Les organisations russes continuent de faire l'acquisition des produits Microsoft
Malgré les sanctions européennes et américaines

Le , par Stéphane le calme, Chroniqueur Actualités
L’année dernière, en réponse aux demandes du président Vladimir Poutine qui avait exprimé sa volonté de voir diminuer la dépendance de son pays et de ses autorités aux technologies étrangères, la ville de Moscou a annoncé qu’elle allait remplacer les programmes de Microsoft par des logiciels domestiques sur des milliers d'ordinateurs. Cette transition qui va commencer par le remplacement d’Outlook et Exchange Server sur 6000 ordinateurs, pourrait s’étendre sur jusqu’à 600 000 ordinateurs et serveurs, et concerner également Windows et Microsoft Office.

En octobre 2016, la Douma (chambre basse du Parlement de Russie) a préparé un projet de loi visant à accorder une préférence aux logiciels libres au sein des agences gouvernementales et à restreindre par la même occasion l'achat de licences pour des logiciels propriétaires.

Selon Andrey Chernogorov, secrétaire exécutif de la commission de la Douma chargée de la stratégie sur les systèmes d’information, « de nombreux éditeurs logiciels nationaux commercialisent des produits basés sur des frameworks étrangers comme WebSphere d'IBM ou ASP.net de Microsoft. Nous cherchons à combler cette lacune pour les achats de l'État, car elle entraîne des risques de sécurité. »

La Russie a commencé à pousser pour cette autosuffisance technologique après les sanctions européennes et américaines imposées suite à l'annexion de la Crimée en septembre 2014.

L’une des raisons qui ont été évoquées pour justifier ce remplacement est des risques de sécurité. Poutine a exprimé une crainte de voir les logiciels de Microsoft utilisés par les États-Unis contre la Russie dans la guerre cybernétique entre les deux pays rivaux. Aussi, le président a voulu se débarrasser au plus vite de Microsoft, au moins au sein du gouvernement et des entreprises contrôlées par l’État. Une crainte qui a été alimentée par le fait que des hackers russes ont utilisé des logiciels malveillants injectés dans un document Microsoft Office pour fermer le réseau électrique ukrainien un an auparavant.

Mais cette décision n’est pas sans conséquence pour les entreprises de la Silicon Valley. En effet, le marché russe des logiciels a une valeur de 3 milliards de dollars et les entités gouvernementales dépensent environ 20 milliards de roubles (295 millions de dollars) par an dans l’achat de logiciels étrangers, d’après le ministre russe des Communications. « Nous voulons que l'argent des contribuables et des entreprises d'État soit principalement dépensé pour les logiciels locaux », a déclaré Nikolay Nikiforov. Le gouvernement de Moscou a donc commencé à migrer des technologies étrangères vers des technologies locales.

Néanmoins, en dépit des sanctions imposées à Moscou et en Crimée, Reuters affirme que les logiciels de Microsoft ont continué d’être achetés par des organisations étatiques et des entreprises en Russie et en Crimée.

Pour Reuters, les acquisitions, enregistrées dans la base de données des marchés publics russes, montrent les limites de la manière dont les gouvernements et les entreprises étrangères appliquent les sanctions américaines imposées à la Russie suite à son annexion de la péninsule de Crimée à l'Ukraine en 2014.

Des personnes impliquées dans les transactions ont assuré que certains utilisateurs ont donné à Microsoft des données fictives sur leur identité, exploitant une lacune dans la capacité de la société américaine à garder ses produits hors de leurs mains.

Dans chaque cas, les produits ont été vendus via des tiers et Reuters a avancé ne pas avoir eu de preuve que Microsoft a vendu des produits directement aux entités touchées par les sanctions.

« Microsoft s'est fortement engagée à se conformer aux exigences légales et nous avons examiné cette question ces dernières semaines », a déclaré un représentant de Microsoft dans un courriel envoyé à Reuters.

« Nous disposons de solides processus de conformité commerciale à travers le monde pour garantir que nos partenaires respectent toutes les conditions, y compris l'arrêt immédiat des ventes suspectes de partenaires et des mesures fortes pour empêcher les clients interdits d'accéder à nos produits et services. »

Source : Reuters

Voir aussi :

Poutine veut éradiquer les logiciels de Microsoft de la Russie, de peur qu'ils soient utilisés par les États-Unis pour infiltrer les systèmes russes
À la demande de Poutine, Moscou va remplacer les programmes de Microsoft par des programmes locaux, en commençant par Outlook et Exchange Server


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Avatar de Chuck_Norris Chuck_Norris - Membre émérite https://www.developpez.com
le 11/10/2017 à 19:17
Je me demande quelle conclusion on peut tirer de cette annonce ?

A) Les méchants Russes ont trouvé un moyen de contourner l'interdiction de vente de logiciels

B) Les Russes sont en fait gentils car là où ils auraient pu prendre la solution de facilité et pirater les logiciels, ils ont pourtant trouvé le moyen d'acheter légalement leurs logiciels malgré les obstacles posés par les méchants Américains

C) Les méchants Russes sont incapables d'utiliser leurs propres solutions et reconnaissent ainsi indirectement la supériorité technique américaine et de Microsoft en particulier

D) Le méchant Microsoft fait des affaires avec les méchants Russes parce que l'argent n'a pas d'odeur
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