Chine : un ancien spécialiste de l'IA chez Baidu et Google travaille avec Foxconn
Pour introduire l'IA dans l'industrie manufacturière

Le , par Christian Olivier, Chroniqueur Actualités
Andrew Ng, un spécialiste de l’intelligence artificielle (IA) qui a déjà travaillé pour les deux géants de l’Internet que sont le Chinois Baidu et l’Américain Google, a récemment annoncé qu’il collaborera désormais avec l’entreprise Foxconn afin d’introduire l’IA et l’apprentissage automatique dans les chaines de production de cette dernière. Ce partisan inconditionnel de l’IA était précédemment à la tête du programme d’IA de Baidu et du projet Google Brain conduit par la filiale d’Alphabet.

Soulignons que l’entreprise taïwanaise Foxconn connue également sous le nom de Hon Hai Precision Industry a été fondée en 1974. Elle est actuellement considérée comme le plus grand sous-traitant mondial de l’électronique grand public. Ce groupe est un important fournisseur d’entreprises technologiques comme Dell ou Apple. La société compte environ 1,5 million d’employés dans le monde.

Andrew Ng déplore le fait que « de nombreuses industries traditionnelles en dehors de l’industrie IT n’ont toujours pas suffisamment accès au potentiel que renferme l’IA ». De plus, un nombre encore trop limité d’entre elles disposeraient actuellement des capacités suffisantes qui leur permettraient de véritablement comprendre cette technologie avant-gardiste pour l’exploiter efficacement.

Il estime que le moment est venu d’entreprendre la construction d’une industrie IT et d’une société qui s’imprègnent plus de l’IA. De son point de vue, le monde devrait expérimenter davantage l’IA en accordant à cette technologie une place sans cesse croissante dans des industries autres que celles liées à l’informatique afin d’identifier et d’exploiter les bénéfices potentiels.

C’est dans cette optique qu’il a annoncé, il y a quelques jours, le lancement de sa nouvelle startup Landing.ai et déclaré dans un blog que Foxconn sera le premier partenaire stratégique de sa nouvelle entité. Il a précisé collaborer avec Foxconn depuis juillet 2017 et développer des technologies basées sur l’IA, des compétences et des systèmes qui s’appuient sur le savoir-faire des deux sociétés.

À gauche le président de Foxconn, Terry Gou. À droite (et en chemise) Andrew Ng le fondateur de Landing.ai.


« Nous sommes en train de développer un large éventail de programmes de transformation de l’IA qui incluent l’introduction de nouvelles technologies, la refonte de la structure organisationnelle, la formation des employés, et plus encore », a-t-il déclaré.

« Landing.ai aidera à transformer les entreprises pour l’ère de l’IA. Nous commençons avec l’industrie manufacturière », a-t-il précisé. « L’industrie manufacturière affecte presque chaque partie de notre société en façonnant notre environnement physique […] En introduisant l’intelligence artificielle dans l’industrie manufacturière, nous apporterons une transformation numérique au monde physique », confiera-t-il par la suite.

Certes, l’IA pourrait contribuer à améliorer le contrôle qualité, raccourcir les cycles de production, supprimer les goulots d’étranglement dans la chaine logistique, réduire les gaspillages (matériaux et énergie notamment), améliorer les rendements, etc. Cependant, comme l’a rappelé le président de Foxconn, Terry Gou, lors de la conférence mondiale sur Internet à Wuzhen, cette situation devrait conduire à la « disparition définitive des travailleurs dans les chaines de montage au courant des 20 prochaines années ». Ce dernier estime néanmoins qu’il ne faudrait pas s’inquiéter par le chômage qui pourrait en résulter, mais plutôt garder à l’esprit que « ses employés deviendront plus intelligents et perfectionneront leurs compétences pour avoir de meilleures interactions avec les machines ».

Le marché de l’emploi dans l’industrie manufacturière est amené à changer. Ng assure que les futurs métiers qu’on pourra trouver dans ce secteur seront mieux payés et conviendront à un personnel plus qualifié. Il affirme que sa startup s’emploie déjà à former ou recycler d’anciens ouvriers afin de limiter le nombre de personnes qui pourraient être affectées par cette « évolution » des systèmes de production.

Cette annonce s’inscrit dans la nouvelle politique de développement technologique adoptée par la Chine qui souhaite devenir le leader mondial de l’intelligence artificielle et affiche désormais ouvertement ses ambitions d’hégémonie. Depuis juillet 2017, les autorités du pays ont rendu public le plan de développement national qu’elles comptent instaurer pour l’émergence de l’IA « made in china ». Ce projet prévoit notamment d’augmenter le poids économique de ce secteur hautement stratégique de 22,15 milliards USD d’ici 2020 à 59,07 milliards USD à l’horizon 2025, selon les chiffres officiels fournis par le gouvernement chinois.

Source : Blog de Andrew Ng, South China Morning Post

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