir le message
Il n'y a aucune corrélation avérée entre le taux de chômage et le niveau de protection sociale. C'est de la propagande pas vraie "BFM like".
De la même façon, prouver l'inverse n'est pas possible.
Cependant, quand on regarde le niveau de protection social et le taux de chômage au sein des pays de l'OCDE...
Certains vont crier à la coïncidence mais en attendant, ce n'est pas ces pays qui ont notre taux de chômage...

Ce n'est pas pour rien que les migrants préfèrent tout risquer pour partir en Angleterre plutôt que rester en France où ils se trouvent déjà.
La raison est simple : en Angleterre, ils pourront travailler, tout simplement.
Certes, ça ne sera pas un travail de rêve avec un salaire de ouf, mais ça sera un travail qui leur permettra de vivre dignement sans être perfusés aux aides sociales qui quoiqu'on en pense, rabaisse les gens.
Entre avoir un salaire qui te permet de vivre en autonomie et faire l'aumône aux aides sociales, qu'est ce qui est mieux pour la dignité humaine ?
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